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La transparence : une valeur inestimable

Même si nous définirions notre aventure plus comme une expérience réelle et partagée de l’investissement dans la valeur poussée à son extrême, il ne faut pas ignorer le fait que nous fournissons également une offre commerciale depuis maintenant quelques années. Une offre unique à bien des égards.

Depuis 8 ans, nous essayons de battre le marché en cherchant et en faisant l’acquisition des meilleures (des pires ?) Daubasses du marché. Nous n’avons jamais renoncé à notre approche initiale.

Nous avons fait des erreurs, et à chaque fois, nous les avons analysées et avons essayé d’en tirer un maximum d’enseignements. La rubrique « Questions de nos lecteurs » a répondu à bons nombres de vos questions légitimes et ont permis de faire progresser notre process. Nous vous remercions de vos remarques, parfois très critiques. Ainsi, l’approche a été peaufinée au fur et à mesures des déconvenues tout en poursuivant sur la ligne directrice originelle.

Un élément nous tient par ailleurs particulièrement à cœur dans notre aventure et peut être résumée en un mot : transparence. Une valeur essentielle à nos yeux, très liée aux valeurs de partage et de pédagogie que nous essayons de mettre systématiquement en avant sur notre blogue comme dans notre lettre mensuelle. Il serait pourtant facile de surfer sur notre meilleure performance annuelle. En 2009, nous délivrions une performance nette d’impôts, de taxes et de tout frais de +308,74%. Et depuis cette date, nous sommes plus ou moins en ligne avec le marché. Comme nous sommes nuls en marketing, nous n’avons jamais mis volontairement cette année exceptionnelle en avant par rapport à d’autres beaucoup moins flatteuses.

En fait, c’est une évidence pour nous. L’investisseur qui se pavanerait lors de ses périodes fastes et qui cesserait son partage lorsqu’il fait face à des vents contraires n’aurait en fait plus aucune légitimité. Se mettre en retrait, pourquoi pas…  Mais tenter de cacher sous le tapis ses faits d’armes les moins glorieux suffirait à casser sa réputation. Et c’est très facile aujourd’hui sur internet. Une sorte d’auto-sabordage. Aussi, chaque bagger (titre qui réalise une performance > 100%) au sein du portefeuille est d’autant plus savoureux et appréciable pour votre équipe que nous constatons et mettons en avant chaque déconvenue. Il en va non seulement de la légitimité de l’investisseur mais aussi, dans notre cas, de notre souci de remise en question permanente. Bien entendu, nous préférions n’avoir que des succès. Mais tout en étant utopique, ce doux rêve ne préparerait pas l’investisseur aux incertitudes, aux aléas et autres imprévues que le futur ne manquera pas semer sur votre passage, au moment où vous vous y attendriez le moins. Ou dit autrement, le principe de réalité revient toujours à un moment frapper à votre porte.

Sans vouloir mettre en garde nos lecteurs vis-à-vis des sites et diverses offres commerciales fleurissant à droite et à gauche sur le net qui, pour quelles raisons que ce soient, changent de politique de « transparence » – notamment quand le vent ne souffle plus dans leur dos – nous leur préconisons tout de même la plus grande des prudences.

Depuis le début, notre démarche s’est toujours voulue d’une honnêteté intellectuelle irréprochable. Cette marque de fabrique est un avantage indéniable car cela nous permet de dormir sur nos deux oreilles, en toute sérénité, même en sachant que nous sommes suivis par des lecteurs et des abonnés de plus en plus nombreux.

A notre connaissance, nous sommes les seuls à publier sans interruption à des lecteurs non abonnés une performance hebdomadaire depuis 8 ans et à fournir en parallèle la transparence totale à nos abonnés. Toutes les opérations bancaires sont en effet mises à disposition sur le site dans la partie Premium. Une démarche inédite pour un portefeuille réel, sur une performance calculée nette de taxes, impôts et des coûts de transactions financières, et dans lequel nous avons investi notre propre argent.

Si tout cela paraît désormais évident pour ceux qui nous suivent depuis quelques temps, ce n’est pas une habitude sur l’ensemble de la blogosphère. Et nous ne pouvons que le regretter. Quoi que… c’est certainement un de nos avantages concurrentiels ! 😉

Le bonheur d’acheter des petites sociétés déficitaires… pour obtenir des actifs au rabais

investir en actions de sociétés en perteLors de notre expérience Daubasses, notre process nous pousse bien souvent à acquérir des petites sociétés qui génèrent de fortes pertes. Et parfois depuis de nombreuses années. Pour certaines, elles réalisent des pertes depuis si longtemps, qu’il est impossible de mettre la main sur un rapport annuel où serait stipulé la notion de « bénéfice » ou de « profit » !

Cela peut paraître étonnant … et, en réalité, cela nous étonne ! Mais c’est ainsi : le marché n’aime pas trop les petites sociétés. Et encore moins quand elles ne sont pas rentables. Cela coule sous le sens, peu d’individus veulent se porter acquéreur d’un bout de papier qui les rendraient propriétaires d’une société parfaitement anonyme qui permet très peu de briller dans les diners… Contrairement aux bien évidemment « brillants et heureux » détenteurs d’actions Apple, par exemple, ou autres stars technos. Alors, si en plus, vous devez vous justifier sur la taille de la société et sur le fait qu’elle réalise pertes sur pertes, vous allez à coup sûr amuser vos acolytes de tablé !

Au-delà du contrintuitif lié au fait de préférer acheter des actions d’une société qui n’est pas connue et qui ne réalise pas de profits, il ne faut pas ignorer aussi le rôle les institutionnels. Les « zinzins » seront très peu enclins à investir dans ce type de société, car leurs impératifs institutionnels l’interdit. Il faut comprendre qu’il est écrit quelque part, noir sur blanc, dans le règlement interne de l’institution (société de gestion, assureur, hedge fund, …) que l’univers d’investissement est constitué uniquement de société de plus de 10 Md de capitalisation, avec xx% de flottant minimum, un volume d’échange moyen minimum de xxx M USD par jour, … Ne parlons même pas des pertes. C’est encadré quelque part sur le même document, en rouge et en gras : « toute société qui publiera une perte devra être arbitrée au sein du portefeuille. »

Dès lors, vous comme nous, cher(e) abonné(e), sommes en train de crier HOURA !  … car cela signifie que nous avons très peu de concurrents sur notre domaine de chasse. Attention tout de même, ne nous précipitons pas dans l’euphorie… Si les zinzins écartent automatiquement de leur processus d’investissement ces sociétés, c’est bel et bien parce que les risques sont réels : illiquidités, mainmise de l’actionnaire majoritaire sur la société, pas de création de valeur pour les minoritaires, … En couplant ces problèmes avec les pertes qui dirigent la société vers la banqueroute, la coupe est pleine. Cet univers de sociétés foireuses sort mécaniquement des radars des zinzins. Pour eux, c’est comme si elles n’existaient pas.

C’est pourquoi, s’il nous est arrivé de nombreuses fois d’investir dans des sociétés en pertes, nous ne le faisons pas forcément de gaieté de cœur. Comme vous le savez, nous nous intéressons davantage au bilan qu’aux comptes de résultats, car nous estimons que les actifs sont plus stables dans le temps que des résultats opérationnels. Dès lors, si la valorisation offerte par le marché présente des décotes sur les actifs tangibles suffisamment importantes (au moins 30% sur la VANE ou la VANN selon notre process) et que le potentiel sur la VANT (Valeur d’Actif Net Tangible) permet d’améliorer le potentiel moyen de notre portefeuille, soit en moyenne au moins +100%, alors allouer une petite part de son portefeuille dans une telle société est rationnel.

Rationnel ne veut pas dire évident. Acheter des titres de propriétés d’une petite entreprise en perte n’a rien d’évident, au contraire, c’est contre-intuitif. Et les raisons de ces a priori négatifs sont justifiés puisque le risque de se faire complètement lessiver n’est pas nul. Ainsi, il est possible que cet investissement tourne mal malgré les garde-fous que nous avons mis en place (notamment notre ratio de solvabilité maison, qui doit être supérieur à 40%). Pour éviter de tomber sur ces cas extrêmes, notre process Daubasse nous oblige à raisonner sur un nombre importants d’investissements. Bien sûr, nous avons connu des déconvenues et même si nous améliorons petit à petit notre process, nous n’échapperons pas au pire. Soit une perte totale de notre investissement initial. C’est pourquoi, comme un investisseur en startup qui ne sait pas quelle société dans son portefeuille sera le futur Google, ou quelle société sera un futur rien-du-tout qui va brûler tout le capital investi, il nous semble indispensable de diversifier au maximum. Ce qui est vrai sur un cas isolé le sera beaucoup moins sur de nombreuses sociétés. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : pour un risque sur un événement rare de perte maximale de -100%, nous avons tout un tas de sociétés qui présente un potentiel bien supérieur au +100%. L’asymétrie de rendement joue en la faveur de la diversification de sociétés à forts potentiels.

Nous disions donc un maximum de sociétés, certes, mais sans tomber dans l’abondance du tout et n’importe quoi. Chaque titre acheté respecte strictement nos critères afin de minimiser le risque. La diversification est donc une couverture pour se protéger de ce que nous ne pouvons pas prévoir. Car contrairement à ce que la population financière laisse souvent entendre, les prévisions sont dans la très grande majorité des cas, que ce soit pour un secteur, une devise, une société ou une matière première, imprévisibles. Les convictions et les évidences doivent avoir peu de rôle à jouer dans les décisions d’investissement. Ceux qui n’investissent avec succès que sur des évidences sont des heureux investisseurs qui ont croisé la chance. Et la chance étant un événement aléatoire : elle finira par tourner. Il ne faut jamais ignorer que la plupart des investisseurs ont un niveau d’ignorance qu’ils sous-estiment eux-mêmes. Ceux qui croient « savoir », en savent beaucoup moins qu’ils ne le croient. Mais ils ne s’en rendent pas compte. Ou alors trop tard…

Malgré les succès passés, nous ne sommes convaincus de rien lors d’un investissement sur une société, mais nous savons que sur l’ensemble de nos canards boiteux, certains vont gambader de nouveaux comme des lapins. Nous n’avons pas foi sur une quelconque société. Il nous est par exemple impossible de prédire quelle société au sein de notre portefeuille va devenir notre prochain bagger (multiplication de notre investissement au moins par x2). Par contre, nous avons confiance en la capacité de notre portefeuille, pris dans son ensemble, à créer de la performance à long terme.

