Archives de catégorie : Delirium Tremens et billets d’humeur

Le Woodstock de la Daubasse…

période estivaleEn cette période estivale, nous avons répondu positivement  à l’invitation de notre ami, Michel Melinot qui nous a demandé d’écrire un petit texte, sur le thème de l’indépendance financière. C’est donc très simplement en vous racontant la rencontre des 4 « Daubasses » qui a eu lieu le samedi 19 juillet 2014 toute la journée et une partie de la nuit, que nous allons tenter d’illustrer le sujet. Chaque jour de l’année, sur notre forum privé, nous échangeons entre 50 et 150 messages. Mais rien ne peut remplacer le bonheur de nous rencontrer une, voire deux fois par an physiquement chez l’un d’entre nous.

Ce texte participe donc à l’événement « Une journée en indépendance financière » lancé par Michel Mélinot du blog Véritable Indépendance.

Samedi 19 Juillet 2014

6H30

C’est moi qui reçoit l’équipe des daubasses dans ma petite maison de la banlieue de Charleroi, en Belgique. Et le buzzer horripilant de mon réveil est là pour me le rappeler…

analyste financier chinois

En filant vers la salle de bain, Hanzu le chien de ma fille, un shar-pei  sable, allongé sur son « Memory Foam » comme le dernier empereur, me lance un œil droit interrogateur juste avant que ne chante Jérémie, le coq de notre voisin ! Je savais qu’il savait déjà que ce n’était pas une journée comme les autres car jamais je ne me lève avant 7 heures.

Après un petit coup de « Braunne » au « Semsodyme dents sensibles », j’enchaîne avec une petite crotte de gel « Nirvana peau irritable » et met en branle mon « Jupette proglide plus », l’exterminateur de pilosité faciale le plus cruel que je connaisse : chaque poil est coupé en quatre … logique puisqu’il dispose de quatre lames.

Une fois ma tronche de bébé retrouvée, j’enclenche le mélangeur suédois de ma douche et empoigne le flacon de « Love Silk Glow » pour une peau douce et lumineuse comme la soie (c’est ce qui est écrit en doré sur le côté pile).

Je file ensuite dans mon dressing pour enfiler mon jeans Lewis et ma chemise « Hugo Bosse » gris perle que je mets à chaque rencontre Daubasses (j’aime montrer que je Bossse) et fini par chausser mes mocassins espagnols en vachette bleu (comme dans les pubs « Milka », en plus bleu) achetés par ma fille lors d’un séjour à Salamanque.

attention, ceci n'est pas un conseiller financier

En repartant vers la cuisine pour me préparer un petit déjeuner rapide, Hanzu me jette un oeil gauche réprobateur : je sais qu’il sait déjà qu’il n’aura pas droit à sa petite croute de pain presque complet puisqu’il ne se lève jamais avant 7H 30.

Café à la turque, pain grillé  enseveli sous une fine tranche de saumon fumé écossais, rafraichi avec un jet de citron, une larme d’huile d’olive toscane première pression à froid et quelques grains de poivre verts concassés au moulin électrique sont prêts en 10 minutes à peine. Je savoure sur ma terrasse en écoutant le chant des oiseaux, l’oeil enivré par la palette de couleurs offerte par les 80 espèces de fleurs et de plantes du jardin déjà baigné d’une belle lumière d’été et d’un soleil sérieux.

vancances boursières

La journée promettait d’être belle, la météo annonçait 24°C.

 

7H

Je monte dans ma vielle Toyota noire qui a vu défiler 294 mille kilomètres de bitume et file vers le marché de Chapelle à 15 minutes de chez moi, puis direction la ferme à Bon-Villers pour les légumes.

Sur la route je repasse en mémoire le menu que je me propose de préparer pour mes amis et pointe les achats : Apéritif : un petit cristal de Roederer, tapenade sur des toasts… J’ai déjà tout… En entrée, sushi (acheter de la dorade, du concombre). Soupe de poissons : bouillabaisse spéciale du Pays Noir (il me faut carottes, poireaux, fenouil, oignons, ail, congres, racasses, saint-pierre, langoustines, encre de seiche, … j’ai tout le reste). Pour le barbuc : des saint jacques, des gambas et du thon rouge, tomates-cerise, mozzarella di bufala, un ananas d’Hawaï, des pousses d’épinards….Le reste j’ai !

investir dans les produits agricoles

On zappe malheureusement la superbe palette de « fromages qui puent de Franck » puisque le Français du groupe n’habite plus Paris.  Dessert : une petite « Basraï » flambée au vieux rhum made in Venezuela, « glace à la vanille bourbon home made » … acheter les bananes… Rien d’autres… Ah oui, le pousse café : Orval à volonté, six bacs dans la cave ! On est paré mon capitaine !

7H15

A cette heure-là, on peut encore se parquer facilement. Je descends la volée d’escaliers qui mène à la place, ma liste bien collée dans mon lobe frontal  et à portée de main.

Le marché est désert. Je file chez Rodrigo le poissonnier. Son camion-étal est magnifique, d’un bleu azur, rempli de glace pilée et de beaux poissons entiers, en filet ou en tranche.

Je lui annonce d’emblée que je suis pressé. Il n’a pas de congre. Je remplace par de la lotte, je paie, prends mes sacs et file à l’autres bout de la place chez le « Roi du Salami », Antonio et Cecilia, qui vend des produits italiens de première bourre. C’est Cecilia qui me sert. Je passe la commande, elle m’invite à déguster un pecorino sardo au poivre, maturation moyenne. Une merveille ! J’ajoute à la commande 1 kilo d’olives cassées (j’adore ces olives brutes que je prépare moi-même à l’ail ou au citron, au fenouil ou à l’origan)

7H40

En route pour la ferme, je passe en revue l’ordre du jour. En fait, nous nous sommes rendu compte que nous ne parlons  jamais d’investissement quand on se rencontre « physiquement » ou alors dans la dernière demi-heure.  Pour pallier à cet inqualifiable manque de rigueur, nous nous sommes obligés, depuis 3 ans, à établir un ordre du jour.

Bien sûr, il n’est pas toujours respecté (en réalité, c’est plutôt « jamais »), nous sommes quand même tous des latins. En réalité, tout dépend de la vitesse à laquelle se vide les bacs d’Orval.

En mach 3, comprenez trois bac enfilés, la concentration devient difficile.

A l’ordre du jour de cette rencontre, il y aura donc notre test habituel sur la valeur, en Chine continentale, Hong Kong, Macao et Taiwan.

Ensuite petit break avec ce que nous appelons le Woodstock de la Daubasse.

Enfin, on doit évoquer la production de notre dernier film et la pertinence de nos investissements directs, rien à voir avec la gestion Daubasses !

7H45

Germaine, la femme du fermier n’est pas en forme. Je l’observe jeter ses poireaux et ses carottes dans ma caisse comme si elle jetait des ballots de paille dans le fenil à la fourche. Je n’insiste pas. Je paie, charge dans le coffre et démarre vers la maison.

 

8H05

La maison  est toujours plongée dans un silence ingrat, personne à l’horizon et même Hanzu semble être reparti pour une grasse matinée, vraiment indigne du dernier empereur. Je déballe et range mes marchandises. Me fais couler un petit expresso, bien serré, que je sirote debout sur la terrasse

8H30

Allez hop au fourneau ! Je lance la bouillabaisse du Pays Noir que je colorerai en fin de cuisson avec un peu d’encre sèche de seiche.

en cuisine

Pendant que la souplette bavarde à gros bouillon et laisse échapper son fumet marin, je commence à préparer les sushis. Je lave plusieurs fois le riz japonais avant de lancer la cuisson.

crash boursier ... heu non, culinaire

C’est la première chose importante si l’on veut réussir ses sushis. Ce que j’aime le plus dans la préparation des sushis, c’est la découpe, le geste de la découpe… C’est d’ailleurs ce qui m’a donné l’envie de faire des sushis, la poésie du geste de la découpe des maîtres-sushi. Et notamment les tranches de poisson cru, taillées légèrement en oblique avec une précision chirurgicale et une chorégraphie des doigts… Du grand art… J’en suis encore très loin !

En roulant l’avant dernier sushi dans son algue avec  la petite natte de bois, j’ai soudain une angoisse existentielle : je me demande si tout le monde aime la dorade crue ! J’aurais dû en faire seulement aux concombres mais voilà : je n’ai plus le moindre morceau de concombre.

Je cherche désespérément un ingrédient qui pourrait plaire si l’on est allergique au poisson cru. C’est un peu confus que je me résigne à  débiter quelques saucisses « zwam red devils », laissées de côté dès l’élimination des Diables Rouges de la coupe du monde avec le plus de poésie possible.

10H30

Le repas est prêt. Ma fille et mon beau fils débarquent pour me donner un coup de main. Ils me disent en chœur « ça sent le cochon ici ». Je suis obligé de leur expliquer que c’est un menu « poissons » mais qu’en flambant les bananes, je me suis grillé un partie des poils de l’avant-bras. Rien de grave …juste le démarrage de flamme qui lèche quelques secondes et fait rôtir le poil comme du nylon. Ce n’est pas la première fois.

feu sur les bourses mondiales

On déguste trois expressos sur la terrasse avant que ma fille ne s’occupe de dresser la table et mon beau fils le barbecue. Les 3 autres daubasses seront là dans moins d’une demi-heure.  Avant de filer une seconde fois sous la douche (mon odeur est barbare), je demande à ma fille si elle peut filmer la réunion.

11H18

Les daubasses sonnent à la porte. Ils sont là tous les trois. Depuis que Franck avait essayé de nous habituer à des retards variant entre 30 minutes et 4 heures lors de nos réunions précédentes, nous avions décidé, voici un an, que les 3 invités devaient se présenter ensemble chez celui qui reçoit. Ce qui permet d’entamer directement les discussions à quatre et surtout de ne pas clôturer la rencontre à 6 heures du matin : la volatilité a ses limites.

Pierre : « Souriez vous êtes filmés les gars ! C’est pour la journée de l’indépendance financière ! Et pas de tronches de nerd s’il vous plait ! »

Louis P :  « Je pensais que c’était un texte qu’il fallait envoyer »

Louis A : « Je trouve que c’est original, un film »

Franck :  « Il faudra envoyer sans son »

Louis P :  « Oui un film muet en noir et blanc, avec  des moustaches et des chapeaux boules, et des commentaires qui apparaissent entre les images. Il va falloir être expressif. »

Franck :  « un « power point » animé quoi ! »

Pierre : « Je me suis dit que je n’aurais peut-être pas le temps d’écrire le texte demain, si ma gueule de bois est aussi large qu’un baobab ! Et si le texte doit être rentré à minuit maximum… »

L’apéritif  démarre sur des chapeaux de roues, les sujets  s’enfilent comme des perles sur la terrasse ensoleillée. La future nouvelle voiture d’occasion de Franck, une grosse allemande avec du gros rabais. Les poulets « cous nus » de Louis P et son projet d’autarcie… Et puis l’art de soigner « nature » de Louis A …que Franck chambre un peu puisque la première potion magique sensée faire émerger nos esprits d’un trop plein de mousse d’Orval, l’année passée, nous avait tous mis à quatre pattes dans les parterres pour faire ressortir de la bière par tous les trous. Franck était tellement loin qu’il disait que même ses oreilles lâchaient de la mousse.

Louis A : « Tu n’as toujours pas compris Franck que la première tisane c’était pour éliminer. Et la seconde, pour vous sentir léger. Un process en deux temps ! »

Franck :  « Ce que je n’ai toujours pas compris c’est que je suis resté sourd trois jours »

Louis A : « Rien avoir avec l’Orval ou mes prescriptions, tu as des problèmes d’oreille interne. Je te concocte une solution au jus de betterave macéré dans de l’oseille et du romarin, si tu veux. Fait quand même gaffe car ça peut empirer avec l’âge. »

Pierre : « A table les gars, sinon on ne va pas tenir la route, on a déjà sifflé 3 bouteilles »

13H28

Je demande si tout le monde aime les sushis au poisson cru et tout le monde répond par l’affirmative. Je n’ai pas d’autre solution que de me servir les sushis « zwam red devils », cela m’apprendra à avoir des angoisses existentielles.

réunion d'investisseurs

Tout le monde trouve les sushis accompagnés d’un riesling grand cru excellents. Les miens sont profondément immondes. Mais je reste stoïque.

14H19

Après un petit break au cours duquel Louis P. nous explique la nouvelle recette de pâté de canard à la crème de cassis qu’il a mis au point avec les 12 premiers canards qu’il a élevés à l’herbe folle des Ardennes, je sers ma fameuse bouillabaisse Pays Noir.

bouillabaisse du pays noirLa mine des trois daubasses semble soudain s’assombrir.

Franck : « Qu’est-ce que c’est ? »

Louis P : « Sans vouloir te vexer Pierre, cela ressemble à de l’eau de vaisselle après un repas de 50 convives »

Louis A : « Oui là, il y a un truc vert, j’ai l’impression de reconnaître un bout d’éponge « scotjex » prix rouge de chez Colruyt »

Pierre : « Vous êtes durs les gars, j’ai essayé de vous faire une bouillabaisse Pays Noir avec un peu d’encre de seiche. De l’original…Mais c’est vrai qu’elle a une sale gueule ! On peut zapper, si vous voulez »

Franck : « Heu … oui si cela ne te dérange pas je zappe »

Les deux Louis ont fait échos à Franck avec soulagement.

Pierre :  « Pas grave, cela plaira à Hanzu….Et mon beau-fils va lancer le barbuc  »

Louis P : « On pourrait préparer le test VICC »

Franck : «  Excellente idée, j’adore notre dernier concept « Value » »

Louis A : « Vous êtes certain qu’on doit filmer ? Car c’est certain que l’on sera copié sur ce coup-là »

Louis P : « Je pense quand même que ce sera difficile à copier d’autant plus qu’il y a une interaction avec un vrai Chinois »

Louis A : «  Ok les gars mais ne venez pas me dire par la suite que les Chinois étudient notre blog jour et nuit en faisant grimper le CPU de notre serveur »

Franck : « On aura qu’à bloquer l’accès depuis la Chine et la Mongolie, on l’a déjà fait après tout ! »

Louis A : « Oui Franck, mais n’oublie pas que les chinois sont partout ! Et que derrière ton PC, personne ne voit ton cerveau « bridé », prêt à tout pomper »

14H30

Les préparatifs du test « Value VICC » démarre. Je vais chercher la malle au grenier. Il s’agit donc de transformer la pelouse en Mer de Chine et de recomposer la Chine continentale et les trois entités insulaires que sont Hong Kong, Macao et Taiwan avec des signes distinctifs.

carte de l'investisseur en chine

Franck, s’occupe de la Chine et étend un vieux drap blanc le long d’un parterre de tagettes. Il y a la place au milieu pour un vieux marteau rouillé, un portrait de Mao de Warhol tiré à l’imprimante et une faucille dont le manche est en mauvais état.

Louis P s’occupe de Hong Kong en installant un essuie de bain bleu juste devant le drap blanc. Il superpose ensuite des pacs de lait et de cacao pour simuler trois gratte-ciel.

A droite de Hong Kong, Louis A s’occupe de Taiwan avec un autre essuie de bain de couleur verte. Il dispose un clavier d’ordinateur et 4 veilles souris en plein milieu de l’île rebelle.

De mon côté, à gauche de Hong Kong, j’installe un petit essuie de vaisselle troué et y dépose un Monopoly et un  jeu de l’oie, c’est Macao !

15H15

Nous repassons à table pour engouffrer le barbecue, tout le monde semble affamé.  Les brochètes de gambas à l’ananas et les Saint-Jacques aux tomates-cerises rencontrent cette fois un franc succès. Les steaks de thon rouge, un peu moins.  On arrose le tout avec un Montrachet côte de Baune très frais.

investir dans la valeur des saucisses

Louis P nous parle de sa production pharaonique d’épinards du Caucase et de la serre portable qui permet à ses plants de tomate de s’exprimer pleinement malgré le climat ardennais hostile qui convient plus aux sangliers qu’aux pomodoros.

Franck est impatient de savoir ce que donnera le Test VICC qui oriente depuis trois ans les investissements du portefeuille du club.

 16H08

Nous sirotons tous les quatre un petit expresso avant de lancer le test VICC.

concentration avant mise en fonction de notre screener actionsLe shar-pei est une race de chien chinois qui remonte à plus de 2000 ans. En 200 après Jésus-Christ, on retrouve pour la première fois des statuettes de la dynastie Han le représentant. Certains historiens affirment qu’il serait originaire de la province de Guangdong en Chine continentale.

Qui est donc mieux placé que Hanzu, le shar-pei de ma fille pour nous donner son sentiment sur la valeur de ces entités ? Le test VICC (pour Valeur de l’Instinct Canin Chinois) peut commencer.

Ma fille va donc chercher Hanzu qui est resté enfermé dans le salon pour son heure habituelle de concentration. Ce qui lui permettra de traquer la valeur là où elle se trouve vraiment.

Hanzu déboule sur la terrasse, commence par humer l’air encore empli des odeurs de poissons grillés. Ce chien ne mange en fait que du poisson et des légumes, aucune viande. Ses menus préférés sont de la sardine portugaise aux carottes et du colin d ‘Alaska aux courgettes.

screener sur les actions asiatiques

Il s’attarde près de nous pour voir si nous ne lui avons pas réservé un morceau de poisson. Comme ce n’est pas le cas, il s’élance dans la mer de Chine au galop et semble ne pas hésiter un instant en s’empallant comme un tsunami à quatre pattes sur les gratte-ciel de Hong Kong. Il piétine les pacs de laits et transperce de ses crocs acérés le trente-huitième étage d’un immeuble cossu représenté par un petit pac de cacao écolier.

Franck : « Je vous l’avais dit les gars : Hong-Kong ! Nos quatre derniers achats …Ce chien est magnifique. Quel flair ! »

Louis A : «  Attend ce n’est pas fini »

Effectivement, Hanzu prend brutalement Hong Kong dans sa gueule et traverse la Mer de Chine vers Macao qu’il dépasse, en secouant Hong Kong de toutes ses forces. Il s’allonge ensuite sous un érable japonais et essaie de littéralement dévorer Hong- Kong. Ma fille nous demande d’arrêter le test car un morceau d’Hong Kong dans l’estomac signifierait les urgences vétérinaires.

Il aime tellement Hong Kong que l’on doit s’y mettre à trois pour extirper de sa puissante machoire l’essuie de bain bleu.

Louis P : « Oui on arrête c’est de toute façon très clair, c’est Hong Kong sans discussion possible. Et il n’a pas hésité. »

Franck : « L’année passée c’était nettement plus difficile à interpréter ». Vous vous rappelez ? »

Louis A. : « Oui, il  avait carrément fait la sieste entre Taiwan et Macao. Et on a dû mesurer comme à la pétanque. Taiwan l’a remporté d’un bon centimètre devant  Macao et Hong Kong. Et il y avait matière à interprétation puisque lors de la mesure, il battait de la queue et cela oscillait sans cesse entre Taiwan et Macao. Nous avons même décidé de modifier le process et d’exclure tout ce qui était mobile. »

Franck : «  Au début je n’y croyais pas trop mais c’est vrai qu’en 2012 quand il a pissé sur la Chine continentale, je me suis posé quelques questions. Il a finalement été plus lucide que nous ! Quel instinct, je n’en reviens toujours pas ! Et aujourd’hui Hong Kong ! Il nous confirme vraiment que notre dernier achat d’un holding immobilier sur la presqu’île est judicieux. Vous avez vu comme il aimait les grattes ciels ? ».

Louis P : « Effectivement, et je me demande quand est-ce qu’il reviendra nous indiquer que la Chine continentale vaut le coup »

Pierre : « Peut-être jamais car j’ai lu que dans les années 60, la race a failli disparaître, il ne restait que quelques centaines d’exemplaires et ce sont des éleveurs de Hong-Kong, Macao et Taiwan qui ont sauvé la race shar-pei. »

Louis A : «  Donc il pourrait quand même avoir un biais psychologique négatif sur la Chine continentale … »

Pierre : « C’est possible, il faudra sans doute imaginer un test l’année prochaine pour en avoir le cœur net. Qu’est-ce que vous diriez d’une petite Orval avant le dessert pour fêter cette confirmation dans la valeur ? »

« Yesss » …ont répondu en chœur les Daubasses.

club d'investissement

Tout le problème, c’est que la petite Orval s’est transformée en 7 Orval coup sur coup … multipliées par  4, cela faisait 28 Orval ! L’excitation sur la méthode VICC ne faiblissait pas.

18H40

Nous étions donc déjà en Mach 2 quand j’ai servi le dessert que tout le monde a apprécié.

Louis P : « Vraiment excellent Pierre »

« Oui super » ont relayé Franck et Louis A.

Louis P : « Cela dit et même si je pourrais te paraître mal poli, j’ai encore faim. A mon avis, les Orval mon ouvert l’appétit. Et quand je mange du poisson, j’ai toujours la sensation 30 minutes plus tard de ne rien avoir mangé. »

Louis A : «  Moi aussi »

Pierre : « Pas de problème, on va commander des pizzas au feu de bois »

Franck : « extra…finalement quand est-ce que l’on discute de notre film porno ? »

Louis A : « Franck, merde ! Tu boussilles notre com ! On avait dit qu’on ferait un article pour le blog. On ne peut pas en parler ici. Et en plus tu déconnes :  ce n’est pas un film porno … à moins qu’on coupe… »

Louis P. : « Oui coupe, on arrête de filmer ! De toute façon, cela va dégénérer, on est déjà  à notre deuxième bac d’Orval »

Franck : «  Oui Florine on coupe »

Louis A : « On coupe, je n’ai pas envie que l’on voit Franck faire du break dance et se fouler le doigt comme il y a deux ans et Louis P commencer à tailler la haie du voisin pour nous faire comprendre en détail ce que signifie « culture sous mulch ». On coupe Florine, il faut que l’on soigne notre image »

Pierre : « Et finalement l’indépendance financière c’est quoi pour vous ? Laisse encore tourner ».

Louis P : « Je dirais que c’est le bonheur de vivre »

Franck : « Extra Louis P, je suis de ton avis ».

Louis A : « Oui, je ne vois rien d’autre comme définition  et nous venons de le montrer ».

Pierre : « c’est beau … On coupe cette fois ! »

« COUPEZ » ont hurlé en chœur les Daubasses.

Le premier quinquennat

Nous y sommes ami(e) lecteur (trice) : voici 5 ans que nous avons constitué notre club d’investissement, 5 années que notre blog existe, 5 années d’une très belle aventure.QE et LTRO

Pour fêter cet évènement, il fallait un lieu qui en soit digne. Franck, étrangement de plus en plus amateur de choucroute et de Kreuzpolka nous proposait de le faire juste en face du siège de la BCE  afin de rendre hommage aux fabricants de billets qui ont partiellement contribué à la performance de notre portefeuille (la Fed était un peu loin pour ce faire et, à défaut de remercier «Elicopter Ben », « Super Mario Draghi » aurait fait l’affaire). Mais Pierre a coupé court trouvant que l’équipe des daubasses n’avait pas à prendre une position « politique » en paraissant soutenir des initiatives aussi sensibles.

Le plus grand des deux Louis aurait bien fait ça en toute simplicité au bar Emmanuel du Quai des Vis d’autant que le tenancier tient à présent un stock suffisant de sa trappiste préférée mais le plus petit des deux Louis trouvait que ça manquait de solennité.

réunion d'investissement en AlsaceFinalement, nous avons opté pour un moyen terme entre les Pays-Bas maritime et l’accidenté land de la Hesse et avons choisi l’Alsace, carrefour des cultures germaniques et latines. Certes, l’équipe ne partait pas sans une certaine angoisse : si la qualité viticole de la région n’était plus à faire, la plupart des membres de l’équipe avait le souvenir d’infâmes Kronenbourg trop chaudes.

