Archives de catégorie : Les chroniques de l’investisseur chronique

Une méthode pour se couvrir contre le risque de change

Ce texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés par Laurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Vous avez trouvé une action qui vous semble intéressante sur un marché en devise étrangère mais vous craignez de vous exposer à une monnaie dont la volatilité ou la dynamique vous échappe.
Une méthode permettant de se couvrir contre le risque de change, à hauteur du montant initial de l’investissement, est de conserver des liquidités dans la monnaie de son compte et de contracter un emprunt dans la monnaie dont on ne souhaite pas subir les variations.

Prenons l’exemple d’un investisseur ayant un compte en USD et souhaitant se prémunir des fluctuations de la paire JPY/USD. L’investisseur peut contracter une dette en JPY et conserver des liquidités d’un montant correspondant en USD.

 

Situation initiale

Postulons de manière fictive que la parité USD/JPY soit à 1 au départ, afin de simplifier les calculs.

L’investisseur détient un compte libellé en USD de 1000 USD.

Il achète des actions japonaises pour 1000 JPY, ce qui crée une dette en JPY de 1000 JPY.

Chez certains courtiers (par exemple Interactive Brokers), cette dette n’est pas automatiquement convertie en USD et retirée des liquidités en USD. Elle n’affecte donc pas le montant d’USD. Après l’achat, l’investisseur a 3 lignes:

a/ Actions japonaises achetées (valeur 1000 USD = 1000 JPY)
b/ Liquidités USD: + 1000 USD
c/ Liquidités JPY: – 1000 JPY

Si l’investisseur ne clôture pas sa dette en JPY, il est couvert contre (et ne peut pas bénéficier des) les évolutions de la paire de devises JPY/USD pour le montant de son achat comme le montrent les cas pratiques suivants.

 

Situation finale après une baisse de moitié du JPY par rapport à l’USD – Performance nulle sur le placement en actions

Si le cours du JPY baisse de moitié par rapport à l’USD et en admettant que la performance des actions japonaises est nulle, le montant de la dette (- 1000 JPY) exprimée en USD aura diminué (soit – 500 USD).

Si la dette en JPY est alors remboursée avec les USD, il reste:

* Des actions japonaises (valeur 1000 JPY = 500 USD)
* 500 USD
* 0 JPY

La forte variation de la parité USD/JPY n’a eu aucune incidence sur la valeur en USD malgré un investissement en JPY. La dette en JPY a neutralisé les actions libellées en JPY.

La chute du JPY n’a eu aucune incidence sur la valeur du portefeuille exprimée en USD (valeur totale: 1000 USD).

 

Situation finale après une hausse du JPY par rapport à l’USD – Performance nulle sur le placement en actions

Symétriquement, si le cours du JPY double par rapport à l’USD et en admettant que la performance des actions japonaises est nulle, le montant de la dette (-1000 JPY) exprimée en USD aura augmenté (soit – 2000 USD). En cas de remboursement de la dette en JPY avec les USD, il reste:

* Des actions japonaises (valeur 1000 JPY = 2000 USD)
* -1000 USD
* 0 JPY

La forte variation de la parité USD/JPY n’a eu aucune incidence sur la valeur en USD malgré un investissement en JPY. La dette en JPY a neutralisé les actifs (i.e. les actions) en JPY.

La hausse du JPY n’a eu aucune incidence sur la valeur du portefeuille exprimée en USD (valeur totale: 1000 USD).

 

Situation finale après une baisse du JPY par rapport à l’USD – Performance de + 100 % sur le placement en actions

Le cours du JPY baisse de moitié par rapport à l’USD et la performance des actions japonaises est de + 100 %. Le montant de la dette (-1000 JPY) exprimée en USD aura donc diminué (soit – 500 USD). En cas de remboursement de la dette en JPY avec les USD, il reste:

* Des actions japonaises (valeur 2000 JPY = 1000 USD)
* 500 USD
* 0 JPY

La valeur finale en USD est de 1500 USD (et non de 2000 USD). En effet, la valeur des actions japonaises se décompose en un montant initial (1000 JPY) et une plus-value (1000 JPY). Pour le montant initial de l’investissement, la dette en JPY a permis de neutraliser la variation de cours. En revanche, la plus-value de + 100 % (soit 1000 JPY) est impactée négativement par l’évolution défavorable du JPY par rapport à l’USD (- 50 %). Au final, la plus-value est de 1000 JPY ou 500 USD (et non 1000 USD, du fait de l’impact négatif de l’évolution de la parité JPY/USD sur la plus-value)…

Cet exemple montre que la protection des variations de devises JPY/USD n’impacte que le montant à l’achat et non les plus values avec cette méthode.

 

Conclusion
En choisissant un courtier qui ne convertit pas directement les achats d’actions en devises étrangères dans la devise du compte-titres, l’investisseur a un moyen simple de se couvrir contre le risque de change à hauteur de son prix d’achat.

 

Les chroniques de l’investisseur chronique : Une quête de liberté

Ce texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés par Laurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Comme je l’avais évoqué dans un précédent article, l’argent de mes investissements peut principalement encore m’apporter deux choses, à mon sens, outre la satisfaction intellectuelle :

  •          Une sécurité pour ma famille et mes enfants
  •          La liberté et le temps, si je parviens à devenir indépendant financièrement

En effet, mes autres besoins sont largement couverts par mes revenus. Je vais décrire dans cet article ce en quoi l’investissement est pour moi une quête de liberté.

La pyramide de Maslow

Lorsque je regarde la pyramide de Maslow, je pense me situer globalement au quatrième niveau de la pyramide et j’aspire à grimper encore un échelon pour me réaliser pleinement.

 

 

Ma quête de liberté n’est cependant pas oisive. Je ne suis pas attiré par les rivages ensoleillés au bord d’une mer bleu turquoise, comme idéal de vie. Je souhaite simplement avoir la liberté de réaliser mes projets personnels et pouvoir gérer mon temps comme je l’entends, c’est-à-dire pouvoir racheter ma liberté perdue par ma condition de salarié et aligner mes actions à ma personne pour me réaliser. Mon contexte professionnel ne me permet pas de m’épanouir pleinement car je n’ai pas l’impression d’y réaliser mon potentiel. Il me semble donc logique de chercher une autre voie.

