Archives de catégorie : Notre Philosophie d’Investissement

Notre portefeuille est très volatile. Est-ce grave docteur ?

Si vous suivez les actions de notre portefeuille depuis son démarrage, vous avez pu constater la forte volatilité de celui-ci. Des lignes à + 30 % ou – 20 % en un seul jour sont monnaies courantes.

Est-ce à dire que notre portefeuille est risqué ?

Pour des spéculateurs qui ne maîtriseraient pas la vraie valeur des sociétés qu’il a acquises, cette volatilité constituerait effectivement un danger. Le spéculateur cherche à suivre des tendances. Continuer la lecture de Notre portefeuille est très volatile. Est-ce grave docteur ?

Sagesse boursière


“Le doute est le commencement de la sagesse” Aristote.

Depuis l’ouverture de notre blog, nous avons agrémenté celui-ci de citations, souvent d’illustres investisseurs, rarement d’investisseurs carrément inconnus.

Nous vous proposons ci-dessous une compilation des citations qui nous servent de guide dans notre politique d’investissement en daubasses et qui résument parfaitement les préceptes que nous nous efforçons d’appliquer. Vous pourrez en réciter l’une ou l’autre au prochain cocktail dînatoire offert par votre banquier : vous verrez, cela fait très « chic » … Mais tout d’abord, nous tenons à remercier leurs auteurs :

– Benjamin Graham, père de l’analyse financière, fondateur de l’investissement dans la valeur et inventeur de la méthode des « net net ».

– Warren Buffett, considéré comme le meilleur investisseur de tous les temps, ancien collaborateur de Benjamin Graham et patron de Berkshire Hataway

– Walter Schloss, désigné par notre club comme le meilleur chasseur de daubasses de tous les temps qui a surclassé le S&P 500 de 5 % par an de 1956 à 2002, ancien collaborateur de Benjamin Graham

– Irving Kahn, dernier investisseur en vie à avoir connu la grande dépression en tant qu’investisseur actif, ancien collaborateur de Benjamin Graham, son fond a surperformé le S&P 500 de 4 % depuis 1994.

– Martin Whitman, gérants du Third Avenue Value Fund qui a surperformé le S&P 500 de 3 % par an depuis sa création en 1990.

– Rémy Morel et Patrick Thénière, investigateurs financiers

– Peter Lynch, gérant du fond Magellan de 1977 à 1990 qui a généré une performance annuelle de 29 %

– John Neff, gérant du fond Windsor de 1964 à 1995 qui a dégagé une surperformance de 3 % par rapport au S&P 500

– Azetoz, forumeur de Boursorama

Sur l’intérêt d’acheter des actions sous évaluées et l’attention à porter au prix payé :

 

« Si une entreprise vaut un dollar et que je peux l’acheter pour 40 cents, quelque chose de bien pourrait m’arriver. » Walter Schloss

« Le prix est ce qu’on paie. La valeur est ce qu’on a » Warren Buffet

« Je préfère acheter une Opel Corsa au prix d’une bicyclette qu’une audi A6 au prix d’une audi A4. » Un membre du club

 

Sur l’intérêt d’adopter une attitude de « contrarian » :

« Nous voyons deux sources essentielles de sous-évaluation pour un titre : des résultats courants décevants ou une impopularité prolongée. «  Benjamin Graham

« les vrais investisseurs « value »sont heureux quand les marchés sont en baisse. » Irving Kahn

« S’il existe une action à éviter, ce sera la plus grande favorite du secteur le plus en vogue » Peter Lynch

  « J’ai un avantage, car les gens avec qui je suis en concurrence ne cherchent pas de bonnes raisons pour acheter. Il cherchent de bonnes raisons pour éviter d’acheter. » Peter Lynch

« Le succès en bourse ne nécessite pas des actions « glamour » ou des marchés haussiers. Pour nous les actions affreuses étaient souvent magnifiques. Si notre portefeuille avait fière allure c’est que nous avions mal fait notre travail. » John Neff

« L’investisseur perspicace est celui qui achète dans un marché baissier quand tout le monde vend et qui vend dans un marché haussier alors que tout le monde achète. » Benjamin Graham

« Soyez avide quand les autres sont craintifs, et méfiants quand les autres sont euphoriques » Warren Buffett