Mais Pierre a proposé l’idée géniale d’emprunter le Jumper de son voisin : 6 places assises et un volume largement suffisant pour transporter notre petit baluchon et les 10 casiers d’Orval nécessaires pour tenir un si long week-end chez les buveurs de vin.

Nous nous sommes donc mis en route, direction Colmar,  mais, dès que nous sommes arrivés à hauteur de Metz, la neige s’est mise à tomber, drue et épaisse.  Au fur et mesure que nous approchions du Col du Bonhomme et que le jour tombait, la circulation se fit de plus en plus rare. L’ascension du col fut néanmoins avalée d’une traite sans aucun incident mais, dans la descente, le plus grand des deux Louis poussa un cri d’effroi … « Attentioooooooon » !!!  Son homonyme qui pilotait le véhicule avait lui aussi aperçu l’ombre qui se profilait le long de la route. Un cerf majestueux et impérial envisageait de traverser. Mais les 4 compères n’eurent pas le loisir d’admirer ce roi des forêts : un brusque coup de volant pour l’éviter, la camionnette dérapa et … bardaf … ce fut l’embardée.

 

les investisseurs enneigésLe silence se fit dans la nuit blanche. Le Jumper se trouve coincé sur le bas-côté de la route, heureusement pas du côté « ravin » mais bien du côté « forêt ». Mais, avec la neige
et le dénivelé du fossé, impossible de dégager le véhicule.

–          « Merde … on n’a pas de réseau » constata Franck plaintif.

–          « Pas grave, on a des réserves de vivres et on ne sera pas déshydraté » remarqua le plus grand des deux Louis, toujours pragmatique.

–          « D’ailleurs, j’ai soif »

–          « Tu as ton décapsuleur ? »

–          « Ouais, envois les Orval »

–          « Ca me rappelle nos débuts – expliqua Pierre – la chasse à la daubasse avec du matos fait de bric et de broc »

–          « Ça n’a guère changé sur ce plan-là » dit Franck

–          « Non c’est vrai mais à l’époque, on n’avait vraiment l’impression d’être des amateurs. Aujourd’hui, c’est vrai, on a moins de complexes ».

–          « Souvenez-vous de nos premières chasses …. »

Traveling avant sur une bouteille d’Orval, fondu enchaîné, … retour en septembre 2008 …

Un petit groupe de fanas de l’investissement se retrouve régulièrement dans un groupe de discussions pour tenir différentes conversations portant sur leur thème favori. Au sein de ce groupe baptisé Valeur&Convictions, les débats sont parfois musclés, souvent passionnés et presque toujours intéressants. Si l’ensemble de ces boursicoteurs partagent un point commun – leur intérêt pour l’investissement « value » – ils défendent des approches fondamentalement différentes même si toutes sont respectables. Parmi ceux-ci, quelques « extra-terrestres » se sont mis à étudier l’approche « net-net », chère à Benjamin Graham et le 25 septembre 2008, Louis P présente à ses compères une liste de 9 sociétés françaises répondant aux critères « net net » sans qu’aucun autre critère comme la solvabilité n’entre en ligne de compte. Souvenir … Souvenir … voici cette fameuse liste avec le cours de l’époque et le rapport cours/VANN

LNC             3           0,23

Vet’Affaires 13,69       0,62

Capelli         1,15       0,81

Adomos       0,87       0,81

Passat         2,49       0,62

JAJ              0,94       0,52

Dane Elec    0,63       0,41

Kindy           6,25       0,94

GEA          12,7         0,86

La machine était lancée … Pierre, qui deviendra plus tard un “chasseur de daubasses d’élite” commença alors à retourner pierre par pierre (Pierre qui retourne des pierres, c’est rigolo ça ?  … ou ce sont les premiers effets de notre 6e Orval … c’est vrai qu’il commence à faire froid dans la Jumper !). Quelques semaines plus tard, le 16 octobre, il présente une liste de 30 sociétés « net net ». Deux jours plus tard, la liste se monte à 64 sociétés. C’est à ce moment, bien avant la constitution du club donc, que l’idée de diversification (une des pierres angulaires de notre approche) voit le jour. Le raisonnement tenu était et nous citons littéralement : « Soyons conscients que certaines société de la liste vont sans doute rester au tapis (faillite) mais si l’on réfléchit un peu, et en partant d’un portefeuille de 20 valeurs… Et si nous avons par exemple au moins 10 sociétés dont les cours représentent 30% de l’actif courant….Le potentiel sur ces 10 valeur est disons de 200% ou un cours X 3 , pour atteindre 1 soit la valeur de leurs actifs courants….Cela peut-être plus, mais restons en là….Imaginons que 3 sociétés sur les 10, fasse donc X 3…..Cela nous permet alors 6  faillites sur les 17 valeurs restantes du portefeuille….. Une dernière réflexion sur ce portefeuille Net-Net…….Comme déjà exprimé, je pense que sans diversification, le risque société est plus important que la moyenne des méthodes value….A un certain niveau de diversification que j’estime entre 20 et 30 sociétés en portefeuille, ce risque me semble se restreindre fortement, car les quelques sociétés qui vont repartir fortement annulent en partie les faillites potentielles des autres ».

Le 18 octobre, la liste se monte à 75 net net et Pierre annonce triomphalement avoir trouvé la plus sous-évaluée entre toutes, une certaine … Chromcraft Revington … un investissement qui s’avérera disons … moyen quelques années plus tard.

C’est le 20 octobre 2008 que germe l’idée de créer un club d’investissement permettant d’investir dans des net-net. Si plusieurs d’entre nous commençaient à être intéressés par un « portefeuille » Net-Net, la conviction n’était pas encore absolue et, pour équilibrer les risques, nous avons donc souhaité mutualiser une petite partie de notre épargne pour constituer un portefeuille suffisamment diversifié. Il faut souligner que la faillite de Lehman Brother remontait à un mois à peine et que le marché dévissait … dévissait … dévissait … de quoi ébranler certaines certitudes des plus expérimentés parmi nous.

Après d’interminables formalités administratives, le compte du club était enfin ouvert. Entretemps, nous n’avions pas sombré dans l’oisiveté : notre watch list avait atteint les 200 lignes. La peur sur les marchés à ce moment était à son comble, le VIX, indicateur de la volatilité du marché des options, avait atteint son plus haut historique le 20 novembre à 80,86 %. Jamais il n’avait été aussi haut et jamais, par la suite et à ce jour il n’a été aussi haut. Voilà pourquoi notre mini club ne put, au départ, réunir que la modique somme de 15 400 euros : malgré la rationalité de nos raisonnements et la bonne conviction que nous avions en sa fiabilité, un soupçon d’angoisse nous a fait garder le pied sur la pédale de frein.  Quand on connait la suite, quelle perte d’opportunité ce fut là !

Il restait à déterminer les règles qui encadreraient nos achats : au départ, elles furent d’une simplicité étonnante. Nous n’achèterions que des sociétés dont le cours présentait une marge de sécurité d’au moins 30 % sur la VANN et dont la solvabilité serait d’au moins 40 %.

Composition du portefeuille daubasse au moment du lancement, il y a 5 ans
Composition du portefeuille daubasse au moment du lancement, il y a 5 ans

Retour dans la descente du Col du Bonhomme

–   « Quel était votre sentiment à l’époque ? » demanda le plus petit des deux Louis

–   « Pour ma part, répondit le plus grand des deux Louis, je me trouvais face à un mélange d’excitation et de crainte. Excitation qui me donnait le sentiment, non comme Warren, de me trouver dans un harem mais plutôt d’entrer dans les caves de l’Abbaye d’Orval au moment où le père-abbé me dirait : « tout ce qui est là est pour toi ». Il me semblait tellement évident que, dans la vraie vie, aucun chef d’entreprise ne se séparerait de sa société en demandant des prix aussi faibles que ceux proposés. Mais aussi un peu de crainte parce que, au fonds, étions-nous certains que les oiseaux de mauvaise augure avaient tort ? Si nous assistions bel et bien à la fin du monde ? C’est facile après coup mais quand on vit l’évènement au moment même et qu’on n’a pas encore totalement mis au point un process qui protège contre les biais psychologiques, ce n’est pas si évident. Et vous les gars, vous l’aviez vécue comment cette période ? »

crise 2008-2009

– « L’approche de Graham m’intéressait » répondit Franck, vautré au fond de la camionnette sirotant sa bière et cherchant du réseau,  « mais de loin. A mes yeux, vous étiez tous les deux (Pierre et Louis P), des joyeux lurons qui se prenaient pour des mini-Buffetts. En fait, les sociétés que vous proposiez étaient tellement pourries que c’était difficile d’y croire, de se projeter sur un bon retour sur investissement. Et comme tu le dis, il faut se rappeler de la période : fin 2008 ! Tout investisseur lambda qui se respectait, scrutait son propre portefeuille et constatait les dégâts. En jeune investisseur que j’étais, cette crise m’a permis d’encaisser la plus grosse chute des marchés des 30 dernières années. Autant dire que j’étais occupé et que j’étais préoccupé à trouver ma propre voie d’investissement. Et vous, tranquilles, en train d’élaborer une nouvelle stratégie basée sur le maître de l’oracle d’Ohama : Benjamin Graham… C’était irréaliste de commencer un projet de ce style à cette période ! Mais en fait, la période idéale en y repensant, puisque les net-nets étaient abondantes sur les marchés. J’en ai presque une larme à l’œil… Je me reprends une petite Orval… »

–  Le plus petit des deux Louis enchaîne : « Quant à moi, je l’ai vécue assez mal. J’ai perdu beaucoup d’argent en 2008, étant investi principalement sur des fonds, non pas de bouteilles, hélas, mais des fonds d’investissement, des SICAVs quoi! Tiens ça me rappelle que je dois encore mettre de l’ordre dans mes caves à vin… Bref, pour revenir à ce que je disais, j’avais bu la tasse et ma motivation était au raz des pâquerettes. Et c’est alors qu’en discutant avec mon ami Pierre, autour d’une Duvel au cimetière d’Ixelles (au café La Bécasse pour ceux qui connaissent), il me parla pour la première fois des netnet. Et là s’enchaîna une discussion des plus intéressantes et passionnantes qui ont fini par me sortir de mon état de chat échaudé… Ah, quels souvenirs, n’est-ce pas, Pierre? »

Capitalism Grave

–  Pierre : « Et oui Louis c’est presqu’une blague notre première rencontre…Imagine toi un pote qui te demande, finalement vous vous êtes rencontré où la première fois avec Pierre et tu lui dis : au cimetière d’Ixelles… Et ton pote interloqué te demande, mais qu’est-ce que vous alliez foutre dans un cimetière et tu lui dis : Pierre avait acheté une chrysanthème et on cherchait la fosse où on allait enterrer le mort, pour être certain d’être les premiers à déposer la « potée »… Et ton pote, de plus en plus ébahi, te demande et c’était qui le mort ? Le capitalisme pardi ! Vous n’êtes pas obligé de rire hein les gars, surtout ne vous forcez pas ! Remarque que c’était encore plus loufoque avec le plus grand des deux Louis … Puisqu’on avait déjà mis du pognon dans un compte commun, pour le club et on ne s’était jamais rencontré, même pas téléphoné. J’avais l’impression de bien le connaître avec nos échanges sur le forum V&C ! Et quand on a annoncé l’histoire à nos nanas, je parle de nos épouses évidement, elles nous ont demandé chacun de notre côté si on avait quatorze ans ou bientôt quinze sur ce coup-là ! Et tu ne le connais même pas et si et ça, juste des remarques lucides de nanas quoi… ! Mais c’était déjà trop tard….!

–   « Tu ne réponds pas à la question là »

–   « C’était quoi encore la question ? A oui, comment on a vécu la période..?..Mal….!

–   « Mais encore……. »

–    Comme le disait Francki, quand on se prend pour un « mini Buffett », on nage dans la mer sans maillot et pourtant on a l’impression d’avoir un maillot bien moulant du genre speedo « spécial compet ». On se rend seulement compte que l’on n’est pas dans la mer mais juste dans sa baignoire au moment où on boit la tasse qui a un goût de savon et pas de sel. Et pourtant ce qui est énervant, c’est que j’ai fait un maximum pour comprendre et pour appliquer au mieux. Mais c’est précisément là l’erreur : en gros, j’ai pas mal perdu grâce à Warren qui m’a guidé pas à pas vers ce qui devait être la lumière mais qui s’est finalement révélé être un gouffre. Mais d’un autre côté, c’est aussi grâce à Warren que j’ai compris que j’étais vachement plus limité que je ne l’imaginais et aussi grâce à notre ami Michael et au plus grand des deux Louis quand ils ont commencé à nous parler de la « simplissime » valeur net-net d’une société, avec une soustraction et une division,….. pan…….on sortait un chiffre costaud sur lequel on pouvait compter…! Finalement j’ai presque vécu deux révélations… La première, j’ai compris que j’étais trop con pour imiter Warren et la seconde qu’il y avait peut-être une histoire à mon niveau pour redémarrer du bon pied. Le pire, c’est que j’ai même mis du temps avant de comprendre tout convenablement : c’était trop simple sans doute ! Le plus difficile ensuite, ça a été de se dire : c’est extra, on a 200 sociétés « fortminables » pour réaliser un investissement formidable. C’est vrai que c’était excitant mais sur le moment et vu les pertes subies un peu avant, j’ai l’impression que j’ai juste trempé le bout de mes orteils avec mes 7 000€…. Mais bon vu le nouveau 1929 que l’on allait vivre, l’équation était simple, soit on restait prudent en étant conscient que ce n’était pas la fin des pertes, mais peut-être encore le début de nouvelles pertes… soit je ne l’étais pas et j’allais finir en clochard « orvalisé » sous les ponts de Marchienne-au pont ! »

–  « N’empêche qu’on n’est quand même pas resté « scotché » sur notre approche et qu’on a su évoluer.  Hein Louis ? » interroge Franck

–  « C’est vrai, pour ma part, la divergence la plus marquante que nous avons eue par rapport aux « net-net », ce fut les  « net-estate » ou « VANE« . Parce que d’une part, cette notion est une exclusivité des daubasses : nous ne nous sommes plus contentés de suivre une formule inventée par un autre mais il s’agit d’une création issue de nos imaginations fertiles … enfin qui sont fertiles quand on a ingurgité moins de 15 trappistes … ce qui n’est plus le cas depuis un bon moment dans cette camionnette. D’ailleurs je vois le cerf de tout à l’heure en train de faire « coucou » par la fenêtre »

cerf

–  « Ça ? c’est juste le givre sur la vitre. »

–  « Ah bon, c’est vrai que l’Orval tient chaud et que je ne sens pas vraiment cette fraicheur. Je disais aussi qu’avec les VANE, nous nous sommes constitué un avantage compétitif très intéressant : il n’existe aucun screener capable de détecter cette valeur … et on ne peut d’ailleurs la calculer qu’en plongeant très en avant dans les rapports financiers. Un peu de labeur supplémentaire donc pour pouvoir sélectionner les meilleures » valoriser de l'immobilier d'entreprise

–  Franck enchaîne :  » ne plonge pas trop Louis … Tu risques de ne pas remonter à la surface. L’Orval contient des bulles, mais son ingestion ne te fait pas flotter ! Bizarre ça d’ailleurs… »

Bref, oui, les VANEs, c’est beau… (pensée évasive : esprit miroitant les grattes ciels américains amortis à 80%, décote sur valeur historique de 1955 … – j’arrête ici, sinon je vais faire une rupture d’anévrisme liée à l’excitation). Bel exercice de style non « machinable ». Tout à l’artisanat comme tu dis. C’est ça qu’est beau, des ouvriers comme nous qui savent encore travailler les rapports financiers ! Les robot-traders qui travaillent à la milliseconde, ils ne les voient pas passer les VANEs ! Héhé (sourire ébahi de Franck , fier de sa comparaison + gorgée d’Orval). En tant que titi parisien, n’oublions pas de préciser que j’ai pris un sérieux virage aussi direction le Nord, la Belgique. Il a fallu que je vire à 180°C pour me mettre… à la bière. (clin d’oeil aux compagnons du Jumper et trinque d’Orval). Trêve de plaisanterie… C’est vrai qu’on a eu une belle période créative. Avec les holdings décotés, et fonds fermés décotés aussi. On a chassé tout ce qu’il était possible de chasser dans une approche patrimoniale et surtout sur des actifs dont la décote est facilement mesurable. Une fois qu’on a gouté la liqueur « valeur » et l’agréable sensation douillette du confort des actifs en grosse décote, on les cherche un peu partout. Mmmm… On dort si bien avec un portefeuille rempli à craquer de daubasses et autres mignardises mielleuses, croquantes décotées à souhait ! Le moment que j’apprécie le plus, et qu’on a, je pense, tous découvert dans notre aventure, c’est la chasse à la daubasse. Ce plaisir de lire sur mon écran à la lueur du clair du lune les rapports annuels, semestriels, trimestriels voire d’obscures messages d’informations de la société pour comprendre des événements qui expliquent une Potentielle Décote Identifiée (PDI), mettre des centaines de chiffres dans des cases… qui donnent des décotes trop faibles ou alors avoir trouvé la SUPER daubasse de l’année, et se rendre compte au dernier moment que les comptes sont en USD… et que la société cote en GBP ! ARGH !!! (Orval pour la peine). C’est dans ce moment qu’on sent qu’on va tomber sur une daubasse… Mais peut être que sur ce sujet, il faut mieux laisser la place à notre spécialiste maison… Pierre ? … C’est de toi que je parle… Réveille-toi ! Et raconte nous un peu tes passionnantes recherches sur des centaines de sociétés ? »

– Il dort vraiment, qu’est-ce qu’on fait…..!

– Met lui un coup de coude dans les côtes pour le réveiller….!

– Et s’il me balance une tarte ?

– Tu lui mettras un coup de boule !

OH EH, Pierre, tu nous parles de la chasse s’il te plait ?

– La chasse… La chasse de quoi ?

– AAAA à la Daubasse, on venait juste de dire que t’étais le spécialiste et que tu pourrais dire un petit mot sur le sujet.

– Il n’y a pas grand-chose à dire…

– Tu veux une petite Orval pour t’éclaircir les idées ?

– Oui, ce n’est pas de refus.

– Et tu as aussi loupé l’évocation par Louis de la catégorie VANE, une appellation Daubasse incontrôlée, fruits délicieux et rémunérateurs de nos QI et de nos imaginations enlacées.

– Comme on est à s’auto-congratuler et à se lustrer l’égo à la crème Lancôme, vous avez parlé de l’équipe des Daubasses au moins ?

– Qu’est-ce que tu veux qu’on dise ? Qu’on est les meilleurs, qu’on l’a prouvé et qu’on va le prouver dans le futur et que même si on ne connait pas le futur, c’est comme si c’était déjà fait.

La Jumper s’emplit de rires interminables déclenchés par la réplique du plus petit des deux Louis.

– C’est un détail que je n’oserais même pas évoquer. Ce n’est pas notre style. Je voulais juste dire que le vrai moteur des Daubasses, c’était nous, nos personnalités, notre entente, nos débats, notre organisation qui me fait parfois penser à un staff de formule 1 dans les stands pendant la course. Nous avons chacun une part de boulot bien précis. Mais on peut aussi se ruer, tous les quatre, ventre à terre, sur une Daubasse, pour lui changer les roues, la remplir de kérosène, faire ingurgiter à l’entonnoir deux trappistes au pilote et la larguer sur la piste… et tout cela en 30 secondes chrono. Au moment opportun, il n’y a pas de question sur qui fait qui et qui fait quoi mais un seul homme à quatre tête, huit bras et huit yeux.

– Si on revenait tranquillement à la chasse….!

– La chasse … ben … pour tout dire, la chasse c’est barbant 98% du temps, ça fatigue les yeux, éreinte le cerveau, endolori le poignet et fait picoter les fesses même sur la meilleure chaise directoriale de bureau. Retourner des milliers de pages web plusieurs jours d’affilés pour vérifier toujours la même rengaine : Current Asset – Toutes les Liabilities et diviser par le nombre de petites actions en circulation. On a envie de se taper la tête dans le mur par moment. Et pour certaines sociétés de certains pays dans lesquels l’info est comme planquée dans la botte de foin de leur site foutoir, ça donne parfois envie de chasser la daubasse avec un vrai flingue. Et puis bien sûr, il y a l’inénarrable société cotée sur Euronext qui n’a pas la version anglaise du rapport … alors tu dois faire appel à « google plus traduction » pour chaque ligne du bilan ou à peu près. Et ton envie de chasser au flingue réel se transforme en envie de chasser au bazooka. Et c’est la même chose quand ta joie explose, quand tu penses avoir trouvé la belle affaire, une daubasse au cours anorexique avec des actifs du père dodu dans la boutique mais que tu n’as pas fait attention au fait que les petits malins publient leurs comptes en dollars et font coter leur actions livres sterling : quand tu refais le calcul avec le change, tu t’aperçois que le cours est dodu et les actifs anorexiques. En fait, la seule joie qui te procure une douleur viscérale intégrale un peu comme si un astéroïde te traversait le bide !

chasse à la daubasse1

 

-Et quand tu trouves !

– Oui les gars, c’est vrai qu’il y a les 2% de temps où c’est le nirvana, la consécration, l’arrivée au stade devant une foule en liesse composée de votre chien, de quelques mouches en été et quelques moustiques le soir… et de quelques tourterelles qui roucoulent dans les arbres. C’est le moment où vous semblez vous décerner seul, un diplôme de docteur honoris causa de la chasse scientifique à la daubasse, d’une quelconque université que vous inventez sur le champ. Remarquez que la trouvaille d’une daubasse me donne aussi l’envie d’aller faire ma petite…..  Hum … il y a en moi comme un trépignement physiologique incontrôlable que je dois absolument évacuer avant de compléter la fiche. Et cela se répète juste avant de vous envoyer cette fiche et quelques commentaires souvent positifs sur notre forum privé. Et ensuite, une fois la fiche postée, l’attente commence… Je sais que mes biais provoqués par ma trouvaille sont à vif et nombreux et que je n’ai rien regardé en profondeur. Mais j’attends toujours que vous me disiez « tu es notre héros…Sans toi on est foutu… ». Et au lieu de tout cela, 75% du temps sur les maigres 2% de bonheur intense de tout ce labeur, vous me dites des trucs du genre :  « bof, t’a vu les procès en cours ? » ou encore « Pas terrible, il y a des options » ou bien « Je ne la sens pas, la direction a prêté à la société à un taux de 12% » ou même « C’est pas mal mais on va la mettre en réserve » et le pire : « ils viennent de payer un dividende qu’il faut déduire des fonds propres, la décote n’est plus de 45% mais de 25% ! » A partir de ce moment, je suis bien obligé de revenir sur terre……!

– C’est pas mal.

– Instructif, Pierre…

– Quel est le prochain sujet ?

– Allez, comme vous m’avez réveillé, et que je me sens de plus en plus en forme, je vous propose que nous passions au PEA. J’ai toujours trouvé que ce support d’investissement français avait un côté malsain, presque pervers. Je vous demande aussitôt les deux Louis de vous censurer « à donf » dans vos commentaires pour ne pas nous attirer les foudres de nos amis français qui ne le méritent pas. Franck, finalement tu crois que c’est une bonne chose cette taxe ? Elle va libérer la vision … ou c’est le ferment probable de la prochaine révolution ? Allons z’enfants de la patrie ieeee, le jour de gloire eeeest arrivé. pom po po pom pompom……!

– C’est vrai que, à jeun ou non, j’ai toujours eu difficile de comprendre l’attitude de notre Franck qui, à chaque fois qu’on tombait sur une daubasse « éligible-au-PEA » se retrouvait les yeux exorbités, la langue pendante et la bave aux lèvres.

– Arrêtez un peu d’exagérer les belges… C’est grâce à des outils comme le PEA que vous avez eu la chance de pouvoir accueillir notre Gégé national ! Vous nous pillez les icônes de FRANCE avec votre paradis fiscal belge !! s’indigne Franck

– Oui, ça doit être ça pouffe le plus petit des deux Louis.