Trois moyens d’accéder à l’indépendance financière

L’investissement en bourse, l’investissement immobilier et la création d’entreprise me semblent trois moyens d’accéder à l’indépendance financière. Historiquement, j’ai utilisé le premier moyen et lui ai adjoint le second plus récemment. Si je n’ai pas souhaité créer une entreprise jusque là, bien que cette possibilité m’intéresse, c’est essentiellement en raison du niveau de risque inhérent à cette voie : contrairement aux deux premières options dans lesquelles les revenus salariés permettent de limiter le risque sur le niveau de vie personnel, la création d’entreprise me semble avoir le risque le plus élevé mais également la possibilité de croissance potentielle du patrimoine la plus forte (associée à une probabilité faible).

Il est probable que j’explore cette troisième voie lorsque je serai devenu financièrement indépendant, c’est-à-dire lorsque j’aurai éliminé le risque de voir mon niveau de vie baisser.

Quelques paramètres à considérer pour atteindre l’indépendance financière

  •          Part du patrimoine qu’il est possible d’investir (par exemple, le propriétaire d’une résidence principale à 1 M€ n’économise que le loyer correspondant à sa résidence principale; de plus, il doit faire face aux éventuels travaux et à l’entretien)
  •          Niveau de rendement, niveau de levier et niveau de risque sur la part du patrimoine qu’il est possible d’investir
  •          Inflation
  •          Localisation géographique (par exemple, expatriation dans des pays à bas coût)
  •          Fiscalité et risque d’évolution défavorable de la fiscalité
  •          Evolution du capital souhaitée en phase de rente: Augmentation du capital / Conservation du capital / Consommation du capital
  •          Âge
  •          Nombre de personnes qui doivent devenir indépendantes financièrement (personne seule, couple, couple avec enfants)
  •          Niveau de vie souhaité
  •          Nouvelles sources de revenu potentielles en phase de rente

Mes objectifs personnels

  •          Conserver la possibilité d’investir une très large part de mon patrimoine (a priori rester locataire)
  •          Conserver mon niveau de vie actuel
  •          Ne pas déménager dans un pays à bas coût
  •          Pouvoir continuer d’augmenter mon patrimoine global en phase de rente pour plusieurs raisons:
    – la période d’indépendance financière sera longue
    – pour pouvoir transmettre mon patrimoine
    – pour prendre une hypothèse conservatrice et avoir un risque peu important
  •          Viser une rentabilité nette réaliste, avec un niveau de risque limité, après inflation, de l’ordre de 3 %.
  •          Je pense également éventuellement pouvoir obtenir de nouvelles sources de revenu en phase de rente (par exemple, en réalisant des projets dont certains pourraient être rémunérateurs). Mais je préfère ne pas compter sur cet élément.

Patrimoine cible

J’atteins le chiffre cible de 2 M€ de patrimoine net qu’il est possible d’investir pour atteindre l’indépendance financière, en considérant un revenu de 60 000 euros net / an et une rentabilité nette à 3 % après inflation.

Conclusion

Ma quête d’indépendance et de liberté m’a mené à chercher des solutions pour me soustraire à terme à ma condition de salarié et pouvoir réaliser mes projets personnels. L’investissement est pour moi un moyen d’y parvenir.

Les chroniques de l’investisseur chronique : Intérêts composés et épargne – Séries

Ce texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés par Laurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Dans cette chronique, je vous propose quelques séries montrant l’augmentation du patrimoine par le double effet de l’épargne et des intérêts composés, sans préjuger de la manière d’obtenir les niveaux d’épargne indiqués où les niveaux de rendement indiqués (type de support, fiscalité, niveau de risque, etc…). Par exemple, une performance de 18 % net après impôts me semble être une performance exceptionnelle, très difficile à atteindre dans la durée.

Hypothèses

Par soucis de simplification, j’ai considéré que l’épargne d’une année ne bénéficie pas du rendement pendant cette année, autrement dit: Capital n+1 = Epargne annuelle + Capital n x (1 + rendement)

J’ai indiqué en gras la ligne correspondant à l’accumulation d’un patrimoine de 1 M€ et de 2 M€ respectivement.

Attention également à l’effet de l’inflation non pris en compte dans les calculs: un patrimoine accumulé en 10 ans ne vaudra pas la même chose que ce même patrimoine accumulé en 20 ans.

Ces chiffres ne tiennent pas non plus compte des possibilités qu’offre l’effet de levier.

 

Epargne de 1 000 euros / mois , rendement de 6 % / an net après impôts sans patrimoine de départ

 

1              12000

2              24720

3              38203

4              52495

5              67645

6              83704

7              100726

8              118770

9              137896

10           158170

11           179660

12           202439

13           226586

14           252181

15           279312

16           308070

17           338555

18           370868

19           405120

20           441427

21           479913

22           520707

23           563950

24           609787

25           658374

26           709877

27           764469

28           822337

29           883678

30           948698

31           1017620

32           1090677

33           1168118

34           1250205

35           1337217

36           1429450

37           1527217

38           1630850

39           1740701

40           1857144

41           1980572

42           2111407

 

Epargne de 2 000 euros / mois, rendement de 6 % / an net après impôts sans patrimoine de départ

 

1              24000

2              49440

3              76406

4              104991

5              135290

6              167408

7              201452

8              237539

9              275792

10           316339

11           359319

12           404879

13           453171

14           504362

15           558623

16           616141

17           677109

18           741736

19           810240

20           882854

21           959825

22           1041415

23           1127900

24           1219574

25           1316748

26           1419753

27           1528938

28           1644675

29           1767355

30           1897396

31           2035240

 

Epargne de 3 000 euros / mois, rendement de 6 % / an net après impôts sans patrimoine de départ

 

1              36000

2              74160

3              114610

4              157486

5              202935

6              251111

7              302178

8              356309

9              413687

10           474509

11           538979

12           607318

13           679757

14           756542

15           837935

16           924211

17           1015664

18           1112603

19           1215360

20           1324281

21           1439738

22           1562122

23           1691850

24           1829361

25           1975122

26           2129630

 

Epargne de 1 000 euros / mois, rendement de 10 % / an net après impôts sans patrimoine de départ

 