Antifragile de Nassim Nicholas Taleb (3e partie)

Antifragile-talebCet article constitue le 3e d’une série consacrée à l’ouvrage de Nassim Nicholas Taleb, Antifragile: Les bienfaits du désordre.Vous pourrez relire les première et deuxième parties ici et ici.

« Considérez que la nature, n’est pas simplement « sûre ». Elle est agressive puisqu’elle détruit et remplace, sélectionne et redistribue… »

C’est donc à partir du fonctionnement impitoyable de la nature que Nicholas Taleb nous explique qu’être robuste n’est pas suffisant car, dans la nature, pour résister, il faudrait trouver une robustesse parfaite qui n’existe pas.

Dans la nature, à longue échéance, tout ce qui a la moindre vulnérabilité finit par se briser, disparaître et être remplacé. Notre planète fonctionne de cette manière depuis plus de 4 milliard d’années.

Puisque la robustesse parfaite n’existe pas, la nature nous fait donc comprendre que nous avons en face de nous un mécanisme grâce auquel le système se régénère sans cesse en tirant profit d’évènements fortuits, de chocs imprévisibles, du stress et de la volatilité plutôt qu’en les subissant.

A longue échéance, ce qui est antifragile profite des erreurs de prédiction. Si on va au bout de cette idée, on pourrait en conclure que ce qui bénéficie du hasard devrait dominer le monde et que ce qui en est victime devrait disparaitre.

 » Et bien, il se trouve que c’est le cas. Nous avons l’illusion que le monde fonctionne en vertu d’un schéma programmé, de la recherche universitaire et de capitaux bureaucratiques, mais il existe des preuves convaincantes – très convaincantes – que c’est une illusion, une illusion que je nomme: « apprendre aux oiseaux à voler ». La technologie est le produit de l’antifragilité, exploitée par les preneurs de risque sous la forme du bricolage par la méthode d’essai – erreur. , en reléguant les plans conçus par les nigauds dans les coulisses. Les ingénieurs et les bricoleurs développent les choses tandis que les livres d’histoire sont écrits par les universitaires; nous allons devoir affiner les interprétations historiques de la croissance, de l’innovation et de bien d’autres choses du même ordre…. »

 

4 ° « La fragilité est tout fait mesurable, le risque pas du tout, et en particulier le risque associé aux évènements rares… »

Taleb affirme qu’on peut estimer et même mesurer la fragilité et l’antifragilité mais qu’il n’est pas possible d’évaluer les risques et les probabilités de chocs brutaux et d’évènements rares, aussi perspicace que l’on soit.

La gestion du risque que l’on pratique de nos jours est l’étude d’un évènement qui aura lieu dans le futur « …et seuls, certains économistes et autres fous du même genre peuvent prétendre « mesurer » – à l’encontre de l’expérience – la future incidence de ces évènements rares tandis que des naïfs les écoutent – à l’encontre de l’expérience et du résultat de telles déclarations… »

En fait, la fragilité et l’antifragilité se retrouvent dans tous les objets mais aussi dans les entreprises, les industries, les pays, les systèmes politiques… Il est assez aisé de repérer la fragilité et même de la mesurer dans de nombreux cas ou, du moins, d’en mesurer la fragilité relative avec de très légères erreurs.

En comparaison, affirmer d’une manière fiable que tel évènement ou choc est plus probable qu’un autre est un exercice douteux … à moins que l’on aime s’illusionner au sujet de ses dons divinatoires.

Par contre on peut établir avec beaucoup plus d’assurance qu’un objet ou un édifice est plus fragile qu’un autre si un tel évènement a lieu  » … On peut, par exemple, dire que sa grand- mère est plus fragile que soi-même quand la température change brusquement, que telle dictature est plus fragile que la Suisse en cas de bouleversement politique, que telle banque est plus fragile qu’une autre en cas de crise ou qu’un immeuble moderne mal construit est plus fragile que la Cathédrale de Chartes en cas de tremblement de terre. Et surtout on peut même prédire lequel résistera le plus longtemps.

Au lieu d’un débat sur le risque (ce qui est prévisionnel), je préfère le recours à la notion de fragilité qui n’est pas prévisionnelle et qui constitue, à la différence du risque, un mot intéressant qui peut décrire son contraire fonctionnel, le concept mature d’antifragilité.

Pour mesurer l’antifragilité, il existe une recette pareille à une pierre philosophale qui consiste à recourir à une règle concise et simplifiée pour nous permettre de l’identifier dans tous les domaine, de la santé à la construction de sociétés »

Et Taleb conclut ce paragraphe en disant que depuis que l’homme existe, il a inconsciemment tiré parti de l’antifragilité dans la vie pratique mais l’a consciemment rejeté dans sa vie intellectuelle.

Commentaires

Il y a vraiment quelque chose qui nous parle dans le début de ce livre et même qui nous enthousiasme : quelle que soit le concept, on ne s’arrête pas à la théorie mais on passe réellement de la théorie à la pratique ou à la compréhension pratique de l’idée. C’est sans doute ce qui distingue Taleb de pas mal d’autres théoriciens et penseurs qui conduisent souvent dans un monde rêvé, très loin du réel et dans lequel le côté pratique n’existe pas.

Nous savons depuis longtemps que le réel n’est pas facile à affronter comme l’a écrit et expliqué le philosophe Clément Rosset dans  » le réel , traité de l’idiotie » ou encore « le réel et son double » qui commence par une phrase de Edgar Allan Poe qui en résume magistralement l’idée générale : « Je veux parler de la manie de nier ce qui est et d’expliquer ce qui n’est pas ».

On comprend mieux avec Taleb que l’homme refuse de voir ce réel ou cette nature qui est agressive qui détruit et remplace, sélectionne et redistribue. Et si dans la vie de tous les jours, tout est fait pour édulcorer voire masquer ces côtés du réel que nous ne supportons plus de regarder en face, ce n’est pas du tout le cas du monde de l’investissement et des marchés en général qui détruisent et remplacent, sélectionnent et redistribuent.

L’idée d’oublier la mesure du risque ou le prévisionnel pour ne raisonner qu’en terme de fragilité ou d’antigragilité nous semble vraiment lumineuse pour un investisseur. Nous n’allons pas divulguer la suite et, par exemple, ce que Nicholas Nassim Taleb nomme sa pierre philosophale ou sa recette pour mesurer l’antifragilité.

Mais il faut bien avouer que cela éclaire le process que nous mettons en pratique, et, à notre tour, nous nous essayons à une question sur la fragilité pour voir si c’est aussi simple que ne le dit Taleb.

La question serait : qu’est-ce qui est le plus fragile : les actifs ou les profits d’une société commerciale ? Nous avons posé la question à Walter Schloss, voici sa réponse :

Essayez d’acheter des actifs avec décote plutôt que des bénéfices. Les bénéfices peuvent changer significativement sur un laps de temps très court. Les actifs, eux, sont plus stables. On doit en connaître nettement plus sur une entreprise si on base sa décision d’achat sur les bénéfices.

Extrait de « Antifragile : les bienfaits du désordre », page 19 – 20

PS : A chaque article sur le livre de Nassim Nicholas Taleb  » Antifragile: Les bienfaits du désordre, », nous espérons vous démontrer que c’est un livre important pour tout investisseur et que son achat nous semble être un excellent investissement.

 

Process pour les investissements liés aux matières premières (2e partie)

Cet article constitue la suite de celui-ci dans lequel nous vous présentions nos observations quant à l’évolution des cours de l’or et du pétrole.

2e partie : Que faire de ces observations pour améliorer le Process ?

Nous partons de deux éléments inconnus qui s’ajoute à tous les autres quand nous investissons sur des sociétés dépendant des fluctuations des matières premières : le temps que durera la baisse et le % de cette baisse de la matière première.

Dans un esprit « value », nous ne pouvons pas agir sur le temps que durera la chute et nous continuerons à ne pas faire de timing car nous n’avons pas la moindre solution pour déterminer le moment quand investir ou ne pas investir.

C’est donc sur l’ampleur de la baisse entre le plus haut et le plus bas que nous avons trouvé une solution.

Dans notre cas, une solution consiste à trouver un procédé qui pourra être répété mécaniquement et appliqué par n’importe qui et qui fera gagner plus que ce qu’il ne fera perdre. Il est important de garder à l’esprit le gain et la perte comme nous l’avons souvent expliqué et encore récemment avec l’avantage statistique de notre process.

C’est pour cette raison que nous allons aussi le plus explicitement possible vous parler des avantages et des inconvénients de notre solution.

La première idée est la découpe de l’investissement en trois périodes, définies, par deux prix de « référence »

La première période ne peut pas être définie car c’est tout simplement quand la société-cible correspond à tous nos critères habituels de décote et de solvabilité. Mais lors de ce premier achat, un prix que nous appellerons notre  » prix de référence » va être noté : à la date de l’achat de la société, le prix de la matière première sous-jacente était de x dollars. Ce sera notre premier prix de référence

La seconde période au cours de laquelle nous nous autoriserons à renforcer sur le secteur, que ce soit sur les sociétés déjà achetées ou des nouvelles cibles sera définie de la sorte à un niveau correspondant à notre premier prix de référence sur la matière première tel que défini ci-dessus amputé de -25%. Ce niveau sera notre second prix de référence.

Le troisième et dernière période où nous nous autoriserons à renforcer une seconde fois sur la même matière première sera définie par notre second prix de référence -25%.