– En tous cas, à chaque fois qu’on a parlé de PEA, on a toujours eu l’impression qu’on était sur des planètes différentes : entre le Français qui tentait, en vain, de nous démontrer son utilité et les Belges qui le regardaient d’un air ahuri en acquiesçant poliment mais en réalité sans rien comprendre du tout, ça a été assez folklorique.

–  Le bon côté des choses, si on a bien compris, c’est qu’à présent, avec ces taxes supplémentaires, ta politique d’investissement sera moins influencée par des critères fiscaux puisque l’écart des prélèvements entre le PEA et le compte-titres ordinaire a diminué ?

–  C’est ça approuva Franck, je crois que je vais pouvoir lâcher mon pea rigide et me lâcher sur mon compte-titre.

– Ouais ! ponctua la plus grand des deux Louis. Tient, on dirait qu’il a cessé de neiger.

– Regardez devant : les phares d’une voiture

Une 206 rouge vif s’arrêta à hauteur de la Jumper, la vitre s’abaisse et un visage avenant apparu :

– Ca va Messieurs ?

– Ben, on a un petit problème comme vous voyez. Vous avez du réseau vous ?

– Heu … non. Je vais à Mittenwhir pour quelques dégustations de vin. Je vous emmène ?

– Pourquoi pas ? Eh Louis, tu prends un casier d’Orval au cas où ?

– Des Orval ? Vous êtes belges ?

– Oui … dirent en cœur … les trois belges mais Franck cru bon de se désolidariser en expliquant que lui, il était français et bien français.

– Nous, on est « les daubasses » expliqua le plus grand des deux Louis en gonflant la poitrine, très fier de lui et sûr que sa notoriété s’était étendue à l’ensemble de l’Europe occidentale.

– Daubasses ? connais pas expliqua notre bon samaritain. Moi, je m’appelle Muller, Laurent Muller. Et vous faites quoi les 4 Daltons … heu … les 4 daubasses ?

– On fait de l’investissement « deep value » comme Benjamin Graham expliqua Pierre.

– Là, vous commencez à m’intéresser : moi aussi je suis un passionné d’investissement. Vous connaissez Gevelot ?

Et c’est ainsi qu’une grande discussion s’engagea entre les daubasses et leur sauveur … Ami(e) lecteur(trice), vous lisez peut-être là, en direct, les début d’une amitié naissante … et de nouvelles aventures qui débuteront … pas plus tard que la semaine prochaine.

Pour l’heure, nous savourons ces 5 années d’aventures, d’amitiés, d’échanges avec vous, cher(e) lecteur(trice), au travers de 402 articles. Vous êtes 2 700 visiteurs uniques qui visitez notre blog en moyenne 2 fois par mois, vous avez échangé avec nous au travers de 2 684 commentaires et de milliers de mails.  De plus,  une bonne partie d’entre vous nous a fait le plaisir de s’abonner à notre lettre mensuelle afin de nous suivre « à la trace » et d’encore mieux partager nos aventures dans le monde merveilleux de l’investissement dans la valeur.

Alors, pour tout cela, nous vous disons merci et … santé !

trinquer aux plus-values boursières

 

L’investisseur débutant intelligent !

Voici presque 3 ans, le 28 avril 2010, nous vous proposions, cher(e) lecteur(trice), une interview de François Badelon, le « boss » de la société d’investissement Amiral Gestion et surtout un des plus grands gérants « value » européens. Il faut bien avouer que c’est plutôt difficile ensuite de trouver un investisseur qui suscite autant d’intérêt que François pour vous faire partager son expérience. Comme nous sommes toujours assez exigeants et surtout que nous devons être quatre à nous « emballer » sur un sujet pour qu’il soit publié sur notre blog, nous avons donc mis un certain temps à trouver un autre investisseur « value » qui puisse vous apporter, de notre point de vue, quelque chose de concret et de digne d’ intérêt en faisant partager son expérience.

Il s’agit en fait de notre ami Etienne, investisseur particulier, âgé d’une trentaine d’années et qui a commencé à investir le 1er  juin 2010, en voulant faire partager son expérience, voire son manque d’expérience, sur un blog qu’il a intitulé : Investisseur débutant (site aujourd’hui fermé).

investisseur débutant

Pour ceux qui ne connaisse ni Etienne, ni son blog, ni son court parcours d’investisseur, vous pourriez à juste titre vous poser la question : mais qu’est-ce que peut nous apprendre un investisseur débutant ?

La réponse est très simple pour ceux qui comme nous ont suivi son cheminement d’investisseur depuis presque 3 ans : un investisseur débutant peut vous apprendre énormément, vous faire gagner un temps précieux si vous êtes vous-même débutant, vous remettre sur les rails si vous êtes « à côté de vos pompes » et enrichir la réflexion d’investisseurs plus aguerris.

Ce que nous allons essayer de comprendre, c’est comment et pourquoi un investisseur qui débute a les idées aussi claires sur ce qu’il va faire en investissement, pourquoi il a choisi d’investir dans la valeur, pourquoi il a choisi les méthodes de Graham bien moins sexy que celles de Buffett. En résumé, pourquoi et comment un investisseur débutant est capable d’éviter la période que nous avons tous connue dans l’équipe des Daubasses et sans doute pas mal d’autres d’investisseurs, cette période durant laquelle on commence dans l’investissement par faire parfois n’importe quoi ou à peu près puis, ensuite, après la lecture de deux bouquins sur Buffett, on se lance dans du Buffett sans finalement bien comprendre les moyens dont dispose Buffett à moins qu’on ne poursuive indéfiniment ses recherches sans jamais prendre la décision d’une méthode auxquels on se tient.

aspects psychologiques de l'investissement

Ce qui nous intéresse donc ici, ce n’est pas d’interroger Etienne sur les détails de sa méthode d’investissement ou d’analyse (vous trouverez de toute manière tous ces éléments sur son blog) mais plutôt de comprendre comment, psychologiquement, on se met dans la position d’un investisseur qui va prendre dès le départ des résolutions de bon sens pour échafauder une stratégie qui lui convient et qui sera au bout du compte gagnante.

Si Etienne est un ami, nous n’allons pas vraiment tenter de faire une petite interview du type « petit coup de pub entre amis » mais tenter de pousser notre confrère au-delà de ce qu’il explique  sur son blog pour essayer de bien comprendre son mental, ce qui était naturel chez lui, ce qu’il a travaillé, étudié, ce qu’il a dû modifier en lui, combattre.

Nous allons aussi tenter de comprendre certains de ses réflexes, ses doutes et les rouages de ce qui fait sa force d’investisseur. Bien entendu, nous allons lui demander un petit effort de mémoire pour certain « flash-back » en faisant abstraction du présent ou de ce qui s’est passé ensuite …

Bien entendu, comme les Daubasses n’aiment pas faire les choses dans la demi-mesure, nous nous sommes demandés d’emblée dans quel endroit nous allions organiser la rencontre avec Etienne :  Paris, Bruxelles, Charleroi, dans un bon resto, un café pas cher, un salon de thé, dans le salon de la grand-mère de Franck en Normandie ou  dans un endroit insolite comme le hall du parlement flamand, le musée de la petite Couère, la gare de Libramont ou encore le musée de la pêche de Oostduinkerke…

Musée de la pêche à Oostduinkerke
Musée de la pêche à Oostduinkerke

Les premières propositions ne coûtent pas cher et sont dans le pur esprit Daubasses mais manque cruellement d’originalité … Pierre, propose le café du « feu rouge » au 4 bras de Couillet (banlieue de Charleroi) la chope est à 1.30€ et la petite restauration est abordable. Le plus petit des deux Louis propose un bar à sushi pas loin de chez lui à la frontière flamande de Bruxelles, le « Watashi, Jefke ». « C’est classe » nous dit-il et Jefke est un ancien copain de lycée.

Le plus grand des deux Louis n’y va pas avec le dos de la cuillère et propose une rencontre « Skype » chacun chez soi à 0€ de déplacement, 0€ de boisson, 0€ de repas…

Quant à Franck, il annonce qu’il a une belle idée mais qui demande quelques délais …

15 jours plus tard, lors de notre rencontre mensuelle à Amsterdam au Bar Emmanuelle Quai des « VIS », c’est sur ce sujet que nous débutons le D.M.C.P. pour le « Daubasse Montly Check Point ».  Franck déballe son dossier : des notes, des photos, des devis, des copies de mails, jonchent rapidement la petite table, sur laquelle trône quatre verres de Chimay au col blanc immaculé (le tenancier avait cette fois prévu un stock suffisant).

Franck semble plus qu’enthousiaste, il est carrément énervé.

– On va faire le « buzz », les gars, ça va être du tonnerre d’enfer dit-il en essayant de mettre un peu d’ordre dans son fouilli.

– On t’écoute, répliquent en coeur les trois autres Daubasses

– Bon voilà, j’ai loué un salon au 72ièm étage du « Shard », pour la journée du 24 mars, c’est le week-end avant pâques.

– Du quoi, demande le plus grand des deux Louis ?

– Le « Shard » explique Franck en nous balançant quelques photos, c’est le plus haut bâtiment d’Europe, 309 mètres, et il est situé a Londres face à la City……Tout un symbplace financière de Londresole…!!!

– Franck, j’ai bien peur que l’on ne te suive pas sur ce coup-là, coupe Pierre en éclusant son verre de Chimay et en en commandant un autre dans la foulée.

– Tu t’imagine le budget ? renchéri le plus grand des deux Louis

– Attendez les gars, vous ne connaissez même pas mon business plan et vous rejetez directement  l’affaire alors que je n’arrête pas de vous dire que c’est du béton !

– « Allez vas- y ! Déballe nous ton plan foireux », invite le plus petit des deux Louis en rigolant.

– OK … je vous passe les détails de la filière amis d’amis mais en gros voilà l’affaire : la location d’un salon au « Shard » coûtait 100€ le quart d’heure, soit pour 8 heures 3200€. Et je savais d’avance que vous ne seriez pas d’accord, alors j’ai trouvé une espèce de sponsor qui prend toute la location en charge, nous fournis une hôtesse d’ accueil, quatre repas chauds à midi, trois bacs d’Orval et des sandwiches pour le soir et se charge aussi des billets de train aller-retour… J’ai donc loué de 11 heures à 19 heures.

– Donc si j’ai bien compris, cela ne nous coûte pas un centime ? demande le plus grands des deux Louis.

– Pas un penny, rétorque Franck, car notre sponsor est le photographe Steve Hiett, spécialiste des photos de mode, beauté, déco, people, natures mortes et des reportages-choc.

– Et il nous prend dans quel catégorie, le Stivie ? demande le plus petit des deux Louis.

– Avec nos tronches et nos physiques de rêve, je ne pense pas qu’on puisse espérer autre chose que « nature morte » ! lâche Pierre hilare.

– Allez, on peut peut-être tenter notre chance dans la catégorie déco ! renchérit le plus grand des deux Louis, hilare lui aussi…

– Les mecs, regardez les clichés ! lance Franck en nous balançant des couvertures de vogue et autres copie de photo de Steve Hiett.

– il n’y a que des nanas ! s’exclame le plus  petit des deux Louis.

– Ne me dit pas que l’on va faire un calendrier nu comme les Pompiers de Bollène avec Stivie Yeti ? s’esclaffe Pierre.

– Arrêtez de déconner les gars ! Il nous prend pour un reportage pour l’hebdo britannique « The Economist ». Et d’après nos premiers échanges, il va l’intituler : « les actions ne montent pas jusqu’au ciel, seulement jusqu’a la VANT« .  Il a même loué un hélicoptère pour l’heure et demi que durera le reportage et les shoot.

– Et on fait quoi ? demande Pierre.

– « On lui fait signe du 72ièm étage dans nos beaux costumes » lance le plus grand des deux Louis, plié en deux. « Finalement, tu aurais du lui demander en plus des frais un petit cachet de 1000€ chacun : cette discussion avec Etienne nous aurais même finalement rapporté ».

– En fait le challenge, c’est que nous devons grimper les 72 étages par la face nord du gratte ciel sur la façade de verre, encordés comme des alpinistes urbains. On sera accompagné par deux laveurs de vitre professionnels pour la sécurité.

ascension boursière

– Hein ? Pas possible Franck, j’ai le vertige et je suis incapable de voyager en avion depuis une quinzaine d’années tellement j’ai peur, explique Pierre redevenu soudain sérieux.

– « J’ai déjà signé au nom du groupe, tu n’a pas le choix Pierre ». a dit Franck d’un trait. « Et les Louis qu’en dites vous ? »

– « Pas mal » ont dit les deux Louis en coeur, on est partant.

– Je te dis que je ne saurais pas le faire, Francky… Mais j’ai une idée : on demande à Etienne de jouer la Daubasse, il grimpe à ma place et moi, je me fais passer pour Etienne et j’arrive par l’ascenceur vers 14 heures.

– Impossible Pierrot, j’ai déjà refilé notre cliché sur les marches de la bourse de Bruxelles, la première fois que nous nous sommes rencontrés. Il connait déjà nos tronches. Tu sait la photo qui défile en mode aléatoire sur la page d’accueil de notre site entre Schloss, Buffett, Graham, Sonkin, Klarman et les autres, en clin d’oeil aux « maitres de l’investissement dans la valeur » ?

– T’a quand même pas refilé cette photo ? a demandé le plus grand des deux Louis.

– Ben oui, je la trouvais pas mal cette photo. Pourquoi ?

– On était tous sapés comme des barakis de Charleroi, c’était en plein hiver … sans vouloir te viser hein, Pierre.

– Pas de problème … mais je vous assure que je ne vais pas pouvoir y arriver les mecs !

– « Ecoute Pierre, on t’achète une bouteille de single mat écossais et elle doit au moins être à moitié vide avant qu’on t’enfile les harnais … Tu ne sauras même plus où tu sera exactement ensuite.  Tu fermes les yeux et on te parle pendant toute la montée des meilleures opportunités de notre watchlist pour t’occuper l’esprit » propose très sérieusement le plus petit des deux Louis.

– Mais comment voulez vous que je grimpe si je suis complètement bourré ?

– Pierre et nous tu crois qu’on va grimper ? On fait tous semblant d’escalader mais en fait on est treuillé du dessus. Au troisième étage et au 74iém étage, il y a aura deux holographes géants qui nous suivront en direct… Ca va être top… Avec l’hélico, la foule en bas… Quand nous arriverons au salon que j’ai loué au 72ièm, l’holographe du dessus, affichera en grand :  » les Daubasses préfèrent les VANT aux étoiles, C’est ici qu’ils s’arrêtent » et il y aura aussi des slogans pendant toutes la montée du style « le manque de lucidité en investissement, c’est comme une peau de banane sur la vitre de 25ièm étage du « Shard » … Ce sera top. Et il y aura de la musique techno !

Malheureusement ami(e) lecteur(trice),  face au refus d’un des membres de l’équipe de participer à cette aventure inédite à London et après moultes essais pour le convaincre, nous avons opté pour la conversation à bâtons rompus avec notre ami Etienne dans le salon de la grand-mère de Franck dans un petit village merveilleux de haute Normandie. Dans un cadre idyllique et champêtre, en toute simplicité mais avec quelques Orval en provenance directe de l’abbaye. Une situation moins médiatique et prestigieuse mais bien plus « cosy ».

« On frappe à la porte……C’est sûrement notre investisseur débutant intelligent préféré ! »

C’est la grand-mère de Franck qui va ouvrir la porte …

(à suivre)

un investisseur débutant intelligent

 

 

 

Un cours qui tombe suite à une VANT qui tombe ou … quand il est question d’Odyssée de l’espace, de cerises, de bières et aussi un peu d’investissement.

Oui fidèle lecteur(trice), nous faisons des pertes … nous allons vous l’expliquer mais, tout d’abord, un petit retour en arrière …

Flash back … Floue artistique …

4 australopithèques sont penchés sur le sol.  Ils fouillent frénétiquement les détritus de la tribu.  Tout à coup l’un d’eux pousse un cri bestial et exhibe sa trouvaille à ses compères : une magnifique cerise.  Les trois autres l’acclament avec des gloussements d’aise.  L’homme  lance sa cerise dans les airs.  Durant l’envol du superbe fruit vermeil retentit la musique de Richard Strauss « Ainsi parlait Zarathoustra » …

Nouveau floue artistique … Fin septembre 2012 … 4 hommes qui ressemblent étrangement aux précédents sont attablés au bar Emmanuelle sur le  Quai des Vis.  Néanmoins, ils sont moins velus et de nombreuses bouteilles d’Heineken vides, à demi-vides ou encore pleines gisent, éparses, autour d’eux.  Ils préfèrent de loin la Trappiste de Rochefort (5e meilleure bière au monde) mais le tenancier n’en avait plus que 24 bouteilles en réserve.  Après avoir fait un sort à ce stock maigrichon, ils n’ont guère eu d’autres choix que de se rabattre sur cette vulgaire pils hollandaise s’ils voulaient éviter une déshydratation qui aurait pu leur être fatale.

C’est que nos gaillards sont confrontés à un gros problème : si la hausse presque continue des marchés n’a pas totalement fait disparaître ce qu’ils appellent des « daubasses », les occasions n’en deviennent pas moins rares pour la cause.

Entre deux gorgées de jus de houblon, le plus petit de la bande expose le problème le plus clairement qu’il le peut encore.

–          Si nous voulons encore investir, il va peut-être falloir nous montrer moins exigeant avec nos critères.  On ne va quand même pas laisser dormir du cash sur notre compte en banque, expose-t-il ..

–          Elargir les critères … je préfère qu’on reste dans notre process quitte à louper des occasions explique, doctement, un deuxième

–          Tout-à-fait Louis ! tonne le 3e, un certain … Louis qui ponctue son exclamation par un rot retentissant.

–          Je n’ai pas été assez explicite renchérit le premier … je voulais dire que l’on pourrait acheter toute une série de titres qui correspondent à nos critères même si le potentiel par rapport à la VANT est plus réduit.

–          L’idée de Franck n’est pas dénuée d’intérêt, expose alors, conciliant, le 4e qui était resté silencieux jusque-là.  Il faut dire qu’il avait buvait goulument le contenu de la bouteille qu’il tenait en main et qu’il est difficile de parler et boire en même temps.

–          Évidemment, mais on risque bien de réduire le potentiel de notre portefeuille si on est moins exigeant, conteste le plus grand de deux Louis.

–          Peut-être y a-t-il un moyen de booster le rendement en tenant compte d’autres choses que la VANT ? interroge le plus petit des deux Louis.

C’est alors que les 4 compères ont un éclair de lucidité !  Les cerises … mais oui, mais c’est bien sûr … toujours regarder s’il n’y a pas de  cerises sur les gâteaux

C’est alors que retentit à nouveau la musique de Strauss, plus triomphante que jamais … pendant que Francky commandait une bouteille de Calvados au barman parce que, non … décidément … la Heineken n’était vraiment pas à la hauteur pour fêter une découverte aussi révolutionnaire pour les générations futures …

Nouveau floue artistique …

Fin décembre 2012, un blog consacré à l’investissement annonce avoir entamé une danse techno frénétique dont il semble, d’après les observateurs, qu’elle ne fut  pas initiée par une consommation excessive d’alcool et autres spiritueux.

Ces joyeux lurons boursicoteurs y rappellent notamment que ce qui les intéresse dans les technos, ce sont les  fameuses « cerises »  que représentent les connaissances spécifiques engrangées par ce type d’entreprise au cours des années sous forme de recherche et développement.  Dans leur approche, ils pensent qu’effectivement les dépenses en R&D, loin de constituer un handicap, donnent de la valeur à la société à côté de ses actifs tangibles.

Fondu enchaîné … aujourd’hui  …

Il est temps pour nous, cher( e) lecteur(trice) de faire le point sur nos achats de sociétés technos.

Tout d’abord, nous avons vendu une de ces  lignes avec une perte de 51 % (frais de courtage inclus). Il s’agit de la société Pursuit Dynamics pour laquelle nous recopions ci-dessous l’analyse que nous avions fournie à nos abonnés le jour de notre achat, le 22 novembre 2012. Pas vraiment de quoi faire retentir à nouveau Zarathoustra à priori … quoi que … laissez-nous vous expliquer …

Ces pertes comme nous l’écrivions dans cet article font partie intégrante de notre approche.  Avec les technos, nous augmentons même ce risque car, reconnaissons-le,  nous ne maîtrisons généralement pas grand-chose des produits ou des marchés sur lesquels ces sociétés sont actives.

Mais nous pensons aussi que, statistiquement, si on achète des sociétés à haute intensité de savoir-faire technologique en payant moins que la valeur de leurs actifs tangibles, s’il est possible que l’une ou l’autre nous fassent subir des pertes sonnantes et même trébuchantes, nous pensons, disions-nous, que, globalement, les hauts potentiels des autres devraient nous permettre de sortir largement gagnant de ce genre d’investissement.  Bref, une fois de plus, les vertus de la diversification

Et, 5 mois après avoir commencé cette danse, il est temps, selon nous, de faire un premier point pour vérifier si, malgré une première vente à perte, nous bénéficions bien d’un effet multiplicateur actif tangible – cerise intangible.

Les rendements indiqués sont en euros après avoir tenu compte des impôts sur les dividendes ainsi que des taxes de bourse  et frais de courtage.

Techno 1 achetée le 9 octobre 2012 : nous sommes en plus-value latente de 44,23 % après avoir encaissé, en sus, un dividende net d’impôt représentant 20,7 % de notre coût d’achat.

Techno 2 achetée le 17 octobre 2012 : nous sommes en plus-value latente de 92,64 %.

Pursuit Dynamics achetée le 22 novembre 2012 : nous avons vendu en actant une perte de 51,65 % en euros après paiement des frais de courtage et taxes de bourse.

Techno 3 achetée le 30 novembre 2012 : nous sommes en plus-value latente de 14,96 %.

Techno 4 achetée le 2 janvier 2013 : nous sommes en plus-value latente de 37,01 %.

Techno 5 achetée le 2 janvier 2013 : nous sommes en plus-value latente de 19,45 %.

Techno 6 achetée le 9 janvier 2013 : nous sommes en plus-value latente de 21,38 %.

 

En résumé, si on équipondère le poids de ces achats, nous obtenons une plus-value moyenne de 28,39 % pour des lignes constituées sur une période vieille de 2 à 5 mois.  A titre de comparaison, sur les 5 derniers mois, notre benchmark, le tracker Lyxor MSCI World en euros a gagné 8,05 %

Bien sûr, une période de 5 mois est bien trop courte pour juger de la pertinence d’une stratégie mais si nous élargissons le spectre en considérant, par exemple, les 10 plus beaux baggers de l’histoire de notre portefeuille, c’est-à-dire des lignes pour  lesquelles nous avons réalisé des plus-values variant entre 331 et 1 394 % par rapport à nos coûts d’achat nous constatons qu’il s’agit uniquement de sociétés à fort taux de connaissance scientifiques ou  techniques, toutes sans exception !

A contrario, parmi nos 10 pertes en capital les plus retentissantes, nous trouvons 7 sociétés à caractère technologiques.

Ce petit topo ne nous apprend rien de nouveau (et à vous non plus si vous faites partie de nos  lecteurs(trices) les plus fidèles).  Mais il nous conforte dans plusieurs de nos opinions :

–          Oui, des frais de recherche et développement permettent de constituer un actif intangible

–          Oui, une diversification de bon aloi est indispensable quand on investit en daubasses

–          Et oui, les pertes font partie intégrante d’une approche « deep value ».  Si celles-ci sont intellectuellement insupportables à l’investisseur « dilettante », ce n’est pas la peine qu’il s’intéresse à cette approche.