1              12000

2              25200

3              39720

4              55692

5              73261

6              92587

7              113846

8              137231

9              162954

10           191249

11           222374

12           256611

13           294273

14           335700

15           381270

16           431397

17           486536

18           547190

19           613909

20           687300

21           768030

22           856833

23           954516

24           1061968

25           1180165

26           1310181

27           1453199

28           1610519

29           1783571

30           1973928

31           2183321

 

Epargne de 2 000 euros / mois , rendement de 10 % / an net après impôts sans patrimoine de départ

 

1              24000

2              50400

3              79440

4              111384

5              146522

6              185175

7              227692

8              274461

9              325907

10           382498

11           444748

12           513223

13           588545

14           671400

15           762540

16           862794

17           973073

18           1094380

19           1227818

20           1374600

21           1536060

22           1713666

23           1909033

24           2123936

 

Epargne de 3 000 euros / mois, rendement de 10 % / an net après impôts sans patrimoine de départ

 

1              36000

2              75600

3              119160

4              167076

5              219784

6              277762

7              341538

8              411692

9              488861

10           573747

11           667122

12           769834

13           882818

14           1007099

15           1143809

16           1294190

17           1459609

18           1641570

19           1841727

20           2061900

 

Epargne de 1 000 euros / mois, rendement de 18 % / an net après impôts sans patrimoine de départ

 

1              12000

2              26160

3              42869

4              62585

5              85851

6              113304

7              145698

8              183924

9              229030

10           282256

11           345062

12           419173

13           506624

14           609816

15           731583

16           875268

17           1044816

18           1244883

19           1480962

20           1759536

21           2088252

 

Epargne de 2 000 euros / mois, rendement de 18 % / an net après impôts sans patrimoine de départ

 

1              24000

2              52320

3              85738

4              125170

5              171701

6              226607

7              291397

8              367848

9              458061

10           564511

11           690123

12           838346

13           1013248

14           1219633

15           1463166

16           1750536

17           2089633

 

Epargne de 3 000 euros / mois, rendement de 18 % / an net après impôts sans patrimoine de départ

 

1              36000

2              78480

3              128606

4              187756

5              257552

6              339911

7              437095

8              551772

9              687091

10           846767

11           1035185

12           1257519

13           1519872

14           1829449

15           2194750

 

Pas d’épargne et rendement de 6 % / an net après impôts en partant d’un patrimoine de 1 M€

 

1              1060000

2              1123600

3              1191016

4              1262477

5              1338226

6              1418519

7              1503630

8              1593848

9              1689479

10           1790848

11           1898299

12           2012196

 

Pas d’épargne et rendement de 10 % / an net après impôts en partant d’un patrimoine de 1 M€

 

1              1100000

2              1210000

3              1331000

4              1464100

5              1610510

6              1771561

7              1948717

8              2143589

 

Pas d’épargne et rendement de 18 % / an net après impôts en partant d’un patrimoine de 1 M€

 

1              1180000

2              1392400

3              1643032

4              1938778

5              2287758

 

Conclusions

L’effet de l’épargne, par nature linéaire, devient une composante mineure du résultat lorsque l’effet des intérêts composés, par nature exponentiel, devient significatif, c’est-à-dire à partir du moment où le patrimoine accumulé produit des intérêts de l’ordre de grandeur de l’épargne. Je distinguerais donc globalement 2 phases pour la constitution d’un patrimoine:

·         Phase 1: Accumulation, principalement par une épargne agressive, d’un patrimoine permettant de produire, par ses seuls intérêts, le niveau de l’épargne. Par exemple, si une personne épargne 1 000 euros par mois (soit 12 000 euros / an) et peut placer son argent à un rendement de 6 % / an, la phase 1 se termine vers 200 000 euros. Dans cette phase, le niveau de rentabilité des investissements est moins important que l’effort d’épargne. Pour « enclencher la machine », il faut commencer par accumuler un patrimoine de départ.

·         Phase 2: Investissements à haute rentabilité (si possible hors norme), lorsque les intérêts des revenus du patrimoine dépassent la capacité d’épargne. Dans cette phase, l’épargne ne joue plus qu’un rôle secondaire d’autant moins déterminant que le patrimoine et le niveau de rentabilité sont importants.

La coupure entre la phase 1 et la phase 2 n’est pas franche. Il s’agit plutôt d’une transition progressive.

Ces séries montrent également les ordres de grandeur de durée et de conditions nécessaires, en terme d’épargne et de niveau de rentabilité des investissements, pour devenir indépendant financièrement, en fonction des objectifs et de la situation de chacun.

Les chroniques de l’investisseur chronique : les assurances

rp_chronique-investisseur-300x188.jpgCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés parLaurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Je vais décrire dans cet article mes idées sur le principe d’assurance. S’il y a bien une certitude, avec les assurances, c’est que nous passons par un intermédiaire qui va prélever sa part. Nous avons donc l’assurance que notre assurance va nous coûter de l’argent, au moins tant que le risque n’est pas survenu. Avons-nous l’assurance que nous serons remboursés de manière juste et diligente, en cas de sinistre ?

Avantages et inconvénients de l’assurance

Avantages :

  • Dans une situation dans laquelle le montant assuré induit un risque d’endettement ou de perte d’un montant significatif, une assurance prémunit contre ce risque.
  • Lisser une dépense apériodique, par nature non anticipable.
  • Mutualiser le risque sur un grand nombre de personnes.

Inconvénients :

    • Qu’est-ce qui nous garantit que l’assurance va effectivement nous rembourser, en cas de sinistre ? Il semble à l’inverse que pour des montants importants, l’assurance fera tout pour ne pas avoir à rembourser.
    • Risque de faillite de l’assurance elle-même si le risque assuré peut toucher un grand nombre d’assurés simultanément.
  • Coût de passage par un intermédiaire.
  • Consommation de cash-flow.

 

Assurance responsabilité civile, logement et PNO pour un investissement locatif

Ces assurances me semblent faire sens car elles permettent de prémunir l’assuré d’un risque de surendettement, même si sa fréquence est faible.

Assurance voiture

Mon assurance voiture est réduite à son strict minimum, c’est-à-dire à une assurance au tiers.

Le surcoût d’une assurance tous risques ne me semble pas justifié pour les raisons suivantes :

  • Je suis un conducteur prudent (respectant le code de la route et les limitations).
  • J’achète mes voitures d’occasion en-dessous de 10 000 euros.
  • Je peux faire face à une dépense imprévue de 10 000 euros avec mes liquidités.
  • Je roule peu.