Prenons deux exemples avec notre portefeuille pour lequel ces règles sont en vigueur depuis le 17 août 2015.

Nous avons acheté notre première mine d’or le 14 octobre 2011 car la société correspondait à nos critères de décote et de solvabilité. Le prix de l’or à cette date était de 1 682$ l’once. C’est notre premier prix de référence.

La seconde période pour renforcer ou acheter des nouvelle mines est donc fixé par notre premier prix de référence -25% soit (1682*75%) = 1261$ qui devient notre second prix de référence.

La troisième et dernière vague d’achat ou de renforcement de mines liées à l’or est donc fixée par notre second prix de référence -25% soit (1261$*75%) = 946$ l’once

Pour les parapétrolières, notre premier achat date du 3 février 2015 et notre premier prix de référence qui est le cours du baril WTI est fixé à 53.86$

La seconde zone d’achat est donc fixée -25% plus bas soit à un cours du WTI à 40.39$

Et la troisième zone d’achat 25% en dessous de 40.39$, soit 30.29$.

La seconde idée est la pondération des trois périodes d’investissement. Nous pourrions même parler d’une sous-pondération. Notre règle de base est un investissement maximum de 3.33% du total du portefeuille sur 1 société. Comme nous ajoutons un facteur risque avec le sous-jacent (or, pétrole et matières premières en général), nous avons décidé de limiter la pondération de chaque tranche d’investissement à 3.33% du total du portefeuille sur le prix d’achat. Quoi qu’il se passe, nous ne pouvons donc pas nous exposer sur des sociétés liées à une matière première précise pour plus de 9.99% du portefeuille, arrondissons à 10%.

Ces deux premières idées ont été inscrites dans le process et sont appliquées depuis août 2015.

La troisième et dernière idée n’a pas été écrite car elle dépend de certaines circonstances d’offre et de conjoncture mais elle tombe tellement sous le bon sens pour tout investisseur qui a compris l’importance de la diversification.

Quand on investit dans un secteur dont la rentabilité dépend d’une matière première spécifique et qu’on sait que la baisse de cette matière première peut être longue (facteur temps) et importante (facteur pourcentage à la baisse), il nous semble évident qu’il vaut mieux trouver 3 sociétés correspondant au critère de décote et de solvabilité qu’une seule société. « Surdiversifier » à ce stade s’impose car, si sur les 3 sociétés qui vont subir la baisse du sous – jacent, une connait la faillite avant la seconde période, il reste deux sociétés et la perte se limite à 1.11%. Si vous avez investi sur une seule société et que cette société fait malheureusement faillite, vous perdez trois fois plus que dans le premier scénario.

Au second palier, quand le sous-jacent a perdu 25% du premier cours de référence, il se peut qu’une voire deux des trois premières sociétés soient en difficulté. Vous n’allez pas forcément renforcer les sociétés qui semblent le plus en difficulté mais au contraire les sociétés qui paraissent les plus solides à ce moment-là : celles qui possèdent encore un bon matelas de liquidités, peu de dettes, qui ont des nouveaux contrats malgré la crise du secteur,…

Au troisième palier de 25% sous le second prix de référence, tous ces éléments sur la diversification que vous avez sont encore plus clairs et vous allez renforcer une nouvelle fois les sociétés qui ont le mieux résisté, qui présentent une belle solvabilité, des liquidités.

En résumé de cette troisième idée, si dans la première phase d’investissement tous les chats décotés et solvables sont gris et qu’il est quasiment impossible de dissocier les plus solides sur pattes, la seconde et la troisième phase vous permettront de juger de manière objective plus facilement la solidité de la société. Il vous suffit d’élaborer une petite grille avec quelques éléments importants hors critères principaux.

Le ratio perte annuelle / liquidité vous informera par exemple sur le nombre d’années que peut résister la société sans apport de capitaux. Une bonne diversification géographique est un plus et revoir en priorité le critère de base : les coûts d’extraction. Et dans le cas plus spécifique des parapétrolières qui dépendent indirectement du prix du pétrole et vendent des services ou des matériaux, une diversification du portefeuille de clients nous semble être un plus aussi.

En résumé quelques points quantifiables qui vous évitent de travailler au doigt mouillé ou à la conviction qui est l’ennemi mortel de l’investisseur value selon Benjamin Graham. Dans la phase deux et trois de l’investissement, il ne faut plus prêter attention au potentiel théorique ( VANT / Cours) qui ne vous donne pas la moindre information sur la santé de la société. Il est important de ne pas être avide dans ces deux phases pour se concentrer sur la solidité objective de la société.

 

Résumons de manière synthétique les avantages et les inconvénients de ces ajouts au process

 

Avantages

 

1° Psychologiquement, vous avez compris à 300% les risques supplémentaires en investissant dans une société liée aux matières premières.

2° Le fait d’avoir un process précis sur ce secteur qui est simple et compréhensible vous permet d’investir dans l’ordre et le calme. Vous avez une feuille de route et vous êtes préparé à un recul important des cours dans un laps de temps que vous savez indéterminé.

3° Quand vous investissez sur ce type de société, vous savez, en gros, à l’avance de quelles liquidités vous avez besoin pour mener à bien le process spécifique.

4° Si vous ratez le deuxième voire le troisième renforcement, est-ce un problème ? Non bien entendu car cela veut dire que la chute de la matière première s’est arrêtée et que cela risque de remonter !

5° Quand on observe dans les tableaux présentés plus haut, du plus haut au plus bas, le cycle suivant du plus bas au plus haut, voici ce que cela donne même si c’est à titre purement indicatif et que l’effet levier que nous avons explicité au début est à ajouter.

petrole

 

or

 

Inconvénients

1° En investissant dans une société liée aux matières premières dont le cours est occupé à chuter lourdement, vous êtes quasi certain de perdre malgré la solution que nous proposons 50% voire plus de votre mise au premier investissement, 25% et plus au second investissement et 25% supplémentaire au troisième investissement. avant de gagner le moindre cent.

2° Le temps que va durer le supplice de vos pertes et la possibilité de gain doivent être envisagés à 5 ans minimum mais cela peut-être plus long.

3° Vous ne parviendrez pas à acheter au plus bas et à vendre au plus haut. Tout au plus vous pourrez réussir à acheter au plus bas un tiers de ce que vous avez alloué au secteur. Et vous aurez vraiment eu de la chance ! Quand à vendre au plus haut, n’y pensez même pas : nous n’avons jamais rencontré ce cas de figure en 7 années d’investissement.

4° Vous pourrez manquer un palier de peu. Et à -22% ou -23%, ce sera frustrant de ne pas pourvoir renforcer, seulement parce que vous avez fixé -25%. Mais suivre un process au plus serré et à la lettre, c’est aussi parfois très frustrant.

En conclusion, nous venons de vous expliquer ce que nous ferons à l’avenir et pourquoi nous allons investir de cette manière et en aucun cas ce que vous devez forcément faire.

En l’absence de ce process, nous devons constater que nous avons sans doute renforcé le secteur des mines d’or trop rapidement. Dans les détails de l’avantage statistique, vous pouvez par exemple observer que nous avons renforcé 4 fois notre premier investissement minier aurifère en 2013, le 20/02, le 18/04, le 17/05, le 16/07. Quatre petits renforcements qui ont été menés par le fait que le cours de l’or est passé début janvier 2013 de 1692$ a 1176$.en fin d’année. Si nous avions eu à notre disposition le process que nous venons de vous expliquer, nous aurions renforcé une seule fois cette minière canadienne et pas quatre fois. Et nous aurions calmement attendu le dernier palier de 996$ l’once.

Ajoutons pour terminer que tout investisseur dans la valeur type « Daubasses selon Benjamin Graham », peut finalement décider de faire l’impasse complète sur les sociétés liées directement ou indirectement aux matières premières.

Process pour les investissements liés aux matières premières (1ere partie)

Début janvier, nous avions proposé à nos abonnés un article décrivant en détail la manière dont nous allions gérer, à l’avenir, nos investissements dans des sociétés liées aux matières premières, aux métaux précieux et aux énergies ainsi que le fil des réflexions qui nous ont amenés à déterminer cette nouvelle stratégie.

C’est cet article, publié en deux parties, que nous vous proposons à présent de découvrir.

1ere partie : observations

 

Quand nous avons décidé de diversifier notre portefeuille avec des mines de métaux précieux, cotant sous la valeur de leur actif net-tangible, nous étions bien conscients que les cours de ces sociétés étaient tributaires des fluctuations quotidiennes du cours de l’or et de l’argent. Et comme nous ne faisons pas de timing, nous nous sommes dit que nous résisterions à la douleur des fluctuations négatives, quoi qu’il arrive… ce que nous avons fait depuis le 14 Octobre 2011, lors de l’achat de notre première minière or, soit depuis 4 ans. Et depuis le 3 février 2015, lors du premier achat d’une parapétrolière, liée au cours du pétrole, il y a presque un an.

Mais résister à la douleur ne signifie pas pour autant ne pas réfléchir sur le sujet, ne pas essayer de mieux comprendre. Et c’est donc ce que nous faisons depuis plus de 14 mois, par période et selon les observations et les idées de chacun d’entre nous.

Ce n’est donc pas les pertes passagères causées par nos minières et nos parapétrolières qui nous ont poussées à modifier notre process en ajoutant une règle, mais la réflexion sur le sujet qui a fait apparaître ce que nous considérons aujourd’hui comme une évidence que nous n’avions pas vu au départ.

Revenons quelques instants, pour ceux qui n’étaient pas là depuis le début, sur ce type investissement qui possède un levier important à la hausse ou à la baisse que nous pourrions qualifier de « naturel ».

Si les parapétrolières dépendent bien du prix du pétrole, c’est indirectement. Il est donc difficile de quantifier l’effet de levier car le cours du pétrole n’a pas d’influence directe sur les profits bruts de la société… Mais plutôt un effet indirect et lié aussi au type d’activité de la parapétrolière.

