Archives de catégorie : Notre Philosophie d’Investissement

24 novembre 2008- 24 novembre 2015 : l’avantage statistique de notre « process » sur 7 ans (1ere partie)

fete_7_ansA l’occasion de ce 7ème anniversaire, nous voulons remercier  nos abonnés et nos lecteurs pour leur fidélité mais aussi pour le grand nombre d’informations et de réflexions qu’ils ont partagées avec nous : sans vos mails ou vos commentaires sur ce blog, la méthode des Daubasses ne serait pas tout-à-fait pareille puisque vous nous avez aidés à l’améliorer durant ces années.

Vous savez que nous n’avons jamais voulu installer entre nous un rapport  « investisseur omniscient / investisseur écoutant la voix de son maître » mais plutôt un rapport « esprit de famille ».

Et nous sommes très fiers aujourd’hui de faire partie de la famille daubasse que vous avez constituée. Nous sommes très fiers de savoir que l’ensemble des membres de la famille auxquels nous appartenons a le sens de l’effort et du travail bien fait mais aussi le sens des responsabilités et du désir de se construire.

Nous voudrions enfin remercier, notre collaborateur et ami, Laurent Muller, « l’investisseur chronique » pour l’ensemble de ses articles dont les idées ne laissent jamais indifférents. Le premier article de Laurent a été publié le 13 novembre 2013, ce qui fait déjà 2 ans de collaboration… Que le temps passe vite ! Nous remercions aussi le mathématicien Laurent Muller pour ses précieux conseils, ses calculs et ses explications qui nous ont aidés dans la rédaction de l’article qui suit.

Merci à tous pour le plaisir que vous nous avez procuré durant ces 7 années. Pour fêter cet anniversaire,  nous vous offrons une chose inédite dans le monde de l’investissement dans la valeur : les statistiques détaillées sur 7 ans de notre portefeuille.

Voici comme l’histoire commence …

Le 24 novembre 2008 à 19 heures 42 minutes et 54 secondes, nous déposions sur Keytrade Bank, un premier ordre d’achat de 7800 actions à 0.07$ sur la société Medialink Worldwide Inc. Six secondes plus tard, les 300 premières actions du portefeuille Daubasses étaient enregistrées sur notre compte-titres. Dix secondes plus tard, à 19 heures 43 minutes et en deux temps, nous obtenions respectivement 100 et 7 400 actions supplémentaires qui nous permettaient de clôturer notre première position : 7 800 actions de la société Medialink Worldwide Inc pour une prix de revient de 0.0739$ et pour une somme totale de 448.53€  correspondant à 3.33% du portefeuille. Dans ces 448.53€ étaient inclus 23.95€ de frais de transaction représentant la proportion – énorme – de 5.33% du montant investi ! Un euro valait à ce moment-là 1.2892$.

Nous étions loin d’imaginer que 7 ans plus tard, nous aurions à comptabiliser 249 transactions pour le compte de notre portefeuille , que nous allions générer à la  plus grande satisfaction de notre banque Keytrade pour 8 438.40€ de frais de transaction, que nous verrions le change euro/dollar passer d’un plus haut de 1.5138$, le 26 novembre 2009 à un plus bas de 1.0521$ le 4 avril 2015… Mais nous étions encore plus loin d’imaginer que notre process qui avait fait « glousser » certains « puristes » de l’investissement value fin 2008 allait produire 45 baggers et que ce même process allait nous permettre d’afficher une performance totale sur 7 ans, le 24 novembre 2015, à la clôture des marché US de 22 heures , de 703.79%, ou encore un rendement annualisé de 34.67%.

A l’occasion de nos 7 ans d’existence, ce n’est pas notre performance que nous voulons exposer mais plutôt vous faire partager un pan entier de sa construction, du « comment elle a été réalisée ».

Un pan qui vous fera comprendre encore mieux la force du process que nous avons appliqué et qui, nous l’espérons, vous aidera à mieux appréhender la manière d’investir que nous avons essayé de décrire et d’expliciter le mieux possible depuis 2 555 jours exactement.

Si nous sommes tous les quatre des investisseurs un peu plus intelligents aujourd’hui qu’il y a 7 ans, nous le devons à Benjamin Graham :  ce que nous avons découvert au fil des ans à travers le process qu’il nous a inspiré nous semble aller bien plus loin que les 352 pages de son livre « L’ investisseur intelligent « .

En plus du process chiffré que Graham nous explique, il y a aussi un avantage psychologique énorme qui est offert combiné à  un avantage statistique important. Et cela n’apparait pas clairement dans son livre.

De notre point de vue d’investisseur qui avons mis en pratique les enseignements du maître et qui avons tenté de poursuivre une réflexion à partir de ses théories, il est de notre devoir de mettre en lumière la richesse complète d’un process que l’on qualifiera sans le moindre problème de simple en apparence.

Simple car très facilement reproductible pour tout investisseur capable d’un minimum d’effort, ce qui est rare en soi. Mais beaucoup plus complexe qu’il n’y parait car il englobe comme déjà dit la psychologie et vous permet d’éviter tous les biais qui vous poussent à l’erreur et offre un avantage statistique important.

Essayons tout d’abord de mieux comprendre pourquoi le hasard ne fait généralement pas partie de l’a réflexion de l’investisseur dans la valeur.

Il est difficile pour notre cerveau et notre ego d’admettre que l’on ne maitrise pas tout, voire parfois pas grand-chose ou rien du tout.  Et pourtant le support de l’investisseur dans la valeur est une société commerciale, une entité complexe qui dépend d’un tas de facteurs tant internes qu’externes et donc aussi, forcément, du hasard. Plus la taille de la société est importante, plus cette complexité est importante et plus le hasard joue un rôle important.

Selon nous, il tient presque de l’absurde de s’imaginer que par une simple analyse, voire une analyse pointue et approfondie, un investisseur même chevronné est capable de prévoir un chiffre d’affaires à long terme ou des profits à moyen terme quand ceux-ci dépendent de dizaines de facteur parfois de centaines voire de milliers de facteurs qui interagissent entre eux et peuvent être bouleversés à tout moment par un problème imprévisible aux conséquences négatives. Si on y parvient par moment, cela ne peut-être que par pur hasard.

Il est donc primordiale pour ne pas s’en remettre entièrement au hasard, de trouver un schéma précis, des conditions que l’on peut identifier clairement et que l’on pourra répéter à  l’identique et à l’infini et qui vous permettront de dégager un avantage statistique le plus important possible.

Warren Buffet, par exemple, explique son process de cette manière : un business qu’il comprend et qui pourrait être dirigé par le premier passant, un avantage pérenne sur la concurrence et une direction honnête. Benjamin Graham travaille uniquement sur les rapports financiers et échafaude un process complètement  chiffré basé principalement sur la marge de sécurité ou la décote sur certaines valeurs facilement calculables et un endettement réduit.

Ce passage extrait du livre, « les deux vitesses de la pensée » de Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie et éminent spécialiste de la psychologie comportementale, nous semble  lumineux et ce, même si nous l’avons extrait de son contexte pour n’en retenir que la démonstration mathématique de probabilité sur un exemple d’asymétrie percutant. Contexte qui était lié à la psychologie qui n’est pas le sujet ici.

C’est donc l’histoire vraie de l’économiste Samuelson qui propose à un ami, un « pile ou face » avec « pile il gagne 200$, face il perd 100$ ». L’ami de Samuelson refuse, car l’idée de perdre ne l’agrée pas mais propose de multiplier les lancés :100 lancés dans les même condition où pile, il gagne 200€, et face, il perd 100€.

Matthew Rabin et Richard Thaler analyse cette dernière proposition de cette manière : L’offre d’une centaine de paris est si attractive qu’aucune personne saine d’esprit ne la refuserait car globalement 100 paris à 50 / 50 de perdre 100 dollars sur pile et de gagner  200 $ sur face, présente une espérance mathématique d’un gain de 5000 $, mais aussi et surtout 1 chance sur 2 300 de perdre de l’argent et encore 1 chance sur 43 158 de perdre 1000 $.

Beaucoup d’investisseurs dans la valeur pensent que c’est uniquement la marge de sécurité de leur process qui les protège des pertes : c’est bien entendu un élément que nous n’allons pas remettre en cause mais n’oublions pas que Benjamin Graham explique  que cette marge de sécurité n’évite pas les pertes. Donc, si vous n’intégrez pas dans ce process  une gestion asymétrique afin que vos pertes soient fixes et limitées et que vos gains soient illimités et les plus importants possible, non seulement vous réduisez votre espérance mathématique de gain mais vous augmentez aussi vos chances de perte. En fait trop d’investisseurs ne pensent qu’aux gains et jamais aux pertes alors que le résultat dépend étroitement des gains et des pertes.

Même si nous sommes  de médiocres mathématiciens, l’idée nous a semblé simple à comprendre. Il suffit de ne pas prêter attention au peu de considération généralement portée à la diversification par une partie de la communauté des investisseurs « value », de ne pas craindre de passer pour un ignorant au sujet des sociétés que vous détenez en portefeuille et surtout de rester concentré sur les probabilités  qui vous donnent en plus de la marge de sécurité, une espérance statistique importante influençant positivement le résultat de vos investissements.

Revenons quelques instants sur l’exemple : Sur les 100 lancés pile ou face pour lesquels vous avez donc 1 chance sur 2 de gagner ou de perdre, si vous perdez 50 fois 100€, vous perdez 5 000€ et si vous gagner 50 fois 200€, vous gagnez 10 000€. Le solde de l’opération est de + 5 000€.