Assurance pour un emprunt immobilier

Pour l’emprunt de mon investissement immobilier, j’aurais préféré ne pas devoir prendre d’assurance, mais elle m’a été imposée par ma banque. En effet, dans une configuration avec un endettement inférieur à mon patrimoine net (liquide) d’une part et un investissement locatif rationnel, j’aurais préféré m’assurer moi-même, comme je ne courais pas le risque de faillite.

En tous cas, j’ai limité l’assurance au minimum indispensable : assurance une tête (la mienne, pour que mon épouse puisse en bénéficier, le cas échéant).

Assurance loyers impayés pour un locataire

Le coût d’une assurance loyers impayés (GRL / GLI) est relativement faible : 2,5 % du loyer, charges comprises. Cette assurance me semble intéressante pour sécuriser un investissement locatif, en phase de remboursement de prêt, en admettant que l’assurance joue le jeu en cas de problème avec un locataire, en pratique, ce qui reste encore à prouver…

La loterie

Je considérais jusqu’à récemment le cas de la loterie d’un œil parfaitement sceptique : comme son espérance mathématique de gain est négative, je n’ai jamais joué à un jeu de hasard.

La loterie me semble maintenant un cas plus subtil que ce qui m’était initialement apparu.

Je distinguerais deux catégories de jeux selon le gain espéré :

  • Lorsqu’il ne permet pas de changer radicalement de vie (je situerais la limite par exemple à 2 millions d’euros), jouer me semble absurde.
  • Lorsqu’il permet de changer radicalement de vie, pour un coût n’ayant pas d’impact sur son budget (par exemple 5 euros par mois), la loterie introduit une possibilité qui n’existe pas par ailleurs (changement radical de niveau de vie), même si l’espérance mathématique est négative et que le joueur « perd de l’argent ». Si je ne participe pas moi-même à ce type de loterie, je ne considère plus pour ma part cet acte comme absurde, dans les conditions indiquées.

Me laisserais-je tenter par une loterie dans laquelle les joueurs pourraient remporter exactement la somme de 2 millions d’euros, afin de maximiser le nombre gagnants potentiels, tout en minimisant les frais de gestion qui rendent structurellement l’espérance mathématique de gain négative ?

Parler de loterie dans un article sur le principe d’assurance peut sembler hors sujet, de prime abord. Pourtant, je trouve des similitudes intéressantes entre la loterie et l’assurance :

  • Dans les deux cas, un phénomène apériodique est échangé contre un paiement anticipable, régulier (au moins dans le cas de l’assurance). Pour l’assurance, il faut payer pour que le phénomène apériodique négatif ne nous touche pas. Pour la loterie, il faut payer pour pouvoir bénéficier d’un phénomène apériodique ayant un impact positif.
  • La loterie, comme moyen de changement radical de vie, me semble symétrique aux assurances permettant de se couvrir contre des risques peu probables mais dont l’impact nous ferait également changer radicalement de vie, en négatif, si nous y étions exposés (assurance responsabilité civile, logement, PNO).

Conclusion

Comme vous l’aurez compris, je ne suis pas un inconditionnel du principe d’assurance. Je lui trouve des applications pratiques intéressantes. Pour un changement de vie radical positif, préférez-lui la loterie !

 

Les chroniques de l’investisseur chronique : le risque

rp_chronique-investisseur-300x188.jpgCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés parLaurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Le risque. Ce simple mot évoque l’effroi. Quel gentleman pourrait ne pas chercher à l’éviter à tout prix ?

Cet article a pour but de présenter mes opinions sur le risque.

Pourquoi le risque est-il perçu de manière négative ? Principalement parce qu’il est associé à une issue incertaine qui peut être négative. Et qui pourrait raisonnablement souhaiter une situation future défavorable ? Pour ma part, je considère le risque comme un concept intrinsèquement neutre, ni positif ni négatif, caractérisé par les éléments suivants :

  • Une issue incertaine.
  • Une fréquence de survenue d’évènements.
  • Les évènements peuvent avoir une ampleur plus ou moins grande, positive ou négative.

La notion complémentaire au risque, qui me semble lui donner une coloration, est celle d’espérance mathématique. Cette dernière permet également de quantifier le risque comme produit entre une fréquence et son impact.

 

Le risque d’un placement non risqué

L’un des types de placement perçu comme non risqué par le public est le placement sur livret, comme cet argent ne peut pas être perdu.

Malheureusement, dans ce calcul, l’inflation n’est pas prise en compte.

L’espérance mathématique d’un tel placement tourne autour de 0.

Le placement sans risque par excellence n’est donc pas sans risque puisqu’il nous expose au risque d’inflation.

 

Le risque de confier la gestion de son argent à des tiers

Confier son argent à une personne qui n’a pas le même intérêt que vous à bien le gérer, me semble induire un risque significatif. J’y ai d’ailleurs été exposé lors de mes premiers placements en bourse, en achetant des SICAV mais j’en suis revenu.

Ce risque me semble généralement sous-évalué : les investisseurs débutants et moi en premier, pensent que des professionnels seront mieux à même qu’eux-mêmes de gérer leur argent.

Cela dit, il est probablement encore plus risqué d’investir sur un support sans avoir des idées globalement rationnelles et fondées.

Les salariés et leur retraite

Personnellement, j’ai tendance à considérer que mes cotisations retraite de salarié ne me rapporteront strictement rien (ou au moins, qu’il ne faut pas compter sur cette source de revenus à la retraite).

Cette contrainte peu engageante assumée peut ouvrir à d’autres possibilités pour faire face à cette situation, comme l’investissement ou l’entrepreneuriat, et être in fine motrice.

Il est par ailleurs amusant de constater que le salarié (en France, en particulier) est pieds et poings liés, n’ayant pas l’option de ne pas cotiser ni celle de gérer lui-même les sommes capitalisées, la société le protégeant contre lui-même… Personnellement, je préfèrerais gérer moi-même cet argent et avoir la possibilité de ne pas cotiser, si bon me semble.

Le risque d’un placement en actions

Il est généralement admis qu’un placement en actions est risqué. Certes la volatilité y est plus grande que sur d’autres supports et il est possible d’avoir une performance négative sur ce type de placement donc de perdre de l’argent.