 « Il faut faire les fondations de son portefeuille sur la peur, louer sur la monotonie et vendre quand votre boulangère veut acheter votre immeuble. » Azetoz

Sur l’importance à accorder aux actifs d’une entreprise plutôt qu’à ses bénéfices :

« Les sociétés sûres et bon marché ont souvent des problèmes de rendements des capitaux propres trop faibles à cause d’une concentration d’actifs sous-utilisés et positionnés de façon trop conventionnelle … Quand des bilans ultra conservateurs rencontrent des dirigeants capables et opportunistes, bien des sociétés affichant de faibles rendements des capitaux propres sont devenues des placements sur lesquels j’ai multiplié mon argent par 10 ou 20. » Martin Whitman

« Tout comme les banques, nous aimons rechercher des titres qui offrent une certaine garantie, ou un plan B en cas de revirement. Et plus le prix est bas, plus le risque est exponentiellement plus bas lorsqu’un certain collatéral est présent. » Patrick Thénière et Remy Morel

« Essayez d’acheter des actifs avec décote plutôt que des bénéfices. Les bénéfices peuvent changer significativement sur un laps de temps très court. Les actifs, eux, sont plus stables. On doit en connaître nettement plus sur une entreprise si on base sa décision d’achat sur les bénéfices. » Walter Schloss

« Je mets l’accent sur les actifs. Si vous n’avez pas beaucoup de dettes, cela vaut quelque chose. » Walter Schloss



Sur l’intérêt de ne pas accorder une importance démesurée aux résultats passés :

 

« Dans la vie, le rétroviseur est toujours plus clair que le pare-brise » Warren Buffett

« La bourse aujourd’hui c’est la valorisation d’une société, non pas sur sa valeur intrinsèque, mais sur sa rentabilité a un instant T. » Azetoz

« L’investisseur d’aujourd’hui ne profite pas de la croissance d’hier » Warren Buffett

« Si le passé était tout ce qui comptait, les personnes les plus riches seraient les bibliothécaires » Warren Buffett



Sur l’intérêt de raisonner par soi-même sans suivre la foule :

 

 

« Investir avec succès pendant toute une vie, cela ne demande pas un quotient intellectuel exceptionnel, ni d’avoir la bosse des affaires, ni même d’obtenir des informations privilégiées. Ce dont on a besoin, c’est d’un cadre intellectuel raisonné, pour prendre des décisions, et il faut empêcher les émotions de déranger la raison. » Warren Buffett

« Il suffit qu’un chien aboie après quelque chose pour que tous les autres chiens en fassent autant » Proverbe chinois

« Si les marchés étaient efficients, je serais un clochard dans la rue » Warren Buffett

Sur l’importance de la marge de sécurité :

 

«S’il fallait révéler le secret pour bien investir en seulement trois mots, nous irions pour : Marge de sécurité.» Warren Buffett

« L’idée de la marge de sécurité, c’est de trouver d’abord comment on pourrait perdre de l’argent. » Patrick Thénière et Remy Morel
 

  « J’ai un avantage, car les gens avec qui je suis en concurrence ne cherchent pas de bonnes raisons pour acheter. Il cherchent de bonnes raisons pour éviter d’acheter. » Peter Lynch

« Le succès en bourse ne nécessite pas des actions « glamour » ou des marchés haussiers. Pour nous les actions affreuses étaient souvent magnifiques. Si notre portefeuille avait fière allure c’est que nous avions mal fait notre travail. » John Neff

   « L’investisseur perspicace est celui qui achète dans un marché baissier quand tout le monde vend et qui vend dans un marché haussier alors que tout le monde achète. » Benjamin Graham

« Soyez avide quand les autres sont craintifs, et méfiants quand les autres sont euphoriques » Warren Buffett

« Il faut faire les fondations de son portefeuille sur la peur, louer sur la monotonie et vendre quand votre boulangère veut acheter votre immeuble. » Azetoz

 
   

 Sur l’inutilité de faire du « market timing » :

 

   «Nous sommes convaincus que si l’investisseur intelligent s’efforce de faire du timing de marché, il finira dans la peau d’un spéculateur et aura des résultats de spéculateur» Benjamin Graham