Si l’on se concentre uniquement sur cet avantage statistique en assimilant un process que l’on applique à l’identique sur chaque décision d’investissement à un lancer de pièces, deux choses sont frappantes :

  • Si vos gains moyens sont 2 fois supérieurs à vos pertes, votre process vous donne réellement le droit à l’erreur car vous pouvez vous tromper 1 fois sur 2 et sortir gagnant a partir de 100 investissements.
  • Mais mieux encore vos chances de perte sont mathématiquement de 1 sur 2300 donc extrêmement réduites.

Si l’on sait que la peur de se tromper de l’investisseur est véritablement une hantise puisqu’il a tant de mal à reconnaître ses erreurs et que l’idée de perdre de l’argent à long terme reste son véritable cauchemar, tout investisseur rationnel devrait rechercher une méthode d’investissement  à l’intérieur de laquelle les gains sont au minimum deux fois supérieurs aux pertes… pour investir avec beaucoup plus de confiance et de sérénité.

Si nous avons toujours dit qu’il existe un tas d’autres méthodes que la nôtre  pour gagner en bourse, nous pouvons aussi affirmer que notre approche offre un avantage statistique encore plus important que dans l’exemple de Samuelson : sur 7 ans et sur les 116 sociétés vendues, nous nous sommes trompés (perte) 3 fois sur 10, ce qui est bien inférieur aux 5 fois sur 10 de l’exemple du « pile ou face ».  Plus fort : nos gains moyen sont 4,91 fois supérieur à nos pertes ! Ce qui, d’un point de vue statistique, nous permet d’affirmer que sur ces 7 ans, nous avions 1 chance sur  767 milliards d’être en perte.

Dans chaque lettre mensuelle, nous présentons à nos abonnés ce tableau statistique sur les positions clôturées que nous allons nommer « investissements réalisés » : il s’agit de la liste des investissements qui ont été achetés et vendus. Ce tableau ne tient donc pas compte des positions encore en portefeuille. A l’occasion du 7ème anniversaire du portefeuille « daubasses », nous le présentons à tous nos lecteurs.

Tableau Résumé Général

Le calcul est très simple et tous les chiffres tiennent compte des frais de courtage et des taxations à la source sur les dividendes perçus.  Ils sont exprimés en euros.

C’est la première ligne qui résume tout. Vous pouvez voir que nous avons donc en 7 ans acheté et vendu 116 sociétés, que pour les acheter, nous avons déboursé 272 161.12€ et que nous avons encaissé net de frais lors de la vente de ces 116 sociétés 433 156.95€.

Nous détaillons ensuite les « baggers » c’est-à-dire les sociétés sur lesquels nous avons multiplié notre investissement au moins par 2.

Ce que nous appelons ensuite gain, à la ligne suivante, ce sont toutes les sociétés que nous avons vendu et dont le gain a été inférieur à 100%.

La ligne suivante a de l’importance car nous voyons que sur les 116 investissements clôturés, nous avons réalisé 81 fois des gains.

A la ligne qui suit, nous détaillons nos 35 pertes.

La seconde partie du tableau reprend cette fois le gain net des 81 ventes qui ont généré des plus-values.  Le gain net est simplement ce qui a été encaissé à la vente après déduction de ce qui a été déboursé  à l’achat.

Nous reprenons ensuite la perte nette des 35 ventes qui ont généré des moins-values.

Par une simple division du gain total net par le nombre de transaction gagnante, nous voyons que le gain moyen sur les 81 transactions a été de 2 495.53 €… et que la perte moyenne a été de 1 175,95 €.

Nous pondérons ensuite les gains et les pertes : sur 116 transactions, 81 transactions en gains représentent 69,8% du total et 35 pertes 30,2%.

Nous multiplions enfin la pondération par les gains moyen net et faisons de même avec les pertes : sur 7 ans et sur les positions clôturées, nous pouvons donc voir qu’en moyenne nous avons gagné 81 fois 1 742.71€ et que nous avons perdu en moyenne 35 fois -354.81€.

Le rapport gain / perte est de 4,91, ce qui signifie que 7 fois sur 10, nous gagnons 491 € et que 3 fois sur 10, nous perdons 100€. L’asymétrie est donc importante et le risque de perte est infime.

Ces 116 sociétés achetées et vendues l’ont été dans un temps moyen de 642 jours. Cela nous permet de calculer un rendement annualisé indicatif en prenant le rendement total de la première ligne de 59.15% et de l’annualiser avec les 642 jours soit le temps moyen des 116 opérations, ce qui nous donne un rendement annualisé de 30.29%.

C’est un tableau globale qui prend donc en contre l’achat d’une société, les éventuels renforcements de la ligne en question et la vente.

Le déroulé de ce raisonnement nous permet de bien comprendre que notre avantage statistique est important mais nous manquons de perspectives pour juger plus en profondeur encore certains détails. C’est pourquoi, voici plusieurs mois, nous avons eu l’idée de chercher à comprendre l’avantage statistique de notre approche de cette manière :

1° Nous allons tout d’abord détailler par année.

2° Nous allons tenir compte de chaque achat mais aussi de chaque renforcement qui sera aussi considéré comme un achat puisqu’il consiste également en une décision d’investir.

3° Les ventes seront enregistrées par année d’achat et de renforcement. Par exemple le plus simple : nous achetons le 26 novembre 2008 Taitron et nous le revendons le 2 Avril 2015. On relève à l’achat l’argent déboursé avec frais et à la vente l’argent encaissé net de frais.  Nous relevons la performance totale et le temps de détention. Si, par contre, nous achetons 100 actions d’une société X le 24 novembre 2008, que nous renforçons avec 100 autres actions en mai 2009 et une troisième fois avec 100 actions en janvier 2013. Cette société sera reprise dans nos tableau en 2008, en 2009 et 2013. Si la vente a lieu en mars 2015, nous prendrons le résultat net de la vente et le redistribuerons selon le nombre d’actions achetées par année. Dans cet exemple, nous diviserons le résultat de la vente totale par 300 et le multiplierons par 100 pour inscrire le produit de la vente pour les années d’achat 2008, 2009 et 2013. De ce fait, chaque achat ou renforcement soit toutes nos décisions d’investir dans le temps (7 ans) ont leur performance propre et leur durée de détention propre.

Le résultat que nous allons vous décrire ci-dessous nous semble plus qu’intéressant car il nous a permis de comprendre certains points que nous n’imaginions pas du tous et qui nous serons précieux à l’avenir.  Comme d’habitude, tout ce qui peut être précieux et intéressant pour nous peut  l’être aussi pour vous.

4° Comme notre historique s’allonge et qu’un nouveau lecteur pourrait se dire que l’on ne reverra plus les mêmes conditions de marché que nous avons connues de 2008 à 2010, nous avons voulu tenir compte des positions clôturées et des positions ouvertes, soit les sociétés que nous détenons encore en portefeuille. Nous allons donc  vous présenter deux parties distinctes par année : la première présentera donc l’avantage statistique avec les positions clôturées dont nous traitons déjà ci-dessus et la seconde inclura les positions les positions encore ouverte dans le portefeuille pour y montrer un avantage statistique évolutif.

5° Pour nos abonnés, nous ferons désormais un point statistique complet tous les trimestres dans une rubrique dédiée de la zone premium du site et nous les préviendrons par mail à chaque mise à jour. Dans le cadre de cet article et pour que tous nos lecteurs puissent également comprendre l’importance de l’avantage statistique, nous allons présenter seulement les chiffres de l’avantage statistique évolutif, sans dévoiler les positions du portefeuille que nous réserverons à nos abonnés.

Lisez la suite…

 

45 secondes de publicité, le mirage des lettres boursières payantes …

En matière de publicité, ami(e) lecteur (trice), nous devons avouer que nous sommes d’une « ringardise » hors norme.

Nous devrions même dire que nous sommes « pré-publicitaires » comme d’autres hommes ont été « pré-historiques » puisque la forme de publicité qui nous plait le plus encore aujourd’hui est restée le bon vieux « bouche à oreille » d’antan… quoi que nous ne soyons pas contre le « bouche à clavier » du net… la preuve que tout homme, aussi primitif soit-il, est capable d’évolution.

Fin 2009, à l’époque où nous étions de simples « vendeurs de listes à 50 euros » qui offraient des multi baggers en rafale, un abonné nous envoyait le mail suivant « salut les daubasses, votre blog et ce que vous faites est formidable, surtout ne changez rien… Mais si je devais vous donner une note au niveau commercial, ce serait zéro ou presque. Sans rancune. »

En réalité, nous pensons que seuls nos abonnés et lecteurs ont le droit de nous juger et qu’ils sont les mieux placés pour expliquer ce que nous faisons, comment nous le faisons, pourquoi nous le faisons à d’autres investisseurs qui, à leur tour, prendront le temps de réfléchir et de voir si ce que nous proposons leur convient, en toute liberté. Nous croyons à la transmission des impressions vécues, ressenties, partagées en une longue chaine sans fin.

Chez les Daubasses, nous ne nous imaginons toujours pas chanter, l’air léger et guilleret, que « nous en avons des vraiment grosses et qu’elles peuvent faire vraiment plaisir» (nous parlons de performances boursières évidemment).

Tout comme nous ne nous voyons pas tourner un clip publicitaire sur une plage des Caraïbes, nous montrant « bronzés comme des noix », en « bermudas fleuris et ventres rebondis », passant nos après-midis à boire des cocktails exotiques (alors que nous avons une préférence marquée pour la bière) tout en gravant sur les palmiers des slogans du genre de celui-ci: « Daubasses. com, la fin de vos SSSoucis, pour 109€ SSSeulement ! ».

Remarquez, qu’en faisant quelques petites recherches sur la publicité dans l’histoire, il ne nous a pas déplu de trouver ces informations remontant aux années 60 et au début de la publicité télévisée en France : « … Lorsque la publicité arrive à la télévision française, en 68, la plus grande crainte est que les téléspectateurs soient manipulés… Le magazine 50 millions de consommateurs fait alors un travail important de revendications précises sur ce que doit être la pub. Pour eux, elle doit informer clairement sur le produit et sur ses propriétés, afin que le consommateur prenne une décision rationnelle d’achat. Dès 1973, une loi protège même les consommateurs en pénalisant fortement le mensonge publicitaire.