De mon point de vue, le risque d’un placement en actions est relatif :

  • Les marchés dans leur ensemble ont une espérance mathématique positive, grâce notamment au versement des dividendes.
  • Les actions protègent indirectement contre l’inflation (au moins lorsque l’entreprise peut répercuter l’augmentation du prix des matières premières sur les produits qu’elle vend)
  • Avec un investissement valeur (acheter à un prix très inférieur à une valeur estimée), il est également possible d’augmenter l’espérance mathématique.
  • La performance historique d’un placement en actions donc l’espérance mathématique est plus forte que celle d’autres supports : immobilier, monétaire, métaux précieux ou obligations, par exemple.

Actions – Blue chips ou small/mid caps ?

Je vais être délibérément caricatural. Imaginons que la valeur d’une entreprise soit proportionnelle à sa taille et que son prix soit égal à sa valeur.

Avec ces hypothèses, certes fantaisistes, laquelle de la blue chip rassurance ou de la small/mid caps a l’upside le plus important ? Laquelle est la plus risquée, toute chose égale par ailleurs ?

Le risque de faillite d’une entreprise

Le risque de faillite me semble un cas intéressant car il effraie nombre d’investisseurs et permet d’induire des divergences prix / valeur importantes. Je pense que le risque de faillite est généralement très exagéré. Finalement, le risque maximal que court l’investisseur est celui de perdre tout l’argent investi dans cette action. La faillite d’une entreprise (hors effet de levier) ne peut pas vous placer dans une situation de surendettement. En se diversifiant, l’investisseur peut se prémunir contre ce risque.

Le risque de surendettement

L’un des risques qui me semble souvent négligé et auquel je suis particulièrement sensible parce qu’il peut nous faire changer de condition est celui de surendettement. Il faut à mon sens respecter le principe d’un endettement inférieur au patrimoine net (si possible liquide), sauf sur des périodes courtes, pour qui accepte ce niveau de risque pour accélérer le processus de capitalisation, par exemple en phase d’accumulation d’un patrimoine initial.

Faire l’acquisition d’un bien immobilier sans disposer des fonds correspondants me semble très risqué.

Le risque de change

Le risque de change donne une coloration a priori négative à ce phénomène comme le risque est perçu négativement. Personnellement, je parlerais plutôt, pour contrebalancer, d’opportunité de change. En effet, l’évolution des monnaies peut jouer à notre avantage ou à notre désavantage. De plus, les variations de mes placements ayant des amplitudes plus importantes que l’évolution des monnaies correspondantes, cette dernière représente une composante mineure de la variation.

Investir dans une monnaie étrangère permet également une asymétrie des positions: si la paire JPY/EUR perd 50 %; mon capital placé en JPY a évolué de – 50 % en EUR; en revanche, si la paire EUR/JPY perd 50 %, mon capital placé en JPY a évolué de + 100 % en EUR.

Une stratégie intéressante atypique, pour qui pourrait la mettre en œuvre, serait de placer la moitié de son argent dans une monnaie et l’autre moitié dans une seconde et habiter dans le pays dont la monnaie est la plus faiblement valorisée.

Risque d’impayé de ses locataires

Lorsque j’ai découvert que les assurances permettant de couvrir contre les risques locatifs (GRL / GLI) de ses locataires s’élevaient à 2,5 % du loyer, il m’est apparu que la peur du locataire qui ne paie pas est exagérée, comme celle de faillite d’une entreprise.

Le risque de ne rien risquer

Nul doute à mon sens qu’il est risqué de ne rien risquer. La vie est par nature un risque. En respectant quelques règles de bon sens, il est possible de faire jouer le risque en sa faveur :

  • Risquer lorsque l’espérance mathématique est (fortement) positive.
  • Diversifier.

 

  • Ne pas avoir peur de perdre les montants investis (considérer que son épargne est « perdue »).

 

Conclusion

Je conclurai cette chronique en disant que le risque fait partie intégrante de la vie. Ce qui est perçu comme fortement risqué ne l’est pas nécessairement et réciproquement.

Je considère, au risque de faire dresser des cheveux sur certaines têtes, que je gère mon argent en « bon père de famille actif » et que mes investissements ne sont globalement pas très risqués.

N’hésitez pas à donner votre avis en commentaire.

 

Les chroniques de l’investisseur chronique : analyse graphique

chronique investisseurCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés parLaurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

 

Mon processus de sélection d’actions est constitué de deux étapes principales :

  • Un screener maison me permet d’effectuer un premier filtrage de sociétés potentiellement intéressantes.
  • Une analyse fine des entreprises des sociétés préfiltrées me permet d’arrêter mon choix.

 

Pour déterminer de manière synthétique si une entreprise est potentiellement intéressante, à l’achat, je vous propose aujourd’hui une méthode d’analyse graphique valeur permettant de visualiser les principaux paramètres intéressants.

 

Graphique synthétique valeur

analyse graphique d'une action 1

  • Pour les actifs, un niveau de liquidités, stocks et encours clients élevé représente un point positif.
  • Pour les passifs, des dettes faibles représentent un point positif.
  • Plus la capitalisation boursière est faible en rapport des actifs liquides moins les dettes, plus la marge de sécurité est importante.
  • Des immobilisations corporelles (y compris amorties) importantes peuvent représenter un collatéral intéressant.
  • Un chiffre d’affaire de l’ordre de grandeur du total du bilan est un point positif.

 

Exemple d’une société peu intéressante pour l’actionnaire

analyse graphique d'un investissement en bourse 2

    • Les immobilisations incorporelles, par nature intangibles, représentent une part importante des actifs.
  • Le ratio actifs liquides – dettes est très fortement négatif.

 

 

D’un point de vue valeur, le collatéral ne semble pas suffisant pour justifier l’investissement.

Exemple de société intéressante

analyse graphique d'une action intéressante pour l'actionnaire 3

  • Les actifs nets liquides représentent trois fois la capitalisation boursière.
  • Le niveau d’endettement est faible.
  • Le chiffre d’affaire est du même ordre de grandeur que le total du bilan.
  • La capitalisation boursière ne représente que 10 % du total du bilan.

D’un point de vue valeur, l’actionnaire a une marge de sécurité importante.