Par contre, dans le cas des mines, c’est clairement les coûts de production qui nous intéressent. Plus ils sont faibles, plus le levier (à la hausse ou à la baisse) est faible mais aussi, plus la résistance à des cours faibles de l’or est importante. Voici un petit exemple pour bien comprendre…

La mine « Inca Gold » supporte des coûts de production de 900$ par once d’or. Le cours de l’or est pour le moment de 1200$ l’once. Le profit brut de la société est donc de 300$ pour chaque once d’or extraite de ces mines.

Imaginons que le cours de l’or passe de 1200$ l’once à 1320$ l’once, c’est donc une variation du cours de +10%. Pour la mine « Inca Gold », les profits vont passer avec cette hausse du cours de 300$ à 420$ (cours 1320$ – coût de production 900$). On comprend dès lors qu’une variation de 10% du cours de l’once d’or à la hausse a fait varier les profits bruts de l’entreprise de +40%.

Seconde variation, à la baisse cette fois. Le cours de l’or passe de 1200$ l’once à 1080$ l’once, c’est donc une diminution du prix de vente de 10%. Pour la mine Inca Gold les profits vont passer avec cette baisse du cours de 300$ à 180$ (cours 1200$ – coût de production 900$). On comprend dès lors qu’une variation de -10% du cours de l’once d’or a réduit les profits bruts de la mine de 40%.

Dernier double exemple, une baisse de 25% du cours qui passerait de 1200$ l’once à 900$ l’once ferait passer les profits bruts de l’entreprise de 300$ à 0$ et une hausse de +25% ferait passer le cours de l’or de 1200$ à 1500$ et permettrait un doublement des profits de 300$ à 600$.

Nous avons donc dans cet exemple un effet de levier de 4 à la hausse comme à la baisse.

Voici donc le cadre pour ceux d’entre vous qui n’auraient pas tout suivi.

Passons maintenant à nos observations

Un investisseur dans la valeur n’est pas forcément habitué à regarder des graphiques et c’est plutôt notre cas. Mais c’est quand même en observant un graphique sur le prix du pétrole brut que nous sommes aperçus que les hausses et les baisses de prix étaient non seulement assez importantes en amplitude mais aussi qu’elles se déroulaient sur plusieurs années.

En observant un autre graphique sur l’or, nous avons fait le même constat.

Voici ces deux graphiques pour que vous puissiez visualiser à votre tour les cycles de hausse et de baisse.

Les deux graphiques courent sur 30 ans et quelques, des années 80 à aujourd’hui 1980-2016 pour l’or et 1983-2016 pour le pétrole. C’est un graphique en données mensuelles. Les flèches indiquent les hauts et les bas que nous avons retenus pour vous expliquer notre idée.

Graphique du pétrole

  évolution du pétrole 1

  Graphique sur l’or

 évolution de l'or 2

Nous avons ensuite introduit les données dans une feuille Excel pour quelques petits calculs.

cours du pétrole 3

Voici donc en chiffres ce que nous avons observé sur une période de 32 ans.

Nous avons relevé 7 cycles de baisse que nous avons mesurés à la date et au prix du plus haut et à la date et au prix du plus bas. Nous avons compté le nombre de mois qu’a duré la baisse, nous l’avons transformé en années et mois pour que cela soit plus parlant et enfin nous avons quantifié la chute du cours en %. La numérotation en bleu à gauche correspond à la numérotation sur le graphique.

Nous constatons tout d’abord pour le pétrole que les durées de baisse des cours varient de 7 mois à 3 ans et 3 mois et que l’amplitude de la chute varie de -42% à -77%. La moyenne de durée de la chute en mois et le % de la chute nous semble indicative tout au plus. Nous n’observons pas vraiment de corrélation entre la durée de la chute et le % de la chute du cours : par exemple, la période la plus courte de 7 mois voit la chute du cours la plus importante de -77% (2008-2009) et la baisse la plus longue (1990-1993) présente une chute du cours de -66% alors qu’il y a 3 baisse du cours plus importantes sur des durées plus courtes.

cours de l'or 4Même tableau donc que pour le pétrole mais sur 35 ans. Nous relevons ici 5 cycles de baisse et l’on observe que ces cycles de baisse sont plus longs que ceux du pétrole et dure en moyenne 3 ans et demi. La plus longue baisse a duré 5 ans et 2 mois et la plus courte 2 ans et 1 mois. En amplitude, les baisses vont de -66% à -34%. Nous observons avec l’or une corrélation qui est la suivante : plus la période de baisse est courte, plus le % de baisse est important, c’est donc le cas des deux premières périodes (80-82) et (83-85).

Que faire de ces observations pour améliorer le process ?

C’est ce que nous vous proposerons dans un prochain article

Quelle est la différence entre ces deux messages ? Il n’y en pas vraiment …

enigme financiereVoici le moment, ami(e) lecteur(trice), de vous dévoiler la réponse à la question que nous vous avions posée la semaine dernière.

Comme l’ont fait remarquer Flouch et Boss, il y a bien une différence de style entre les deux messages, le deuxième semblant plus argumenté que le premier.

Et pourtant, comme Stéphane,  nous ne voyons… aucune différence quant au fond.

Dans les deux messages, la thèse de son auteur est que Vet’Affaires est à éviter pour deux raisons essentielles : l’importance que constituent les stocks parmi l’actif et la faiblesse de ceux-ci en tant que collatéral et aussi la médiocrité supposée de la direction.

Disons-le d’emblée : nous sommes absolument d’accord avec ces deux points. Néanmoins, si nous voulions analyser de manière qualitative chacune de nos sociétés, nous trouverions sans doute des éléments aussi recevables pour la grosse majorité et donc… des bonnes raisons de ne pas investir.

« Mais alors, si ces deux messages sont les mêmes, pourquoi nous avoir demandé ce qui était différent ? Je sais que vous avez l’esprit tordu mais là, vous vous surpassez. J’en ai eu des insomnies moi, à tenter de résoudre votre énigme».

Rassurez-vous, ami(e) lecteur(trice), il y a bien une différence entre ces deux messages et cette différence, c’est le moment où ils nous sont été envoyés comme l’ont soupçonné zzyyxx et Boss.

Le premier message a été rédigé le 5 janvier 2009, peu après notre premier achat de Vet’Affaires et au tout début de l’aventure daubasses. Dans ce message, son auteur critique la politique commerciale de la direction, signale des conflits entre actionnaires et l’importance du stock.

Nous répondions ceci à notre correspondant :

« Tout d’abord nous tenons à vous remercier pour l’intérêt que vous portez à notre travail.

Au sujet de Vet’Affaires, vous avez entièrement raison : c’est une véritable « daubasse » mal gérée et dont l’avantage compétitif qui reposait sur une « entourloupe » juridique au sujet des statuts des gérants de magasins semble être remis en question. Nous avions également remarqué le fait que le stock de Vet’Affaires représente 370 jours de vente (au prix d’achat).

Bref pas brillant du tout … tout comme 80 % des sociétés que nous avons en portefeuille.

Mais ce n’est pas si grave à nos yeux car voyez-vous, notre club d’investissement n’achete pas des sociétés à proprement parlé (comme le ferait Buffett dont vous faites mention) mais essentiellement des actifs et ce, avec une marge de sécurité que nous estimons intéressantes.

Nous n’excluons d’ailleurs pas la disparition de l’une ou l’autre de nos sociétés en portefeuille. C’est d’ailleurs la raison de la grande diversification avec laquelle nous avons opéré.

Par contre, nous pensons que les sociétés qui survivront (et malgré tout, nous pensons que Vet’Affaires survivra) subiront trois destins :  

– soit elles retrouveront une rentabilité importante et nous connaîtront alors un retour de leur cours à des niveaux significativement plus élevés

– soit elles seront rachetées par des concurrents (nous penchons pour ce scénario avec Vet’Affaires) et dans ce cas la cession devrait se faire à des valeurs supérieure à la valeur du fond de roulement net

– soit elles « vivoteront », verront leur valeur d’actif péricliter voir perdre de sa valeur et dans ce cas, l’investissement réalisé ne sera pas vraiment excellent.

Bref vous aurez compris que l’approche que nous privilégions pour notre club de « daubasses » est assez originale. Elle tient lieu à la fois d’une conviction raisonnable qu’elle devrait nous permettre de générer un rendement intéressant à moyen terme mais également de centre « d’expérimentation » afin de vérifier le bien-fondé de nos élucubrations.

Nous vous souhaitons une excellente année 2009. »

Et un peu plus de deux ans plus tard, nous revendions nos actions avec une plus-value nette de frais et de taxe de 258,88 %

Le 16 juillet 2012, à la suite d’une nouvelle chute de cours, nous investissions à nouveau sur Vet’Affaires. Nous renforcions d’ailleurs pendant la chute de ce couteau le 7/09/2012 puis le 6/08/2014.

Et le 23/11/2014, nous recevions le 2e message de notre abonné.

Nous n’avons certes pas déroulé tout le raisonnement que nous avions tenu lors de son premier message mais nous aurions pu. Nous avons simplement répondu ceci :

« C’est une Daubasse. Nous ne connaissons pas l’avenir… Simplement, dans un portefeuille diversifié, cette position a du sens. 

On verra ce qu’il en est dans quelques mois / années»

L’avenir, on le connait à présent, Vet’Affaires a été mis en redressement judiciaire, nous avons vendu notre position le 6 août 2015 (soit exactement un an après le dernier message de notre abonné) en encaissant une perte de 75,06 %.

« Donc votre abonné avait raison sur ce coup-là ? »

Non seulement notre abonné avait raison sur ce coup-là mais sur le précédent également tout comme nous avions raison lors de nos deux achats.

En effet, si nous avions évité d’investir dans Vet’Affaires en prenant en compte les arguments, tout-à-fait recevables mais finalement identiques, portant sur la faiblesse de sa direction ou de la valeur du collatéral sous forme de stocks, nous évitions une perte de 75 % en août 2015 mais aussi une plus-value de 260 % en mars 2011.