Des premiers contrôles des publicités, à partir de 1968, aux années 80, les contrôleurs font vérifier la qualité du produit et la manière dont on en parle. Les annonceurs doivent même fournir un dossier technique sur leurs produits. Une pub pour la glue qui montre un homme collé au plafond ? La Régie Française de Publicité fait faire le test dans la réalité (test réussi!) pour s’assurer que la glue permet bien de coller des gens au plafond. La recherche de la véracité est extrême. »

Si nous devions un jour faire un effort pour évoluer vers une démarche plus commerciale, et donc publicitaire, c’est sans doute vers cette idée de publicité des années 60 que nous ferions un petit pas… car nous agréons la dernière idée de « La recherche de la véracité extrême ». Et puis finalement, nous pourrions faire un saut de la préhistoire vers le 20ème siècle et réduire considérablement notre retard à seulement un peu plus d’un demi-siècle : nous aimons progresser.

Avouons quand même aujourd’hui que la publicité n’est plus informative, ni à la recherche de la véracité, mais plutôt esthétique, amusante ou idiote. Elle vous vend du rêve, de la promotion sociale, du « toujours mieux » à meilleur prix, même si cela coûte plus cher !

Mais nous ne regrettons rien. Dans «L’effet boule de neige», le grand Warren Buffett nous a mieux fait comprendre comment se situer en développant son idée de « carte de score intérieur ». En une question d’une simplicité de moine bouddhiste empreint de zénitude, il nous place devant un dilemme :

Que choisiriez- vous ?

  • Etre considéré par tous comme un excellent investisseur en sachant qu’en réalité vous êtes médiocre ?

ou

  • Passer pour un neuneu qui se contente de 4 ratios en sachant que vous êtes un excellent investisseur ?

Nous vous laissons, cher(e) lecteur(trice) le soin de répondre à cette question.

Notre réflexion sur l’investissement nous amène à penser que la part du hasard n’est pas à négliger et que chaque victoire ou chaque réussite devrait vous rendre modeste et humble, plutôt que « dikkenek » et « gros melon », double pléonasme volontaire pour mieux souligner que chaque victoire ou réussite présente son inévitable pendant d’échecs et de ratés dans l’investissement (sauf, bien sûr, si vous croyez encore au Père Nowel !).

Tout ceci pour en arriver à ce que nous rangerons dans la catégorie « anecdote qui fait plaisir », flattant au passage nos petits egos (oui, nous avons encore des efforts à faire pour améliorer notre carte de score intérieur).

En effet, le 25 mai 2015, un abonné nous écrit pour nous dire ceci :

« Bonjour l’équipe, êtes-vous au courant que l’on parle de vous dans un numéro hors série du magazine Capital d’avril 2015 ? … c’est vraiment mérité. Je vous attache un scan. »

article capital

Nous remercions cet abonné attentionné et attentif car sans lui nous n’aurions jamais su que l’on parlait de nous dans un magazine français mais aussi l’auteur de cet article qui semble avoir apprécié notre travail, notre honnêteté et notre sérieux… même quand c’est bon marché !

Finalement, le « bouche à clavier » a encore de beaux jours devant lui…

Question des lecteurs et avantage statistique d’une approche « daubasses »

Ce petit exposé se veut une réponse détaillée à une question que nous a posée l’un de nos fidèles abonnés.

Cette question ou plutôt cette affirmation est la suivante : « La netnet n°15 ne vous procurera du rendement que si elle parvient à lancer avec succès des nouveaux produits. Dans la négative, ce sera la catastrophe ».

Ami lecteur, nous avons l’impression que vous regardez dans le rétroviseur et posez un jugement « après coup ».

Prenons un exemple, en 2008, quand nous achetons Taitron et Netlist. Il n’y a pas la moindre différence entre les deux sociétés. Si ce n’est que Taitron semble un peu plus solide : elle détient des actifs immobiliers, présente un Ebitda positif et, dans un passé lointain, a déjà été bénéficiaire alors que Netlist n’a jamais généré le moindre dollar de bénéfice, présente un Ebitda négatif et n’a qu’un peu de stock et de trésorerie à présenter comme collatéral.Et pourtant, le simple lancement d’un nouveau produit a propulsé le cours de Netlist dans la stratosphère et nous avons multiplié notre investissement de départ par 12 en quelques mois … alors que Taitron est resté sur place.

Avec la netnet n°15, c’est la même chose : quand nous l’achetons, c’est une « triple net » qui vaut donc moins que les liquidités qu’elle détient amputées de l’ensemble de son passif. La société est en difficulté car son produit vedette est en chute libre et la société ne parvient pas à lui trouver un remplaçant. Donc, quand nous achetons, nous avons une grosse marge de sécurité sur les actifs mais pouvons-nous savoir à ce moment-là s’ils vont trouver ce fameux nouveau « block buster » pour redresser la barre ? Non, reconnaissons humblement que nous n’en avons aucune idée.

Aujourd’hui, nous savons que la société a acquis un nouveau produit à distribuer sous licence et cela semble prometteur… mais nous n’avons toujours aucune idée du résultat final de ce contrat de licence sur la rentabilité de l’entreprise.

Peut-être sera-ce un « fiasco » avec un cours divisé par deux et ce ne sera qu’à la prochaine tentative de redressement que la réussite sera au rendez-vous …

Peut-être que la direction ne réussira jamais la recovery et qu’elle décidera de liquider sagement la société en distribuant aux actionnaires le produit de la vente et nous ne serions alors même pas perdant mais il se peut aussi que le cash soit intégralement « grillé » et que le cours de l’action aille irrémédiablement et définitivement à 0.

« Comment savoir donc au moment de l’achat ce qui va se passer ? »

Nous avons l’impression, cher lecteur, que vous n’avez pas tout-à-fait compris l’avantage statistique de la méthode Daubasse, avantage statistique qui est quand même le point central de notre approche.

« L’avantage statistique ? C’est quoi ? »

Pour les daubasses, c’est d’abord la répétition d’un process bien défini à l’intérieur duquel on achète des sociétés sous la valeur de leur actif net-net ou net estate.

Ensuite, l’avantage statistique va ressortir sur le nombre de sociétés achetées. Imaginons un panel de 10 lignes différentes. Sur ces 10 lignes, 3 sociétés vont voir leur cours être multiplié par 5, 3 sociétés vont faire faillite et 2 société vont rapporter 10% et les 2 dernières sociétés vont entraîner une moins-value de 10%. Le résultat final de l’opération, c’est que sur un investissement de 10, on récupère 12, soit un rendement de 20%.
Si, en plus, vous parvenez à éviter les 3 faillites et que vous avez toujours 3 sociétés qui multiplient leur cours par 5, que vous avez 3 sociétés qui vous font gagner 12% et 4 sociétés qui vous font perdre 9%, le résultat sera alors de 15, soit un rendement de 50%.

Un dernier exemple extrême de l’avantage statistique pour mieux comprendre : sur les 10 sociétés, vous avez le bonheur d’avoir acheté 2 daubasses du type Netlist qui font X12 et les 8 autre sociétés font faillite et donc valent zéro, vous récupérez alors 16 avec un rendement de 60 %.
Sur ce dernier exemple, vous pouvez dire que vous vous êtes trompés 8 fois sur 10 et que c’est quand même 8 erreurs graves… et pourtant, malgré ces 8 erreurs, le résultat de vos investissements, c’est une plus-value de 60%.

Si c’est réalisé en 1 an c’est exceptionnel, si c’est en 2 ans, c’est encore excellent, en 3 ans aussi. C’est encore pas mal en 4 ans et c’est honorable en 5 ans.
L’objectif de l’avantage statistique, ce n’est donc pas de gagner à chaque fois mais de donner les chances de gagner sur une certaine durée et avec un certain nombre d’actions en portefeuille.
Pour notre part, nous savons que nous n’avons pas les moyens d’éviter les 8 Taitron qui vont, peut-être, faire faillite mais, ce qui nous intéresse, ce sont les 2 Netlist qui vont à eux seuls dégager de la performance.

En modulant ça dans le temps, aucun investisseur ne peut savoir s’il va commencer par 5 faillites ou par deux baggers. Si le résultat final est identique, soit 60%, l’investisseur possède un avantage statistique pour résister psychologiquement parce qu’il faut bien reconnaître qu’il y a une différence psychologique énorme sur le fait de commencer par les 5 faillites avec les baggers qui suivent … que l’inverse quand ce sont les 2 baggers qui « boostent » au départ et, qu’ensuite, viennent les faillites.
Nous avons eu la chance en 2008 de commencer avec les baggers, mais, à ce moment-là, personne ne pouvait dire que nous n’allions pas commencer par 5 faillites avec nos 30 sociétés et perdre 15 ou 20% en quelques semaines. Nous savions juste que nous avions un avantage statistique et que, sur le moyen terme, au pire, nous ne perdrions pas grand-chose.
Aujourd’hui, c’est exactement pareil : nous avons en portefeuille 44 net-net et net-estate qui cotent à la moitié de leur actif net tangible. Nous ne savons pas lesquelles seront des baggers, lesquelles feront faillite et lesquelles vont stagner pendant 4-5 ou 10 ans … et cela ne nous intéresse que très moyennement.

Reste une question : pourquoi nous sommes convaincus qu’avec des daubasses, nous disposons d’un avantage statistique ?