 

Conclusion

Une représentation graphique valeur des données du bilan et du compte de résultats permet d’exprimer, de manière synthétique, l’intérêt potentiel que peut avoir une action.

Mon screener d’actions maison me fournit directement cette représentation graphique (en format texte), que je complète d’une analyse détaillée pour arrêter mon choix. Utilisez-vous également des méthodes de représentation graphique pour vos décisions d’investissement ?

 

Les chroniques de l’investisseur chronique : Quel prix payer sans connaître la valeur ?

chronique investisseurCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés parLaurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

Lorsqu’il est possible de déterminer la valeur (ou une borne inférieure de la valeur) d’un bien ou d’une action, l’investisseur rationnel achète lorsque le prix proposé est inférieur à cette valeur, de préférence avec une marge de sécurité.

L’investisseur rationnel est-il démuni lorsqu’il n’a aucun moyen d’appréhender la valeur d’un bien dans sa décision d’achat ou d’investissement ? Est-il possible dans ce cas de prendre une décision rationnelle sur base du prix ?

Dispersion des prix

La dispersion des prix proposés pour un objet ou une action permet d’acquérir de la connaissance sur le bien que l’on souhaite acheter.

Personnellement, je ne sais pas comment déterminer la valeur intrinsèque d’une voiture. Mais je constate que le prix de cet objet peut varier entre 0 euros et plusieurs centaines de milliers d’euros, en fonction de différents paramètres du véhicule: modèle, nombre de km, marque, nombre de portes, moteur, etc…

En étudiant la courbe de progression des prix d’un modèle de voiture donné, j’observe une forte chute des prix lorsque la voiture neuve sort du garage. La dérivée du prix par rapport au nombre de kilomètres parcourus n’est pas constante: elle diminue en fonction de la distance parcourue par le véhicule. Plus le nombre de kilomètres parcourus est important et plus la baisse relative de prix est faible.

En prenant comme postulat que la durée de vie d’une voiture est de 200 000 km, le prix du véhicule chutera fortement dans une plage de 0 à 50 000 km, puis diminuera plus faiblement dans une plage de 50 000 km à 200 000 km.

En prenant des voitures aux caractéristiques équivalentes, sur le marché de l’occasion, par exemple, un véhicule autour de 50 000 km d’une même marque et d’un même modèle, il est possible d’observer leur prix qui s’étale sur une plage autour d’un prix moyen. Après analyse des prix sur une période de temps d’un mois, correspondant par exemple à une cinquantaine de véhicules équivalents, l’investisseur rationnel peut acheter une voiture sur le marché lorsque son prix est proche des plus bas observés.

Il est possible d’acheter lorsque le prix est bas, même sans connaître la valeur de ce que l’on achète. Cette approche ne permet pas de conclure, dans l’absolu, que l’acheteur a nécessairement fait une bonne affaire (la valeur pourrait être inférieure au prix payé). Mais, dans l’univers des possibilités qui lui étaient offertes, l’acheteur a payé un prix faible, relativement aux autres acheteurs. Ainsi, si, statistiquement, sur l’ensemble des transactions de l’univers, la valeur est égale au prix moyen (ce qui reste à prouver et n’est pas nécessairement exact), l’acheteur aura acheté à un prix inférieur à la valeur, en moyenne, sur l’ensemble de ses transactions. En conclusion, l’investisseur rationnel aura acheté à un prix relatif inférieur aux autres acheteurs, à défaut d’avoir la certitude d’avoir acheté à un prix inférieur à la valeur, dans l’absolu.

 

Prix et valeur – Le modèle de l’élastique

Un modèle qui me semble intéressant est de considérer que le prix d’une action et sa valeur sont reliés par un élastique: plus l’écart entre le prix et la valeur sera important et plus le prix sera attiré par la valeur car l’élastique se tendra en fonction de la distance.

La tension intrinsèque de l’élastique (lâche ou, au contraire, ferme) entre prix et valeur me semble liée à la facilité de calculer la valeur:

  • Si la valeur est parfaitement connue de tous, le prix évoluera faiblement autour de cette valeur: l’élastique est ferme.
  • Si la valeur est très difficile à déterminer et obscurcie par un calcul difficile, le prix évoluera fortement autour de cette valeur: l’élastique est lâche.

La valeur d’une action variant au cours du temps, il est possible que l’élastique fasse des bonds significatifs.

 

Observations de courbes de prix historiques d’actions

L’observation des prix historiques d’une action montre des variations de prix parfois spectaculaires :

evolution des cours 1

Passant de 27 à 1 en l’espace de deux ans, de 2007 à 2008, quelque chose d’intéressant pourrait arriver à l’acheteur entrant autour de 1 euro si l’entreprise ne fait pas faillite (c’est-à-dire si l’élastique ne casse pas).

En 2007 et 2008, l’entreprise a payé un dividende de 0,6. En achetant fin 2008, l’investisseur pouvait faire le raisonnement suivant : si l’entreprise paie dans un futur à long terme un dividende du niveau de celui payé jusque là, il ne faudra que 2 ans pour lui payer l’argent investi.

En 2009, l’entreprise n’a pas payé de dividende.

A partir de 2010, l’entreprise a repris le paiement régulier du dividende annuel de 0,5.

L’élastique ayant été tendu à l’extrême dans un sens, le voilà repartant dans l’autre sens à grande vitesse : en deux ans et demi, le prix de l’action est multiplié par 10, ajoutant une forte plus value à des dividendes substantiels.

evolution des cours 2

Cette courbe semble l’inverse des deux premières années de la précédente : la tension dans l’élastique est palpable ! La société est prestigieuse, jouissant d’une bonne image auprès du public. Cette entreprise a une grande valeur intrinsèque mais son prix ayant été multiplié par un facteur 70 en dix ans, le prix n’est-il pas encore bien plus élevé que sa valeur ? Si je devais vendre à découvert une action (ce que je ne fais jamais en pratique), celle-ci me semblerait a priori un excellent candidat.

evolution des cours 3

Voilà une courbe de prix intéressante pour un achat, d’un point de vue purement graphique :

  • Le prix de l’action se situe à proximité de ses plus bas historiques.
  • Le prix a connu des alternances de creux et de pics (sur une période encore plus longue que celle montrée par ce graphique). Le prix semble osciller autour de la vraie valeur.
  • D’un point de vue graphique, un nouveau pic à 10 ne semble pas exclu.