Nous rejoignons donc William : on peut toujours trouver une bonne raison de ne pas investir sur une daubasse : parfois, cette « bonne raison » se justifiera et entrainera des pertes importantes. Mais si les éléments ayant conduit à sélectionner les actions pour son portefeuille sont rationnels et permettent de disposer d’un avantage statistique, nous considérerons alors les pertes occasionnelles subies sur l’une ou l’autre ligne comme un évènement normal dans la gestion de ses investissements.

Notre approche est fondée sur l’avantage statistique : nous achetons des sociétés qui, statistiquement, ont plus de chances de performer que la moyenne. Mais il arrive qu’il y ait un « bide » dans la sélection.

C’est l’intérêt de la diversification telle que nous la pratiquons. Certains investisseurs disent que plus on diversifie, plus on se rapproche de la moyenne. Ils ont raison. Mais si la diversification se fait exclusivement sur un segment qui, dans son ensemble, doit faire mieux que la moyenne, on se rapprochera de la moyenne… « du mieux que la moyenne » et on créera de la surperformance sur le long terme.

 

Antifragile de Nassim Nicholas Taleb (2e partie)

Antifragile-talebCet article constitue le 2e d’une série consacrée à l’ouvrage de Nassim Nicholas Taleb, Antifragile: Les bienfaits du désordre.Vous pourrez relire la première partie ici.

« Je veux vivre joyeusement dans un monde que je ne comprend pas »…

… ainsi commence le paragraphe « l’antidote au Cygne Noir » par Nassim Taleb. Mais, bien entendu, avant d’en arriver à l’antidote, il brosse un portrait rapide de ce qu’est un cygne noir, de ses conséquences, de la perception que l’on en a et de ce que certains font pour faire comme si cela n’existait pas. Ou encore mieux, comme si c’était prévisible … après coup bien sûr. Le tout dans le pur style Taleb qui égrène, l’air de rien, un contre-académisme caustique et sans concession.

Taleb définit donc les cygnes noirs comme des évènements imprévisibles et irréguliers qui se produisent à grande échelle et qui ont d’énormes conséquences. Mais il va plus loin en affirmant que l’essentiel de l’histoire est dû à des cygnes noirs alors que nous nous préoccupons de développer des modèles et des théories pour mieux comprendre l’ordinaire, qui sont incapables de suivre la trace de ces chocs et encore moins de mesurer leurs éventualités.

« Les Cygnes Noirs détournent nos cerveaux, en nous donnant l’impression des les avoir « pour ainsi dire » ou « quasiment » prévus, parce que l’on peut les expliquer rétrospectivement. Nous ne nous rendons pas compte du rôle que jouent ces cygnes noirs dans la vie parce que nous avons l’illusion qu’ils sont prévisibles« . Et Taleb de poursuivre en expliquant que nos vies sont beaucoup plus « labyrinthiques » que notre mémoire nous le suggère et que notre esprit nous fait envisager l’histoire de manière tellement linéaire, que nous sous-estimons toujours le hasard. Mais quand nous en prenons conscience, nous le redoutons vraiment au point de réagir avec excès. « A cause de cette crainte et d’une soif d’ordre, certains systèmes humains, en perturbant la logique invisible ou guère visible des choses, tendent à s’exposer au tort que peuvent leur causer les Cygnes Noirs et n’en tirent presque jamais de profit. C’est un pseudo ordre que l’on obtient quand on recherche l’ordre ; on n’obtient qu’une certaine mesure d’ordre et de contrôle quand on englobe le hasard. »

En fait, Taleb nous explique que les systèmes complexes sont remplis d’interdépendances, difficiles à discerner et de réactions non linéaires. Et d’insister sur ce qu’il entend par « non linéaire » avec deux exemples : « Lorsque l’on double la dose d’un traitement médical ou le nombre de salariés dans une usine, on n’obtient pas le double de l’effet initial mais plutôt beaucoup plus ou beaucoup moins« . Et si l’on devait tracer l’effet de ce doublement sur un graphique, ce ne serait pas à l’aide d’une droite linéaire mais d’une courbe.

Donc, quand des systèmes complexes sont conçus par l’homme, ils produisent aussi des réactions en cascade et de plus en plus rapides, qui diminuent, voire rendent impossible la prévisibilité et déclenchent des évènements démesurés. Et paradoxalement, la technologie d’aujourd’hui rend les choses encore moins prévisibles pour des raisons en rapport avec la croissance de l’artificielle qui s’éloigne des modèles ancestraux et naturels et perd de la robustesse. Taleb pense que nous sommes victimes d’une nouvelle maladie qu’il nomme « néomanie », qui nous ferait penser que nous instaurons du progrès alors que ce sont des systèmes vulnérables sujets aux cygnes noirs.

« Un aspect fâcheux au problème du Cygne Noir, le point central sur lequel on fait l’impasse, est que l’on ne peut tout simplement pas évaluer les chances que les évènements rares se produisent » et de citer l’exemple que l’on comprend beaucoup moins un évènement qui se produit tous les 100 ans que tous les 5 ans car les erreurs de modélisation augmentent quand les probabilités sont faibles. En fait, plus un évènement est rare, plus il est difficile à appréhender et moins nous en savons sur sa fréquence.

Et pourtant, s’amuse Taleb, plus l’évènement est rare, plus ces « scientifiques » s’appliquent à faire des prédictions, des modélisations avec des Power Point remplis d’équations quand ils font une conférence et affiche en plus une confiance en eux.

Pour Taleb, le seul et le meilleur expert en évènements rares, c’est la nature qui gère les cygnes noirs depuis des milliards d’années sans avoir besoin d’être très instruite en matière de commandement et de contrôle par un directeur d’étude nommé par un comité de recherche d’une université prestigieuse. Et il conclut ce paragraphe de cette manière : « L’antifragilité n’est pas que l’antidote au Cygne Noir : le fait de la comprendre nous rend moins craintifs intellectuellement en acceptant que ces évènements jouent un rôle nécessaire à l’histoire, à la technologie, au savoir et à tout ce que vous voudrez. »

Ce que nous apprécions le plus dans ce prologue de l’antifragile, c’est le fait que Nicholas Nassim Taleb nous explique que peu de personnes sont capables de tirer profit des Cygnes noirs parce qu’elles redoutent le hasard et sont bloquées intellectuellement par le désordre qu’ils provoquent. Et pourtant, en 2008, Taleb n’avait sans doute pas encore écrit une seule ligne de ce livre et l’équipe des Daubasses ramassait des net-nets à la pelle comme on ramasse des feuilles mortes en automne, en nous basant sur la réflexion la plus puissante de tous les temps produite par Benjamin Graham. Et cette réflexion a été écrite a l’occasion d’un autre cygne noir : 1929.

Cela nous permet en conclusion de nous poser une question et d’essayer de formuler une réponse.

Pourquoi, au lieu d’être figé par le désordre de 2008, les écrits de Benjamin Graham nous ont permis de profiter de ce Cygne Noir ?

Nous pensons que la seule chose qui a compté dans les écrits de Benjamin Graham qui nous a permis d’échafauder notre process, c’est le bon sens… Dans la folie d’un cygne noir, avant, pendant et après, le bon sens disparait progressivement sans que l’on comprenne vraiment ce qui se passe, où cela va s’arrêter et les conséquences réelles… La simplicité chiffrée exprimant le bon sens, blanc sur noir, apparait alors comme un point lumineux, une évidence. Et sans être des génies, nous l’avons souvent répété, nous avions compris dès 2008 qu’il y avait aussi dans notre méthode une dose de hasard : le fait que nous achetions des actifs à bas prix ne garantissait rien, même si les probabilités de perte étaient réduites… Quand nous relisons nos articles de 2008 qui traduisent certaines de nos réflexions avant de démarrer, c’est ce qui apparait.

Extrait de Antifragile: Les bienfaits du désordre, page 17 – 18

PS : A chaque article sur le livre de Nassim Nicholas Taleb : « Antifragile : les bienfaits du désordre », nous espérons vous démontrer que c’est un livre important pour tout investisseur et que son achat nous semble être un excellent investissement.

 

 

Antifragile de Nassim Nicholas Taleb (introduction)

Antifragile-talebVoici quelques semaines, nous ne connaissions Nassim Nicholas Taleb que de nom et comme l’auteur du retentissant « Cygne noir ».

Intrigués par le titre de son dernier livre : « Antifragile: Les bienfaits du désordre », et plus particulièrement sur le mot antifragile qui n’existe pas dans le dictionnaire, nous avons tout d’abord cherché à en savoir un peu plus.

Le déclic qui nous a fait passer de la curiosité à la décision d’acheter ce livre de 650 pages tient en trois phrases de l’auteur : « Il est difficile de faire comprendre à des intellectuels la supériorité intellectuelle de la pratique. » ; « Le monde est divisé entre ceux qui aiment et ceux qui n’aiment pas la volatilité. » et « Ne demandez jamais à quelqu’un son avis, ses prévisions ou ses recommandations. Demandez-lui simplement ce qu’il a – ou n’a pas – dans son portefeuille d’actions. ».

Après les vingt premières pages, nous avons compris que nous avions en face de nous un personnage décalé comme nous les aimons tant, du style de Walter Schloss ou de Martin Withman, pour n’en citer que deux.

Et nous avons parfois eu l’impression au cours de ces 650 pages qu’il éclairait plus encore la théorie de Benjamin Graham que Graham n’était parvenu à le faire lui même dans son  « L’investisseur intelligent » (rappelons-nous que Benjamin Graham a mis au point sa théorie après le Krach de 1929, un cygne noir), qu’il expliquait avec une précision scientifique, la force et la mise en pratique de  cette théorie, par Walter Schloss sur du très long terme et presqu’accessoirement et par extension de notre process « Daubasse », de sa mise en pratique et de ses résultats, même si Nassim Nicholas Taleb déborde largement du seul sujet « investissement », pour l’enrichir avec de la philosophie, des mathématiques, de la physique, de la science, de la psychologie, de la vie de tous les jours, le tout ficelé par force d’exemples pratiques et une érudition phénoménale.