Pour deux raisons :

La première est intuitive : l’un d’entre nous a cherché pendant plusieurs années à racheter une entreprise pour son propre compte. Il a étudié une trentaine de dossiers, visité une dizaine de sociétés et entamé des négociations pour la reprise de 4 d’entre elles. Mais jamais, au grand jamais, il n’a croisé une société qui, aussi médiocre soit elle, était négociable à un montant inférieur à la valeur de ses fonds propres (ne parlons même pas de son fonds de roulement net).

Dans la « vraie vie », les entreprises ne se négocient pas à des ratios « netnet » tout simplement. En toute logique, nous ne pouvons que conclure que celui qui achète en bourse un panier de ce genre de sociétés ne devrait pas faire une mauvaise affaire.

La seconde est précisément statistique : sur notre blog, nous avons publié 2 études « neutres » qui démontrent que, sur des longues périodes, une approche « netnet » a tendance à faire mieux que le marché : celle d’Henry Oppenheimer  et celle de James Montier.
Ce dont nous avons la conviction par contre, c’est que dans 5 ans et même avec Taitron ou Albemarle dans l’équipe, grâce à notre avantage statistique, nous avons de fortes chances d’être gagnant globalement et de générer de la plus-value. Mais, comme expliqué plus haut, nous pouvons aussi passer par trois années de faillite assez nombreuses avant que les baggers explosent. Cela nous n’en savons rien.
Tout ceci vaut aussi pour la nouvelle catégorie les RAPP : si, dans les années avenir, nous achetons 10-15 sociétés RAPP, nous disposerons également d’avantages statistiques.

 

Le ratio de solvabilité en action

Quelques errements, voire quelques écarts sur nos règles non encore écrites ont pu nous coûter cher depuis le début de notre aventure à cause du non respect de notre process. C’est le prix que nous avons payé pour affiner notre process et le rendre le plus efficace possible, dans sa définition, comme dans son application.

Egalement, le respect du process en lui-même, notre garde-fou émotionnel, nous a parfois joué ce qui semble a posteriori de bien mauvais tours. Souvenez-vous, quand par exemple il nous a fait vendre une valeur qui nous a généré un piètre rendement et qui a par la suite explosé à la hausse.

Vous aurez reconnu par-là le titre Plastivaloire, qui cote aujourd’hui 38,45 EUR alors que nous l’avons vendu à 22,27 EUR le 5 juin 2014, réalisant au passage un modeste gain de +14,08%. Les titres avaient été achetés en une seule transaction le 27 février 2012 à un cours de 19,39 EUR, tout frais inclus.

 

La bourse est le temple des regrets

Il est aisé, voire trop facile, de juger d’une apparente mauvaise décision. Il convient dès lors de se poser une question légitime. Est-ce réellement une erreur de notre part ?

Nous pensons et nous en sommes persuadés : cette vente est évidente pour nous et nous dormons bien avec ce coût d’opportunité. Le titre cote en effet aujourd’hui à un niveau 73 % supérieur à notre niveau de vente.

ratios boursiersContrairement à de nombreux acteurs de marché qui privilégient uniquement leurs performances, nous préférons éviter les pertes que de chercher les gains absolus. La prudence prévaut sur la performance. C’est cette raison qui nous a poussée à vendre notre position car la solvabilité était passé sous les 40% que nous exigeons pour acheter des titres comme pour les garder en portefeuille. Le titre était sous ce seuil de 40% depuis une période suffisamment longue (1 an, comme l’exige notre process) pour passer à la trappe. Alors, oui, il y a eu manque à gagner sur cette position, mais avec quel niveau de risque (assumé ? connu ?) pour ceux qui ont gardé le titre ?

 

Le même ratio, la même réaction, mais… une autre conclusion

C’est le même process sur le ratio de solvabilité qui nous a indiqué que la société Alco Stores avait un bilan déséquilibré. Aussi, après une OPA initiée par les managers de la société et qui a été avorté en novembre 2013 et un titre qui flirtait alors les 14 USD, cette position de notre portefeuille a été larguée le 25 juin 2014 car son ratio de solvabilité était passé sous la barre des 40% consécutivement depuis plus d’1 an. Sans états d’âme, alors même que plusieurs d’entre nous avaient des avis positifs sur la valeur, nous avons vendu nos titres réalisant ainsi une perte de -15,94%. La décision a été d’autant plus douloureuse à acter que le potentiel d’Alco Stores était à 3 chiffres. Nous avions même renforcé notre position initiée le 28 juillet 2011, en doublant la mise le 4 mai 2012.

Dans une telle situation, l’investisseur doit alors faire face à un des phénomènes psychologiques le plus complexe : admettre qu’il s’est trompé. Et ceci même deux fois. En fait, c’est notre process qui nous a indiqué qu’avec les nouvelles données financières issues du bilan de l’entreprise, il n’était désormais plus prudent de détenir ce titre. Le même process qui nous avait fait acheter ce titre quelques années auparavant. Dès lors, aucun problème pour nous de cliquer sur le bouton « vente » : le process a toujours raison.

Nous ne remettions nullement en cause notre décision d’achat, la vie d’une entreprise évolue évidement au fil des trimestres. Et pour une Daubasse, pas toujours dans le bon sens. Mais ça, vous le savez, et c’est une autre problématique qui justifie notamment le fait que nous achetons un panier de Daubasses et que nous limitons la position d’un titre à une pondération maximale de 3,33% de notre portefeuille pour jouer des avantages statistiques.

Le rétroviseur n’est pas le meilleur outil adapté à l’investisseur en bourse. Néanmoins, nous n’avons été que faiblement étonné quand la société s’est déclarée par la suite en faillite, durant l’été 2014.

faillite d'une société cotée

De cet exemple concret issu de notre portefeuille, nous en tirons un enseignement que nous revendiquons haut et fort : « oui, nous avons manqué des plus-values et, oui, nous continuerons à passer à côté de gains importants », mais cela, c’est parce que nous appliquons notre process, qui a fait ses preuves et nous protège de la plupart des plus grands risques.

 

Conclusion :

Nous nous donnons un objectif de moyens, et non de résultats, tout en restant convaincus que notre approche continuera de générer sur le long terme une performance supérieure au marché.

Nos prévisions de marché pour les années à venir …

Bien sûr, cher (e) lecteur(trice), depuis les années que vous nous suivez, vous savez pertinemment que nous ne sacrifions généralement pas à ces traditions du changement d’années, que jamais nous ne jouons aux Pythies …

Mais nous aimerions ici, à la suite de l’article de la semaine dernière, traiter de la complémentarité de notre nouvelle catégorie des RAPP avec les VANN/VANE par une petite réflexion sur le marché, réflexion toute personnelle et qui n’engage que nous.

Tout d’abord, imaginons que le futur boursier soit caractérisé par un marché haussier en continu avec plusieurs petites corrections et 2 crashs, finalement la continuité de ce que nous avons connu depuis plusieurs décennies.

Dans un tel cas de figure, acheter des « bonnes » sociétés avec un petit avantage concurrentiel et à prix correct devrait s’avérer payant.

Investir en fonction d’une décote sur les actifs nous semble nettement plus difficile dans ce type de marché car, sur 30 ans, voire plus, il y a deux grosses opportunités (précisément au moment des krachs), ensuite les opportunités se raréfient. C’est pour cette raison que nous pensons aujourd’hui qu’il nous faut une catégorie qui nous permette d’acheter de la rentabilité à prix attractif sur toutes les corrections mineures et sur toute raréfaction des opportunités d’acheter des actifs décotés.

Imaginons à présent qu’à l’avenir, nous connaissions un marché en dents de scie. Par exemple, que  tous les 3 ans, le marché gagne 100% et qu’ensuite, sur 1 an et demi, il baisse de 50%. Si ce type de marché durait pendant 20 ans, eh bien La Palice lui-même constaterait qu’après 20 ans, les indices seraient toujours au même niveau.

Acheter des bonnes sociétés avec un avantage concurrentiel et à prix correct serait probablement décevant dans ce cas de figure : les gains seraient sans doute très minces pour les meilleurs et les rendements nuls ou négatifs majoritaires.

Par contre, investir sur les actifs décotés serait vraisemblablement plus facile : il suffirait de ramasser les plus belles décotes sur l’année et demi de correction et le process ferait revendre la plus grande partie au niveau de la VANT dans les 3 ans suivants, ce qui nous procurerait des liquidités pour réinvestir à la correction suivante. Détenir des sociétés Rentables A Petit Prix (RAPP) ne serait pas vraiment utile même si, sans doute, quelques-unes pourraient entrer dans le portefeuille à certain moment !

Voilà les deux paysages « en carton-pâte » posés. Le seul problème, c’est que personne ne va savoir à l’avance si un marché haussier de 30 années supplémentaires a démarré avec 2-3 crashs et des corrections mineures ou si le marché va plutôt poursuivre en dent de scie.

Ne sachant pas à quel type de marché nous allons devoir affaire dans le futur, nous avons donc choisi en introduisant les RAPP couplées aux VANN et aux VANE, de tenter de performer dans tout type de marchés.

Si le marché est haussier en continu, notre performance sera peut-être un peu moins éloquente que les « fans de Buffett », adeptes du « buy and hold » sur des sociétés à gros avantages concurrentiels  mais elle sera probablement très correcte malgré tout.

Si le marché est en dent de scie, nous avons la conviction que nous battrons les marchés à plat de couture.

Bill Gross, qui fait partie des plus grand investisseurs de tous les temps, se demandait qui serait capable de s’adapter à un autre marché qu’un marché haussier et disait aussi qu’il n’était pas certain que les plus grands dont Buffett, Soros ou lui-même pourraient forcément s’adapter dans un autre type de marché et que leur performance ne serait peut-être pas la même. Ce qui lui faisait dire que ce n’est pas l’investisseur qui est un génie mais plutôt que c’est le type de marché qui fait de certains investisseurs des génies. Et, implicitement, que dans d’autres types de marché, ce n’aurait peut-être pas été les mêmes qui auraient été taxés de « génies ».