 

Une courbe présentant des alternances de pics et de creux de grande amplitude avec des extremums de même hauteur et une fréquence rapide me semblerait particulièrement intéressante. Sans répondre à cet idéal, cette action a connu des variations de fortes amplitudes de facteur 4 (de 2 à 8) :

evolution des cours 4

Conclusions

L’observation des prix historiques ou proposés par des vendeurs différents pour le même type de biens ne donne pas accès à des informations absolues : il n’est pas possible à l’acheteur de dire qu’il a acheté dans l’absolu un bien à un prix inférieur à sa vraie valeur, avec une marge de sécurité. Par contre, il lui est possible de conclure qu’il a acheté à bas prix, relativement aux autres acheteurs.

Dire que les prix passés ne préjugent en rien des prix futurs me semble donc incorrect. N’ayant pas accès à la valeur d’un bien, il est par exemple possible de se positionner de manière relative en achetant par exemple un bien dans les 10 % de la fourchette basse de prix observés, ce qui me semble rationnel à défaut de savoir calculer la valeur.

 

Les chroniques de l’investisseur chronique : les conseils en investissement

rp_chronique-investisseur-300x188.jpgCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés parLaurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

Lorsque j’ai débuté mes investissements en actions, j’ai acheté des SICAV actions en pensant que ce support me permettrait à la fois de diversifier mon placement, ce qui est correct, et de bénéficier de l’expertise d’un professionnel. Depuis, j’ai perdu un peu de ma naïveté sur les professionnels ou les personnes donnant des conseils car même si leurs compétences et leur expérience sont bien meilleures que les miennes, leur intérêt ne rencontre généralement pas le mien. Je vais volontairement grossir le trait dans cet article, ne prenez pas tous mes propos au pied de la lettre. En réalité, je ne pense pas que les banquiers et les gestionnaires de fonds soient nécessairement de mauvais conseils mais cet article a plutôt pour but d’inciter à la prudence.

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Les chroniques de l’investisseur chronique : acheter une voiture

rp_chronique-investisseur-300x188.jpgCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés parLaurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

La voiture représente pour moi l’archétype du mauvais achat : prix élevé consommant sans cesse des liquidités pour une valeur souvent discutable. Je n’aurai pas l’indécence de parler ici d’investissement.

La Porsche, une mauvaise voiture

Acheter une Porsche pour déménager

Lors de mes études, j’ai eu la chance d’assister au déménagement d’un de mes camarades de promotion, arrivé en Porsche pour son installation. L’exigüité de la cabine de pilotage m’a paru suffisamment sous-optimale pour aujourd’hui pouvoir vous déconseiller vivement ce type d’usage que je qualifierais de loufoque.

Séduire une femme avec une Porsche

Arrivé dans votre monture flamboyante, après un dérapage contrôlé, vous tendez une main pleine d’espoir à la jeune femme qui vous sourit. Quand bien même la demoiselle convoitée serait réceptive à ce type d’arguments, ne serait-ce pas précisément là une preuve de son mauvais goût ?

La Porsche et l’arrivée d’un bébé

Lorsque deux amateurs de Porsche de sexe opposé se rencontrent, se marient et donnent naissance à un enfant, le véhicule exclusif fait alors une terrible crise de jalousie : il ne s’adapte pas facilement aux exigences du dernier né. Les prochains enfants rendront-ils le bolide plus accommodant ?

Une Porsche sur autoroute

C’est sur ce terrain que la Porsche doit donner son plein potentiel : le circuit, je veux dire… l’autoroute. Mais ne vous êtes-vous jamais imaginé aux commandes de la voiture de course, frustré de ne pouvoir qu’effleurer la pédale d’accélération pour respecter les limitations de vitesse. Excusez ma naïveté… A la fin du voyage, il n’y a que deux issues possibles : la crampe ou le PV.

Une Porsche pour partir en vacances

Vous avez enfin trouvé une utilité à la puissance phénoménale de votre véhicule : tracter une caravane pour partir en vacances. Je déconseille vivement cette pratique pour des raisons de sécurité : les crises de fou-rire que vous allez provoquer chez les autres conducteurs pourraient vous être fatales.

Le vrai record de la Porsche

S’il y a bien un record que la Porsche peut prétendre gagner haut la main, c’est celui de la vitesse de conversion du précieux liquide noirâtre malodorant en poussières de particules et gaz polluants. Deux pots d’échappement sont indispensables pour soutenir le rythme effréné des émissions de gaz.

La Porsche ou la vie

Si vous étiez voleur de voiture, préféreriez-vous chevaucher un cheval de grand prix ou un tas de ferraille ?

La Porsche ou la priorité

Il existe une règle que nul conducteur n’est censé ignoré : priorité à la voiture la moins reluisante.

La Porsche, voiture bélier

Un matin, alors que nous étions sur le chemin de l’école, à pied, avec mon garçon, nous avons manqué de nous faire écraser par une Porsche sortant de son garage en pente à vive allure. Décidément, tout est bon pour me faire taire !

Qu’est-ce qu’une voiture ?

Mesdames, Messieurs, au risque de vous surprendre, une voiture est un moyen de transport permettant de se déplacer d’un point A à un point B. Les caractéristiques importantes d’un véhicule sont les suivantes :

  • Le prix
  • Le nombre de kilomètres au compteur
  • Le nombre de places
  • La sécurité
  • La consommation
  • Le volume

Comment acheter une voiture ?

Une voiture neuve perdant au moins 20 % de son prix en sortant du garage, il me semble opportun d’acheter un véhicule d’occasion. Le prix maximum qu’il faut être prêt à payer pour acquérir ce mal nécessaire est de 10 000 euros, pour une voiture de 5 places minimum si vous avez une famille, autour de 40 000 km au compteur.

Conclusion

Je ne saurais trop vous conseiller de ne pas acheter de voiture. Le vélo et la marche à pied ont leurs avantages. Si ce mal est nécessaire, limitez les dégâts en achetant de manière rationnelle.

prix de revient d'une voiture

 

 

 

 

Les chroniques de l’investisseur chronique : Comment choisir son employeur ?

rp_chronique-investisseur-300x188.jpgCe texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés parLaurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

 

Dans un précédent article, j’ai listé des critères de sélection d’une entreprise du point de vue de l’actionnaire afin d’effectuer un choix dans l’étendue des possibles. Dans cette chronique, je vais lister des critères de sélection d’un poste dans une entreprise, du point de vue de l’employé.