Ce qui nous a éblouis, c’est le fait que Nassim Nicholas Taleb part de la pratique et de l’observation de la pratique pour en faire de la théorie et pas l’inverse comme souvent.

Ce qui est détonnant, c’est qu’il va à l’encontre de nombreuses règles établies et donc à contre courant du monde scientifique, politique et bien entendu des économistes ou des zinzins. On le surnommait à une époque le « Dissident de Wall Street ». Ce qui est aussi amusant c’est qu’il fut un ami du mathématicien Benoît Mandelbrot et du psychologue Daniel Kahneman spécialiste de la psychologie cognitive et prix Nobel d’économie dont nous vous avons parlé abondamment dans nos articles sur la finance comportementale (lui aussi échafaudant sa théorie à partir d’expériences réelles).

Nassim Nicholas Taleb est de notre point de vue un véritable OVNI et à la fin des ces 650 pages « Antifragile », il nous a semblé obligatoire de vous en parler, de vous le faire découvrir et de vous donner notre point de vue sur de très nombreux passages de son livre, qui vous permettront une fois de plus de scanner l’homme ou la femme, puis l’investisseur qui est en vous, et de comprendre votre process ou de mieux comprendre encore notre process.

Nassim Nicholas Taleb est né en 1960 à Amium au Liban. Il est scolarisé chez les jésuites français à Beyrouth avant d’étudier la philosophie et les mathématiques pour approfondir sa connaissance des lois du hasard.

Il possède un MBA de la Wharton School université de Pennsylvanie et un doctorat de l’université de Paris Dauphine.

Spécialisé dans les risques d’évènements rares et imprévus, il a travaillé pendant 20 ans comme courtier sur la bourse de New-York et de Londres. Il a créé en 1999 le fonds Empirica LLC (du nom du philosophe médecin sceptique et empirique grec Sextus Empiricus) consacrée aux opérations de trading. Il en fait aussi son laboratoire de recherche sur le risque.

La performance de son fonds a été de 60% en 2000, suivie par des perte en 2001 et 2002 et des résultats positifs à 1 chiffre en 2003 et 2004. En 2007, gravement malade, il revend son fonds, pour se consacrer à l’écriture et à l’enseignement.

Dans son activité d’opérateur de marché d’options, Taleb dit avoir une approche non mathématique du risque et de l’incertain et dit n’avoir aucune confiance dans les modèles financiers utilisés par les universitaires.

Polyglotte, il maîtrise parfaitement le français, l’anglais et l’arabe classique. Il parle l’italien et l’espagnol. Il lit les textes en grec, latin, araméen, hébreu ancien et en écriture cananéenne.

Nassim Nicholas Taleb est aujourd’hui professeur d’ingénierie du risque à l’Institut polytechnique de l’université de New York et conseillé scientifique du fonds de son ami Mark Spitznagel  « Universa Investments LP » qui a travaillé à ses côtés dans Empirica LLC.

Voici un premier extrait de son livre « Antifragile »

Comment aimer le vent ?

Le vent éteint la bougie et anime le feu.

Il en est ainsi du hasard, de l’incertitude, du désordre : on veut en tirer profit et non pas s’en abriter. On veut être le feu et l’on désir le vent. Voilà qui résume la position ambitieuse de l’auteur à l’égard de l’incertitude.

Nous ne voulons pas seulement survivre à l’incertitude, nous contenter d’en réchapper. Nous voulons survivre à l’incertitude mais aussi, comme certaines classes de Romains pugnaces et stoïques, avoir le dernier mot. Notre mission consiste à savoir comment apprivoiser, et même dominer, et conquérir l’invisible, l’obscur et l’inexplicable. ….Comment ?

L’Antifragile

Certains objets tirent profit des chocs ; ils prospèrent et se développent quand ils sont exposés à la volatilité, au hasard, au désordre et aux stress, et ils aiment l’aventure, le risque, et l’incertitude. Toujours est-il que, malgré l’ubiquité du phénomène, il n’existe pas de mot pour désigner l’exact opposé de fragile. Appelons-le  » antifragile ».

L’antifragilité dépasse la résistance et la solidité. Ce qui est résistant supporte les chocs et reste pareil ; ce qui est antifragile s’améliore. Cette qualité est propre à tout ce qui s’est modifié avec le temps : l’évolution, la culture, les idées, les révolutions, les systèmes politiques, l’innovation technologique, les réussites culturelles et économiques, la survie en commun, les bonnes recettes de cuisine, l’essor des villes, des cultures, des systèmes judiciaires, des forêts équatoriales, de la résistance aux bactéries… jusqu’a notre propre existence en tant qu’espèce sur cette planète. Et l’antifragile détermine la frontière entre le vivant et le biologique, notamment entre le corps humain et ce qui est inerte, un objet matériel tel que l’agrafeuse de votre bureau.

L’antifragile aime le hasard et l’incertitude, ce qui signifie aussi, foncièrement, qu’il aime les erreurs, une certaine catégorie d’erreurs. L’antifragilité a la rare vertu de nous permettre d’affronter l’inconnu, de faire les choses sans les comprendre, et de bien les faire. Qu’on me permette d’être plus brutal : nous sommes bien meilleurs dans ce que nous faisons que dans ce que nous pensons, grâce a l’antifragilité. Je préfèrerais être bête et antifragile qu’extrêmement intelligent et fragile, à n’importe quel moment.

Nous remarquons sans peine autour de nous que certaines choses apprécient une dose de stress et de volatilité : les systèmes économiques, notre corps, notre alimentation (le diabète et la maladie d’Alzheimer semblent dériver en grande partie d’un défaut de hasard dans l’alimentation et de l’abscence d’une privation contraignante de temps à autres) notre psychisme. Il existe même des contrats financiers antifragiles : ils sont explicitement conçus pour bénéficier de la volatilité des marchés.

L’antifragilité nous fait mieux comprendre la fragilité. De même qu’on ne peut améliorer la santé sans réduire les maladies, ni accroître la richesse sans diminuer d’abord les pertes, de même, l’antifragilité et la fragilité sont divers degré d’un même spectre.

Non prédiction

En saisissant les mécanisme de l’antifragilité, on peut établir un vaste guide systématique de la prise de décision non prévisionnelle dans l’incertitude en affaire, en politique, en médecine et dans la vie en général – partout ou l’inconnu l’emporte, dans toutes situations où il y a une part de hasard, d’imprévisibilité ou d’opacité, ou dont la compréhension est incomplète.

Il est beaucoup plus facile de se rendre compte si quelque chose est fragile que de prévoir un évènement qui pourrait lui causer des dommages. On peut mesurer la fragilité ; le risque n’est pas mesurable (hormis par les casinos ou par des gens qui se qualifient « d’experts du risque »). Ceci fournit une solution à ce que j’ai appelé le problème du Cygne noir : L’impossibilité de calculer les risques d’évènements rares consécutifs et de prévoir leur apparition. La sensibilité aux dommages dus à la volatilité est résoluble, davantage en tout cas que la prévision de l’événement qui causerait les dommages. C’est pourquoi, nous nous proposons de renverser nos manières habituelles d’aborder la prédiction, les pronostics et la gestion du risque.

Dans tous les domaines d’application, nous proposons des règles pour passer du fragile à l’antifragile par une réduction de la fragilité ou une mise à profit de l’antifragilité. Et nous pouvons presque toujours déceler l’antifragilité (et la fragilité) en recourant à un simple test d’asymétrie : tout ce qui, à la suite d’événements fortuits (ou de certains chocs), comporte plus d’avantages que d’inconvénient est antifragile ; et fragile dans le cas contraire.

Extrait de Antifragile: Les bienfaits du désordre pages 13 – 15

Nous voyons donc qu’avec cette introduction tout le programme est déjà exposé en quelques mots, avec par exemple : En saisissant les mécanisme de l’antifragilité, on peut établir un vaste guide systématique de la prise de décision non prévisionnelle dans l’incertitude (…) Ou il y a une part de hasard, d’imprévisibilité ou d’opacité, ou dont la compréhension est incomplète.

Une société cotée en bourse ou pas est une entité complexe. Ce que l’on nomme complexe est défini par une composition d’interférences multiples. Ce qui est le cas d une société. Et c’est donc là qu’il est important de comprendre que le hasard, l’imprévisibilité, l’opacité et donc la compréhension incomplète sera au rendez-vous.

En comprenant donc ce que va nous expliquer Nassim Nicholas Taleb sur l’antifragilité, nous allons pouvoir comprendre définitivement, par exemple et entre autres, l’avantage ultime de la diversification, sur lequel les railleries aimables du type : on diversifie quand on n’y comprend rien, pourront être retournées comme une simple crêpe de la chandeleur… Ou encore du style : c’est quand on croit comprendre que l’on ne diversifie pas !

Une dernière petite idée de Nassim Nicholas Taleb à méditer sur le sujet avant le prochain épisode : « le vrai ou le faux n’a pas d’importance car c’est de la croyance, ce qui est réellement important ce sont les conséquences du vrai et du faux. »

La suite au prochain épisode.

A chaque article sur le livre de Nassim Nicholas Taleb : « Antifragile : les bienfaits du désordre », nous espérons vous démontrer que c’est un livre important pour tout investisseur et que son achat nous semble être un très bon investissement.

24 novembre 2008- 24 novembre 2015 : l’avantage statistique de notre process (3e partie – fin)

Cet article est le dernier d’une série de trois publiée à l’occasion du 7e anniversaire du portefeuille de notre club et de ce blog. Vous pourrez retrouver la 1ere partie ici et la 2e partie ici.

Troisième considération : les statistiques « évolutives » mêlant investissements réalisés et sociétés encore en portefeuille.

Nous mélangeons donc dans cette partie les investissements réalisés et les investissements encore en portefeuille. Pour deux raisons majeures : nous voulons comprendre le passé et le présent.

Nous voulons pouvoir être en mesure de comprendre rapidement nos erreurs ou voir précisément où se trouve le maillon faible de nos décisions à n’importe quel moment après trois semaines comme après 2 ans et demi.