Notre idée d’acheter soit des actifs, soit de la rentabilité à bon prix, selon ce que nous offre le marché, est donc la modeste réponse que nous avons apportée à la réflexion de Bill Gross : nous pensons qu’avec ces deux catégories, nous avons un avantage statistique à long terme.  C’est pour cela que nous sommes confiants même si toutes les années ne seront pas à +308 % comme en 2009…  ni à -15%, comme en 2011 et qu’il y aura aussi du +38% ou du +5% et du -25% ou du -6% de temps à autre.

 

La troisième voie de l’investissement « value » … la RAPP. En route pour de nouvelles aventures !

L’année boursière 2014 se termine de manière contrastée. En Europe, tant les indices français, allemand, britannique qu’italien ont généré un modeste rendement compris entre 0 et 3 %. Parmi les rares exceptions, on peut tout de même  relever les bourses danoises et… belges qui ont offert plus de 15 % de rentabilité à leurs heureux actionnaires (et même 21 % pour le pays à la « petite sirène »).

Exprimés en euro, les indices asiatiques, japon inclus, offrent en moyenne 7 à 8 % de rendement. L’indice japonais offre un bon 6 % mais c’est du côté des USA qu’il faut aller chercher les vraies belles satisfactions avec plus de 27 % de rendement pour la bourse de l’Oncle Sam.

Globalement, notre benchmark, le tracker Lyxor MSCI world en euro, dividendes inclus, a offert un rendement de plus de 18 % à ses heureux détenteurs.

Et les Daubasses…

Eh bien, cette année, l’illustre équipe des daubasses doit se contenter d’un modeste 5,46 %. La faute à qui ?  Eh bien, à cette catégorie de sociétés qui nous a apportée tant de satisfactions dans le passé, les fameuses « net-net ».

Nous savions que cette catégorie d’investissement était relativement décorélée des marchés et cette année nous en apporte la preuve éclatante. Sur les 21 actions classées « net-net » que comptent notre portefeuille, seules 4 ont enregistré une performance positive sur l’année. Selon nos observations, une fois massacrées par le marché, les net-net entrent « en apesanteur » et ne dépendent plus du sens du marché, qu’il soit baissier ou haussier. Elles dépendent juste de ce qu’elles peuvent faire apparaître de nouveau : si un nouveau produit ou une bonne nouvelle émerge, c’est l’explosion à la hausse et ce, que le marché soit haussier ou baissier. Mais, si rien n’apparaît, c’est la stagnation, voire le recul. Par exemple, dans le marché difficile de 2011 terminé dans le rouge, parmi les 7 baggers de l’année, nous retrouvions 5 net-net, uniquement parce qu’il s’était passé quelque chose de bien pour ces 5 sociétés. En 2014, force est de constater qu’il ne s’est pas passé grand-chose de bien pour nos net-net.

Le bilan est plus positif pour nos « net estates » puisque parmi les 22 sociétés de cette catégorie que comptent notre portefeuille, 14 terminent dans le vert : ces sociétés, parfois cycliques et possédant des actifs immobiliers importants, sont capables de reprendre des couleurs et d’afficher plusieurs éléments positifs aussi bien dans leur bilan que dans leurs activités.

Un autre phénomène a aussi pénalisé notre portefeuille dans ce marché haussier : le fait que les opportunités se raréfiant au fur et à mesure que la hausse se poursuivait, nous n’avons pas toujours trouvé les opportunités qui nous auraient permis de rester « full invest » : depuis le début de l’année, c’est en moyenne 14 à 15 % de liquidité qui sont restées non investies. C’est surtout ce constat qui nous a interpelés : les très nombreuses « chasses à la daubasse » (bien plus nombreuses en 2014 que les autres années), ne nous ont pas permis de trouver de nouvelles cibles… ou, quand nous en trouvions, celles-ci présentaient des décotes très faibles. Notre watch-list est encore bien garnie mais les potentiels théoriques,  selon notre process, sont compris entre 15% et 40%,  ce qui nous semble relativement risqué pour des entreprises qui ont souvent de gros problèmes.

Même si notre statistique « long terme » laisse ressortir une performance tout-à-fait satisfaisante de 4 années de surperformance sur 6, vous savez, ami(e) lecteur (trice), que l’équipe des Daubasses n’est pas du genre à rester passive devant certains constats et ce, d’autant que raisonne encore à nos oreilles certains passages de l’interview de Bill Gross (le « Warren Buffett » de l’obligataire ») qui, en résumé, expliquait qu’il était primordiale pour l’investisseur de toujours s’adapter aux conditions du marché.

C’est en relisant l’interview de Walter Schloss dont nous vous avons offert la traduction ici-même que nous nous sommes rendus compte qu’il nous fallait absolument élargir notre horizon d’investissement.

Dans cette interview, « Big Walt » nous apprend que lorsque les opportunités d’investir dans des actifs décotés disparaissaient, il n’hésitait pas à acheter de la capacité bénéficiaire à bon prix. Et c’est à cet instant que nous avons commencé à « plancher » sur une nouvelle approche, une approche qui nous permettrait de dénicher des sociétés qui seraient très  rentables et dont la rentabilité n’aurait pas encore été tout-à-fait mise en valeur par le marché. « Pas évident » direz-vous ? Et pourtant, après plusieurs semaines de travail acharné, nous avons pu mettre au point une « formule » qui, selon nous, va nous permettre de mettre la main sur ce genre de valeur.

Au départ, l’objectif que nous nous sommes assigné, c’est donc de découvrir de la haute performance bénéficiaire à bas prix mais surtout, nous voulions rester dans notre philosophie actuelle, à savoir une approche purement quantitative qui permette à la fois d’éviter les biais psychologiques mais surtout qui nous permette d’éviter de commettre des erreurs qui seraient dues par une mauvaise connaissance du secteur ou de l’environnement dans lequel évolue la cible. Une approche quantitative permettant de trouver des entreprises bénéficiaires, présentant un potentiel de croissance, une direction compétente, certains avantages compétitifs… mais en nous basant uniquement sur les chiffres du rapport financier et surtout en payant cela à un prix raisonnable, voire même à un bon prix.

Pour investir dans des sociétés rentables mais bon marché, il faut évidemment que la « haute rentabilité » ne soit pas visible au premier coup d’œil ou de screener. C’est dans cette optique que, armés de nos 75 années cumulées d’expérience d’investisseur particulier et après la re-lecture des ouvrages de Benjamin Graham,  Bruce Greenwald et Christopher Browne, nous avons mis au point une formule que nous n’oserions qualifier de « miraculeuse » mais qui nous permettra justement de mettre à jour des rentabilités élevées mais relativement cachées.

Bien que depuis le début de l’aventure, nous ayons eu en permanence le souci de travailler en toute transparence avec nos lecteurs et abonnés, nous n’allons pas, pour le moment, dévoiler cette formule de calcul : nous souhaitons garder notre avantage concurrentiel et ne pas divulguer le résultat d’un travail de l’équipe.

Nous pouvons néanmoins en expliquer la philosophie.

Le travail se déroule en deux phases. La première phase consiste en une pré-sélection : nous tentons de trouver des sociétés présentant un niveau de rentabilité minimum exigé. Ce niveau de rentabilité se calcule sur base de critères originaux, sortant des standards habituels afin que, précisément, il n’apparaisse pas au grand jour.

Lorsqu’une société répond à notre exigence de rentabilité, elle est valorisée et un objectif de cours lui est donné sur base d’une deuxième formule de calcul, tout aussi originale que la première. Ici aussi, notre objectif est de trouver une valeur qui sorte des standards habituels afin de faire ressortir des sous-évaluations qui n’apparaîtraient pas, encore une fois, au premier coup d’œil.

Cette nouvelle catégorie de sociétés, nous allons l’appeler RAPP, c’est-à-dire Rentabilité A Petit Prix, un type de valorisation qui sera pleinement complémentaire aux VANN et VANE de notre process.

Cette valorisation sera comparée avec le cours auquel on peut acquérir l’action de la société-cible et un potentiel sera ainsi déterminé. C’est ainsi que nos futurs choix d’investissement seront guidés par des critères objectifs : si le potentiel des RAPP est supérieur, nous achèterons des RAPP. Si le potentiel des VANN ou des VANE est le plus élevé, eh bien, nous achèterons des VANN ou des VANE. Nous pensons ainsi qu’avec cette nouvelle approche, nous allons pouvoir nous exposer en permanence sur le meilleur des deux mondes, soit les décotes en fonction des actifs, soit les décotes en fonction de la capacité bénéficiaire et « RAPPER » la moindre décote là où elle se trouve.

Mais ce n’est pas tout : si notre formule de sélection et de valorisation restera secrète, nous proposerons à nos abonnés une analyse quantitative de la société. Au travers de différents ratios triés sur le volet, nous allons montrer comment, en utilisant uniquement les chiffres des rapports financiers, il est possible de se faire une idée, si pas exacte et précise, à tout le moins objective, de divers éléments touchant à la société comme la compétence de la direction, l’avantage compétitif, la solidité financière, la croissance ou… la rentabilité. Bref, nous monterons comment se faire une idée « qualitative » avec du « quantitatif ».

Et nous avons terminé 2014 en force avec l’achat de notre première RAPP, une société française qui se situe parmi les plus hauts potentiels de notre portefeuille. Bien entendu, nos abonnés ont été  tenus au courant en temps réel de notre achat et ont pu découvrir en direct – comme nous le faisons désormais juste après chaque achat – ainsi que dans la lettre du mois de janvier cette fameuse analyse « qualitative-quantitative ».

Avec cette nouvelle approche, nous avons l’impression d’avoir le chaînon manquant qui, aux côtés des VANN et des VANE, nous permettra d’encore mieux performer quelles que soient les conditions de marché.