–          Et non, vendre une ligne à perte, ce n’est pas une catastrophe pour autant qu’on ait respecté son process d’investissement

Pour notre part, nous continuons sans relâche à traquer la daubasse en tentant, autant que possible, d’acheter, en plus des actifs avec décote, de belles cerises juteuses et goûteuses pour que, à de nombreuses reprises, nous puissions entonner des « Ainsi parlait Zarathoustra » victorieux …

En attendant, vous pouvez prendre connaissance ci-dessous de l’analyse de Pursuit Dynamics que nous avions mis à disposition de nos abonnés.  Vous constaterez notamment que nous avions émis quelques réserves en fin de présentation quant à la capacité de la société à maintenir la valeur de ses actifs à moyen terme.  Ces réserves se sont donc, hélas, avérées fondées car lors de la publication du dernier rapport financier, nous dûmes constater qu’en raison de nouvelles pertes, la VANT de l’entreprise a été réduite à portion congrue, faisant disparaître par là même notre collatéral tangible.  S’il persiste peut-être une cerise, le gâteau est devenu inexistant.  Non, décidément, une cerise sans gâteau, c’est vraiment trop maigre pour satisfaire notre appétit…

Bas les masques : Pursuit Dynamics

 

Pursuit Dynamics PLC (Londres, Ticker: PDX.L / ISIN : GB0030310964) *** Eligible au PEA ***

 

I. Introduction

Pursuit Dynamics PLC est une société anglaise spécialisée dans la technologie industrielle. Ses produits et services s’adressent à de nombreux secteurs comme l’agro-alimentaire, la santé, le nucléaire, la défense et toutes les entreprises qui utilisent des lignes de production.

Pursuit Dynamics commercialise principalement deux produits. Le premier s’appelle le Vapour Jet Technology qui est principalement utilisé dans la désinfection, aussi bien dans l’industrie alimentaire que dans les hôpitaux. Sa spécificité est surtout de pouvoir atteindre des zones plus difficiles, des endroits que le matériel habituel de désinfection n’est pas en mesure d’atteindre. Cet appareil sert aussi à la décontamination radioactive.

Le second produit s’appelle le Raptor Technology. C’est en fait une mini-chaîne de production destinée principalement à l’agro-alimentaire et dont l’attractivité réside dans les process de production plus court demandant moins d’énergie.

Pursuit Dynamics propose aussi des services aux entreprises. Il s’agit cette fois de projets à la carte sur des chaînes de production afin d’en réduire les coûts et plus principalement ciblés sur des gains d’énergies.

Les revenus de ces services sont générés de trois manières.

Pursuit Dynamics met au point dans une partie ou dans l’ensemble de la ligne de production, d’une société spécifique, une technologie voire plusieurs technologies qui permettent à la société des gains de rentabilité. Une fois cette technologie au point, Pursuit Dynamic dépose un brevet et atteste donc de cette manière que ce procédé technologique, ou cette technologie, est sa propriété intellectuelle.

Le client peut ensuite acheter le brevet à Pursuit Dynamics et donc devenir propriétaire du brevet: c’est la première manière de générer des revenus. Pour la seconde possibilité, si le client ne désire pas acheter le brevet, il lui est proposé de payer une commission sur la marge de rentabilité supplémentaire générée grâce à sa technologie. Le client n’est alors pas propriétaire du brevet.

La troisième source de revenu se situe dans la maintenance de ces produits.

Actuellement, Pursuit Dynamics possède 200 brevets qui trouvent leur application dans 40 secteurs d’activité différents.

Après cette brève description des produits et du business de Pursuit Dynamics, nous comprenons mieux la partie service qui exige un certain temps avant de générer des revenus. La direction explique le temps que prennent les différentes étapes : de 0 à 1 mois pour développer les idées, de 1 à 3 mois pour tester la faisabilité et les besoins en capitaux, de 3 à 15 mois pour valider la technologie (construction pilote et mise à l’essai) et de 15 à 18 mois pour la négociation commerciale. Dans le meilleur des cas, il faut 19 mois à tout nouveau projet pour générer des revenus et dans le « pire » des cas, 37 mois.

Actuellement Pursuit Dynamics déroule un projet technologique sur une ligne de production de Procter & Gamble, en Angleterre.

Voici les revenus de l’année 2011 par secteur :

64% : Bière et agro-alimentaire

23% : Licence industrielle

11% : Santé et sécurité

2% : Bioénergie

Au niveau de la répartition géographique, les revenus sont les suivants :

85% : UK

10% : Europe

4% : USA

1% : Reste du monde

Nous vous proposons donc cette analyse de la société avec le bilan semestriel clôturé au 31 mars 2012 mais tenant compte de l’augmentation de capital qui a eu lieu le 16/11.

Le 23/11/2012, nous avons acheté des actions Pursuit Dynamics à un coût de revient de 3,30 pences.

Pour plus de clarté, nous vous proposons les différents chiffres en pences et pas en livres sterling. Une livre sterling valant 100 pences.


II. La Valeur d’Actif Net Net (VANN)

La société possède un actif courant d’une valeur de 5,95 pences et a des dettes de 0,69 pences. Après une petit retraitement de 0,01 pences dû à un ralentissement de la rotation des stock, sa valeur d’actif net net est donc de 5,26 pences par action.

Nous pouvons également ajouter un fait de plus en plus rare depuis 2008 : Pursuit Dynamics est une triple net. En effet, son seul cash amputé de l’ensemble du passif représente 4,78 GBp, soit 44 % de plus que notre coût d’achat.

 

III. La Valeur d’Actif Net Estate (VANE)

La société n’étant pas propriétaire de ses bâtiments, il n’y a donc pas de valeur Net-Estate.

IV. La Valeur de Mise en Liquidation Volontaire (VMLV)

Voyons maintenant de quoi est composé le bilan. Dans les actifs courants, les liquidités d’abord que nous reprenons intégralement pour 5.45 pence.

Le compte clients vaut 0.41 pences. Face au manque de détails sur le nom des clients qui font appel à la technologie de la société, nous amputons ce poste de

20% et le reprenons donc pour 0,33 pences.

Le stock vaut 0.09 pences. Dans le rapport annuel 2011, nous observons que la société a 90% de produits finis et 10% de produits en cours de fabrication.

Comme nous observons également que la rotation des stock est extrêmement courte, soit de 4,9 jours en moyenne sur les 3 derniers exercices et que nous avons déjà redressé le stock de 0.01 pence (car le délai a augmenté à 6 jours dans le dernier bilan), nous prenons une nouvelle marge de sécurité de 20%. En cas de mise en liquidation volontaire, nous reprenons le stock pour 0.08 pence.

Dans les actifs à long terme, nous ne tenons pas compte des intangibles, fidèles à nos habitudes, bien qu’ils ne représentent que 0.03 pences.

Dans les propriétés et équipements, nous retrouvons des machines et des aménagements et un actif fixe en construction (nous n’avons pas la moindre précision si c’est une ligne de production ou un bâtiment). Nous reprenons le tout pour 10% de la valeur inscrite au bilan, soit 0.09 pences.

 

– Liquidités : 5.45 pences

– Comptes clients : 0.41 pences

– Stocks : 0.09 pences

– Propriétés et équipements : 0.09 pences

 

Nous avons donc un actif total de 6.04 pences

 

Hors bilan nous avons trouvé des leases, pour une valeur de 0.58 pences par action, que nous déduiront intégralement. Les options ont des prix d’exercices trop élevés pour être retenues.

Si nous soustrayons les dettes de 0.69 pences et les locations de 0.58 pences de l’actif total, nous trouvons donc une valeur de mise en liquidation volontaire de 4.77 pences.

 

V. La Valeur de la Capacité Bénéficiaire (VCB)

La société n’ayant pas enregistré de profit à ce jour, il est impossible de calculer la VCB.

 

VI. Conclusions

A notre coût d’achat de 3.30 pences, nous disposons d’une marge de sécurité de :

37 % sur la valeur nenet

31 % sur la valeur triple net

31 % sur la VLMV

 

Sur le papier et dans l’état actuel du bilan, il est possible d’acheter 4.78 pences de cash, après remboursement de toutes les dettes avec 3.30 pences de cash tiré de notre poche! Une situation bien entendu de « conte de Noël», nous n’en sommes d’ailleurs plus très loin !

Mais la réalité de Pursuit Dynamics, nous semble bien entendu plus difficile à appréhender. Si la société continue à enregistrer des pertes de 2.75 pences par action, comme ce fut le cas dans les 6 mois qui se sont précédemment écoulés et dont atteste le dernier bilan, il ne restera plus rien en caisse au bout d’une année !

Peut-on croire la direction qui explique dans le bilan annuel de 2011, l’année où les différents secteurs d’activité connaîtront une certain stabilité et de la profitabilité ?

La direction, dans un magnifique tableau coloré, nous explique que le secteur brasserie et agro-alimentaire, ainsi que le secteur des licences industrielles, se ront stables et profitables en 2012. Tandis que le secteur de la santé et des bioénergies ne le seront pas avant 2013 et qu’une autre activité, de traitement des déchets cette fois, a démarré et est à l’étude.

Peut-on trouver, dans le dernier bilan, des faits pour corroborer ces affirmations ?

Tout d’abord, il est clair que le secteur brasserie et agro-alimentaire, ainsi que le secteur des licences industrielles, représente dans le dernier bilan 87% des revenus. Ce que l’on remarque également, c’est que les revenus des 6 premiers mois de l’année fiscale 2012 sont à peu près égaux aux revenus de 2011, mais sur l’année entière ! Ce qui pourrait signifier que ces revenus pourraient pratiquement doubler en 2012.

D’autres part, les dépenses ont également augmenté de 48% par rapport aux six premiers mois de l’année 2011. Or, comme nous avons une petite idée sur le business et le temps de finalisation nécessaire à tout nouveau produit, et donc du décalage nécessaire entre la réalisation et les revenus, ces dépenses sont sans doute un signe que la société fabrique des produits qui seront probablement vendus dans les prochains mois et généreront donc des revenus.

Le véritable danger serait évidemment que les innovations ayant généré des dépenses, ne se transforment pas en revenu.

Nous observons aussi que la société émet des nouvelles actions « à tour de bras », ce qui a un effet dilutif certain pour les actionnaires en place.

Nous savons enfin, et comme toujours pour la partie noire de l’affaire, que la société pourrait aussi valoir 0 pence relativement rapidement puisque ses seuls actifs tangibles sont finalement du cash.

Pour le coté plus rose, il est vrai qu’il suffirait d’une innovation réussie et par exemple testée en Angleterre dans une usine de production, et d’une multinationale qui déciderait d’équiper toutes ses usines de production dans le monde pour déclencher un bagger des grands jours. Et avec ce type de société technologique cela reste tout à fait de l’ordre du possible puisqu’ils ont dépensé en 2011, 1.43 pences de R&D et un peu plus encore en 2010, soit en seulement deux ans quasiment l’équivalent de notre coût d’achat.

Nous pensons enfin que l’activité, ou les deux activités que la société tente de développer, est à la fois intéressante, voire très intéressante et paradoxale dans la situation actuelle : quelle société n’est pas intéressée par une augmentation de sa rentabilité ? Évidemment, cela demande des investissements et, dans la conjoncture présente, les potentiels clients de Pursuit Dynamics seront-ils prêts à se lancer dans ce type d’aventure ?

La réponse du marché semble claire puisqu’il a rangé Pursuit Dynamics dans la catégorie « Daubasse ».

Nous pensons, contrairement au marché, qu’un risque limité à une « little touch » et quelques « poullièmes » du portefeuille est tout-à-fait compatible par rapport au potentiel très sérieux qui est en jeu.

 

 

En attendant notre PEA……. !!!!

Je n’en pouvais plus de garder cela pour moi seul.

Franck et les deux Louis, j’espère que vous ne m’en voudrez pas et je vous prie déjà de bien vouloir accepter mes excuses, pour ne pas vous en avoir parlé avant. C’est la première fois que je prends une initiative seul au nom du groupe sans vous consulter et je comprendrais si vous me viriez de l’équipe sur le champ. Mais, à ma décharge, mon intention était juste de nous éviter la double taxation des dividendes que nous subissons en Belgique, cette taxation qui réduit de manière insupportable 100 euros en 50 euros ! Vous me direz que l’on encaisse sans doute pas beaucoup de dividendes sur les « Daubasses »… mais la devise de Franck « il n’y a pas de petit profit, juste des profits » a raisonné en moi comme les carillons de Notre Dame de Paris et surtout plus que je ne l’aurais imaginé.

Et puis cela fait des mois que Franck (NDLR : le français du groupe) nous rabâche les oreilles au minimum deux fois par semaine avec les bienfaits d’un PEA, véritable « pansement gastrique d’un portefeuille » pour nos amis Français. Sans finalement jamais entrer dans les détails, ce qui a aussi eu comme effet d’aiguiser ma curiosité.

Oui, j’ai voulu ouvrir un PEA, en France, au nom du club d’investissement « les Daubasses selon Benjamin Graham » pour éviter la double taxation belge de nos dividendes.

Voici donc en quelques lignes le récit de mon aventure fiscale.

Je n’ai pas « cherché midi à quatorze heures » : habitant dans la banlieue de Charleroi, soit à moins de 35 minutes de la frontière française, c’est tout simplement dans une agence bancaire d’un petit village de la banlieue de Maubeuge que j’ai pris rendez-vous.

C’était le 6 juin à 9 heures exactement. Il pleuvait abondamment, le ciel était d’un gris pas possible. On ne peut pas dire que la banlieue de Maubeuge m’ait dépaysé de la banlieue de Charleroi : même style d’éventration des sacs poubelles, quelques foyers sauvages de détritus au bord des champs, un asphalte aussi défoncé, des petites maisons en briques rouges délavées par le temps et de la verdure sur les toits.

L’agence bancaire dans laquelle je me suis rendu détonnait un peu dans le paysage.

la succursale de la banque ****** à Maubeuge

C’était une construction flambant neuve, avec une façade entièrement vitrée dans un style architecturale New-Yorkais, très épuré et qui avait au moins six étages. En plus de l’architecture, il y avait aussi un contraste sur la localisation de l’agence qui était plantée au bout d’un petit chemin en terre battue sur lequel il n’était pas certain que deux Buick puissent se croiser sans s’arracher mutuellement les rétroviseurs… Et le pire : pas le moindre parking pour la clientèle. Même si j’ai eu l’impression en arrivant que j’étais le seul client, mais bon à 9 heures, je me suis dit ,un peu comme dans la banlieue de Charleroi, qu’ il n’y avait sans doute pas grand monde de réveiller. J’ai donc parqué ma Mustang en bordure de prairie.

J’ai décidé de ne pas révéler le nom de la banque, pour ne pas attiser inutilement la haine, puisqu’à la télé, tout le monde dit que c’est eux les responsables de la crise des subprimes, de l’endettement des états, du chômage et parfois même du temps pluvieux du week-end. Je m’en voudrais de faire un appel au saccage d’un bâtiment flambant neuf sans doute construit grâce au trading alimenté par la liquidité des comptes épargnes durement engrangés des citoyens des environs.  Néanmoins, vous aurez compris qu’il s’agit bien entendu d’une agence d’une des 3 plus importantes banques françaises.

 

Je me suis engouffré dans un hall d’entrée de marbre blanc après qu’aient coulissé les deux immenses portes vitrées dans un feulement presqu’inaudible. Après m’être présenté et avoir expliqué que j’avais rendez-vous à 9H, j’ai eu droit à un large sourire de la demoiselle de l’accueil qui m’a demandé de patienter quelques secondes.

 

La charmante hôtesse et son sourire chaleureux

 

L’homme qui est venu à ma rencontre m’a également chaleureusement souri en me tendant la main et en me demandant de le suivre. C’était un homme extrêmement élégant vêtu d’un complet bleu profond,  à la coiffure soignée et à l’air posé. Il portait une chemise  d’un blanc immaculé et une cravate en soie bleue légèrement plus claire que son costume. Il ne portait pas de bijou juste une montre Bréguet au poignet droit. Ce qui signifiait qu’il était gaucher !

 

mon sympathique conseiller bancaire

 

En le suivant dans un dédale de couloir, et pendant que nous échangions quelques banalités sur le temps,  je me suis dit immédiatement que sa tête me disais quelque chose.

Il m’a ouvert la porte d’un grand bureau, en me demandant de bien vouloir m’installer, ce que j’ai fait sans attendre. Le siège était confortable et j’avais devant moi une large baie vitrée perlée de pluie qui donnait sur un jardin à la verdure chatoyante et extrêmement bien dessiné. J’étais donc à l’arrière du bâtiment, installé confortablement quand mon interlocuteur m’a demandé si je désirais un café. J’ai accepté et il est sorti en me disant :

« Je suis à vous dans une seconde. »

Toujours occupé à essayer de mettre un nom sur son visage, j’ai hoché de la tête, au lieu de lui dire :

–     Faites à votre aise.

Et j’ai continué à me creuser les méninges pour mettre un nom sur son visage qui m’était connu, j’en étais certain. Le flash est arrivé quelques secondes plus tard lorsque la porte s’est entrouverte et que la demoiselle de l’accueil a déposé sur la table un petit café noir bien serré. Le flash c’était que j’étais assis dans un bureau à l’arrière du bâtiment, soit le fameux « back office » et ce gars ressemblait à… Jérome Kerviel, le plus connu des employés bancaires travaillant dans les « back office » ou plutôt les « black office ».

Cela m’a plutôt décontenancé quand Jérôme s’est assis derrière son bureau, en m’adressant à nouveau un large sourire et en me demandant ce qu’il pouvait faire pour moi.

Bon, j’ai décidé de ne pas révéler la véritable identité de mon interlocuteur pour ne pas attiser la haine et qu’il soit pris à partie par des actionnaires floués ou des anti-capitalistes. Maubeuge n’est finalement pas si grand que cela. Et ressembler à Jérôme Kerviel, voire être son frère jumeau ou encore son sosie, ne doit pas être aisé à vivre au quotidien quand, en plus, on bosse dans une banque.

Je dois vous avouer que j’ai commencé à lui expliqué l’objet de ma présence dans son « back office » en balbutiant.

– En fait, ai-je bredouillé, je fais partie d’un club d’investissement, les « D selon Benjamin Graham » et je voudrais ouvrir un PEA pour échapper à la double imposition sur le dividende pratiquée en Belgique.

– Les D selon Benjamin Graham, avez-vous dit ? a presque murmuré Jérôme en m’adressant un nouveau sourire. Et que signifient les D ? m’a-t-il demandé.

– En fait on est quatre copains : Dominique, Daniel, Damien et Didier !

– Ah oui les D, j’ai compris a dit Jérôme sérieusement.

Franck et les deux Louis, je vous demande une nouvelle fois de m’excuser car je n’ai pas pu dans le « back office » en face du duplicata de Jérôme Kerviel, prononcer le mot « Daubasses ». Avec nos lecteurs, nos abonnés, nos connaissances, je le dis avec plaisir par autodérision comme nous l’avions imaginé au début… Mais devant Jérôme, dans ce bureau en train de demander des renseignements sur un PEA, je n’ai pas pu. Je comprendrais parfaitement que ma part de recettes des abonnements soit supprimée pour six mois pour avoir eu honte du nom du groupe. Alors que, comble de l’histoire, c’est finalement moi qui vous l’ai proposé.

– L’ennui, Monsieur, m’a dit Jérôme, c’est que le PEA est réservé aux personnes physiques. Pour un club d’investissement ce n’est pas possible. En plus vous êtes Belge, si j’ai bien compris. De quelle région ? m’a demandé Jérôme qui semblait avoir enclenché soudainement les vitesses ?

– Je suis de Valonnie, la région de Charleroi. Cela s’écrit avec un W au début et chez nous on dit oualonnie…. !!! Mais bon…..Remarquez que le grand Louis, heu … Damien … dit souvent que nous sommes plutôt en oualbanie….Mais bon, c’est politique et trop belgo-belge pour que cela signifie quelque chose pour vous.

Oui, je comprends. Par contre, vous n’êtes pas français, ni domicilié en France et cela se complique pour un PEA. En plus pour un club d’investissement…

Sinon, je pourrais me domicilier en France et prendre le PEA à mon nom pour le groupe. Je ne pense pas qu’ils y seront opposés si c’est pour gagner des tunes et on se fait tous confiance. En plus, j’ai vu une jolie pension à 10 euros la journée, à l’entrée du village. Et la pension porte un joli nom « Ambroise et Julot ». Vous pensez que ça pourrait coller ? 10 euros par jour c’est 300 euros par mois, pas exagéré.. ?

– La jolie pension, c’est une maison de passe, Monsieur, m’a dit Jérôme, le visage un peu inquiet. Et ce n’est pas 10 euros la journée mais 10 euros de l’heure.

– Ah oui, ça change tout… Mais j’ai entendu récemment une ministre française dire qu’elle voulait supprimer la prostitution en France. Donc, à terme, cela pourrait peut être intéresser les propriétaires de la maison de passe, une reconversion en chambre « boîtes aux lettres » pour exilés fiscaux belges.

Oui c’est possible, mais vous auriez tout intérêt à louer un deux pièces en ville car je doute que cela passe auprès du fisc de résider dans une maison de passe.

Pas de problème, on en discutera ai-je dit. Vous pourriez m’expliquez en gros ce qu’est un PEA ?

Le Plan d’Épargne en Actions, appelé communément le PEA, est apparu en 1992. Le législateur a souhaité encourager un actionnariat populaire en France, en faisant bénéficier par des avantages fiscaux la détention d’actions sur le moyen ou long terme.

 On peut définir le PEA comme une enveloppe fiscale permettant  d’investir sur les marchés européens. Cette enveloppe étant exonérée d’impôt (mais pas du prélèvement social) après 5 ans.

Les conditions rattachées au PEA sont les suivantes :

 L’ouverture d’un PEA est réservée aux personnes physiques fiscalement domiciliées en France.

Chaque contribuable ne peut détenir qu’un seul PEA (contrairement à un compte titres classique).

Le nombre de PEA au sein d’un même foyer fiscal ne peut être supérieur à 2 (il n’est donc pas possible d’en ouvrir pour les personnes à charge ou les enfants).

Un contrat PEA est obligatoirement individuel, il ne peut pas être ouvert sous la forme d’un compte joint et de fait, seul le titulaire peut effectuer les opérations d’achats et de ventes.

Donc vous voyez comme les choses sont assez étroitement définies.

 

– Parfait jusque-là.

Bon poursuivons, il existe en fait deux types de PEA, le PEA B et le PEA A

– Ne me dites pas qu’ils ont même prévu un PEA spécial Daubasse, le B…. Là je ne vous crois pas !

« Un PEA Spécial Daubasses », a répété Jérôme, en fronçant cette fois sérieusement les sourcils !

Eh bien oui, vous avez bien dit PEA B, pour je suppose « Plan d’Epargne en Actions Bancales »…. C’est exactement sur ce type  de société que nous investissons, des Daubasses, des sociétés avec à la direction des manchots, des charlots, pas la moindre compétitivité, le tout à prix cassé et sous la Valeur d’Actif Net Tang…

« Excusez-moi de vous interrompre », m’a dit Jérôme, mais il s’agit  pour PEA B de « Plan d’Epargne en Actions Bancaire » et le PEA A c’est « Plan d’Epargne en Actions Assurance », alors que je m’apprêtais à lui expliquer notre philosophie d’investissement de A à Z… Merde.

« Je poursuis si vous le voulez bien sur le PEA B qui nous concerne. Et son fonctionnement »

– Pas de problème.

 

– Le PEA est composé d’un compte titres sur lequel sont investies les différentes valeurs mobilières ainsi que d’un compte espèces permettant la transition des fonds lors des opérations d’achats et de ventes, le versement des dividendes ou le prélèvement de différents frais. Le compte espèces ne peut pas être débiteur.

« Nous n’avons pas en grande estime les OPCVM » ai-je dit, pour dire quelque chose, « bien qu’il y ait quelques rares exceptions ». Mais Jérôme n’a pas relevé, il a poursuivi

Le montant total de tous les versements ne peut excéder un plafond de 132 000 €.