«N’essayez pas de deviner les mouvements boursiers. Analysez tout simplement une compagnie que vous pouvez comprendre, et concentrez-y vous.» Warren Buffett  

« Quand on parvient à acheter des actifs de bonne qualité pour pas cher, c’est parce que les perspectives à court terme sont franchement mauvaises. » Martin Whitman

 

L’incroyable histoire du boucher Benjamin et de la poule Superpondeuse (2e partie)

Souvenez-vous cher lecteur. La semaine dernière, nous avions laissé Superpondeuse, une ancienne star du poulailler déchue pour cause de mauvaise gestion de son alimentation par son nouveau propriétaire. Déçu, celui-ci l’avait revendu pour la valeur de sa viande au boucher, un certain Benjamin G. qui passait par là.

La nuit qui suivit la transaction, Benjamin G. fit un horrible cauchemar : il s’était trompé sur la valeur de Superpondeuse car l’alimentation que lui avait donné Joseph, le piètre aviculteur, avait surtout généré de la graisse et fait fondre les muscles de la poule. Une fois celle-ci abattue et la graisse superflue enlevée, elle ne valait plus que 2 euros alors que notre boucher en avait payé 2,5. Continuer la lecture de L’incroyable histoire du boucher Benjamin et de la poule Superpondeuse (2e partie)

L’incroyable histoire de Superpondeuse et du boucher Benjamin (1ere partie)

Rien de tel que la sagesse paysanne pour investir en Bourse …

Un jour, Joseph se rend au marché. Emile, marchand de volailles de son état, propose de lui vendre une poule « super pondeuse ». En effet, depuis 6 mois, elle pond un œuf chaque jour et ce, sans exception. Emile exhibe même un document, certifié par le vétérinaire, attestant que Superpondeuse réalise bel et bien cet exploit.

Le prix demandé par Emile pour Superpondeuse est de 15 euros.
Continuer la lecture de L’incroyable histoire de Superpondeuse et du boucher Benjamin (1ere partie)

Les actifs de l’entreprise comme "plan B" ou "collatéral"

Les articles traitant avec intelligence de l’investissement dans la valeur sont une denrée rare sur le net : la majorité des rédacteurs préfèrent traiter de macro économie ou d’analyse technique (pour les plus sérieux d’entre eux) voir de jouer aux « pythies » pour d’autres. Il faut d’ailleurs reconnaître que ce sont ces articles qui recueillent, en règle général, le plus de succès : les lecteurs préférant qu’on leur dise le « quoi faire » plutôt que le « comment faire ».

Néanmoins, après l’article « La bourse aujourd’hui » de Azetoz que nous vous avons présenté voici quelques jours, nous vous proposons aujourd’hui un extrait d’un article sur la marge de sécurité rédigé par l’équipe des Investigateurs Financiers.

L’intérêt de ce passage est qu’il met en évidence l’intérêt de considérer les actifs tangibles d’une entreprise comme marge de sécurité ou sortie de secours quand « tout tourne mal », un peu comme nous le pratiquons, avec quelques nuances, dans nos investissements en « daubasses ».

D’ores et déjà nous remercions Patrick Thénière et Rémy Morel, les auteurs pour nous avoir autorisés à reproduire l’extrait ci-dessous. Continuer la lecture de Les actifs de l’entreprise comme "plan B" ou "collatéral"

Annecdote sur les Actifs Incorporels, par deux "élèves" de Ben..!

Michael Price :

Au printemps de 1975, j’ai commencé ma carrière au fond commun de placement Mutuel Share Fund. Max Heine m’a demandé d’analyser une petite brasserie : F & M Schaefer Brewing Company. Je n’oublierai jamais en examinant le bilan avoir repéré une valeur net de + / – 40 millions de Dollars. J’ai dit à Max, «Cela semble bon marché ». La société se négocie bien en dessous de sa valeur nette …. J’avais le sentiment d’avoir débusqué un grand classique de la valeur, dès le début, et j’étais enthousiaste ! Mais « Max m’a dit : » Regarde de plus près. ‘?’