Sans renier la supériorité de l’investissement basé sur l’achat d’actifs décotés, nous pensons qu’à défaut de pouvoir acquérir ceux-ci par la faute d’un Mr Market par trop enthousiaste, l’acquisition de flux de trésorerie à bas prix est hautement complémentaire, et est expliquée par Benjamin Graham dans les chapitres 14 et 15 de « L’investisseur intelligent » et mis en pratique également dans certaines configurations de marché par Walter Schloss et d’autres investisseurs dans la valeur.

 

Jugement éclair : quand l’investisseur individuel prend une décision d’investissement (trop) rapide

Il nous a semblé intéressant de resservir le couvert sur un sujet récurrent en bourse : les prises de risques lors des décisions d’investissement des investisseurs individuels. Individuel, dans le sens d’individu, mais aussi de solitaire, seul face à ses émotions. En effet, il n’est pas rare de lire ici et là que Mr Dupont a acheté des titres de Total lundi dernier parce qu’il a entendu hier à la radio son journaliste habituel rapporter le fait que la société a découvert au large de la Papouasie une réserve potentielle importante de pétrole. Ou alors, c’est aussi notre collègue Jacques[1], qui nous informe gaiement que c’est le moment d’investir en bourse : « les actions, c’est le moment d’y aller, ça grimpe fort ! ». Continuer la lecture de Jugement éclair : quand l’investisseur individuel prend une décision d’investissement (trop) rapide

Petit retour sur les « diversifications dans la valeur »

Au mois de décembre, nous vous avions dévoilé, ami(e) lecteur(trice), le nom d’une société vendue par notre club d’investissement. Il s’agissait de First Farms, une entreprise danoise qui détient et gère des exploitations agricoles en Roumanie et Slovaquie.

A l’époque, nous avions expliqué que le club avait vendu cette ligne parce qu’elle ne répondait plus aux critères de « diversification value » que nous nous imposons.

diversifier ses investissements

Dans cette partie « diversification value », nous intégrons des sociétés qui ne répondent pas à nos critères habituels de valorisation : ce ne sont ni des VANE ni des VANN.

Ces compagnies nous semblent intéressantes parce qu’elles nous permettent de nous exposer sur des zones géographiques ou des segments sur lesquels nous ne pouvons être exposés au travers de nos « daubasses » traditionnelles.

Ceci ne nous empêche pas de rester intraitables avec notre exigence de marge de sécurité par rapport à une valeur patrimoniale tangible.

Parmi les sociétés qui composent en ce moment cette partie du portefeuille, on trouve pêle-mêle 7 holdings ou fonds fermés nous permettant d’être exposés aux émergents, 4 holdings qui nous permettent d’être investis sur des big caps européennes, 3 mines d’or, une mine d’argent, une société productrice de « soft commodities » et un conglomérat actif dans les énergies fossiles et l’agriculture.

Nous pensons que ces diversifications pourraient être de quelques intérêts pour le chasseur de daubasses.

Tout d’abord, elles pourraient nous apporter une certaine décorrélation par rapport à nos lignes « deep value » traditionnelle.  Non pas que l’intrépide équipe des daubasses craignent la volatilité ni qu’elle soit finalement convaincue par les théories de gestion de portefeuille qui accorde tant d’importance au ratio de Sharpe.

(NDLR : Le ratio de Sharpe prend en compte le profil de risque d’un portefeuille par rapport à son rendement espéré … ce qui pourrait effectivement nous convaincre si ce n’est que le risque est mesuré par l’écart-type du portefeuille, c’est-à-dire sa volatilité.  Et vous qui nous connaissez, cher(e) lecteur(trice), vous vous doutez bien que la volatilité n’a jamais été, dans notre esprit, un indicateur de vrai risque.)

Revenons à nos diversifications : la décorrélation que pourrait nous apporter ces diversifications nous semble surtout intéressante parce que nous aurions là une classe d’actif qui se comporterait différemment des sociétés « daubasses » et qui nous permettrait, peut-être, si les daubasses présentent des décotes historiques, de réaliser nos diversifications avec plus-value et de pouvoir réinvestir le produit de la vente sur nos chères daubasses bien décotées comme on les aime.

decorrelation or actions immobilier

L’autre intérêt de ces diversifications, c’est qu’elles nous permettent de rester investis même lorsque le marché ne nous propose plus d’occasions à foison à prix bradé.  Mr Market peut rester béatement optimiste même lorsque les grosses opportunités ont disparu. Nous pourrions alors être tentés de « brader » nos exigences en termes de décote et de solvabilité pour, malgré tout, continuer à participer à la fête…

Tututututut … rien de tout ça chez nous : il n’est pas question d’accepter d’acheter avec une décote de seulement 10 % sur la VANE ou des sociétés surendettées. Par contre, grâce à cet autre axe d’investissement, nous pouvons rester sur le marché tout en maintenant notre philosophie d’investissement parfaitement « value ».

En effet, une condition reste incontournable pour que les valeureux boursicoteurs qui animent ce blog daignent accorder un regard à ce type de placement : il faut qu’au moment de notre achat, le cours de l’heureuse élue soit largement décoté par rapport à sa valeur intrinsèque. L’obtention d’un bon prix reste donc un élément indispensable pour intégrer le portefeuille du club des daubasses. Effectivement, l’ensemble des membres de l’équipe est intransigeant sur ce point : pas question de déroger à la règle d’airain qui veut que nous restions, envers et contre tout, des investisseurs « deep value » purs et durs.

investissement en actionsEt, pour le moment, il semble que cela « marche » : du 13 décembre 2013 (date à laquelle le dernier achat  a été réalisé) au 14/02/2014, la section  « diversification » a clairement pris le relais de nos traditionnelles « daubasses » pour nous apporter ce petit supplément de rendement que nous aimons. En effet, sur la période, elle a généré un rendement de 17,68 % alors que le reste de notre portefeuille affichait vaillamment 8,54 %… et que notre benchmark, le tracker msci world en euros dividendes inclus, se contentait d’un raisonnable 4,48 %.

Malgré ce succès que notre réalisme légendaire nous fera qualifier de court terme, il n’est pas question de nous engouffrer dans ce « créneau » toutes voiles dehors : cette partie pèse aujourd’hui 20 % de notre portefeuille mais l’essentiel du portefeuille restera bel et bien constitué de « bonnes vieilles daubasses » bien répugnantes. Nous remarquons aussi que la « montée en puissance » de notre section « diversification » ne date pas d’hier et qu’elle s’est faite de manière lente et régulière : elle fut initiée dès juin 2010 avec des émissions d’options put sur BP et a été confirmée ensuite par un investissement sur Ukraine Opportunity en février 2011.

Pour faire contrepoids à la (relative) tolérance en termes de prix mentionnée ci-dessus, il nous apparaît aussi indispensable que la direction fasse preuve d’un peu plus de compétences, voire de beaucoup plus de compétences, que le management d’une daubasse. C’est la raison pour laquelle nous évaluons, à la grosse louche, la capacité du management à créer de la valeur sur ces supports même si, reconnaissons-le honteux et confus, nous étions peu exigeants sur ce point lors de nos premières diversifications.

Dans le cas de First Farms et pour les raisons évoqués dans les différents articles que nous lui avons consacrée, nous avons eu la conviction que ce n’était pas le cas et nous avons donc balancé notre ligne sur le marché sans aucun état d’âme. D’autant que nous avons pu, dans le courant de cette semaine, nous exposer à nouveau au secteur agricole avec une nouvelle acquisition (Holding n°17 de notre portefeuille), une société dont la qualité des gestionnaires, dans ce cas-ci,  n’est plus à démontrer.

 

La vie au quotidien : un process comme un autre

Vous le savez cher(e) lecteur(trice), nous sommes dans notre approche d’investissement des adeptes du respect d’un process car nous pensons qu’il permet de contrer de nombreux biais psychologiques de l’investisseur. Ce concept carré, presque obtus diront certains, de notre philosophie concernant la gestion de nos actifs peut parfois paraître quelque peu cloisonné. L’application de ce processus est l’aboutissement d’une volonté d’amélioration, le souhait de structurer une idée, et découper le tout en mots, en phrases, en outils, en limites n’a pour objet que de nous permettre d’obtenir un rendement optimisé. Ce désir de vouloir trouver une technique n’est pas nouveau.

Benjamin FranklinEn effet, à la lecture de l’ouvrage autobiographique de Benjamin Franklin Avis nécessaire à ceux qui veulent devenir riches sous-titré Mémoires et propos au fondement de l’Amérique marchande, nous apprenons que l’un des plus illustres personnages de notre histoire contemporaine a tenté de « processer » sa vie dans un objectif de performance optimale. Nous trouvons le parallèle avec un process quel qu’il soit, comme celui que nous appliquons par exemple pour nos investissements, enrichissant et surprenant. Nous vous invitons à prendre connaissance par la suite de l’origine de sa mise en place, son « cahier des charges » et comment il a pu être mis en application par l’un des pères fondateurs de l’Amérique capitaliste moderne. Libre à vous d’en tirer les enseignements que vous souhaitez, nous n’avons aucun avis sur l’intérêt d’appliquer un tel « process de vie » pour un individu. Cet exemple se veut purement démonstratif et nous a paru intéressant scientifiquement parlant, si nous pouvons d’ailleurs nous permettre de le qualifier de scientifique, une expérience de vie empirique.