 

Que peut apporter une entreprise à un employé ?

Du point de vue de l’employé, une entreprise peut permettre de :

  • Recevoir une rémunération, habituellement en échange de son temps.
  • Augmenter ses compétences.
  • Développer son réseau.
  • Se réaliser.

Examinons en détail les critères non-quantifiables et quantifiables correspondant à ces aspirations de l’employé.

Critères non-quantifiables

Certains critères de choix sont difficilement quantifiables pour une analyse systématique:

  • L’intérêt pour le poste.
  • Le domaine professionnel.
  • L’éloignement géographique du poste.
  • La possibilité d’apprendre et de développer ses compétences et son expertise personnelle.
  • La possibilité de développer son réseau relationnel.
  • Les conditions de travail proposées (hors rémunération).
  • La probabilité de succès.
  • La stabilité du poste.
  • La qualité du management et des collègues.
  • L’ambiance dans l’entreprise et dans l’équipe.

Critères quantifiables

D’autres critères sont quantifiables:

  • La taille de l’entreprise : dans une petite structure, il existe un risque de ne pas pouvoir évoluer, de faire rapidement le tour du sujet et d’atteindre des limites dans sa progression de carrière. Une position intéressante dans une petite structure me semble être celle du chef d’entreprise (si possible actionnaire), dont la situation personnelle peut évoluer avec celle l’entreprise.
  • Le rythme de croissance de l’entreprise : une entreprise statique ou en décroissance offrira mécaniquement moins d’opportunités d’évolution qu’une entreprise en croissance.
  • La stabilité financière de l’entreprise : souhaiteriez-vous rejoindre une entreprise au bord de la faillite, avec un risque que vos salaires ne vous soient pas payés ? La stabilité ou l’amélioration de la structure du bilan sur les dernières années peuvent traduire la stabilité financière de l’entreprise.
  • Le chiffre d’affaire par employé : ce critère révèle la facilité qu’a une entreprise à rémunérer correctement ses employés.
  • Le bénéfice net par employé : ce critère me semble plus volatil que le précédent mais donne également une indication intéressante sur la capacité d’une entreprise à rémunérer correctement ses employés.
  • La moyenne d’âge : appartenez-vous à la même génération que les autres employés ?
  • L’évolution du nombre d’employés durant les dernières années : l’entreprise est-elle en recherche de personnel ou non ?
  • Le salaire moyen par employé : comment sont rémunérés les employés ?
  • Le salaire correspondant au poste proposé: comment serez-vous rémunéré ?

Des critères quantifiables permettent de gommer l’aspect émotionnel d’un choix et de systématiser l’examen de ces critères. Comme pour la sélection d’actions, comparer des entreprises les unes aux autres voire développer un screener pour identifier les entreprises correspondant à certains critères permet de rationnaliser un choix.

 

Un exemple de systématisation – Le chiffre d’affaire par nombre d’employés

A titre d’exemple de systématisation, j’ai repris dans le tableau ci-dessous, pour différentes entreprises, le chiffre d’affaire par employé (données collectées en mars 2014; la fiabilité des données de ce tableau doit être considérée comme relative). Ce ratio est une mesure de la corrélation entre le niveau de rémunération des employés et leur impact sur le bénéfice de l’entreprise. Ainsi, si le CA / employé est faible, il y aura une forte corrélation et l’entreprise aura intérêt à minimiser ce poste de dépense pour accroître significativement le bénéfice. A l’inverse, une entreprise ayant un CA / employé élevé pourra se permettre de bien rémunérer ses employés, sans que cela n’impacte significativement son bénéfice, encore faut-il que l’entreprise en ait également la volonté.

Actions Chiffre d’affaire (milliers d’euros) Nombre d’employés CA (en euros) / employé
CVG 166868 282 591730
DBT 33350 330 101061
ES 17703400 1891 9361925
EXAC 525742 3137 167594
HF 112847 341 330930
LNC 571798 1045 547175
PAN 165182 836 197586
GIRO 127564 1014 125803
VET 151899 84 1808321
AC 5649000 52062 108505
AL 15225200 49500 307580
AIR 56480000 140405 402265
ALU 14446000 72344 199685
ALO 20269000 86252 234997
MT 57707392 245000 235540
AXA 84592000 94364 896444
BNP 39072000 188551 207222
EN 33547000 136904 245040
CAP 10264000 121829 84249
CA 76127000 358396 212410
ACA 16315000 79282 205784
BN 20869000 102401 203797
EDF 72729000 154730 470038
EI 4988845 50212 99356
GSZ 97038000 236156 410906
KER 9736300 33439 291166
LG 15198000 64337 236225
LR 4460000 35250 126525
MC 28103000 91837 306010
ML 20719000 113839 182003
OR 22463000 72637 309250
ORA 43515000 163545 266074
RI 8215000 18308 448711
PUB 6610000 57500 114957
RNO 41270000 127086 324741
SAF 13615000 53407 254929
SGO 43198000 192922 223914
SAN 34947000 111974 312099
SU 23946000 140491 170445
GLE 22831000 154009 148245
SOLB 12435000 29103 427276
TEC 8203900 36500 224764
FP 200060992 97126 2059809
VK 5578000 22004 253499
VIE 29438500 248805 118320
DG 40338000 192701 209329
VIV 28994000 63100 459493

 

En prolongement de ce premier exercice de quantification, ajouter à ce tableau la rémunération moyenne par employé permettrait de déterminer les entreprises qui ont à la fois la capacité et la volonté de rémunérer correctement leurs employés.

 

Conclusions

Les critères de choix d’une entreprise pour un investissement ou pour un emploi ne répondent pas aux mêmes exigences et induisent donc des résultats différents. L’investisseur et l’employé rationnels réunis en une même personne ne sont pas schizophrènes mais s’adaptent de manière opportuniste au contexte.

En revanche, pour l’investissement comme pour la recherche d’un emploi, il est possible de distinguer des critères quantifiables et non-quantifiables.

Les critères quantifiables se prêtent bien à l’analyse systématique (et à l’automatisation) pour trouver des options a priori intéressantes dans l’univers des possibles.