J’ai regardé dans les notes et relu plusieurs fois le bilan, mais je n’ai rien trouvé sur les actifs incorporels qui valaient + / – 40 millions de Dollars . J’ai du me résoudre à appelé le comptable de Schaefer et je lui ai dit: «Je suis occupé à analyser votre bilan. Dites-moi, qu’est-ce que vos 40 millions de dollars d’ actifs incorporels représentent au juste ? « Il me répondit: » Vous ne connaissez pas notre jingle ! « Schaefer : la bière parfaite quand vous êtes à plus d’un. » ? »

Cela a été ma première analyse d’un actif incorporel.. ! Nous n’avons pas acheté la société !

Quel rendement pouvons-nous espérer de notre portefeuille ?

Les sociétés que nous avons acquises pour constituer notre portefeuille sont très fortement sous évaluées, de cela nous avons la conviction.

Est-ce à dire que nous en retirerons un rendement appréciable ?

Pour répondre à cette question, nous devons nous demander quelle serait la somme que serait prêt à payer un acheteur pour l’ensemble de l’entreprise dans des conditions de marché normales.

A notre avis, le prix minimum que débourserait un acquéreur pour l’entièreté d’une de nos entreprises serait sa Valeur d’Actif Net Tangible (= VANT).

Nous avons vu dans un de nos billets d’analyse financière que l’actif net d’une société est représenté par la valeur de la totalité de son actif moins la totalité de ses dettes.

L’actif net tangible est une notion un peu plus stricte qui reprend la valeur d’actif net de laquelle on déduit les actifs « que l’on ne peut pas toucher » c’est-à-dire le goodwill et les immobilisations incorporelles.

Il s’agit donc d’une valeur très prudente. En effet, dans notre blog « Valeur et Conviction », nous avions analysé le prix que pourrait payer l’acquéreur d’une entreprise sans avantage compétitif particulier : il s’agissait de la valeur de renouvellement de l’actif . Celle-ci est bien supérieure à la valeur d’actif net tangible.

Nous avons calculé la valeur d’actif net tangible pondérée de l’ensemble de notre portefeuille et rapporté cette valeur au coût d’acquisition de nos actions : la valeur d’actif net tangible est 4,5 X supérieur à nos prix de revient.

Nous avons ensuite estimé que 10 % de nos sociétés allaient disparaître et connaître la faillite. Nous avons également estimé que les sociétés « survivantes » allaient connaître en moyenne une baisse de la valeur de leur actif net tangible de 10 autres pourcents. Ces deux décotes laissent à notre portefeuille un potentiel d’appréciation de 266 % …

Il y a cependant un point que nous ne pouvons déterminer, c’est celui de savoir quand Mr Market connaîtra la fin de sa crise de maniaco-dépressivité.

Sera-ce dans 20 ans ? Dans ce cas, notre rendement sera de 6,7 % par an
Sera-ce dans 10 ans ? Dans ce cas, notre rendement sera de 13,9 % par an
Sera-ce dans 5 ans ? Dans ce cas, notre rendement sera de 29,6 % par an
Sera-ce dans 3 ans ? Dans ce cas, notre rendement sera de … 54 % par an.

Bon évidemment il faut prendre ce raisonnement « cum grano salis » : il ne s’agit que d’un scénario, nous avons une conviction raisonnable qu’il pourrait se dérouler de cette manière mais ce ne sont que les joyeux boursicoteurs d’un club d’investissement qui l’écrivent, pas Benjamin Graham ou Warren Buffett …

Mr Market et Vet’Affaires

Benjamin Graham aime comparer les marchés financiers à un partenaire maniaco-dépressif : Mr Market. 

Chaque jour, Mr Market donne à l’investisseur « sa » valorisation pour les actions que ce dernier détient. Parfois son estimation apparaît raisonnable. Mais souvent, Mr Market se laisse emporter par son enthousiasme ou par ses craintes, proposant des valeurs ridicules. 

Cette allégorie est clairement démontrée avec plusieurs de nos sociétés. Prenons par exemple Vet’Affaires.
Vet’Affaires est une chaîne de distribution de vêtements active dans le « hard discount ». Elle repose sur un modèle assez original : chaque magasin appartient pour 25 % à ses gérants, le solde étant propriété de Vet’Affaires. Cette structure permet une compression des frais et une grande souplesse dans les heures d’ouvertures des magasins. Créé en 1987, le groupe compte aujourd’hui 85 magasins situés en France. 