Le PEA permet l’acquisition d’un choix restreint de valeurs mobilières et interdit les opérations à découvert.

L’absence de possibilité d’un découvert sur le compte espèces dédié au PEA implique une obligation de couverture des ordres de bourse à 100%. Concrètement, pour pouvoir acheter 1.000 euros d’actions, il faut avoir ces 1.000 euros disponibles sur le compte espèces ou en attente de comptabilisation d’une autre vente de titres effectué le jour- même. Tout achat ou vente à découvert est donc impossible.

–  « Pas de put dans un PEA, j’ai compris, Franck nous l’a souvent rappelé », ai-je dit pour permettre à Jérôme de reprendre son souffle

Mais Jérôme, m’a soudain fixé d’un regard brutal qui m’a fait penser qu’il commençait à être excédé par mes interventions. Je me suis senti obligé d’ajouter :

– Je voulais dire des options put, bien entendu

–  Bien entendu, a -t-il comme ironisé avant de poursuivre sur la fiscalité du PEA, le rubicube des rubicubes, c’est d’ailleurs sans doute pour cette raison que Franck, ne nous en avait pas parlé. 

 

Les fonds investis sur un PEA sont toujours disponibles. Tout retrait effectué avant 8 ans entraîne obligatoirement la clôture du PEA et la vente de la totalité des valeurs inscrites sur celui-ci.

Après 8 ans, le produit est très souple et permet plusieurs options.

Clôture du PEA avant 5 ans

Les plus-values sont imposables selon le régime des plus-values mobilières. Depuis le 1er janvier 2011, la totalité des gains réalisés est soumise à l’impôt, au taux fixe de 19% et aux prélèvements sociaux 12,3%, puis 13,5%, à compter du 1er janvier 2011.

Entre 2 et 5 ans, le taux d’imposition est de 19% depuis le 1er janvier 2011 ce qui correspond au taux commun d’imposition des plus- values mobilières. Voir aussi le compte-titres ordinaire.

Avant 2 ans, le taux d’imposition est un taux majoré qui est fixé à 22,5%. La clôture du PEA doit être déclarée avec le formulaire fiscal 2074.

 Clôture du PEA entre 5 et 8 ans

Les plus-values ne sont pas imposables et subiront seulement les prélèvements sociaux.

Après 8 ans, les possibilités sont nombreuses. Le calcul du prélèvement social, effectué dans le cas d’un retrait partiel ou total, devient particulièrement complexe.

La première raison est que le taux à appliquer dépend de la période où les plus-values ont été réalisées. En effet, comme le PEL, il faut tenir compte des différentes évolutions du taux des cotisations sociales. Par exemple, la CSG a connu des taux de 3,4%, 7,5% ou 8,2%. Ensuite la base de calcul, ce sont les plus-values. Plus exactement, c’est la différence entre les différentes valeurs liquidatives du PEA le solde du compte espèces + la cotation des différentes valeurs à une date donnée et la somme totale des versements effectués.

Pour un PEA ayant plus de 15 ans c’est alors……

–   « Si je comprends bien », ai-je interrompu l’air assez concentré, « c’est difficile d’ouvrir un PEA avec Bac +1 ou 2. Ou alors, il est nécessaire de prendre des cours du soir de fiscalité. »

–  « Ne vous inquiétez pas » a dit Jérôme, « nous avons des services à l’intérieur de la banque qui peuvent vous aider aux différents calculs. »

– Services payants, je suppose ?

– Eh oui a dit Jérôme en retrouvant le sourire !

– Finalement écoutez, à nous quatre on a bien Bac +11 même avec moi qui suit Bac -6 donc on devrait s’en sortir, car on a vraiment en horreur les dépenses inutiles. Vous pouvez y allez, ai-je dit ?

– « Y aller ? » m’a demander Jérôme, comme s’y je m’apprêtais à le virer.

– « Vous pouvez ouvrir le PEA », ai-je dit en me frottant les mains, « je veux absolument leur faire une surprise ».

Jérôme a griffonné pendant deux minutes sur un formulaire qu’il m’a demandé de signer. Ce que j’ai fait. Il m’a donné une copie du document, puis il a ajouté avant de se lever de sa chaise :

– Dès que nous recevons votre domiciliation sur le territoire français, nous activons votre PEA !

Il est passé devant moi, pour m’ouvrir la porte et m’a demandé de le suivre. Je me suis exécuté.

Au détour d’un couloir, nous nous sommes brièvement arrêté devant un homme plus âgé à l’allure débonnaire et au costume impeccable. « Je vous présente le directeur de l’agence » m’a dit Jérôme. Et l’homme m’a aussitôt serré la main, en me disant quelque chose du style « merci pour la confiance que vous nous accordez, à bientôt. »

En poursuivant notre chemin, je me suis dit que son visage me disait quelque chose : ces lunettes cerclées or et sa cravate imprimée de Dollar …

Dans le hall d’entrée, Jérôme m’a souri une dernière fois en me serrant la main.

Dehors le ciel était toujours gris et il pleuvait toujours abondamment. En mettant le moteur en marche, j’essayais toujours de mettre un nom sur la figure du directeur de l’agence… Mais pas moyen, alors que j’étais persuadé que je connaissais ce visage.

Je me suis arrêté, sur le retour à l’hotel « Ambroise et Julot » pour me domicilier. Julot était un gars absolument charmant qui me faisait penser au défunt Fred Chichin des « Rita Mitsouko » avec mèche folle, pas mal de bagouses aux doigts et la petite moustache taillée avec méticulosité. Ambroise était partie faire du shopping  à Auchan à Louvroil. Julot a accepté de s’occuper entièrement de ma domiciliation contre 300 euros que j’ai déboursés volontiers et l’affaire s’est réglée en moins de 10 minutes.

Mais quand je suis ressorti, je réfléchissais toujours au nom que je pourrais mettre sur le visage du directeur de l’agence, et je me suis également mis à penser que j’avais trahis complètement l’esprit « Daubasse » en allongeant aussi facilement 300 euros à Julot pour une démarche administrative que j’aurais pu régler moi-même.

Franck et les deux Louis, je vous dois de nouvelles excuses pour cette trahison de l’esprit « Daubasses », je vous offre à tous un bon resto pour me faire pardonner.

Sur le chemin qui me ramenait en Belgique, mon esprit n’arrêtait pas d’être taraudé par le visage du dirlo de la banque jusqu’à ce que j’aie un flash provoqué par sa cravate imprimée de dollars : le dirlo ressemblait à Bernard Madoff… Eh oui :  même nez aquilin, sourcils circonflexes et un regard affable qui vous inspire une entière confiance.

Pour ne pas attiser la haine, j’ai décidé de ne pas vous révéler le véritable nom du directeur de la banque : ressembler physiquement à Bernard Madoff, c’est sans doute pour certains anticapitalistes déjà un fait pénalement punissable mais, en plus, engager un gars qui ressemble à Kerviel, cela mérite sans doute pour certain pas moins que la chaise électrique… Alors que ces deux personnes ne sont coupables de rien, juste d’un physique que l’on pourrait aujourd’hui, qualifier d’ingrat.

Je roulais sur les premiers kilomètres d’autoroute belge quand l’étrange sensation d’être projeté dans le futur m’a assailli.

Je me suis retrouvé deux ans plus tard dans ma chambre, allongé dans mon lit, les yeux rivé au plafond, dans une attitude purement catatonique. Mon emploi du temps se résumait à descendre de mon lit vers 10 heures du matin, ouvrir la boîte au lettre en façade pour voir si le facteur n’avait pas glissé une lettre de la banque, m’annonçant que notre PEA était activé… Avant de remonter dans ma chambre, j’arrachais la feuille du jour au calendrier accrochée dans ma cuisine… Et c’est de cette manière que je sais que nous sommes aujourd’hui le 1 Juillet 2014 et que demain nous seront le 2 juillet…

J’avais le sentiment d’être à la fois le Valdimir et l’Estragon, de la pièce de Beckett, « En attendant Godot »… J’attendais notre PEA. Sans faim, ni soif, ni désir d’aucune sorte, juste l’attente de notre PEA qui arriverait dans ma boîte aux lettres… Plus de famille, plus de Franck et les deux Louis, plus de Daubasses… J’étais dans le vide sidéral de l’attente de notre PEA… Et les jours passaient inlassablement pareil en attendent notre PEA…

Il était exactement minuit et douze minutes, le 12 septembre 2014 quand j’ai entendu clairement du monde grimper les escaliers. Dans un premier temps, je me suis dit « ça y est, on m’amène notre PEA, au lit, il sont top la poste Belge, la B Post…. ». Mais quand la musique du générique de fin de Taxi Driver  a empli toute la maison, je me suis dit que j’étais sans doute cambriolé… Et que je devais juste me concentrer, sur l’attente de notre PEA….

Mais dans une véritable scène à la Dalton de la BD Lucky Luke lardée d’un suspens typique de thriller, la porte a d’abord grincé sur ses gonds, puis la tête de Franck est apparue au chambranle de la porte. Seulement la tête un peu penchée et pas le corps… Puis, au-dessus de la tête de Franck, la tête du plus petit des deux Louis est apparue et finalement au-dessus des deux têtes de mes amis, la tête du plus grand des deux Louis….. !!! Les Daubasses étaient dans ma chambres alors que j’attendais notre PEA et j’allais devoir leur annoncer que j’attendais notre PEA.

« Qu’est-ce que vous foutez dans ma chambre les gars ? », ai-je hurlé en commençant à transpirer.  La seule réponse que j’ai eu, c’est un long sourire du plus de petit des deux Louis… Mais un sourire lugubre qui m’a glacé le sang.

« Je sais les gars, je ne vous ai pas donné de nouvelles, mais j’attends notre PEA depuis deux ans, même plus, j’ai dit et je voulais vous faire la surprise, même si c’est compliqué comme fiscalité ! »

Mais j’ai eu l’impression qu’ils ne m’entendaient pas car ils sont entrés solennellement dans ma chambre et se sont approchés du lit. Franck à droite, le plus petit des deux Louis à gauche et les plus grands des deux Louis au pied de mon lit. J’ai aussi remarqué assez rapidement dès qu’ils sont entrés dans la chambre que le plus grand des deux Louis tenait dans la main un immense couteau de boucher, on aurait dit celui d’Anthony Perkins de « Psychose » le film d’Hitchcock !

« Tu ne vas pas me dire que tu as amené une noix de jambon de Rochefort et de la Chouffe chère à Franck et que l’on va manger et boire et faire la fête, pendant que je vous explique l’attente insoutenable de notre PEA » ai-je dit pour essayer de détendre l’atmosphère… Mais les trois Daubasses sont restées impassibles, on aurait dit qu’il ne m’entendaient pas… Merde.

« On est venu te dire que TU ETAIS VIRE, TU ENTEND ?  TU EST VIRE », a dit le plus grand des deux Louis en hachant chaque mot d’un timbre de voix d’outre-tombe….. « Et on veut les listes », ont renchérit en cœur Franck et le plus petit des deux Louis avec le même timbre de voix et en détachant lentement chaque syllabe.

J’ai dit : « non, non, les gars, c’est pas possible … pas pour un PEA … » « Non », ai-je encore répété en commençant à pleurer. Mais j’ai eu l’impression qu’ils comprenaient que je ne voulais pas leur donner les listes remplies de Daubasses….. !!!!!

 C’est alors que le plus grand des deux Louis a brandit son couteau de boucher !

 Et que je me suis réveillé, d’un bond le visage couvert de transpiration…

 

L’équipe des Daubasses, souhaite à tous ses lecteurs et à tous ses abonnés d’excellentes vacances.

 

A tous nos abonnés, ne ratez pas la lettre 100% PEA que nous publierons dans la première semaine de juillet, malgré les vacances, le soleil, et ce texte « détente » sur ce sacré PEA !

 

Pierlouis-Franck Daubasse a 3 ans ! Il vit dans 南 华 寺 à 韶 关 …. !!!!

3 ans !

Trois ans déjà se sont écoulés depuis le début de l’aventure « Daubasses ».

Nous arrivons à peine à croire que nous avons dormi tranquillement pendant 1 095 nuits et avons passé 1 095 jours à chasser la « Daubasse », à parler de « Daubasse » à acheter de la « Daubasse ». 26 280 heures à renforcer notre amitié, à parfaire notre expérience, à alimenter notre blog, à peaufiner notre stratégie, à mettre à jour nos listes. 1 576 800 minutes à répondre aux messages de nos lecteurs, aux mails de nos abonnés. Nonante (Note de Franck : quatre-vingt dix pour les lecteurs français) quatre millions six cent huit milles secondes incroyables se sont finalement égrainées sans que nous nous en apercevions vraiment. Et nous avons tous les quatre finalement vieilli de 3 ans !

Chère lectrice, cher lecteur, chère abonnée, cher abonné, nous voulons à l’occasion de ce 3ième anniversaire de l’aventure « Daubasses », vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour nous. Merci à tout ceux qui nous ont lu tout simplement. Merci à tout ceux qui ont réagis, sur le blog via les commentaires, par mail.

Vous comptez pour nous sans doute beaucoup plus que vous pouvez l’imaginez. Car vous nous avez toujours donné la sensation au cours de ces trois ans d’être à l’autre bout de la ligne, derrière vos écrans et en face de vos claviers, de véritables investisseurs. Avec lesquels nous pouvons échanger d’égal à égal.

Ce sont finalement vos personnalités d’investisseurs nombreuses et variées et les très nombreux échanges que nous avons eu avec vous qui nous ont procurés le plus de plaisir et, n’ayons pas peur des mots, de véritables moments de bonheur. Ce sont réellement des moments formidables que nous avons passés avec vous tout au long de ces trois ans.

Pierlouis-Franck

Après cette petite introduction, venons-en sans tarder au sujet que chacun d’entre vous attend avec impatience depuis l’année passée : des nouvelles de notre « garnement », Pierlouis-Franck « Daubasse ». Comment s’est-il comporté au cours de cette 3ième année ? Que fait-il ? Quels sont ses projets les plus importants ? Nous vous sentons trépignants et impatients de connaître les réponses à ces questions d’une extrême importance.

Si nous devions vous résumer cette dernière année en un mot, nous pourrions vous dire en gros que Pierlouis-Franck est à la recherche de « spiritualité », un bien grand mot vous en conviendrez. D’autant plus que nous avons parfois remarqué quelques confusions quand il évoquait son désir inassouvi de « spirituosité ». Mais bon, à trois ans, tout le monde peut comprendre qu’il n’est pas toujours évident de dénouer la complexité de certains concept.

Spiritualité et spirituosité

 

En fait, dès le passage au rouge du portefeuille, soit en juin de cette année, Pierlouis-Franck nous a lâché tous les quatre comme deux paires de chaussettes sales : « Monsieur » voulait partir en Chine pour passer ce moment difficile entouré de moines boudhistes. Les réactions du groupe furent comme toujours assez partagées : le plus grand des deux Louis qui avait vécu de nombreuses aventures sulfureuses avec au moins trois américaines d’origine chinoises a tout de suite déclaré que si le « gamin » pouvait nous aider à mieux comprendre les mentalités de l’empire du milieu, ce serait un « plus » indéniable pour le groupe et nos investissements. A l’opposé, Franck ne voulait rien entendre de ce périple chez les « chintocs » depuis son aventure de deux jours devant la cuvette de son WC après avoir mangé des nems courgettes-bananes sauce chocolat dans un restaurant chinois branché de la ville lumière qui avait pour nom « Zing Wah Orsus ». Pierlouis-Franck avait beau lui répéter que les nems étaient une spécialité vietnamienne et pas chinoise, Franck ne décolérait pas et lança même à notre chérubin : « ne compte pas sur moi, pour la moindre participation a ton voyage ». Le plus petit des deux Louis et Pierre ont bien tenté de calmer les esprits mais sans grand résultats Puisque Franck a fini par conseiller à Pierlouis-Franck d’aller nettoyer les pare brises au feu rouge du boulevard des Invalides pour le pognons nécessaire à son voyage.

Résultats des courses : le lendemain Pierlouis-Franck Daubasse était partit en vespa pour la Chine. Nous ne pouvons pas vous relater ici les dizaines de péripéties qu’ont occasionnées son voyage car cela ressemblerait à un script de road movies et nécessiterait au moins 35 pages Word. Mais nous pouvons évoquer brièvement ses trois aventures les plus marquantes.

La première, c’est la rupture de la fourche de sa Vespa dans le centre de Charleroi : une sale ornière dans la rue de la Montagne qui ressemblait au centre de Sérajévo, selon Pierlouis-Franck. Et qui l’a obligé à faire la manche déguisée en clochard pendant plus de dix jours devant la basilique Saint-Christophe pour réparer.

La seconde, c’est sa rencontre avec un trader de Honk-Hong, abonné à notre lettre mensuelle. Mais Pierlouis-Franck nous a demandé de rester discrets sur le sujet puisque ce trader utilise son abonnement à des fins personnelles.

La dernière et troisième situation, c’est l’échange de sa Vespa contre une robe safran, une assiette d’oreille de cochon et une coupe « boule a zéro » dans le port de Shenzen.

Pour notre culture et la vôtre, Pierlouis-Franck Daubasses nous a expliqué avoir traversé à partir de Shenzen, la province de Guandong, la plus peuplée de Chine avec 104 millions d’habitants, direction nord-ouest. La capital de cette province est la ville de Canton. On y parle majoritairement le… Cantonais.

C’est donc dans le  南   华   寺    (tarduction Google : Temple de Nanhua ) à  韶   关    (traduction Google : Shaoguan) ou en une traite : dans le temple de Nanhua dans la ville de Shaoguan que notre Pierlouis-Franck a rejoint la communauté de moines du monastère bouddhiste de l’école Chan.

C’est de cette endroit de paix et de sérénité que Pierlouis nous envoi de temps à autres une missive sur  papier de riz « Clairefontaine ».

Son style très proche de la poésie du Haikai Chinois a évolué mais, à notre avis, il se cherche toujours. Car des dérapages à la Charles Bukowski sont bien relevés et nous espérons qu’ils ne vous choqueront pas.

Par contre aussi léger que puisse paraître ces messages d’enfant trop gâté, l’équipe des Daubasses pense que des réflexions du plus grand intérêt pour tout investisseur y sont incrustées en filigranes, malheureusement pas toujours visibles à première lecture.

Voici donc, les messages les plus importants que nous a envoyés par poste Pierlouis-Franck. Messages calligraphiés par son ami le moine Chian Li que nous avons eu toutes les peines à décrypter avec les traductions automatiques mises à disposition gratuitement sur le toile.

 

Le 26 juillet

天  竺  迦  

(Traduction google)

je me suis dégagé
du bavardage futile
et vis à ma guise

 

Le 2 août

天  竺  迦   葉  摩   騰  十  章   經   白  馬  寺  彭  城  論 

(Traduction google)

Pour big Louis

Une jolie Chinoise

à  sec, fil et

couine dans un mirage

de feu et d’eau

(Traduction Reverso)

Louis, le grand

Les fil de la SEC

kimono outrancier

brodé de vide

jolie chinoise

 

Le 26 août

彭  城  論  宗  華  嚴  竺  迦   葉  摩  

(Traduction Reverso)

je vois les hommes de ce monde,
perdus, perdus, arpentant les chemins de poussière,
sans comprendre ce qu’ils sont en train de faire

(Traduction Google)

Je vois des buy and hold

Perdu, perdu dans des rangements de buffett et d’armoire

Sans comprendre ce qu’ils sont en train de faire

 

Le 12 septembre

西  遊  記  華  嚴  華   嚴  法 

(Traduction Google)

Dégueuler sans limite

Trembler de bonheur

La danse du saké

Au gout d’Orval, un poème

(Traduction Reverso)

Ivre ma joie est sans limite
Bien plus qu’avant d’être ivre
Chaque geste est une danse
Chaque parole un poème

 

Le 26 septembre

章   經  華  嚴  華   嚴   白  馬  寺  彭  城  論  宗 

(Traduction Google )

Le plus difficile n’est pas de faire son devoir, c’est de savoir où il se place.

 

Le 2 novembre

十  章   經   白  馬  寺  彭 

(Traduction Reverso)

Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d’un pas ferme.

 

Le 13 novembre

遊  記

(Traduction Google )

Le plus difficile n’est jamais derrière

 

Le 23 novembre

臨  濟  義  玄  洞  山  良  价

(Traduction Reverso)

Suivre ses idées

Malgré des circonstances hostile

Il n’existe pas d’opportunité de marché

Sans qu’il n’y ai de conditions défavorables

 

C’est donc sur cette dernière traduction approximative Reverso que nous refermons ce petit compte rendu de nos trois ans d’existence…

.

Ecomérage : les bouffons du roi

Aujourd’hui, ami(e) lecteur(trice), nous hésitons entre l’irrésistible envie de pousser un coup de gueule… ou celle de partir dans un immense éclat de rire.

En réalité, c’est ce petit article  qui nous fait réagir.

Ainsi Standard and Poors… and Fitch ont decidé de rétrograder le rating de la dette souveraine de la Nouvelle-Zélande. Celle-ci perd son AAA pour un « bête » AA+.

Nous ne sommes pas, comme ces messieurs de ces agences de rating, des spécialistes de finances publiques.  Néanmoins, cet article nous a offert une bonne tranche de rire qui nous  a mis en joie pour le reste de la journée. Merci Standard, Poors, Fitch et tous les autres bouffons du « roi dollar » pour ce moment inoubliable.

« Hé les gars des daubasses ! Vous avez perdu la raison ?  Je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de marrant dans cette décision ».

Ce n’est pas la décision qui nous fait rire, cher( e) lecteur(trice),  mais les arguments avancés doctement par ces superstars de l’analyse financière.  Reprenons les si vous le voulez bien et comparons avec deux pays pour lesquels S&P a confirmé récemment que le triple A n’était  pas remis en cause comme, à tout hasard,  l’Allemagne et la France

« Les deux agences ont justifié cette baisse de leur note par la hausse du niveau de la dette extérieure »  ah bon ?  Selon  l’OCDE, la dette publique de la Nouvelle-Zélande est de 45,81 %. L’article en question parle de  70 % .  Admettons … mais l’Allemagne et la France, ces parangons de vertus budgétaires présentent une dette publique de plus de 80 %.

« La situation financière de la Nouvelle-Zélande est aussi aggravée par le niveau élevé d’endettement des ménages qui atteint 150% du revenu disponible » Bon d’accord  mais le taux d’épargne brut en Nouvelle-Zélande, c’est-à-dire la part des revenus qui n’est pas affectée à des dépenses de consommation courante (et donc qui montre le degré d’indépendance d’un pays par rapport aux capitaux extérieurs pour se financer) est plus ou moins équivalent à celui de l’Allemagne et de la France : Nouvelle-Zélande (19 %), France (17 %) et Allemagne (21 %)

« la dépendance du pays envers les recettes tirées des matières premières »  Tient, c’est plus grave que la dépendance d’un pays envers les coûts issus des matières premières  ? 

« sans oublier le vieillissement de la population »  Ca, c’est vraiment le meilleur des arguments : le taux des + de 65 ans est de 13,1 % en Nouvelle-Zélande contre 16,9 % en France et 20,8 % en Allemagne. A contrario, les – de 15 ans représentent 19,9 % de la population néo-zélandaise pour 18,4 % de la population française et 13,2 % de la population allemande.

 

Aux arguments des deux gourous de la notation, nous aurions pu ajouter que le pays des All-Blacks et du kiwi présente un taux de chômage très faible (6,5 % vs 9,5 % en France et 7,1 % en Allemagne) et une balance commerciale largement excédentaire (3,7 % vs 2,9 % pour l’Allemagne et un DEFICIT de 2,1 % en France). 

Un autre indicateur nous semble important : c’est le poids des dépenses courantes des administrations publiques rapportées au PIB.  En effet, plus ces dépenses sont élevées, plus la réduction du déficit sans affectation de l’économie réelle sera difficile.  Nous n’avons trouvé que les chiffres de 2009 mais ils sont assez parlants : les dépenses courantes des administrations publiques néo-zélandaises représentent 20,4 % du PIB, soit à peine au dessus de celles de l’Allemagne (19,7 %) mais bien en dessous de celles de la France (24,7 %).