 

L’expérience

Franklin est déjà un imprimeur renommé quand il a décidé de se lancer dans ce nouveau projet « parvenir à la perfection morale ». Il « désirait passer [sa] vie sans aucune faute aucune dans aucun temps ». Ainsi, pour éviter les fautes qu’il a l’impression de sans cesse répéter, il souhaite mettre en place une méthode. Franklin a alors répertorié les concepts, idées, en définissant les termes et en essayant de les traduire dans un maximum de mots concrets. Ainsi, il définit 13 vertus essentielles avec leurs préceptes :

1. La sobriété. Ne mangez pas jusqu’à être appesanti ; ne buvez pas jusqu’à ce que votre tête soit affecté.process de vie, process d'investissement

2. Silence. Ne dites que ce qui peut être utile aux autres et à vous-mêmes. Évitez les conversations frivoles.

3. Ordre. Que chaque chose ait chez vous sa place, et chaque partie de vos affaires son temps.

4. Résolution. Soyez résolu de faire ce que vous devez et faites, sans y manquer, ce que vous avez résolu.

5. Economie. Ne faites aucune dépense que pour le bien des autres ou pour le vôtre, c’est-à-dire ne dépensez rien mal à propos.

6. Application. Ne perdez point de temps, soyez toujours occupé à quelque chose d’utile, abstenez vous de toute action qui ne l’est pas.

7. Sincérité. N’usez d’aucun déguisement nuisible ; que vos pensées soient innocentes et justes, et conformez-vous-y quand vous parlez.

8. Justice. Ne nuisez à personne, soit en lui faisant du tort, soit en négligeant de lui faire le bien auquel vous oblige votre devoir.

9. Modération. Evitez les extrêmes ; gardez vous de vous ressentir des torts autant que vous croyez qu’ils le méritent.

10. Propreté. Ne souffrez aucune malpropreté sur votre corps, sur vos habits et dans votre maison.

11. Tranquillité. Ne vous laissez troubler ni par des bagatelles, ni par des accidents ordinaires ou inévitables.

12. Chasteté. Livrez-vous rarement aux plaisirs de l’amour, n’en usez que pour votre santé ou pour avoir des descendants, jamais au point de vous abrutir ou de perdre vos forces et jusqu’à nuire au repos et à la réputation de vous ou des autres.

13.  Humilité. Imitez Jésus et Socrate.

 

Une fois les différentes habitudes listées et les moyens identifiés, Franklin a décidé de ne pas s’approprier toutes ses vertus en une fois. Son process était de s’accaparer une vertu une par une pour que son attention quotidienne soit focalisée sur une seule. Et ainsi l’assimiler au mieux, avant d’essayer de devenir vertueux dans le domaine suivant. Pratiquement, il a ainsi établi des fiches hebdomadaires avec en en-têtes les jours de la semaine « lundi, mardi, … » et en ligne les 13 vertus en s’attachant à privilégier chaque semaine son attention plutôt sur une vertu. Ainsi, en fin de chaque journée, il marquait la fiche d’un point à chaque fois qu’il fautait en face de la vertu en question. Et il considérait qu’une vertu était assimilée uniquement lorsque la semaine échue, il ne constatait plus de marques dans la vertu correspondante. Le chemin était ardu et pour se motiver au quotidien ou lors de la revue journalière, il s’auto-stimulait à travers des citations ou des prières qu’il avait lui-même rédigé. En voici quelques exemples.

Epigraphe de Cicéron : « Ô philosophie, guide de la vie ! Source des vertus et fléau des vices ! Un seul jour employé au bien et suivant les préceptes est préférable à l’immortalité passée dans le vice ».

Ou encore, un proverbe de Salomon : « La longueur des jours est dans sa main droite et dans sa gauche la richesse et les honneurs, ses voies sont des voies de douceur et tous ses sentiers sont ceux de la paix ».

Bien que n’étant pas un homme de foi ou un pratiquant d’une quelconque religion, Franklin considérait tout de même Dieu comme source de sagesse. Il rédigea ainsi la courte prière suivante :

« Ô bonté puissante !

Père bienfaisant ! Guide miséricordieux !

Augmente en moi la sagesse, pour que je puisse connaitre mes vrais intérêts,

Fortifie ma résolution pour exécuter ce qu’elle prescrit,

Agrée mes bons offices à l’égard de tes autres enfants,

Comme le seul acte de reconnaissance qui soit en mon pouvoir pour tes faveurs continuelles envers moi. »

De tout ce travail, il a ainsi pu établi une journée type :

Plan pour l’emploi des 24 heures du jour naturel

Question du matin. « Quel bien dois-je faire aujourd’hui ».

Créneau 5h – 8h : Me lever, me laver et invoquer la puissante bonté, régler les affaires et prendre les résolutions du jour, continuer les études actuelles, déjeuner.

Créneau 8h – 12h : Travail.

Créneau 12h – 14h : Lecture ou examens de mes comptes et diner.

Créneau 14h – 18h : Travail.

Créneau 18h – 22h : Ranger tout à sa place, souper, musique, récréation, conversation, examen du jour.

Question du soir. « Quel bien ai-je fait aujourd’hui ».

Créneau 22h – 5h : Sommeil.

 

Benjamin Franklin a pu observer les points suivants. Tout d’abord, il fut étonné de la multitude de défauts dont il était rempli. Il observait des progrès très faibles qui l’ont presque poussé à abandonner. Pour synthétiser – les plus curieux d’entre vous auront le loisir de lire l’ouvrage complet -, Franklin a réussi à modeler quelques traits de sa personnalité. Mais il a surtout constaté que certaines vertus ne seraient jamais siennes. Et il en a conclu qu’il ne pourrait être parfait au sens où il avait défini lui-même les 13 vertus, qu’il ne pouvait ainsi modifier seulement quelques traits de sa personnalité et qu’il devait s’en accommoder ainsi, tout en ayant conscience de ses limites afin d’en minimiser les impacts négatifs dans sa vie quotidienne.

Cette expérience de vie eut néanmoins l’avantage de se questionner sur les fondements philosophiques des actes et sentiments qui permettent l’épanouissement d’un homme. Franklin désirait même rédiger un livre qu’il aurait intitulé L’Art de la vertu afin de fournir à tout homme les moyens et la manière d’acquérir la vertu. Et comme il l’a lui-même expliqué, celui qui s’essaie à perfectionner son écriture dans le sillage des plus belles écritures, même s’il n’atteint pas la perfection, il rend son écriture plus nettement lisible. Pour le paraphraser, nous pourrions dire que le travail d’amélioration vers un objectif peut paraitre ambitieux. Il permet néanmoins de s’améliorer et contrairement à celui qui se sera contenté de penser à s’améliorer, le fait de faire et de commencer une entreprise est toujours profitable.

 

Apports de Franklin pour la définition d’un process et sa mise en application

réflexion investissement boursierLes leçons que nous pouvons tirer de cette expérience à titre d’individu (ou d’entité) qui a la volonté d’améliorer un système dans un but précis sont tout d’abord qu’une rigidité extrême n’est pas tenable dans le temps. Un process, quel qu’il soit, doit pouvoir s’accommoder dans sa mise en œuvre d’une certaine souplesse. Ou autrement dit, pour chaque individu (ou entité), le process doit être adapté à ce que nous pouvons appeler les us et coutumes. Si les contraintes du process sont trop fortes, en décalage avec les habitudes de vie ou trop éloignés des fonctionnements historiques classiques d’une organisation, il aura du mal à être adopté et sera difficilement durable, pérenne.

Le second enseignement de cette aventure humaine que nous retenons semble être le fait que dès sa mise en place, les bornes comme les critères doivent être sélectionnés de façons telles qu’ils sont en accord avec les objectifs souhaités. Ils doivent ni être trop ambitieux, dans quel cas ils seraient trop restrictifs et limitatifs, ni trop expansifs au risque de devenir inefficaces dans leurs résultats.

Enfin, les citations, remarques ou autres pamphlets d’illustres individus dans le domaine que nous cherchons à améliorer peuvent être une idée à reprendre. Lors des moments de doute des bien-fondés du process ou simplement de lassitude, ils peuvent permettre de rappeler l’objectif du process et, de par l’image que l’individu cité reflète, que cet objectif est non seulement atteignable, mais louable.

Nous ne pouvons que vous conseiller la lecture de ce livre traduit dans un français d’une intelligence rare pour vivre, par procuration, au-delà de cette expérience qui n’est qu’une des facettes de la personnalité de Benjamin Franklin, une aventure humaine palpitante.

Le premier quinquennat

Nous y sommes ami(e) lecteur (trice) : voici 5 ans que nous avons constitué notre club d’investissement, 5 années que notre blog existe, 5 années d’une très belle aventure.QE et LTRO

Pour fêter cet évènement, il fallait un lieu qui en soit digne. Franck, étrangement de plus en plus amateur de choucroute et de Kreuzpolka nous proposait de le faire juste en face du siège de la BCE  afin de rendre hommage aux fabricants de billets qui ont partiellement contribué à la performance de notre portefeuille (la Fed était un peu loin pour ce faire et, à défaut de remercier «Elicopter Ben », « Super Mario Draghi » aurait fait l’affaire). Mais Pierre a coupé court trouvant que l’équipe des daubasses n’avait pas à prendre une position « politique » en paraissant soutenir des initiatives aussi sensibles.

Le plus grand des deux Louis aurait bien fait ça en toute simplicité au bar Emmanuel du Quai des Vis d’autant que le tenancier tient à présent un stock suffisant de sa trappiste préférée mais le plus petit des deux Louis trouvait que ça manquait de solennité.

réunion d'investissement en AlsaceFinalement, nous avons opté pour un moyen terme entre les Pays-Bas maritime et l’accidenté land de la Hesse et avons choisi l’Alsace, carrefour des cultures germaniques et latines. Certes, l’équipe ne partait pas sans une certaine angoisse : si la qualité viticole de la région n’était plus à faire, la plupart des membres de l’équipe avait le souvenir d’infâmes Kronenbourg trop chaudes.

Mais Pierre a proposé l’idée géniale d’emprunter le Jumper de son voisin : 6 places assises et un volume largement suffisant pour transporter notre petit baluchon et les 10 casiers d’Orval nécessaires pour tenir un si long week-end chez les buveurs de vin.