Le 30 septembre 2004, la société cote à 47,10 euros. A ce cours, Mr Market proposait les actions à un prix équivallent à 1,5 X sa valeur d’actif net et 2,4 X son fonds de roulement net. Un prix correct sans doute pour une société qui avait à l’époque un profil de croissance mais sans avantage compétitif particulier si ce n’est une politique de prix bas pratiquée grâce au statut particulier d’indépendant octroyé aux gérants et une bonne part des marchandises « made in China ». Pas de barrière particulière à l’entrée donc. A noter également qu’à l’époque, la société devait supporter un endettement financier net équivalent à 20 % des fonds propres. 

Et brutalement, Mr Market fut pris d’un accès d’euphorie aiguë, proposant des prix de plus en plus fous pour cette société. 4 mois plus tard, le cours avait multiplié par 2,2 culminant à 106 euros, plus de 3 X la valeur d’actif net et 5 X la valeur du fond de roulement net. 

Et pourtant, le 26 novembre dernier, moins de quatre ans après ce moment de folie, nous avons pu acquérir pour notre club, des actions Vet’Affaires à un prix de revient de 7,73 euros. 

Que s’est-il donc passé pour que Mr Market divise par 13 la valeur qu’il attribue à Vet’Affaires ?
Les valeurs d’actif net et de fond de roulement net sont restées inchangées et le gearing est passé de 20 % à … 0,3 %. La situation bilantaire n’est donc pas moins bonne qu’il y a quatre ans, elle serait même plutôt meilleure. Ah oui, c’est vrai : la société a présenté quelques exercices moins bons et a perdu son label « valeur de croissance ». 

Tout ceci est assez caractéristique de l’état maniaco-dépressif de Mr Market : en quatre ans, il est passé pour Vet’Affaires, d’une valeur de 5 fois le fond de roulement net à 0,38 fois ce même fond de roulement et ce, alors que la société a presque totalement réduit son endettement bancaire. 

Cette histoire de Vet’Affaires nous rappelle un passage de « l’Investisseur Intelligent » : « Les actions ayant de bonnes statistiques de résultat et de bonnes perspectives futures se vendent à des prix reflétant cet état. L’investisseur peut donc évaluer correctement les perspectives de ces entreprises sans pour autant enregistrer des résultats supérieurs tout simplement parce qu’il aura payé à son juste prix (peut-être même surpayé) la prospérité attendue. Le second leurre, c’est que son appréciation de l’avenir peut s’avérer inexacte. Une croissance particulièrement forte aura du mal à ne pas s’essoufler. Une fois qu’une entreprise a enregistré une croissance brillante, et par le seul fait de sa taille, elle aura du mal à répéter sa performance. Il arrivera un point où sa courbe de croissance s’aplatira, et très souvent se retournera. » 

Fiche « technique » de Vet’Affaires  


http://www.vetaffaires.fr/ 

Ticker Yahoo : VET 

Achat le 26 novembre 2008 un prix net de frais de 7,73 euros
Au 30 juin 2008 : Son actif Net-Net s’élevait à 20,13 euros
Le Ratio Net-Net est donc de : 0,38
Au 30 juin 2008 : son ratio de solvabilité s’élevait à 80,4 % 

Contrairement à quelques-unes des sociétés que nous avons achetées pour le portefeuille de notre club, Vet’Affaires n’est pas en perte et n’est pas une société cyclique. 

Qu’avons-nous acheté dans cette société ? 

Nous avons principalement acheté du stock à 24,20 euros par action. 

En fait des actifs courant s’élevant à 32.48 euros par action desquels nous avons soustrait la totalité des dettes de 12.35 euros par action, soit 20,13 euros de fond de roulement net pour la modique somme de 7,73 euros. 

Le point essentiel est évidemment la valeur des stocks de vêtements de Vet’Affaires qui peuvent être rapidement démodés et désuets. Au cours actuel, le marché anticipe une réduction de valeur sur les stocks de vêtements de 49 %. Lorsque l’on sait que les ventes s’effectuent en moyenne avec une marge brute de 54 %, cela signifie qu’au prix actuel, le marché s’attend à ce que Vet’Affaires doivent vendre l’intégralité des vêtements en stock 67 % moins cher que les prix qu’elle a l’habitude de pratiquer en moyenne sur un an. La marge de sécurité nous semble donc importante sur ce dossier. 