Nous ne préjugerons pas ici du niveau de risque que présente un investissement en dettes souveraine de Nouvelle-Zélande mais reconnaissons que les arguments avancés par les clowns de chez Standard and Poors sont du plus haut comique.

En début d’articles, nous vous disions que nous hésitions entre le coup de gueule et le grand éclat de rire.  Bon, le rire … c’est fait. Reste donc le coup de gueule.

En fait, ce qui nous agace au plus haut point, c’est l’influence de ces agences de notations qui ont pourtant démontré, au fil des années leur inutilité totale.

Un rapide rappel d’un palmares que vous connaissez aussi bien que nous comme l’incapacité de ces agences à prévoir la crise financière de 2008 ou, à contrario, la dégradation du rating de la dette de General Electric… juste avant que le cours de l’action ne reparte à la hausse. Il y a aussi cette manie aussi de frapper un « homme à terre » comme elles l’ont fait avec la Grèce ou leur habitude de constater plutôt que d’anticiper dégradant les dettes souveraines européennes au fur et à mesure de la hausse des CDS destinés à les couvrir et non AVANT la hausse des CDS comme c’est sensé être leur mission . 

Mais en réalité, notre coup de gueule ne porte pas sur les agences de notations à proprement parler : elles font leur boulot, mal c’est vrai, mais elles le font.  Non, ce qui nous exaspère, c’est « l’attitude du  mouton » adoptée par le marché qui suit, en « bêlant bêtement » les sentences de ces gourous alors qu’il ne devrait pas leur accorder plus que l’importance qu’elles méritent, c’est-à-dire celle de bouffons du roi.

Cela nous ramène à l’investissement tel que nous le concevons et l’avions abordé dans notre article précédent : nous tentons de nous faire notre propre opinion en restant sourds tant aux  bourdonnements de Mr Market qu’aux agitations des gourous de tout poil. Et si, par hasard, nous nous trouvons dans un secteur pour lequel nous n’avons pas suffisamment de compétences pour le faire, et bien… nous restons à l’écart.

 

Pierre Louis² Franck Daubasse : 2 ans déjà… !!!! (3e partie)

18 jours plus tard, le 31 Août, j’ai accueilli Pierre Louis² Franck à l’aéroport Henri Conda de Bucarest. Il avait l’air en forme et était remonté à bloc pour cette rentrée.

Mail du 1 Septembre, Bucarest

Chers amis,

Rentrée des classes sans le moindre heurt, même si pleures et jérémiades ont duré jusque 11h. Pierre Louis² Franck n’a pas versé la moindre larme, au contraire, il toisait d’un regard hautin les autres gamins de son âge qui pleurnichaient et qui ne voulaient pas que leur maman les quittent, tandis qu’il en a profité pour réconforter les filles, en les serrant dans ses bras, voir même en les embrassant sur la bouche…..Ce qui, je l’ai observé, n’a pas plus à certaines mamans…

Pierre

Mail du 2 Septembre, Bucarest

Chers amis,

Pierre Louis² Franck est rentré de l’école en hurlant qu’il ne voulait plus suivre le cours de cuisine de monsieur Dan, que cela ne l’intéressait pas du tout et d’autres mots d’oiseaux que je vous épargne. Je lui ai évidemment demandé qu’il s’explique en lui rappelant que « Mici este Furmos » était un cours sur les small caps… Il m’a coupé net, en me disant que je n’y étais pas du tout… Mici, ou  Mitch comme tu veux, m’a-t-il dit, est un petit bout de haché destiné au Barbecue. Dans sa composition on retrouve de la viande hachée de porc, de la moelle et de l’ail… Et je n’en ai rien à cirer… Et le vieux en avait même apporté, c’est dégueu… ! Je lui ai d’abord demandé de ne plus appeler son instituteur le vieux, mais monsieur Dan, avant de lui expliquer que c’était sans doute une métaphore, en guise d’introduction puisque petit ou mici, signifiait également mici ou Mitch, cette spécialité culinaire Roumanie. « Quelle métaphore ? », m’a-t il demandé… La viande hachée signifie, le travail de recherche laborieux, pour trouver des small cap, il faut comme hacher le marché pour en trouver… Dans mon travail de recherche, on peut dire que j’ai haché le Pink Sheet… « Et la moelle ? », m’a-t-il demandé, la moelle, c’est la méthode, ai-je enchaîné, le centre, l’accise, la grille de départ contenant les critères basé sur les actifs… « Et l’ail alors ? ». L’ail, c’est ton avantage sur les institutionnels…..Imagine toi une small cap déguisée en fille que tu veux embrasser, mais qui a mangé de l’ail… « Bouah ! Dégueu… » Et bien c’est exactement cela, il faut du courage ou pas trop de capital pour pouvoir l’embrasser… « Tu veux donc dire que les Zinzins n’ont pas de courage parce qu’ils ont trop de capital ? ». C’est un peu cela, ai-je dit…OK, mais je n’aime pas son intro et point ! Demande au deux Louis de t’en cuisiner quand tu seras chez eux… Ils adorent les Mitch, je leur ai fait découvrir lors de notre assemblée générale de l’été et m’ont déclaré tout les deux que c’était le plat qui symbolisait le plus la Daubasse. Et le plus Grand des deux Louis avait même proposé de changer notre nom en  « Les Mitch selon Benjamin Graham » tellement cela lui avait plus… Mais on avait tous bu pas mal ce jour là et on a laissé tomber, en plus cela aurait trop dérouté nos lecteurs…

Pierre

Mail du 8 Septembre, Neuilly

Salut les gars,

Pierre Louis² Franck m’a dit en rentrant de l’école qu’il préférait Bucarest parce qu’au moins là bas, selon son expression, il n’y avait ni Prout Prout, ni Coco. Et que le Lundi, il mangeait exactement comme au Mac Do.

Je suis un peu inquiet et il me semble que cette rotation va être plus difficile que prévu et qu’il faudra sans doute plus de temps que je ne l’avais imaginé pour que Pierre Louis² Franck s’acclimate.

Franck

Mail du 9 Septembre, Neuilly

Salut les gars,

Pierre Louis² Franck est blessé à la pommette gauche et sa lèvre supérieure a triplé de volume. Il s’est en fait battu avec Tanguy Carmignac, le petit fils d’Edouard, qui le traitait de menteur sur la performance de 422% en 2 ans du Portefeuille des « Daubasses selon Benjamin Graham »… Selon Pierre Louis² Franck, le petit Tanguy lui aurait dit que c’était son grand père le meilleur gérant du monde et que 422% en 2 ans c’est du mensonge. Heureusement que cela ne s’est pas passé à Jumet, sinon nous aurions déjà perdu la prime de 5 euros.

 

Ah oui, j’ai oublié, le petit Tanguy a le nez cassé, plus sa paire de lunettes. Et je voulais donc vous demander si vous aviez une assurance familiale ? Sinon, il va falloir douiller.

Je suis enfin convoqué demain à l’école où je dois m’expliquer.

C’était mon idée toutes ces écoles mais je me demande finalement si elle était si bonne …

Franck

Mail du 10 Septembre, Neuilly

Les gars,

Je me suis pris un savon de première ! Car la violence dont a fait preuve Pierre Louis² Franck sur ses condisciples semble avoir dépassé les bornes. En plus d’avoir cassé le nez et les lunettes de Tanguy Carmignac, Pierre Louis² Franck a brutalisé Catherine Thibault, la petite fille du secrétaire général de la CGT, qui tentait de les séparer mais qui, selon Pierlouis²-Franck, avait une préférence marquée pour Tanguy… Et il a enfin botté les fesses de Nicolas Marouin, fils d’un employé du Crédit Patate. Selon Pierlouis²-Franck, fils ou petit-fils de personne celui-là… qui encourageait Tanguy Carmignac pendant l’altercation.

Madame Béatrice m’a laissé entendre clairement qu’a la prochaine incartade de ce type, ce serait le renvoie illico hors des frontières et me demande aussi que nous donnions quelques détails sur notre portefeuille dans le but d’apaiser les esprits de la classe. Et entre nous, car je ne l’ai pas dit à Pierre Louis² Franck, elle pense également qu’il ment sur la performance de notre portefeuille car pour elle-même les meilleurs traders formés par sa grand-mère ne parviennent pas à ce type de performance en 2 ans… Ce qui est quand même incroyable.

J’ai évidemment accepté toutes les requêtes et j’espère que vous m’enverrez cela dans les prochaines semaines. Nous aurons peut-être également besoin de déclarations écrites de plusieurs de nos abonnés, attestant qu’ils ont bien vu nos extrais de comptes et confirment donc que de notre performance est bien réelle !

Je dois vous avouer que j’ai été clair avec Pierre Louis² Franck en lui disant que s’il poursuivait dans cette direction, il serait puni sans appel : il resterait à Neuilly pour le trimestre… ! Cela a eu l’air de le calmer, mais nous verrons bien…

Franck

Mail du 10 Septembre, Neuilly

Salut les gars,

Après la tempête, le beau temps ! Pierre Louis² Franck est satisfait de son premier cours sur les options qu’il a voulu que j’applique toute de suite pour mon portefeuille personnel… J’ai donc tenté d’émettre une option Put, hier soir, en suivant ses conseils… Ce gamin est fabuleux !

Franck

Mail du 11 Septembre, Neuilly

Les gars,

Après le beau temps, la tempête… Hier je me suis emmêlé les pinceaux sur l’émission d’options… En fait, au lieu d’émettre une option Put, j’ai acheté une option Put, et j’ai déjà perdu 25% sur la transaction que je viens d’ailleurs de liquider… Pierre Louis² Franck n’est pas encore rentré de l’école, mais je vais lui demander qu’il me réexplique le mécanisme !

Franck

Mail du 15 Septembre, Orval

Bonjour à tous,

Pierre Louis² Franck est revenu de l’école complètement saoul et il s’est couché aussitôt rentré sans faire ni devoirs, ni leçons. Il m’a dit avant de se coucher qu’il servait de la bière d’abbaye à la cantine et que pour fêter son arrivée toute la classe avait bien pinté lors du repas de midi.

Le plus grand des deux Louis

Mail du 15 Septembre, Orval

Bonjour,

Premier jour d’absence de Pierre Louis² Franck qui avait la gueule de bois et qu’il n’a pas été possible de réveiller au matin…

Il m’a parlé toute la journée de l’école de Neuilly qu’il n’a vraiment pas apprécié, mais je préfère ne pas entrer dans les détails.

Je lui ai aussi demandé de modérer sa consommation de trappistes d’abbaye. Ce sera difficile m’a-t-il répliqué car monsieur André ne parle que de cela et en sirote même pendant les cours. Et il sera bientôt docteur Es Trapiste m’a-t-il dit plutôt fièrement.

Je n’ai pas insisté car il semble vraiment sous le charme de l’école d’Orval.

Le plus grand des deux Louis

Mail du 16 Septembre, Orval

Bonjours messieurs,

 

Pierre Louis² Franck est rentré de l’école dans un état de d’ébriété avancé et n’a parlé que de « Goodwill » et du premier cours sur la triple net d’abbaye… « Le « goodwill » c’est du vent ! », m’a-t-il dit… « Pourras-tu dire à Franck que je ne dirai plus la prière à Neuilly ? Car c’est du goodwill… I-NU-TI-LE…Il faut qu’il recadre dans cette boîte ».

Je lui ai demandé très aimablement de faire ce genre de commission lui-même. Mais il n’a pas semblé prêter attention à ce que je disais. Car il a enchaîné, sur le fait que Monsieur André avait expliqué les grandes lignes du prochain cours sur la VANTre d’abbaye. Tu ne devineras jamais, le parallèle avec le cours sur les Mitch is Beautiful de monsieur Dan de Bucarest. « Quel est le parallèle ? », ai-je demandé… Il y a une intro métaphorique… Pierre m’a expliqué que l’intro de monsieur Dan sur la cuisine avec ces fameuses Mitch était en fait une métaphore introductive pour que l’on comprenne mieux la beauté des petites sociétés… Donc dans le cas de la VANTre d’abbaye, j’imagine que cela va être porno, s’il y a métaphore… « Porno ?? », ai-je dit abasourdi… Enfin bon, j’imagine seulement a dit Pierre Louis² Franck… Monsieur André en a parlé… Non, non, mais que veux-tu choisir d’autre comme métaphore introductive sur ce type de sujet… Je pense que porno n’est pas de votre âge et évidemment que tu te trompes, d’autant plus si monsieur André n’en a même pas parlé… On verra bien, mais je devrais encore attendre, car le cours aura lieu dans 4 semaines.

Tu sais Louis m’a dit  Pierre Louis² Franck, c’est plus comme de ton temps où on jouait avec des soldats en plastique jusque 14 ans et qu’on commençait à savoir par où on fait pipi à 17-18… !!!!! Le porno c’est une matière connue dès la maternelle aujourd’hui, donc ne stresse pas Louis, c’est pas la peine… !

Au fait pourrais-tu me préparer des Mitch pour le souper, Pierre m’a dit que tu connaissais la recette. Je me demande si je n’ai pas eu un jugement trop rapide sur le sujet. Demain ai-je dit, nous t’en préparerons demain.

Le plus grands des deux Louis

Mail du 23 Septembre, Dilbeek

Bonjour, les amis,

Contrairement a ce que vous m’expliquiez dans les mails précédents, Pierre Louis² Franck, s’applique de belle manière chez moi à Dilbeek. Je suis déjà parvenu à réduire les frais supplémentaires. Dès le premier jour le supplément de 2 euros pour le dessert pour les enfants ne parlant pas flamand est déjà resté dans nos poches….Enfin dans la poche de Pierre Louis² Franck, …

En fait je lui ai expliqué la situation des suppléments pour les enfants ne parlant pas le flamand. Et il semble avoir été pris au jeu.

J’ai commencé par changer légèrement son nom qui de Pierre Louis² Franck est devenu Pietlodewijk²-Frank. Ensuite je lui ai demandé de mémoriser quelques mots et phrases simples.

Oui : Ja

Bonjour monsieur : Dag meneer

J’aime la Flandre et les Flamands: ik hou van Vlaanderen en van de Vlamingen

La pomme de terre c’est excellent : De aardappel is uitstekend

Je commence a parler Flamand: ik begin om Vlaams te spreken

Et je lui ai demandé de placer ces phrases autant de fois qu’il le peut quand il communique avec d’autres personnes.

En contre partie je lui ai dit que je lui donnais ce que nous économisions. Il m’a de suite demandé d’ouvrir un compte titre à la KBC car il voulait émettre des options Put le plus vite possible. Ce qui me fait penser qu’il aime ce qu’il a appris à Neuilly.

Le plus petit des deux Louis

Mail du 22 Septembre Dilbeek

Les amis bonjour,

Nous sommes parvenus à réduire la taxe de 5 euro sur le coq wallon donné en pâture au lionceau des Flandre de l’élevage….Enfin je devrais plutôt dire Pietlodewijck²-Frank est parvenu….

Par contre il a écopé de sa première punition…..D’après Pietlodewijk²-Frank et selon ses expressions, cette grosse vache de Barta, n’a pas apprécié quand il lui a dit « Dag meneer » ce matin et pourtant, elle ressemble vraiment à un mec Louis, je t’assure m’a-t-il dit…….J’ai rectifié en lui apprenant « dag mevrouw » et en précisant que le fait qu’elle ressemble à un homme ne comptait pas. Et je dois vous avouer que je me suis senti coupable sur le coup

Mais apparemment ce qui a mis en colère cette grosse vache de Barta, c’est que pendant la visite de l’élevage de Lion Noir des Flandre, notre Pietlodewijk²-Frank a dit qu’il préférait de loin le guépard, au Lion noir….Beaucoup plus élégant, t’es pas de mon avis Louis… ? J’ai répondu oui évidemment.

 

En plus la punition est idiote, je devrais plutôt dire politiquement flamande mais bon….copier 100 fois : De Leuww van vlanderen is de mooiste en de Waalse haan is leelijk en bloedig verdient zijn lot.

Comme j’ai jugé que cela n’apprenais rien de fondamentalement nouveau à notre Piet, j’ai recopié 98 fois les deux phrases, en essayant d’imiter son écriture….Et je lui ai laisser recopier deux fois pour la forme

Le plus petit des deux Louis

Durant cette semaine j’ai écrit au groupe que je devais me rendre en Belgique pour régler un problème personnel et que l’occasion se présentait donc pour que notre Pietlodewijk²-Frank, fasse connaissance avec son école de réserve de Jumet.

Mail du 22 Septembre Jumet

Bonjour à tous,

Le changement de programme ne semble pas avoir satisfait notre Pierre Louis² Franck, qui regrettait Bucarest, car en échangeant sur le forum de la « Bakshish American School », la semaine passée m’a-t-il dit, il voulait mettre en place avec ces amis Vlad et Ionut , un petit business avec les Big Mac a volonté servi, le lundi a la cantine….Je ne suis pas entré dans les détails et lui ai dit que la diversité était le concept que nous avions choisi…..

Il est donc revenu assez grognon de Jumet, après cette première journée, en me disant que dans sa classe, il n’y avait que des neuneus qui s’amuse encore à jouer au bille a la récré au lieu d’avoir des conversations sur l’investissement……Et en plus mon voisin pue des pieds….a-t-il ajouté.

Il m’a ensuite tendu son journal de classe, dans lequel il était inscrit en rouge : Pierre Louis² Franck ne bénéficiera pas des primes de la cour de récré, ni de celles pour bon comportement en classe, cette semaine… Pourriez-vous vous présenter d’urgence demain à 8h30 à l’école

Je ne vous cache pas que je suis d’abord monté sur mes grand chevaux en, lui disant pour rester dans la ligne de Franck que s’il s’était encore battu il resterais à Neuilly, pour le trimestre et pourrait même y passer l’année s’il s’était avisé d’insulter madame Chantal…

Mais Pierre Louis² Franck m’a juré sur la tête de « Netlist », qu’il ne s’était rien passé de tout cela…Mais que s’est –il passé alors, lui ai-je demandé….En récré….En fait j’ai juste parlé des options Put à Eric et Charlotte et du prochain cours sur la VANTre….Charlotte m’a dit que j’étais un obsédé et qu’elle allait le dire à madame…Et Eric, eh bien Eric, il m’a dit qu’il allait le dire à sa maman et son papa que j’étais un obsédé……J’ai évidemment essayé d’entrer plus en profondeur dans le sujet pour leur expliquer, mais ils n’ont rien voulu savoir de plus…..Je t’ai dit que c’était une école de neuneus…..

Et au cours qu’as-tu fais ? Madame Chantal nous a expliqué que dans la gestion d’une ville, le goodwill, synonyme de caisse noir, était le poste le plus important…et je lui ai simplement dit que c’était du vent et que monsieur André d’Orval pourrait lui expliquer…….Elle m’a alors traité de petit capitaliste impertinent. Et c’est mon voisin de derrière, Antoine, qui m’a dit de répliquer qu’elle était une petite fille de put, tout en lui précisant que put était du masculin singulier…..Mais ce neuneu a parlé bien trop fort et madame Chantal a tout entendu et elle nous a dit que nous la traitions de Put tout les deux ….Et j’ai beau eu dire que c’était Antoine, et que je ne comptais pas lui  répéter ce qu’il venait de me dire, elle n’a rien voulu entendre.

OK ai-je dit, je te crois…..J’ai alors pris le journal de classe de Pierre Louis² Franck., pour écrire la prose suivante : Madame je suis un chômeur de longue durée et je suis convoqué au Forbem demain à 8h 30….comme je ne roule pas sur l’or et que je comptais sur les primes de votre merveilleuse école, pour nourrir toute ma famille en cette fin de mois de septembre, un mois des plus difficile de l’année, auriez-vous l’amabilité de comprendre que les petits griefs que vous reprochez à Pierre Louis² Franck ne se reproduiront plus….en fait il doit tous ces mots qu’il répète juste comme cela  à la fréquentation assidue du petit Adrien Frère, l’arrière petit fils d’Albert qui habite à deux pâtés de maison de chez nous…..Je lui interdirai dorénavent de jouer avec cet arrière petit fils de garnement……J’espère donc madame Chantal que vous comprendrez ma requête et que vous pardonnerez à Pierre Louis² Franck ces quelques écarts afin de nous faire bénéficier de toutes les primes.

J’ai ensuite préciser à Pierre Louis² Franck que c’était juste du blabla…..et juste pour encaisser les primes…..Comme sur les émissions d’options put….. !!!!!!!!!

Bien à vous. Pierre

Mail du 24 Novembre 2010

Cher lecteur, cher lectrice,

Ce petit récit d’un moment d’intimité dans la vie de notre  bambin de portefeuille touche à sa fin.

Nous vous copions de nos archives et en bouquet final toutes les 39 transactions clôturée effectuées à ce jour et depuis le 24 Novembre 2008 et leurs performances en Euro. Et comme toujours et dans notre soucis de transparence, aux transactions gagnantes, nous avons ajouté les transactions perdantes…..Car pour nous investisseurs en Daubasses, ce qui importe le plus ce n’est en aucun cas les transactions perdantes, qui sont le lot de tout investisseur, mais bien le fait de premièrement comprendre pourquoi nous avons perdu, afin  de ne plus répéter l’erreur à l’avenir et en second lieu le fait qu’il y ai nettement plus de transactions gagnantes que de perdantes.

Voici donc ce tableau arrêté au 24 Novembre 2010 que nous enverrons également à Franck, pour le tirer du pétrin de Neuilly.

Date – Vente Société Rendement
16/11/2009 Netlist 1394,2%
6/08/2009 Value Vision Media 644,1%
28/07/2009 Westell Technologies 473,6%
5/05/2010 Axcelis technologies 439,5%
5/06/2009 Medialink Wolrdwide 394,1%
7/06/2010 RCM Technologies 386,6%
9/11/2009 Eon Comunication 346,7%
24/07/2009 Telestone Technologies 338,5%
12/04/2010 Radient Pharma 332,5%
12/11/2009 Nucryst Pharmaceutical 331,7%
18/05/2009 Zhone Technologies 299,7%
12/06/2009 WTP Entreprise Inc 297,9%
7/01/2010 Emerson Radio 270,6%
20/05/2009 Tuesday Morning 234,3%
17/04/2009 Neuro Metrix Inc 155,2%
1/09/2009 Retractable Technologies 148,2%
22/04/2010 Ezenia Inc 133,2%
30/11/2009 Dan Elec Memory 126,5%
30/11/2009 American Claims Evaluation 123,4%
4/12/2009 Technest Holdings 117,7%
15/06/2009 Passat 103,5%
4/02/2010 Hardinge 53,5%
30/06/2009 Trans World Entairtement 25,0%
4/06/2009 Ikanos Communication 21,4%
4/10/2010 Fench Connection PLC 12,1%
10/12/2008 Kindy -1,2%
13/03/2010 Heelys -1,9%
21/04/2010 Optionable Inc -4,5%
7/07/2010 Trident Micosystem -8,6%
28/03/2010 Endwave -8,7%
29/03/2010 Adams Golf Inc -9,4%
28/09/2009 Global Diversified Industries -18,0%
16/12/2009 Merisel -23,6%
6/07/2009 Castle Brands -26,2%
15/09/2009 Alliance SemiConductor -30,6%
22/04/2009 Phoenix Footwear -56,0%
4/11/2009 Betawave -61,6%
24/08/2009 Airspan Networks -64,2%
20/07/2010 Forbes Meditech -71,2%

 

Dans le portefeuille actuel, sur 40 sociétés nous avons 25 sociétés en zone positive et 15 sociétés en zone négative. Et parmi ces 25 sociétés en portefeuille, nous avons 10 baggers. Si nous devions donc clôturer ce portefeuille aujourd’hui, nous pourrions accrocher à notre mur réservé aux trophées de chasse 31 baggers, en deux ans…

1ere partie

2e partie

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Pierre Louis² Franck Daubasse : 2 ans déjà… !!!! (2e partie)

15 jours plus tard…

 

Nous avions rendez-vous à 9h30 précise au cœur des Ardennes, chez le plus grand des deux Louis. En fait par soucis d’économie, nous avions décidé de ne prendre qu’une seule voiture pour nous rendre à Paris. Le débat concernant la voiture que nous prendrions pour aller à ce rendez-vous fut assez bref, ma Dacia franco-roumaine fut pratiquement éliminée au départ et après une vague hésitation entre la golf du plus petit des deux Louis et les chevaux de trait ardennais du plus grand des deux Louis, ce sont finalement les montures belges qui fut choisies … par soucis d’économie. C’est vrai que niveau essence, il n’y a pas plus économique

Nous sommes finalement arrivés dans le parking du Pré Catelan à 11h29 exactement trois jours plus tard et nous avons « garé » nos étalons à côté de la voiture de Franck, une vieille R16 qui semblait d’origine… Nous étions tout les trois vêtu de costume sombres – légèrement détrempés par la pluie qui nous avait surpris sur le trajet -, de chemises blanches, cravates et nous tenions au bout du bras droit des petites mallettes en cuir noir dans lesquelles était parfaitement ficelés nos dossiers respectifs. Nous avions tous l’air concentrés et parfaitement à jeun.