Nous aimons particulièrement cette partie des statistiques du portefeuille car c’est précisément la partie où nous allons montrer que nous ne sommes pas des super héros de l’investissement value, c’est aussi la partie que tous les sites commerciaux mettent au plus vite sous le tapis en vous parlant du long terme quand, à court terme, « l’affaire du siècle » s’avère être une cata !

Pas nous.

Car nous voulons aussi regarder en face nos idées d’investissement à court terme et à moyen terme même si leurs premiers mois, trimestres, voire années sont parfois décevants.

Nous voulons aussi mieux faire comprendre à tous ceux qui nous lisent que ce n’est pas parce qu’une affaire tourne mal à court terme qu’elle ira forcément mieux à long terme mais que tout est possible dans tous les sens, négatifs comme positifs.

Et qu’il faut être capable, si l’on veut s’améliorer en tant qu’investisseur, de prendre des multi baggers comme des faillites. Tout investisseur devrait comprendre et accepter ces réussites magistrale qui vous font penser plusieurs heure que vous êtes le roi mais aussi ces moments de solitude qui font mal et au cours desquels on pense qu’il n’existe pas de plus nul que soi.

Observons à présent ces statistiques regroupant investissements réalisés et encore en portefeuille …

En 2009, on remarque par exemple que les 5 sociétés encore en portefeuille et donc au cours du jour + dividende net inclus améliorent pour le moment le rapport gains/pertes des sociétés réalisées puisque ce rapport gains/pertes passe de 5.54 a 6.96. Sans pour autant augmenter le pourcentage de gains par rapport aux pertes.

2010 qui est une excellente année au cours de laquelle les investissements réalisés sont de 12 sur 16 soit 75% du total. Elle offre un rapport gains/ pertes de 7.24. Au niveau de la pondération des gains et des pertes, nous sommes sur du 50/50… comme dans notre exemple de départ du lancer de pièces de Samuelson. Nous nous sommes donc trompés 1 fois sur 2 puisque nous avons 6 positions réalisées en gain et 6 positions réalisées en perte. Ce qui fait la différence, c’est le gain moyen de 1 052.02€ contre une perte moyenne de -145.23€, le rapport est de 7.24. Et si l’on rapporte à l’exemple du lancer de pièces, une fois sur deux : pile je gagne 724€ face je perd 100€.

Nous voyons en plus que si l’on ajoute les 4 positions non clôturées au calcul au cours du 24/11/2015, nous augmentons encore le rapport gain- perte en le faisant grimper à 9.07.

En 2011, c’est le contraire mais les investissements non clôturés au nombre de 14 pèsent 39%. Nous avons fait 36 investissements sur l’année. Le rapport gains/ pertes de 5.17 des investissements réalisés passe à 4.19 quand on y ajoute les 14 investissements non clôturés.

En 2012, c’est pareil : sur les 40 investissements, 28 ont été réalisés et offre un rapport gains/pertes de 6.83. Les 12 sociétés encore en portefeuille représentant 30% des investissements de l’année font tomber le rapport gain perte à 4.83.

Jusque là, vous pourrez aussi remarquer que les investissements réalisés l’ont été entre 708 jours (2009) et 800 jours (2010). A partir de 2013, les investissements réalisés étant moins nombreux sous 40% du total des investissements de l’année, le temps moyen de réalisation varie entre 0 jours (2015) et 380 jours (2013).

C’est aussi à partir de 2013 que ces statistiques combinées sont plus fortement dépendantes de la fluctuation des cours car en 2013, 2014 et 2015, sur nos 84 investissements, 20 ont été réalisés, soit seulement 24%. Ce qui est donc le plus intéressant en attendant plus de réalisations, c’est de comprendre le déroulement du film !

Par exemple en 2013, nous avons 12 sociétés sur les 30 investissements de l’année qui ont été réalisées avec un rapport de gain / perte de 3.01 et un taux de réussite de 75% pour les sociétés en gain et 25% pour les sociétés en perte. Si nous ajoutons les 19 investissements encore en portefeuille, le rapport gains/ pertes tombe à 1.09 donc autour de l’équilibre et le taux de réussite des gains passe à 58.06% contre 41.94% du côté des pertes. Nous comprenons instantanément que nos investissements aurifères et matières premières sont pour l’instant la cause de la réduction conséquente de notre avantage statistique.

2014 est pour le moment et statistiquement parlant notre moins bonne année et là, c’est un peu l’inverse de 2013. Les 8 sociétés réalisées génèrent un rapport gains/ pertes de 0.77, cela signifie donc que les gains moyens sont inférieurs aux pertes moyennes et très inférieures puisque dans la pondération les gains représentent 62.50% (5 gain/ 8) contre 37.50% pour les pertes (3 perte/8). Que se passe-t-il ? La faillite d’Albemarle&Bond renforcée deux fois au cours de 2014 pèse lourd dans cette partie des investissements réalisés. Sans Albemarle&Bond le rapport gains/pertes serait de 2.74… Mais il y a Albemarle ! Contrairement à 2013, les sociétés encore en portefeuille relèvent un peu le rapport gains/pertes en le remontant à 0.88 Nous sommes donc statistiquement en négatif.

Il faut noter aussi que 26% des investissements de 2014 on été réalisés et que 76% sont donc toujours en portefeuille.

L’année 2015 n’a pas encore vu de vente réalisée. Toutes les sociétés sont donc encore en portefeuille. Les statistiques au cours du jour sont plutôt bonnes puisque le rapport gains/pertes est de 1.41, même si l’objectif a atteindre reste impérativement 2. Et sur les 23 investissements réalisés cette année, 13 sont en gain et 10 sont en perte au cours du jour.

Epilogue et tableaux

Avant de vous laisser découvrir les différents tableaux et chiffres, nous voudrions clôturer ce texte anniversaire en vous indiquant l’URL d’une étude que nous avons présenté sur notre blog le mois passé et qui nous a permis de mieux comprendre la valeur ajoutée de notre travail.

Si nous avons bénéficié de notre propre travail et de sa valeur ajoutée en premier lieu, nous espérons aussi que nous avons apporté à tous nos abonnés et à tous nos lecteurs au cours de ces 7 années écoulées, quelques petites choses qui auront pu leur servir à devenir de meilleurs investisseurs. Si c’est le cas, cela sonne alors pour nous comme de la valeur ajoutée supplémentaire à notre travail.

Nous nous devons enfin rendre hommage à Nassim Nicholas Taleb qui nous a permis de mieux comprendre l’importance des probabilités et du hasard dans l’investissement Value enseigné par Benjamin Graham dont nous nous sommes inspirés et qui nous a permis d’apporter, peut-être, un éclairage inédit sur le sujet.

Nous lui laissons le dernier mot qui nous semble bien résumer ce que signifie investir dans des sociétés estampillée Daubasse.

« On croit que l’intelligence consiste à relever des faits saillants alors que, dans un monde complexe, il s’agit plutôt d’ignorer ce qui n’est pas pertinent. »

Nassim Nicholas Taleb

2009.1 

2009 .2

 

2009.3)

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2010.1

2010.2

2010.3

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2011 (1)

2011.2

2011.3

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2012.1

2012.2

2012.3

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2013.1 - Copie

2013.2 - Copie

2013.3

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2014.1

2014.2

2014.3

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2015.1Mouvements complets 2015 dans la zone Premium.

2015.2

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Voici donc notre navire et toutes ses barquettes… 7 ans plus tard.

« Ceux qui prédisent ou expriment une opinion sur un sujet qui ne les implique pas ont toujours quelque chose de faux. Ils ne sombrent pas avec le navire, ils regardent un bon film d’action. »

Nassim Nicholas Taleb

La prochaine mise à jour sera disponible dans la zone premium de notre site dans les premiers 15 jours de janvier 2016.

24 novembre 2008- 24 novembre 2015 : l’avantage statistique de notre process (2e partie)

fete_7_ansCet article est le 2e d’une série de trois publiée à l’occasion du 7e anniversaire du portefeuille de notre club et de ce blog.  Vous pourrez retrouver la 1ere partie ici.

Quelques réflexions sur cet avantage statistique issues du résultat de ce traitement par année.

Première considération : le temps de la performance et de la réalisation est différent.

Il nous semble d’abord important de comprendre que le temps de la performance du portefeuille n’est pas celui de la réalisation d’un investissement et donc de l’avantage statistique. La performance du portefeuille et de chaque société à l’intérieur du portefeuille est calculée du 1 janvier au 31 décembre de chaque année soit sur 365 jours. Par contre toutes les décisions qui on été prises sur la même année ne se réaliseront pas forcément en 365 jours. Quand nous parlons de réalisation, c’est l’achat mais aussi la vente, en perte ou en gain.

Nous allons prendre un exemple plutôt extrême de notre historique pour que vous compreniez bien ce temps différent entre la performance annuelle et la réalisation des décisions d’investissement prises dans l’année.

En 2008, à partir du 24 novembre, nous achetons 30 sociétés. La société Kindy, un marchand de chaussettes, est vendue le 10 décembre 2008 car, avec son dernier rapport financier, nous constatons qu’elle ne correspond plus à nos critères de solvabilité et elle est remplacée par Tandy Brand Acessories. Nous avons donc cette année-là pris 31 décisions d’investissement. La performance de l’année 2008 a donc lieu sur 36 jours, soit du 24 novembre au 31 décembre 2008… Et elle est négative avec -3.69%.

Si vous ne prenez en compte que la performance, vous pouvez donc affirmer sans problème que cette année n’a pas été terrible pour le portefeuille daubasse. Ce qui peut laisser sous-entendre que les décisions d’investissement n’ont pas été des plus judicieuses.