Que voilà une belle daubasse !

Introduction

Ce blog est celui d’un club d’investissement créé par des membres de « Valeur et Convictions »

Comme son nom l’indique, le portefeuille ne sera investi que dans des daubasses, des mégots (pour utiliser le terme de Warren Buffett), des ferrailles à recycler, des rebuts de dépôts d’immondice,… En clair, nous investirons uniquement dans des sociétés cotant sous la valeur de leur fond de roulement net.

Benjamin Graham est considéré comme le « père des investisseurs value ». Il fut professeur du célèbre Warren Buffett et aussi son ancien employeur. Il est l’auteur de deux œuvres magistrales, considérées comme la bible des investisseurs « dans la valeur » : « L’investisseur intelligent. Un livre de conseils pratiques» et « Security Analysis ».

Entre autres, il a établi une technique de sélection imparable : celle qui consiste à acheter des sociétés qui cotent sous leur valeur de fonds de roulement net c’est-à-dire la valeur de leurs actifs à court terme (stocks, créances, liquidités,…) moins la valeur totale des dettes. De cette manière, on obtient tous les autres actifs (terrains, construction, installation, mobilier, goodwill, brevet ou licence, …) gratuitement.

Il est rare de rencontrer un grand nombre de sociétés cotant si bon marché. Dans son édition de 1972 de « L’investisseur Intelligent », Benjamin Graham écrivait : « Examinons un dernier exemple sur ces opportunités en or d’antan qui n’existent plus aujourd’hui. Beaucoup de nos propres opérations de bourses se concentraient sur la recherche de bonnes affaires. Nous appelons ainsi ces titres dont les cours étaient inférieurs à leur fonds de roulement net. A l’évidence, ces titres se vendaient à un prix bien inférieur à la valeur marchande privée de l’entreprise. Aucun propriétaire ou actionnaire majoritaire de tels biens industriels ne songerait un instant à les brader aux prix reflétés par les cours. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il fut un temps où de telles anomalies n’étaient pas si rares que cela. Nous avons publié en 1957 une liste de 200 titres qui offraient de telles caractéristiques. D’une façon ou d’une autre, toutes ces bonnes occasions ont tenu leur promesse et la rentabilité annuelle que nous en avons tirée fut très supérieure à ce que nous pouvions trouver sur des formes plus courantes d’investissement. Hélas, ces occasions ont disparu en 10 ans et, avec elle, la possibilité d’investir intelligemment et à peu de risques ».

Aujourd’hui, il semble que ces opportunités disparues fassent leur réapparition. C’est sur base de ce constat que notre club a été fondé.

Monsieur Marché (personnage maniaco dépressif cher à Benjamin Graham) semble multiplier actuellement les possibilités d’investir en payant moins que la valeur du fonds de roulement net des entreprises (nous utilisons aussi le terme « valeur d’actif net net »). Nous, c’est-à-dire un petit groupe de passionnés de l’investissement, avons souhaité vérifier que les préceptes de Graham étaient toujours valables aujourd’hui. Notre souci était double : nous voulions pouvoir constituer un portefeuille « net net » suffisamment diversifié et aussi continuer à investir, chacun de notre côté, dans des sociétés présentant un profil plus qualitatif. La meilleur solution afin de mener à bien ces objectifs a été de mettre en commun une partie de notre épargne : le club était né.

Pourquoi les « Daubasses selon Graham » ? Parce qu’il est évident que si une société nous est proposée à des prix aussi attrayants, c’est qu’il y a une raison ou plutôt que Monsieur Marché y voit une raison. Il peut s’agir de sociétés en perte, ou très cycliques, ou dont le marché entrevoit des perspectives peu encourageantes. Bref, ce sont en général de vraies « daubasses ».