En venant à notre rencontre, Franck s’est fendu d’un large sourire. « On dirait que vous allez lancer dans les minutes qui suivent une OPA hostile sur le Berkshire Hattaway les gars ! », a dit Franck en nous serrant la main.

–         « Vous avez l’air tellement sérieux !

–         En fait nous ne t’en avons pas parlé, mais c’est exactement ce que nous avions décidé de  faire », a répliqué le plus grand des deux Louis.

–         Mais évidemment comme tu es en jean-baskets, j’ai l’impression qu’il va falloir remettre cela à plus tard… »

Deux majordomes nous ont conduit à la table réservée par Franck dans la grande salle à la décoration somptueuse. Ce restaurant étoilé était en fait installé dans  un pavillon Napoléon 3, en plein cœur du bois de Boulogne et dirigé par le chef Frédéric Antan qui avait travaillé plusieurs années avec Joël Robluchon qui était le cuisinier Français préféré des Daubasses, pour la simple raison qu’il avait été en mesure de revisiter la purée de pomme de terre pour en faire une pure merveille : un met extra galactique !! Un peu comme nous avions revisité Ben Graham pour créer les Daubasses… dans un tout autre registre !

Comme nous n’étions malheureusement pas là pour parler gastronomie, Franck a commandé 2 bouteilles d’eau minérale San Pé’ et 4 menus du Pré, sans attendre.

« Comment s’est passé votre chasse aux écoles ? », a demandé le plus petit des deux Louis. Nous avons tous répondu sans problème sauf le plus grand des deux Louis qui nous a expliqué avoir du visité 6 établissements, avant de pouvoir en trouver un qui correspondait plus ou moins à ses critères. « Et encore, a-t-il ajouté, je ne suis pas certain que cela soit top… ».

Quatre serveurs nous ont amené le premier plat. « Messieurs bonjours », a dit un majordome, « le premier plat est un crabe cuit en coque », accompagné d’une fine gelée de corail et de caviar de France, baigné dans une soupe légère au fenouil.

–         « Bon appétit !.

–         Merci ! », avons nous répliqué en cœur.

« C’est tout de même dommage de ne pouvoir accompagner ce crustacé avec un Sancerre bien frais ! », rétorqua Franck à la vue des victuailles. « Nous avons à parler sérieusement, et pour une fois, nous nous contenterons d’une bonne eau gazeuse… », dis-je en faisant la moue.

« Cela a l’air délicieux ! », a dit le plus grand des deux Louis. Avant d’attaquer. « Qui commence ? » a demandé Franck. « Je veux bien commencer » a proposé le plus petit des deux Louis. « Ok on t’écoute ».

« J’ai donc choisi, en périphérie Bruxelloise, mais en région Flamande dans la commune de Dilbeek, het Konijn Athénée… ».

« En un mot, l’athénée Royale de Dilbeek », ai-je dit, « une traduction pour Franck, me semble nécessaire ! ».

« Pierre, tu n’y es pas du tout, depuis les élections du 6 juin, tout ce qui ce termine par royal a été remplacé par lapin. Il s’agit donc de l’athénée du lapin, à Dilbeek. L’institutrice s’appelle Barta de Tisserand originaire de Mortsel ».

« Pour les élèves ne parlant pas Flamand, le minerval est fixé à 2 000 euro par an ». « Pas donné ! » a dit Franck.

« Au niveau des langues étrangères, trois cours seront organisés et étalés sur trois ans : Le patois de Brugge tout d’abord. Le dialecte de Gand pour la deuxième année et en troisième année « le Boeffen » d’Anvers » ». « On ne peut pas dire que cela soit très internationalisé », a commenté le plus grand des deux Louis.

« C’est vrai que je n’ai pas trouvé extraordinaire les cours de langue », a répliqué le plus petit des deux Louis. Mais je trouve par contre que ce qui est proposé en gestion est digne d’intérêt, car le théorique et le pratique y sont combinés. Ce cours sera donc construit sur le thème suivant : Gestion d’une ferme « bio » pilote ou sera pratiqué l’élevage du lion noir des Flandre au coq fermier Wallon…..Ils ont cité le label « Val Dieu » à Aubel, le Label « Pate Noir » de Charleroi et « Pouillon Ardent » de Liège, comme fournisseur de la pitance proposé au lion noir ».

« Tout les élèves ne parlant pas le Flamand devront payer les coqs Wallons vivant qu’il donneront en pâture au lion, soit 5 euro, par coq… » « C’est cher !! », a de nouveau ajouté Franck, « c’est une école privée ? ». « Pas du tout. C’est une école de la communauté Flamande, rien de plus », répondit Louis, le moins grand.

« Au niveau cantine, le repas de midi coûte normalement 3 euros, mais pour les enfants ne parlant pas Flamand c’est 6 euros ».

« Je n’ai pas trouvé les menus très élaborés :

Le lundi, pomme de terre en chemise de Beveren

Le mardi, ratatouille de pomme de terre de Westerlo et d’asperge de Malines

Le mercredi, pomme de terre rissolée de Tongres avec des haricots vert d’Ypres

Le Jeudi, salade de pomme de terre froide de Leuven et des oeufs sur le plat de Kortrijk

Le vendredi, tomate des serres de Waregem aux crevettes grise de Zeebrugge. »

« J’ai l’impression avec de tel menu, que notre Pierlouis²-Franck, sera très heureux de d’aborder la semaine suivante… », ai-je dit. « Et en plus il n’y a même pas de dessert ! » a ajouté le plus grand des deux Louis…. »En fait il y a un dessert, mais pour les enfants ne parlant pas le Flamand c’est 2 Euro de supplément ». « Et c’est quoi ? » a demandé Franck. « Du flan à base de lait de vache de Zottegem… ». « Et pour l’eau aussi, il y a des suppléments je suppose… » a dit Franck… « et c’est peut-être même de l’eau du robinet… ». « Non, en aucun cas de l’eau du robinet, Franck ! », a coupé le plus petit des deux Louis, « elle vient de Wallonie… En fait l’eau proposée vient de la mer du nord et elle est normalement adoucie, mais pas pour les enfants ne parlant pas le flamand… ». « C’est donc bien ce que je disais », a dit Franck.

« Pour ce qui est de la logistique, les enfants ne parlant pas Flamand ne seront pas pris en charge par les bus scolaires… ». « Sauf supplément ! On connaît la chanson ! », a ajouté Franck. « Pas sur ce coup là, Franck », a coupé Louis. « Les enfants, ne parlant pas le flamant doivent se débrouiller seul pour aller à l’école. »

« Pourquoi ? », a demandé le plus grand des deux Louis. « Parce qu’il est formellement interdit de parler autre chose que le Flamand dans le bus scolaire. Et comme c’est impossible à surveiller, sauf frais supplémentaires pour engager un surveillant, ils ont réglé le problème en refusant les enfants qui ne parlaient pas le flamand. Il y a par contre une éco-taxe de 2 euro par jour pour tous les enfants ne parlant pas flamand qui seront conduits en voiture à l’école. J’ai donc décidé, si vous n’y voyez pas d’inconvénient de conduire Pierlouis²-Franck en vélo, pour ne pas devoir payer ce supplément supplémentaire ? ». « Bonne idée ! », avons nous fait en cœur.

« Aux niveau des activités extra scolaires, cela me semble maigre, mais nous avions dit que ce n’était pas très important. Il y a donc un pèlerinage mensuel à Dixmude, et un  « Gordel » hebdomadaire… autour de la périphérie Bruxelloise. « C’est quoi ce bordel ? », a demandé Franck. « Le « Gordel », c’est une belle balade en vélo », a précisé le plus grand des deux Louis ». « Voilà, en gros. », a conclu le plus petit des deux Louis.

Pendant cette explication donnée par le plus petit des deux Louis, nous avions été débarrassés. Et à présent les quatre serveurs venaient de déposer le second plat, que le majordome s’empressa de nous expliquer : « nous vous proposons maintenant, une Saint-Jacques cuite au plat dans un jus de pomme à cidre, accompagnée de noix écrasées et torréfiées, de « galet » chaud et d’un bouillon au parfum de mélisse. Bon appétit messieurs ! ». « Merci ! », avons nous répondu en cœur.

« Qu’est-ce que vous en penser de mon école ? », a demandé le plus petit des deux Louis avant d’enfourner sa première bouchée de Saint-Jacques. « Disons que s’il n’y avait que cette école là, il faudrait sans doute chercher ailleurs… », a commenté le plus grand des deux Louis. « Mais dans le cadre d’une « saine diversification », je pense que cela passe…Sauf pour le portefeuille. », a ajouté Franck. « Sauf si les « bagger » continue de pleuvoir », ai-je ajouté. « C’est accepté alors ? », a demandé le plus petit des deux Louis ? ». « Sans problème ! », « c’est OK », « oui ! », avons nous successivement répondu.

« A qui le tour ? », a demandé Franck. « Je veux bien vous exposer mes choix », ai-je dit.

« La première école que j’ai choisie se situe en Roumanie à Bucarest, boulevard Pipera. Il s’agit d’une école très réputée : la « Bakshish American School »… Si vous avez besoin que je traduise certains mots, n’hésitez pas à m’interrompre. »

 

« Officiellement, il n’y a pas de minerval à payer, mais si l’on ne veut pas camper pendant 10 jours et 9 nuits le long du boulevard Pipera pour suivre l’interminable file qui commencera à se former à la fin du mois d’Août – le jour où débuterons les inscriptions – il en coûtera 300 euro qu’il faudra faire parvenir à Andrei Badea, chef du secrétariat, par l’entre mise de la cousine du beau-frère de sa sœur… »

« C’est culotté ! », a dit Franck. « Comme Louis a fait un effort pour réduire les dépenses, pour échapper à l’éco-taxe de Dilbeek, ne pourrais-tu pas camper quelques jours ?, m’a demandé le plus grand des deux Louis. « Ce serait toujours 300 euro d’épargné ! ». « Je peux l’envisager… », ai-je répondu. « Même si le quartier, n’est pas  terrible du tout ». « C’est-à-dire ? … », m’a demandé le plus petit des deux Louis. « Le quartier étant en pleine construction, il y a d’incessant balais de camions, une poussière saharienne et à la tombée du jour, des cohortes de prostituées arpentent le boulevard… » « On te laisse décider alors. », a dit le plus grand des deux Louis.

« L’instituteur s’appelle Dan Sonkinescu. Prononcez « ou » à la fin. Il m’a fait une excellente impression. Il est grand, bronzé, habillé avec élégance. Il connaît 16 langues étrangères : l’Anglais, l’Allemand, le Russe, le Bulgare, le Polonais, le Croate, l’Albanais, le Tchèque, l’italien, le Portugais, le Hongrois, le Français, l’Arabe classique, le Grec ancien, le Latin et même, vous ne devinerez jamais… Le wallon du Borinage !! » « Ouaaaw ! Une vrai encyclopédie ! », s’est exclamé le plus grand des deux Louis.

« Il a enseigné dans 4 pays européens. Et avant d’atterrir à la « Bakshish American School » de Bucarest, il a enseigné en banlieue parisienne.

« Quel est  le programme ? », a demandé le plus petit des deux Louis qui venait de finir son assiette de Saint-Jacques. « En fait j’ai inscrit Pierlouis²-Franck aux cours de langue Russe, Romani,  plus précisément le Tzigane Valaque et enfin l’américain de Chicago. »

« Au niveau économie, Dan Sonkinescu, a écrit un bouquin sur lequel, il base son cours. Il s’agit de «  Mici Este Furmos » phonétiquement « Mitch èstè Fourmos » ». « Et cela signifie ? … », a demandé le plus grand des deux Louis.  « C’est un peu, le petit est beau, bien que cela sonne mieux en Anglais avec « Small is Beautiful ». Il s’agit donc de comprendre en détail les avantages et inconvénients de micro et petites entreprises cotées sur le marché Roumain ».

« Je trouve que là c’est du sérieux ! », a dit le plus grand des deux Louis. « C’est exactement le sujet des Daubasses ! », a renchérit Franck, « et que ce soit en Roumanie ou ailleurs, un actif courant, moins l’ensemble des dettes s’appelle une Net-Net. »

« Au niveau menu, c’est alterné cuisine Roumaine, cuisine US :

Le Lundi est sponsorisé par Mac Doa, Big  Mac et Couca Cola à volonté

Le Mardi sarmale et mamaliga, c’est un menu traditionnel à base de choux farcis et de purée de maïs

Le Mercredi est sponsorisé par Kreeft Food, tous leurs produits à volonté : Pizzas congelées, Miracolli, fromages chimiques, chokotoff, Chips. Et autres…

Le Jeudi pomane porcului. Traduit cela donne, le cadeau du cochon, c’est de nouveau un plat traditionnel qui se déguste dans les villages roumains après avoir sacrifié un porc. Il s’agit en fait de ce que l’on nomme des abats, soit cœur, poumon, foie, le tout cuit dans une sauce au vin et rehaussé d’ail

Le vendredi est sponsorisé par Heinsse Company, frite à volonté et Ketchup.

« J’ai quand même le sentiment que notre bambin va devoir avoir l’estomac bien accroché avec ces menus hards… », a dit Franck. « Si je devais choisir je préfèrerais quand même le menu de la « Bakshish American School »… que le menu de « l’athénée du lapin ». », a tranché le plus grand des deux Louis.

« Au niveau des activités extra scolaires, c’est très varié et je dois vous avoué que j’ai inscrit Pierlouis²-Franck, à tout ce qui était proposé :

– Excursion dans les monts Fagaras lieu de résistances des derniers hommes libres avant le black out communiste.

– Comment obtenir un permis de conduire pour moins de 200 euro.

– Cours de théâtre : l’art  de se faire passer pour ce que l’on désire.

– Stage dans une mairie : ou comment gagner 250 euro par jour pour apposer une simple signature sur un formulaire quelconque.

– Les grands Classiques de la littérature : Emil Cioran, Tristan Tzara, Eugène Ionescu et Mircea Elliade.

– Je m’entraîne aux contrôles fiscaux : ou l’art de la pression d’une amande faramineuse pour une faute mineur afin d’obtenir ce que je désire… Dans les villages et les petites épiceries, je remplis mon coffre de victuailles pour ma famille, dans les villes ou les sociétés de production, je me fais de l’argent de poche.

– Visite de monastère, en Moldavie.

– Je deviens douanier l’espace d’un week-end à la frontière ukrainienne : ou comment pouvoir construire sa villa en 52 Week-end…

Voilà, en gros », ai-je dit. » Cela sort vachement des sentier battus ! » a dit le plus petit des deux Louis. « Tout cela me plait énormément ! », a dit le plus grand des deux Louis. « Je trouve que c’est assez complémentaire avec Dilbeek. » a dit Franck en finissant son verre de San Pe’. « C’est donc accepté, si je comprend bien ? ».

« Évidemment ! », » sans problème !, « bien entendu ! », ont répondu les deux Louis et Franck, alors que les quatre serveurs venaient de déposer le troisième plat que le majordome à commenté sans attendre : « Nous vous proposons, un turbot poêlé recouvert d’un émincé d’amandes, de petit câpre et de jus d’amande amer, accompagné d’une Fregola Sarda de Seiche. Bon appétit ! ». « Merci ! », avons nous répondu en cœur.

« Et ton école de rechange ? », a demandé le plus grand des deux Louis un bout de turbo planté dans sa fourchette, prêt à être enfourné.

« En fait, j’ai essayé de faire le plus simple possible en retournant à l’école ou j’ai moi-même été en maternelle, dans la région de Charleroi. Plus précisément, à Jumet Gohyssart. C’était à l’époque, voici 45 ans, l’institut Saint Joseph tenu par la congrégation des frères Maristes, mais cela semble avoir bien changé depuis.  L’établissement s’appelle aujourd’hui : l’école du CPAS de Jumet… ». « Merde ! » a dit le plus grand des deux Louis, « quel plongeon! ».

« L’institutrice s’appelle mademoiselle Chantal Van Cau. Elle m’a fait une excellente impression. Jeune, dynamique, et elle ne semble pas avoir froid aux yeux en plus ! »

« Au niveau langue étrangère, vous allez sans doute être heurtés, mais seul le Français est au programme… » « Attends, Pierre ! Le Français, c’est la langue du pays ! Enfin… une des trois langues officielles ». « Je  sais », ai-je répondu au plus petit des deux Louis, « mais dans la région de Charleroi, c’est devenu une langue étrangère qu’il faut réapprendre aux jeunes enfants. » « Cela dépend évidemment de la perspective selon laquelle on se place, mais ce  n’est finalement pas plus mal », a dit Franck.

« Au niveau économie, mademoiselle Chantal, prévoit, si elle en trouve le temps, de donner un cours de gestion, basé sur un bouquin écrit par son grand père, qui fut pendant deux décennie bourgmestre de Charleroi. Ce bouquin est intitulé : « La gestion d’une ville enrichit un homme ». Le contenu est un peu trop politique a mon goût… Mais bon, dans notre idée de diversification, pourquoi pas… » « Je me demande pourquoi il n’a pas intitulé « même les fossoyeurs s’amusent » ? » a lancé le plus grand des deux Louis. « Je ne manquerai pas de lui demander à la première réunion de parents », ai-je répondu.

« Au niveau cantine, les repas seront assurés par le restaurant gastronomique le « Mont à goût », de Gouy lez Piéton. Le chef que je connais personnellement possède une étoile Michelin… ». « Attends ! Et qu’est-ce que cela va coûter ? », a demandé Franck. « J’allais y venir Franck….en fait cela ne coûte rien. C’est pris en charge pas le CPAS de Charleroi… » « Ouf… Tu m’a fais peur avec tes étoiles ! »

« Pour la rentrée, chaque enfant reçoit gratuitement 2 paires de pantalons, 3 chemises, 4 tabliers, 12 paires de chaussette, 3 paires de soulier – une pour chaque saison – plus une paire de Mike pour le cours de gymnastique et deux douzaines de sous-vêtements. Le cartable est fournit également, plus le plumier, les crayons de couleur et tout le matériel dont aura besoin l’enfant au cours de l’année scolaire… » « Je trouve cette école de plus en plus intéressante… » a dit Franck.

« Le règlement intérieur est assez bizarre :

L’enfant qui arrivera à l’heure pour le début des cours, et ceci durant les 5 jours de la semaine, verra ses parents récompensés par 2 euro par jour, soit 10 euro sur la semaine.

L’enfant qui ne se battra pas avec les autres enfants dans la cour de récré, et ceci pendant les 5 jours de la semaine, se verra récompensé par un euro par jour soit 5 euro sur la semaine.

L’enfant qui n’insultera pas les instituteurs, pendant les 5 jours de la semaine, se verra récompensé de 5 euro par jour, soit 25 euro par semaine.

« Extraordinaire !! », s’exclama Franck. « Si je fait un calcul rapide, pour un enfant bien éduqué et conduit à l’école en temps et en heures, les parents encaissent… 40 euro par semaine ! Ou 160 euro par mois ! Cela va équilibrer les frais de Dilbeek ! ». « Et qui paie ces primes ? » a demandé le plus petit des deux Louis. « Logiquement, ce devrait être les parents qui conduisent leurs enfants en retard, les enfants qui se battent à la cours de récré et ceux qui insultent les instituteurs… », a répondu le plus grand des deux Louis… « Logiquement… », ai-je dit. « Mais à Charleroi, ces primes sont assurées par le CPAS de la ville.

 

Pour les activités extra scolaires, elle sont toutes gratuites aussi :

– Théâtre de marionnette chaque mercredi après midi

– Excursion mensuel à Disneyland Paris

– Après midi récréative, à la foire du Midi, de Charleroi, de Nivelles, de Mons et de Namur

– Après midi récréative, sur les quais de Sambre

– Stage de foot, de pétanque et de bellotte.

– Conférence sur le thème : « Mieux comprendre les zones émergentes de la zone euro ». J’ai noté le passage de Charles Gaves, le 18 Octobre à 13h 30.

– Après-midi  de psychologie sur le thème : « Comment se préparer à devenir un chômeur heureux  »

Voilà, en gros… Qu’en dite vous ? ». « En réserve, cela passe… », a dit le plus petit des deux Louis. « Cela passe de justesse », a renchéri le plus grand des deux Louis. « Vous me semblez plutôt sévère avec cette école ! » a dit Franck, « d’autant plus que tout est gratuit, que la cantine offre des menus de grande qualité. Ce qui change quand même des deux précédents établissements… » « On t’expliquera un autre jour, pourquoi nous ne sommes pas enchanté Franck… », a dit le plus grand des deux Louis. « Ah bon ? », s’est étonné Franck. « C’est politique, mais cela sort du cadre de la discussion… ».

Comme dans un fondu enchaîné, le majordome a commenté le quatrième plat que les serveurs venaient de déposer devant nous, de cette manière : « ce lièvre à la royale a été préparé à la façon du « Sénateur couteaux » et il est accompagné de pâte au beurre demi-sel. Bon appétit ».

 »

Quel superbe menu », s’est exclamé le plus petit des deux Louis. « Exceptionnel n’est pas exagéré » ai-je dit. « Louis, c’est à ton tour… » a dit Franck au plus grand des deux Louis.

« Ok je me lance. L’école communale d’Orval, ne me satisfait pas entièrement comme je vous l’avais dit en arrivant, mais c’est la meilleure que j’ai trouvée dans ma région, du sud de la Belgique, en Ardenne.

 

L’instituteur s’appelle André Poivrot. Il était dans un état d’ébriété assez avancé quand nous nous sommes rencontrés… mais possède un humour hors norme ! Je vous relate son entrée en matière lors de notre rencontre ». Le grand Louis a sorti son dossier de sa mallette.