Si vous examinez ensuite la réalisation de ces 31 décisions d’investissement de 2008, votre information sur ce que vous avez fait est très différente : tout d’abord, vous voyez qu’un seul investissement a été réalisé en 2008, c’est précisément Kindy et il s’est soldé par une perte en 14 jours. Et que le dernier investissement à avoir été réalisé l’a été plus de 6 ans et demi plus tard, en 2418 jours avec la société Coast Distribution System le 10 juillet 2015. Le temps moyens de réalisation du portefeuille de départ a donc été de 709 jours, soit 1 an et un peu plus de 11 mois. Le rendement total de ces 31 positions réalisées en moyenne sur 709 jours est de 178.48%, ce qui donne un rendement annualisé de 69.44%. Nous voyons aussi que nous avons généré 23 investissements en gain et 8 investissements en perte, que notre gain moyen pondéré a été de 951.02€ contre une perte moyenne pondérée de -49.77€. L’avantage statistique de cette année là a donc été de 19.11 pour 1…

Comme nous vous l’avions expliqué au départ, cet exemple est extrême puisque la performance ne court que sur 36 jours alors que la réalisation moyenne est de 709 jours. En réalité, cet exemple était destiné à vous faire comprendre la différence liée au temps de la performance et au temps de la réalisation. Nous allons vous proposer un autre exemple mais, avant, nous vous laissons découvrir les deux tableaux suivant :

 

2008 (1)

 

 

2008 (2)

 

Cette année 2008 est pour l’instant notre seule année totalement clôturée : il reste des positions ouvertes pour chacune des autres années d’existence du portefeuille.

Nous allons comparer deux années sur les positions clôturées pour approfondir cette notion de temps différent de la performance annuelle et de la réalisation des investissements de l’année expliquant l’avantage statistique : notre meilleure année et notre pire année. Ces années sont 2009 et 2011.

Quelques précisions sur ces deux années :

  •  En 2009, nous avons pris la décision d’investir sur 42 sociétés. Aujourd’hui, 5 sociétés sont toujours en portefeuille et ne sont toujours pas vendues. C’est donc 12% des achats de 2009 qui ne sont pas encore réalisés. Alors que 37 investissements ont été clôturés.
  • En 2011, nous avons acheté 36 sociétés. Aujourd’hui, il nous reste en portefeuille 14 sociétés, soit 39% des achats de l’année 2011. 22 achats ont donc été clôturés.

Voyons maintenant les deux temps. Et commençons par la performance annuelle du portefeuille, performance annuelle sur une durée connue de tous, soit 365 jours !

En 2009, nous avons connu notre meilleure année avec une performance exceptionnelle de 308.74%.

En 2011, nous avons connu notre pire année, avec une performance négative de -15.65%.

Si l’on s’en tient à cette seule performance annuelle, on ne peut que constater qu’il n’y a pas photo : 2009 est une année que l’on n’est pas près de revivre, qui ne peut pas se reproduire, que l’équipe des Daubasse a été particulièrement bien inspirée, que le marché était très favorable. Et pour 2011, on pourrait dire que nous avons été mal inspirés et que les limites de notre méthode apparaissent au grand jour.

En fait, toutes ces assertions sont fausses d’un point de vue de statistique tant pour 2009 que pour 2011.

En 2009, nous avons 37 réalisations (acheté-vendu) avec 20 gains et 17 pertes, les gains représentent 54.05% et les gains moyens pondérés sont de1 286.16€ tandis que les pertes représentent 45.95% et les pertes moyennes pondérées sont de 232.24€. Le rapport gains/pertes est de 5.54.

En 2011, sur les positions clôturées, nous avons 22 réalisations avec 16 gains et 6 pertes, les gains représentent 72.73% et les gains moyens pondérés 2 179.22€ tandis que les pertes représentent 27.27% et les pertes moyennes pondérées -421.81€. Le rapport gains/pertes est de 5.17.

Le temps moyen de réalisation de 2009 est de 708 jours et celui de 2011 de 714 jours.

Nous devons vous avouer que nous sommes rester vraiment « scotchés » lorsque nous avons découvert ces résultats et un écart aussi important dans les performances du portefeuille pour chacune des deux années alors que chaque décision d’investir, une fois réalisée, met en avant une régularité évidente dans le rapport gains-pertes 5.54 en 2009 versus 5.17 en 2011 et un temps de réalisation moyen également assez proche.

Nous observons, enfin, toujours sur les positions réalisées que nous avons commis nettement moins d’erreurs en 2011 qu’en 2009 : en pourcentage, c’est presque que le double d’erreurs que nous avons commises en 2009 avec 45.95% versus 27.27% pour 2011 !

En conclusion sur l’idée que le temps de la performance annuelle et le temps de réalisation de chaque décision d’investissement sont bien différents, nous constatons que la régularité de l’avantage statistique est quelque part plus important que la performance annuelle car un process qui crée un avantage statistique important et régulier réduit votre risque de perte drastiquement et vous permet de penser avec de haute probabilité que vous parviendrez a générer une performance intéressante à long terme.

Voici donc ces deux tableaux, pour vous permettre de mieux visualiser ces chiffres. Nous vous rappelons qu’il s’agit de positions réalisées (acheté-vendu)

2009 (1)

 

2009 (2)

 

2011 (1)

 

2011 (2)

 

Seconde considération : Investir sur les Daubasses, cela ne fonctionne pas tout le temps.

Nous le pensions avant d’approfondir le sujet. Nous pensions que cela fonctionnait parfaitement dans un marché en krach ou fortement baissier et très moyennement voire pas du tout dans un marché haussier. Mais ce n’est pas tout à fait comme cela que cela se passe.

Voyons tout d’abord ce qui fonctionne et ne fonctionne pas de la même manière.

Prenons les exemples suivants pour mieux comprendre.

En 2008, le marché a perdu 50% il a donc subi un krach. Vous trouvez 30 sociétés net-net que le marché offre en moyenne à la moitié de sa VANT (Valeur d’Actif Net Tangible), le potentiel du portefeuille est de 100%. La solvabilité du portefeuille est de 78% !

En 2018, soit 10 ans plus tard, le marché a été multiplié par 3. Rien ne semble bon marché mais vous trouvez 30 sociétés net-net que le marché offre en moyenne à la moitié de sa VANT (Valeur d’Actif Net Tangible), le potentiel du portefeuille est de 100% et la solvabilité du portefeuille est de 78%.

Vous aurez compris qu’à 10 ans d’intervalle dans deux marchés diamétralement opposés, l’un chichement valorisé et l’autre chèrement valorisé, vous trouvez grâce à votre process 30 sociétés dont les critères moyens sont identiques.

La question que nous nous sommes posée, c’est de savoir quelle est la différence entre les caractéristiques financières des deux portefeuilles mise en évidence par notre approche. Et notre réponse, c’est que nous ne voyons aucune différence… Puisque ce n’est pas le marché qui influence le process mais le process qui va chercher des sociétés qui répondent aux critères de sélection en termes de décote et de solvabilité … que le marché soit chèrement valorisé ou faiblement valorisé.

Nous pouvons donc affirmer que la méthode Daubasse fonctionne tout le temps car elle filtre selon des critères bien définis, des sociétés donc la configuration du bilan est identique quel que soit l’activité, les produits ou la taille de la société. C’est donc dans cette optique de l’identique et du répétitif que nous pouvons ajouter en incluant le hasard dans notre réflexion que notre process peut être comparé à un lancer de pièces. Nous ne savons jamais si un investissement particulier va se terminer en gain ou en perte. Mais nous savons à chaque fois que la situation est identique et qu’elle se compose d’une probabilité de gain important et indéfini (mais supérieur au montant de la perte maximale soit 100%) contre une probabilité de perte plus faible, non négligeable mais définie

Face au hasard de la situation, nous répondons par une asymétrie gains/pertes dont le résultat semble bien visible dans nos tableaux.

Si le process fonctionne tout le temps de la même manière et dans tout type de marché, qu’est-ce qui ne fonctionne pas de la même manière et influence non pas le process à proprement parler mais les possible résultats ?

Nous voulons préciser qu’il est important de ne pas raisonner sur les sociétés de manière individuelle mais sur l’ensemble du portefeuille.

Pour la simple et bonne raison qu’une perte ou un gain sur une société n’a pas de sens en soi puisque les pertes sont inévitables mais limitées et doivent normalement être compensées par les gains tout aussi inévitables mais sans la moindre limite. Dans tout ce qui va suivre, c’est donc d’un portefeuille dont nous parlons et pas d’une société en particulier.

1° Il s’agit une nouvelle fois du temps de réalisation. Une plus-value de 200% avec une moyenne de réalisation de 700 jours n’est pas la même chose que la même plus-value de 200% avec une moyenne de réalisation de 1 400 jours. C’est d’ailleurs pour cela que dans nos tableaux, nous avons calculé le temps moyen de détention en portefeuille, soit le nombre de jours qui sépare l’achat de la vente.

2° Cela va dépendre aussi de ce que vous trouvez sur le marché  à différents niveaux : potentiel, solvabilité, secteurs ou localisation géographique. Ces différents paramètres composant vos décisions d’investissements sur l’année et donc le portefeuille de l’année peuvent jouer de différentes manières par rapport au marché dans son ensemble mais aussi sur un secteur ou un pays précis. Le tout dépendant pour chaque élément du degré de gravité du problème. Par exemple, même dans des investissements diversifiés, vous pouvez avoir une composante technologique deux fois plus importante que la composante industrielle ou l’inverse. La vitesse de réalisation dépendant directement de la résolution du problème ou de la perception erronée du marché. Plusieurs éléments de marché vont donc vous donner de meilleures conditions que d’autres, influençant directement le résultat.

3° Cela va dépendre aussi de votre capacité à capter toutes les occasions qui se présentent, et donc des liquidités dont vous disposez à tout moment pour acheter des sociétés qui correspondent à vos critères.

Voici donc les 3 points principaux que nous avons relevés jusqu’à présent. Nous pensons que le suivi statistique de notre portefeuille est loin de nous avoir tout dévoilé sur le sujet et nous pensons qu’il sera passionnant de découvrir ce qu’il nous dévoilera à l’avenir.

Lisez la suite …