Pour nous, le fait qu’il s’agisse d’entreprise peu performantes n’est pas grave en soi : en réalité, nous n’achetons pas des entreprises mais bien du cash, des stocks ou des créances sous leurs valeurs présumées de réalisation, l’entreprise elle-même nous étant offerte en sus. Bien sûr, parmi ces « daubasses », il existe un risque bien réel de faillite pour certaines d’entre elles. Nous avons tenté de limiter ce risque en ne sélectionnant que des entreprises dont les fonds propres représentent au moins 40 % du total de bilan. Nous avons aussi corrigé la valeur des stocks et des créances (et donc la valeur du fonds de roulement net) en fonction de leur rotation : les sociétés présentant au dernier exercice comptable des stocks ou des créances dont la rotation annuelle est significativement supérieure à la moyenne des exercices précédents ont vu leur valeur « net net » rectifiée pour la valeur des stocks ou des créances dépassant de 20 % le taux de rotation moyen des exercices précédents. De cette manière, nous tentons d’éviter les entreprises dont l’actif circulant serait surévalué ou celles qui éprouveraient de grosses difficultés à réaliser un de ces deux éléments.

Ci-dessous, vous trouverez donc notre portefeuille « net net » tel que nous l’avons élaboré tenant compte des contraintes que nous venons d’énoncer. Il s’agit de 30 sociétés sélectionnées parmi celles recelant le plus fort potentiel parmi 86 sociétés cotant sous leur « actif net net ». Ce portefeuille est bien réel et constitue l’avoir de notre club.

Parce que nous pensons qu’un actif reste un actif, il peut perdre un peu de valeur en fonction de la conjoncture mais il a bel et bien une « existence ».

Parce qu’en investissant sur base du fonds de roulement net, nous investissons uniquement sur du concret et non sur des projections futures ou du « rêve ».

Parce que l’actif circulant est l’actif le plus liquide et le plus facilement négociable pour une entreprise.

Parce qu’aucune transaction privée ne se ferait à des prix aussi bas.

Parce que nous voulons nous détacher le plus possible des tsunamis qui secouent la planète financière pour le moment et nous concentrer sur la valeur des entreprises elles-mêmes.

Pour toutes ces raisons, nous nous sommes embarqués pour un long voyage dans l’univers de Benjamin Graham et nous souhaitons partager avec vous, lecteur de ce blog, les enseignements et expériences que nous espérons en retirer.

Processus de sélection de titres à l’achat

La philosophie de départ de l’approche « net net » consiste donc à considérer que celui qui achète des actions décotées par rapport à la valeur de son fond de roulement achète tout d’abord des stocks, des créances et du cash sous leur valeur supposée de réalisation … et en sus, il obtient gratuitement une entreprise.

Dans cette optique, nous sommes partis de deux constats : le premier est qu’une analyse approfondie de l’entreprise n’est pas nécessaire étant donné que nous n’achetons pas une entreprise à proprement parler.

Le deuxième est que, puisque des sociétés sont proposées à des prix aussi bas, c’est qu’il y a un problème : soit l’entreprise accumule les pertes, soit elle est très cyclique, soit ses activités sont démodées, soit un peu de tout ça à la fois.

Il n’est donc pas illusoire de considérer que certaines d’entre elles risquent de disparaître. Notre stratégie d’investissement a donc été établie en tenant compte de ces deux éléments.

En résumé, nous achetons des sociétés :

– cotant au moins 30 % sous leur valeur d’actif net net calculée selon la formule suivante : actif circulant (ou actif courant) – dettes – provisions (si celles-ci ne sont pas incluses dans les dettes) – intérêts des minoritaires. Ensuite, si nous constatons au cours du dernier exercice comptable, un ralentissement dans la rotation des stocks ou des créances, nous redressons la valeur du fond de roulement net pour tenir compte de ce paramètre.

– dont le ratio de solvabilité est d’au moins 0,4. On calcule le ratio de solvabilité selon la formule suivante : fonds propres / (dettes + provisions – trésorerie et placement de trésorerie)

Nous excluons automatiquement les sociétés générant un chiffre d’affaires nul ou inférieur à 5 % de la valeur d’actif net net, les sociétés dont la dernière cotation officielle avant le jour d’achat remonte à plus de 5 jours ouvrables, les sociétés faisant partie de certains secteurs que nous avons jugé arbitrairement comme « inadaptés » à la méthode « net net » comme la biotechnologie et le private equity.

Enfin, si le marché ne nous propose aucune société avec une ristourne de 20 % sur la valeur du fond de roulement net, nous resterons liquide.