« Après m’être présenté et expliqué que j’étais le père de Pierlouis²-Franck, monsieur André m’a donc demandé si je connaissais les 69 raisons de préférer une bière à une femme… Je lui ai répondu que non et c’est alors qu’il m’a sorti les 69 raisons ….de mémoire :

01- Une bière froide est une bonne bière
02- On arrive toujours à faire mousser une bière
03- Une bière est toujours prête et humide
04- Une bière n’a jamais la migraine
05- On peut consommer 2 bières en même temps sans complications
06- Une bière n’est jamais jalouse d’une autre
07- On n’a pas besoin de raconter des mots doux a une bière pour se soulager
08- Une bière, ça se commande
09- En soirée, on peut toujours se taper une bière
10- Une bière ne parle pas
11- Une bière reste consommable 28 jours sur 28
12- Quand on finit une bière, on peut récupérer la consigne
13- Quand on ne la finit pas, elle ne fait pas la gueule
14- La bière ne donne que PARFOIS mal a la tête
15- On peut rester actif après s’être tapé une bonne bière
16- Même la bière belge n’est pas stupide
17- Une bière est non violente
18- Une bière n’est jamais complexée
19- On voit toujours facilement à l’intérieur d’une bière
20- Une bière ne laisse jamais de poil dans la bouche
21- Une bière blonde n’est jamais fausse
22- Une bière est toujours consentante
23- Une bière ne porte pas de collants
24- Une bière est parfois légère
25- Une bière rousse ne pue pas en été
26- Pas de problème de langue avec les bières étrangères
27- Avec une bière, pas de belle-mère
28- Même bourré on choisit sa bière
29- On n’a pas à emmener sa bière au resto, il y en a déjà
30- On ne risque pas d’attraper des maladies en se tapant une bière
31- Une bière n’oublie jamais la pilule
32- Une bière n’est jamais de mauvais poil
33- Une bière ne demande jamais de nouvel emballage
34- Bières et copains font bon ménage
35- La bière ne prétend pas être intelligente
36- On n’a jamais honte d’être vu avec une grosse bière
37- Une bière n’a pas de grand frère
38- On peut prendre en public une bière sur la table
39- Deux doigts suffisent pour un pack de six
40- Une bière ne passe pas son temps au téléphone
41- Une bière ne vous mord jamais où que ce soit
42- N’importe quelle bière peut poser dans un magazine
43- Une bière ne vous trompera jamais
44- On peut décapsuler une bière sans tacher les draps
45- A 95 ans on peut toujours se taper une bière
46- Poser un lapin a une bière n’est pas dangereux
47- On peut se taper une très bonne bière pour moins de 50 balles
48- Une bière a toujours moins de 25 ans
49- Une bière se prête à toutes les fantaisies
50- Une bière ne se peinturlure pas pour essayer d être attrayante
51- On n’a pas besoin d’éteindre la lumière pour consommer une bière
52- Une bière ne vous empêche pas de dormir
53- Une bière n’est pas allergique au foot
54- Une bière ne court pas les Jacky en BM
55- Une bière ne prend jamais toutes les couvertures
56- Une bière ne prend jamais de petit-déj. au lit
57- Une bière a toujours du goût
58- Une bière ne demande jamais de petits suppléments
59- Une bière est toujours la bienvenue
60- Les bières ne sont pas toutes les mêmes
61- On peut partager une bière entre copains
63- Une bière ne ronfle pas
64- Même pour son enterrement on a droit à une dernière bière
65- Une bière n’a pas envie de fraises quand elle est pleine
66- Si une bière vous prend la tête, ce n’est jamais pour très longtemps
67- Une bière ne revient pas forcément cher
68- Une bière ne crée pas de problème
69- Finalement, une bière ne fera pas la tête en lisant cela. »

« Ce gars semble avoir une mémoire prodigieuse », a dit le plus petit des deux Louis, hilare, tout comme moi et Franck. « Evidemment, même si j’ai bien ri, une fois la soixante neuvième raison terminée », a poursuivi le plus grand des deux Louis, « je me suis demandé si je ne devrais pas chercher une septième école… Mais monsieur André, m’a alors dit une chose étonnante qui a comme redressé la barre, d’un seul coup ! » « Je vous prie d’excuser cette entrée en matière, sur une note grivoise, mais en fait je suis en deuxième année de Doctorat… » « Ah bon ! », ai-je dit bon enfant en me forçant. « Et quel est le sujet de votre thèse », lui ai-je demandé ? « La triple Net d’Abbaye », m’a-t-il répondu. « En fait, bien que cela serait trop long à vous expliquer, je veux démontrer que la valeur cachée des abbayes n’était pas le goodwill, cette notion floue qui tient évidemment plus du spirituel que du réel, mais plutôt dans leur stock de bière, leur fromage et leur pain gris. De manière plus générale dans leurs actifs courants. J’ai même concocté un petit cours pour mes enfants, sur le sujet. » « Excellent ! », a dit Franck, « sous son air farfelu le gars semble extrêmement pointu… ».

« Ne vous emballez pas les gars ! » a coupé le plus grand des deux Louis. « Pourquoi ? », avons nous demander, presqu’en cœur. « En fait, monsieur André, m’a ensuite prévenu qu’il serait en congé de paternité au deuxième trimestre et qu’il serait remplacé par son ami d’enfance, Amadou Redpif, originaire du Burundi, un grand amateur de bière également, m’a-t-il expliqué. Avant de faire l’éloge de monsieur Amadou sur ses qualités d’enseignant, monsieur André, n’a pas pu s’empêcher de me poser une devinette ». « Savez-vous l’avantage qu’a un noir amateur de bière sur un blanc amateur de bière ? », m’a-t-il demandé. « Je n’en ai pas la moindre idée… ». « L’avantage du noir », a-t-il poursuivi, « c’est que l’on ne voit pas qu’il a le nez rouge quand il boit plus que de mesure….. !!!!  Bon en fait… », a-t-il enchaîné après avoir rit de bon cœur, « Redpif, n’est pas son vrai nom mais le surnom que je lui ai donné ». « Comment s’appelle-il ? », ai-je demandé. « Son vrai nom est Amadou Bombolo ». C’est ensuite qu’il a évoqué la passion de son ami d’enfance pour la « Chouffe ». « De mon point de vue, c’est hors-sujet, mais Amadou étudie la « Chouffe » depuis plus de dix ans: origine, culture, potentiel économique au niveau mondial qui selon lui apporterait un souffle nouveau a l’économie des Ardennes. Tenez-vous bien, il a même tenté une étude de marché sur le continent africain en passant plus de trois tonnes en contrebande ! Tout un roman… En deux mots, il a embarqué sa marchandise sur un navire chinois, battant pavillon coréen, jusqu’au port de Bujumbura….Comme son grand père – chef de tribu Bantou – était aussi le cousin du commandant du port de Bujumbura, la « Chouffe » est passée comme une lettre à la poste… Et selon Amadou, qui a écoulé la marchandise en moins de trois jours, avec une marge brut de plus de 60%, il en a conclu que le potentiel de ce produit ardennais était explosif ! »

« Tu peux nous expliquer ce qu’est la « Chouffe » ? » a demandé le plus petit des deux Louis d’un air à la fois sérieux et inquiet… « Je dois vous avouer très sincèrement que dans ma réflexion globale sur l’école, j’ai oublié de creuser ce détail… Mais dès que je rentre, je fait une recherche Google et vous précise ce point. » « Et tu penses que l’on trouvera sur Google ?, a demandé Franck, d’un air circonspect. « J’en suis certain ! », a répliqué le plus grand des deux Louis.

« Au niveau langue Etrangère, j’ai inscrit Pierlouis²-Franck au cours de Luxembourgeois, au Swahili et au Chinois. » « Diversifié ! », ai-je dit.

« Pour la cantine, cela me semble correcte :

Lundi : sanglier pomme persillée

Mardi : lièvre au vin, avec de la purée

Mercredi : chevreuil à la bière et riz cantonais

Jeudi : Civet d’écureuil aux poires et aux airelles

Vendredi : Truite fario aux amandes grillées

Pour les activités scolaires, ce n’est pas top mais passables :

– Promenade en forêt hebdomadaire

– Méditation a l’abbaye de Rochefort

– En automne récolte et initiation au  champignon des bois.

– En mensuel, dégustation de bière à l’aveugle

Et enfin le plus intéressant, selon moi :

– Comment créer un Hedge Fond au Grand-Duché de Luxembourg

« Voilà le topo les gars ! Qu’en pensez-vous ? ». » Pour moi c’est OK », ai-je dit. Franck et le plus petit des deux Louis, ont dit vouloir réserver leur réponse en attendant de savoir ce que « Chouffe » signifiait.

Nous avions tous terminé ce divin lièvre royal depuis un gros quart d’heure quand le majordome est apparu en poussant une desserte couverte de plus d’une quinzaine de fromages. Pendant que le plus petit des deux Louis commençait à faire son choix de fromage frais et affiné, j’ai proposé que l’on termine ce repas avec une bonne bouteille de vin. Tout le monde avait l’air enchanté de cette proposition. J’ai donc demandé au majordome de nous amener un Petrus de 1988. « C est un excellent millésime. », m’a-t-il précisé.

Une fois tout le monde servi, le plus grand des deux Louis a invité Franck à nous parler de l’école de son choix, pour la rentrée de Pierlouis²-Franck Daubasse.

« J’ai quand même le sentiment que mon école est plus sobre que les vôtres… » a déclaré Franck en commençant sa description. « Il s’agit donc de l’école Sainte-Croix CGT à Neuilly sur Seine. L’institutrice s’appelle madame Béatrice El Karoui von Donau.

J’ai choisi comme cours de langue, l’Allemand et l’Espagnol.

Il y aura un cours sur les Options.

Au niveau des menus que des grands classiques :

Le lundi : compote de pomme saucisse

Le mardi : jambon purée de pomme de terre

Le mercredi : nouille au fromage

Le Jeudi : pois et carotte et côtelettes

Le Vendredi : poisson au vert

Au niveau Logistique, rien de particulier.

Au niveau activité, cela reste sobre également :

– Grève CGT, en fait toutes les grèves CGT seront suivies par solidarité et à chaque fois un cours expliquant le pourquoi du comment sera donné pendant 1 heure

– Excursion en banlieue parisienne pour bien comprendre les raisons sociales poussant certaines classes défavorisées a la violence.

– Participation à la fête de l’Huma….Un stand cacao biologique labellisé commerce équitable sera tenu par les enfants.

                                                                                                                         

« Voilà, en gros. Qu’en pensez-vous ? » « Rien de grand-chose… », ai-je dit. « C’est OK. Cela me semble calme. » a enchaîné le plus grands des deux Louis, « mais après les quatre établissements précédents, c’est sans doute bien venu. Je n’y vois donc aucun problème. » « Même chose pour moi ! », a conclu le plus petit des deux Louis.

« Il ne reste plus qu’a tirer au sort l’ordre des écoles ! » ai-je lancé. « Sous réserve que la mienne soit acceptée… » a ajouté le plus grand des deux Louis.

En savourant les deux desserts, le café expresso, en sabayon, ganache fouettée,  crème glacée « brulée », amandes écrasées ainsi que la pomme croustillante, crème glacée caramel et sucre pétillant, nous avons donc tiré au sort l’ordre hebdomadaire des écoles.

La première à être sortie a été la « Bakshish American School » de Bucarest ou sa remplaçante l’école du CPAS de Jumet.

La seconde, l’école Sainte-Croix CGT de Neuilly.

La troisième , l’école communal d’Orval

La quatrième, l’Athénée du lapin de Dilbeek.

Franck a ensuite demandé l’addition. Quelques secondes après que le majordome a déposé la note sur la table, Franck nous a lancé quelques regards troublants en fouillant son portefeuille, avant de déclarer qu’il était vraiment désolé, mais qu’il ne retrouvait pas sa carte de crédit. « J’ai l’impression qu’ils vont t’engager à la plonge avec un contrat à durée indéterminée », a lancé d’un air goguenard le plus petit des deux Louis. « Il y en a pour combien ? », ai-je demandé en regardant du coin de l’œil le visage devenu rouge écarlate du plus grand des deux Louis. « 1 450 euro… », a bredouillé Franck. « Il ne manquait plus que cela ! », ai-je dit en éclatant de rire en pensant que nous avions essayé de regagner 100 euro d’essence en prenant un moyen de transport écologique. « Ne vous inquiétez pas ! Je vous rembourse, dès que je rentre chez moi… » a lancé Franck, comme un dernier SOS !

Sans un mot, le plus grand des deux Louis, un peu moins rouge écarlate que 30 secondes auparavant, a sorti la carte Americano Express Goldy des Daubasses où est inscrit en toute lettres « Les Daubasse selon Benjamin Graham ».

« Vous avez une Goldy ? », a demandé Franck l’air étonné. « En fait, Franck, tous les chiffres du portefeuille  que ce soit les montants ou le nombre d’action que nous publions chaque semaine sur notre blog sont à multiplier par 15. La société Americano Express nous a offert la carte Goldy pour récompenser la meilleure performance boursière – catégorie actions – du Monde  de l’année 2009… » « Ça t’en bouche un coin, non ? » a dit le plus petit des deux Louis. « Et vous n’en avez même pas fait la publicité ? …. » « Nous aimons tous la discrétion ! », a répondu le plus grand des deux Louis.

Il était 18h30 quand nous nous sommes quittés. Nous avons remercié Franck pour ce repas de rêve dans un cadre de rêve même si nous venions de payer l’addition. Nous avons enfin convenu, avant de démarrer, que celui qui aurait en charge Pierlouis²-Franck pour la semaine, ferait un petit rapport mail chaque soir au groupe.

(à suivre …)

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Pierre Louis² Franck Daubasse : 2 ans déjà… !!!!

Cher lecteur, cher lectrice, que le temps passe vite ! Notre petit Pierre Louis² Franck Daubasse fête déjà ses deux ans aujourd’hui et nous en sommes toujours très fiers, même si les problèmes se multiplient et confirment le dicton : petits enfants, petits problèmes, grands enfants, grands problèmes.

Nous voulons à cette occasion, vous faire partager un moment intime de cette aventure, un moment qui a suscité débats entre nous, arguments, contre-arguments, beuveries et réflexions : la rentrée scolaire de Pierre Louis² Franck.

Fidèles à nos habitudes d’anticipations, c’est dès le mois de mars que nous avons discuté de l’école maternelle que nous allions choisir pour Pierre Louis² Franck. Comme tous parents dignes de ce nom, nous rêvions évidemment d’une école qui n’existe pas et d’un instituteur, ou d’une institutrice, qui inoculerait à notre bambin aussi bien la joie de vivre, que la profondeur du savoir, qui affinerait son éducation et lui apprendrait à vivre en harmonie avec d’autres garnements du même âge. En gros vous l’aurez compris, un instituteur ou une institutrice que seuls les studios Pixar sont capables de faire vivre dans la salle obscure de notre inconscient… Du virtuel qui exige des lunettes…

C’est en fait le premier Avril que le plus petit des deux Louis s’est évertué à faire des confettis, avec notre beau film en 3D. Attablé autour de quelques blondes de Leffe, dans un bistrot du cimetière d’Ixelles et occupé à bavarder sur l’impérieuse importance du sans concession dans la gestion de patrimoine. Ce sacré Louis Arimont a refroidit l’ambiance bon enfant de la réunion mensuelle en piétinant, d’une petite phrase, les lunettes qui nous empêchaient de regarder l’idiotie du réel dans le blanc des yeux : « dans quelle école inscrivons-nous Pierre Louis² Franck, en septembre prochain ? », a-t-il lancé.

 

Pour tenter de détendre l’atmosphère, le plus grand des deux Louis a éclusé coup sur coup deux blondes de Leffe, avant de déclarer que ce type de débat était ingérable au niveau réflexion avec des blondes. Les brunes, selon lui, s’imposaient. J’ai donc commandé 12 brunes de Leffe, pour ne pas déranger la serveuse à tout bout de champ. Ce qui m’a valu une réflexion en cœur des Louis, sur le fait que je ne semblais pas trop apprécier les rousses aux formes généreuses. Je n’ai pas relevé pour ne pas faire déraper dans de la grivoiserie « low cost » un débat qui s’annonçait ardu.

J’ai aussitôt lancé la première idée, en expliquant que je voulais à la fois une école qui proposait un enseignement pointu mais posé dans un cadre où l’environnement social était apte à créer une expérience de vie riche et variée. Le plus grand des Louis a de suite répliqué que cela lui semblait antinomique. Quand le plus petit des Louis m’a demandé s’il ne serait pas plus opportun de se concentrer sur l’enseignement uniquement, j’ai compris que ma première idée n’était pas aussi brillante que je ne le pensais. Ce qui ne m’a pas empêché de continuer à la défendre.

Le plus grand des Louis a enchaîné, en expliquant qu’il fallait trouver une école qui n’ait pas peur d’enseigner les langues étrangères aux enfants en bas-âge. Cela me semble normal et entre dans ce que je voulais sous-entendre avec mon « enseignement pointu », « nous sommes en phase ! », ai-je ajouté. « On oublie donc le cadre ! », a ajouté le plus petit des deux Louis. « Si vous voulez, mais je pensais qu’un cadre varié permettait aussi de sortir des sentiers battus des grandes langues internationales comme l’anglais ou l’espagnol. Apprendre le Turc, le Vietnamien ou le Luxembourgeois, en mangeant son « dix heures » ou en jouant au chat, à la récré, ne me semble pas dénué de sens ».

Le plus petit des deux Louis est revenu à la charge avec son idée de nous concentrer sur la qualité de l’enseignement, avant de se pencher sur la périphérie qu’est la cour de récré, où m’a-t-il dit, « on risque plus d’apprendre insultes, gros mots et autre langage SMS que des chose sérieuses, en jouant à la marelle ou en se tirant la langue ». Avant de laisser tomber, j’ai répliqué que si j’étais pédagogue, c’est par les gros mots que je commencerais à apprendre une langue étrangère, car cela amuse vraiment les enfants plus que le début qui est toujours :

–         « Je m’appelle Piet. Bonjour. Et toi tu t’appelles comment ?

–          Moi, je m’appelle Kurt. J’ai 5 ans. J’aime bien aller à l’école en Bus.

–          Moi c’est mon père qui me conduit à l’école dans sa belle voiture noire, une Mercedes SLK…

–         Tu en a de la chance. Mes parents, ils roulent en Micra… »

« OK », les gars ai-je dit, on se concentre d’abord sur l’enseignement.

« Je voudrais aussi, a dit le plus petit des deux Louis, qu’il y ait des leçons de gestions, de commerce et d’économie ». « Tu ne penses pas que c’est  un peu trop ardu pour notre jeune tête blonde », a demandé le plus grand des deux Louis au plus petit des deux Louis. « J’ai toujours eu une préférence pour les têtes bien pleines et plus on commence à les remplir tôt, plus il y a de chance qu’elles se remplissent réellement….. !!! Je charrie un peu, ne faites pas cette tête ! », a dit le plus petit des deux Louis, en voyant nos tête s’allonger, « je voulais parler des premières notions et adaptées à l’âge de notre chérubin ». « Tu nous rassures » ai-je dit…..

Je vous épargne, cher lecteur, la suite et la fin de ce dialogue, qui nous éloignait chaque seconde un peu plus des images de synthèses flamboyantes et des dialogues Flashs, des productions Disney. Evidement, la deuxième douzaine de brunes de Leffe a fini par rendre encore plus erratique ce dialogue, d’une conformité qui me faisait de plus en plus mal aux oreilles.

En marchant vers nos voitures respectives garées devant le cimetière d’Ixelles, je n’ai pas pu m’empêcher de dire aux deux Louis titubants, que j’avais l’impression que nous jouions dans ce navet cinématographique qui avait pour nom : « Trois hommes et un couffin », où trois manchots du ciboulot faisaient semblant de ne pas savoir s’occuper d’un bébé, ce qui n’avait jamais été notre cas, jusqu’à présent… Ils m’ont répondu par un hoquet mat qui semblait ne pas avoir réussi à émerger du paquet de mousse qui tapissait leur estomac.

Pendant plusieurs semaines, voire deux mois, les échanges sur le sujet sont restés aussi arides que le désert de Gobi… Le plus grand des deux Louis a juste proposé un covoiturage… qui ne nous a pas enthousiasmé outre mesure vu les distances qui nous séparaient ! D’autant plus que la question principale était loin d’être réglée.

C’est en fait, fin juillet, que la question a refait surface et devinez où ? A Amsterdam, au bar Emmanuelle, 40 quai des « Vis » lors de la beuverie démentielle qui nous a permis de fêter l’arrivée du quatrième membre de l’équipe, à savoir notre ami Franck.

Imbibés de pinte, de gin et de vodka, la question n’a pas été creusée, bien que Franck, sur le coup, ait parlé de mosaïques romaines et de gladiateurs étrusques, si je me souviens bien… « C’est comme un poème et c’était gravé  sur la plaque funéraire de la tombe du gladiateur », nous avait-il dit avant de psalmodier, mort de rire : « Actius le Mirmillon, 30 combats, 25 victoires, 4 fois graciés, âgé de 31 ans, repose ici. Que la terre lui soit légère. A celui d’entre vous qui a demandé ma mort, que les dieux fassent de lui aussi et pour toujours un vivant et un mort !« .

Aucun d’entre-nous n’avait compris le fond de la pensée de Franck, mais sur le coup, je me suis dit que nous laissions peut-être définitivement dernière nous nos rôles de barjots et du couffin.

Quelques jours plus tard, lors de la réunion mensuelle qui s’est déroulée pour la première fois à quatre dans un pub anglais d’Ostende, Franck a précisé sa pensée sur la rentrée des classes de Pierre Louis² Franck. Nous avions juste pris place autour de la table et pas encore passé commande, que Franck nous  expliquait déjà avec conviction, qu’il pensait que l’investissement était un combat quotidien et que pour apprendre à gagner ce combat, il fallait se doter de points de vue multiples. « Nous sommes désormais 4, je propose donc d’inscrire notre Pierre Louis² Franck, dans 4 écoles différentes. Chacun choisit une école de son choix près de son domicile. Et Pierre Louis² Franck changera toutes les semaines ! C’est pour moi la seule manière de se doter d’un point de vue multiple, en se concentrant sur des critères communs. Langue étrangère, cours de commerce, gestion, économie politique, finance… Multitudes de copains, 4 instits et des voyages, en veux-tu en voilà ! ».

Les deux Louis et moi-même sommes restés scotchés quelques secondes, par la proposition percutante de Franck. « Excellent Franck ! » a lancé le plus grand des deux Louis. « Prodigieux Franck ! » a surenchéri le plus petit des deux Louis. « C’était simple et nous n’y avions pas pensé… », ai-je conclu.

Nous avons ensuite passé commande : deux scotchs pour les deux Louis, une Guiness pour moi et une margarita pour Franck. La serveuse, une grande brune aux cheveux courts et aux yeux clairs ultra tatouée sur les deux avant-bras, a jeté en direction de Franck, un regard sombre. Franck nous a demandé pourquoi elle le regardait de cette manière. Nous avons tous ironisé sur le fait que la serveuse ne trouvait peut-être pas assez viril la margarita, voire qu’elle était peut-être nationaliste et considérait la margarita comme une boisson qui n’avait rien à faire dans un pub anglais.

Le plus petit des deux Louis a ensuite demandé comment nous nous organisions au niveau des écoles  pour Pierre Louis² Franck. « Avant d’entrer dans le vif du sujet, ai-je dit, ne faudrait-il pas que je choisisse, en plus de l’école en Roumanie, une école de réserve en Belgique ? ». J’ai surtout pensé au fait que Pierre Louis² Franck pourrait être à un moment ou à un autre fatigué par ces changements hebdomadaires et que lui imposer un trajet en avion ne serait peut-être pas la meilleur idée, sans parler de l’hiver.

Les deux Louis et Franck sont tombés d’accord sur le fait que cette école de réserve en Belgique s’imposait.

« Je propose que l’on se donne rendez-vous à Paris dans 15 jours au « Pré Catelan » », a dit Franck. « Je vous invite tous à déjeuner. Chacun exposera aux autres les caractéristiques de l’école qu’il aura trouvée, programme, cadre et logistique. » « Qu’entends-tu par logistique ? », a demandé le plus grand des deux Louis. Tout ce qui a trait au transport, au menu de la cantine et aux activités extra scolaires. Nous sommes tombés tous d’accord sur la proposition de Franck, d’autant plus qu’il nous invitait dans un restaurant gastronomique trois étoiles.

Nous avons ensuite éclusé quelques bières supplémentaires en bavardant sur les opportunités présentes dans notre « Watching list ». Ce n’est qu’à la quatrième tournée que Franck est parvenu à arracher un joli sourire à la serveuse en commandant une Pale Ale.

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(à suivre…)

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