Nous nous sommes donc mis en route, direction Colmar,  mais, dès que nous sommes arrivés à hauteur de Metz, la neige s’est mise à tomber, drue et épaisse.  Au fur et mesure que nous approchions du Col du Bonhomme et que le jour tombait, la circulation se fit de plus en plus rare. L’ascension du col fut néanmoins avalée d’une traite sans aucun incident mais, dans la descente, le plus grand des deux Louis poussa un cri d’effroi … « Attentioooooooon » !!!  Son homonyme qui pilotait le véhicule avait lui aussi aperçu l’ombre qui se profilait le long de la route. Un cerf majestueux et impérial envisageait de traverser. Mais les 4 compères n’eurent pas le loisir d’admirer ce roi des forêts : un brusque coup de volant pour l’éviter, la camionnette dérapa et … bardaf … ce fut l’embardée.

 

les investisseurs enneigésLe silence se fit dans la nuit blanche. Le Jumper se trouve coincé sur le bas-côté de la route, heureusement pas du côté « ravin » mais bien du côté « forêt ». Mais, avec la neige
et le dénivelé du fossé, impossible de dégager le véhicule.

–          « Merde … on n’a pas de réseau » constata Franck plaintif.

–          « Pas grave, on a des réserves de vivres et on ne sera pas déshydraté » remarqua le plus grand des deux Louis, toujours pragmatique.

–          « D’ailleurs, j’ai soif »

–          « Tu as ton décapsuleur ? »

–          « Ouais, envois les Orval »

–          « Ca me rappelle nos débuts – expliqua Pierre – la chasse à la daubasse avec du matos fait de bric et de broc »

–          « Ça n’a guère changé sur ce plan-là » dit Franck

–          « Non c’est vrai mais à l’époque, on n’avait vraiment l’impression d’être des amateurs. Aujourd’hui, c’est vrai, on a moins de complexes ».

–          « Souvenez-vous de nos premières chasses …. »

Traveling avant sur une bouteille d’Orval, fondu enchaîné, … retour en septembre 2008 …

Un petit groupe de fanas de l’investissement se retrouve régulièrement dans un groupe de discussions pour tenir différentes conversations portant sur leur thème favori. Au sein de ce groupe baptisé Valeur&Convictions, les débats sont parfois musclés, souvent passionnés et presque toujours intéressants. Si l’ensemble de ces boursicoteurs partagent un point commun – leur intérêt pour l’investissement « value » – ils défendent des approches fondamentalement différentes même si toutes sont respectables. Parmi ceux-ci, quelques « extra-terrestres » se sont mis à étudier l’approche « net-net », chère à Benjamin Graham et le 25 septembre 2008, Louis P présente à ses compères une liste de 9 sociétés françaises répondant aux critères « net net » sans qu’aucun autre critère comme la solvabilité n’entre en ligne de compte. Souvenir … Souvenir … voici cette fameuse liste avec le cours de l’époque et le rapport cours/VANN

LNC             3           0,23

Vet’Affaires 13,69       0,62

Capelli         1,15       0,81

Adomos       0,87       0,81

Passat         2,49       0,62

JAJ              0,94       0,52

Dane Elec    0,63       0,41

Kindy           6,25       0,94

GEA          12,7         0,86

La machine était lancée … Pierre, qui deviendra plus tard un “chasseur de daubasses d’élite” commença alors à retourner pierre par pierre (Pierre qui retourne des pierres, c’est rigolo ça ?  … ou ce sont les premiers effets de notre 6e Orval … c’est vrai qu’il commence à faire froid dans la Jumper !). Quelques semaines plus tard, le 16 octobre, il présente une liste de 30 sociétés « net net ». Deux jours plus tard, la liste se monte à 64 sociétés. C’est à ce moment, bien avant la constitution du club donc, que l’idée de diversification (une des pierres angulaires de notre approche) voit le jour. Le raisonnement tenu était et nous citons littéralement : « Soyons conscients que certaines société de la liste vont sans doute rester au tapis (faillite) mais si l’on réfléchit un peu, et en partant d’un portefeuille de 20 valeurs… Et si nous avons par exemple au moins 10 sociétés dont les cours représentent 30% de l’actif courant….Le potentiel sur ces 10 valeur est disons de 200% ou un cours X 3 , pour atteindre 1 soit la valeur de leurs actifs courants….Cela peut-être plus, mais restons en là….Imaginons que 3 sociétés sur les 10, fasse donc X 3…..Cela nous permet alors 6  faillites sur les 17 valeurs restantes du portefeuille….. Une dernière réflexion sur ce portefeuille Net-Net…….Comme déjà exprimé, je pense que sans diversification, le risque société est plus important que la moyenne des méthodes value….A un certain niveau de diversification que j’estime entre 20 et 30 sociétés en portefeuille, ce risque me semble se restreindre fortement, car les quelques sociétés qui vont repartir fortement annulent en partie les faillites potentielles des autres ».

Le 18 octobre, la liste se monte à 75 net net et Pierre annonce triomphalement avoir trouvé la plus sous-évaluée entre toutes, une certaine … Chromcraft Revington … un investissement qui s’avérera disons … moyen quelques années plus tard.

C’est le 20 octobre 2008 que germe l’idée de créer un club d’investissement permettant d’investir dans des net-net. Si plusieurs d’entre nous commençaient à être intéressés par un « portefeuille » Net-Net, la conviction n’était pas encore absolue et, pour équilibrer les risques, nous avons donc souhaité mutualiser une petite partie de notre épargne pour constituer un portefeuille suffisamment diversifié. Il faut souligner que la faillite de Lehman Brother remontait à un mois à peine et que le marché dévissait … dévissait … dévissait … de quoi ébranler certaines certitudes des plus expérimentés parmi nous.

Après d’interminables formalités administratives, le compte du club était enfin ouvert. Entretemps, nous n’avions pas sombré dans l’oisiveté : notre watch list avait atteint les 200 lignes. La peur sur les marchés à ce moment était à son comble, le VIX, indicateur de la volatilité du marché des options, avait atteint son plus haut historique le 20 novembre à 80,86 %. Jamais il n’avait été aussi haut et jamais, par la suite et à ce jour il n’a été aussi haut. Voilà pourquoi notre mini club ne put, au départ, réunir que la modique somme de 15 400 euros : malgré la rationalité de nos raisonnements et la bonne conviction que nous avions en sa fiabilité, un soupçon d’angoisse nous a fait garder le pied sur la pédale de frein.  Quand on connait la suite, quelle perte d’opportunité ce fut là !

Il restait à déterminer les règles qui encadreraient nos achats : au départ, elles furent d’une simplicité étonnante. Nous n’achèterions que des sociétés dont le cours présentait une marge de sécurité d’au moins 30 % sur la VANN et dont la solvabilité serait d’au moins 40 %.

Composition du portefeuille daubasse au moment du lancement, il y a 5 ans
Composition du portefeuille daubasse au moment du lancement, il y a 5 ans

Retour dans la descente du Col du Bonhomme

–   « Quel était votre sentiment à l’époque ? » demanda le plus petit des deux Louis

–   « Pour ma part, répondit le plus grand des deux Louis, je me trouvais face à un mélange d’excitation et de crainte. Excitation qui me donnait le sentiment, non comme Warren, de me trouver dans un harem mais plutôt d’entrer dans les caves de l’Abbaye d’Orval au moment où le père-abbé me dirait : « tout ce qui est là est pour toi ». Il me semblait tellement évident que, dans la vraie vie, aucun chef d’entreprise ne se séparerait de sa société en demandant des prix aussi faibles que ceux proposés. Mais aussi un peu de crainte parce que, au fonds, étions-nous certains que les oiseaux de mauvaise augure avaient tort ? Si nous assistions bel et bien à la fin du monde ? C’est facile après coup mais quand on vit l’évènement au moment même et qu’on n’a pas encore totalement mis au point un process qui protège contre les biais psychologiques, ce n’est pas si évident. Et vous les gars, vous l’aviez vécue comment cette période ? »

crise 2008-2009

– « L’approche de Graham m’intéressait » répondit Franck, vautré au fond de la camionnette sirotant sa bière et cherchant du réseau,  « mais de loin. A mes yeux, vous étiez tous les deux (Pierre et Louis P), des joyeux lurons qui se prenaient pour des mini-Buffetts. En fait, les sociétés que vous proposiez étaient tellement pourries que c’était difficile d’y croire, de se projeter sur un bon retour sur investissement. Et comme tu le dis, il faut se rappeler de la période : fin 2008 ! Tout investisseur lambda qui se respectait, scrutait son propre portefeuille et constatait les dégâts. En jeune investisseur que j’étais, cette crise m’a permis d’encaisser la plus grosse chute des marchés des 30 dernières années. Autant dire que j’étais occupé et que j’étais préoccupé à trouver ma propre voie d’investissement. Et vous, tranquilles, en train d’élaborer une nouvelle stratégie basée sur le maître de l’oracle d’Ohama : Benjamin Graham… C’était irréaliste de commencer un projet de ce style à cette période ! Mais en fait, la période idéale en y repensant, puisque les net-nets étaient abondantes sur les marchés. J’en ai presque une larme à l’œil… Je me reprends une petite Orval… »

–  Le plus petit des deux Louis enchaîne : « Quant à moi, je l’ai vécue assez mal. J’ai perdu beaucoup d’argent en 2008, étant investi principalement sur des fonds, non pas de bouteilles, hélas, mais des fonds d’investissement, des SICAVs quoi! Tiens ça me rappelle que je dois encore mettre de l’ordre dans mes caves à vin… Bref, pour revenir à ce que je disais, j’avais bu la tasse et ma motivation était au raz des pâquerettes. Et c’est alors qu’en discutant avec mon ami Pierre, autour d’une Duvel au cimetière d’Ixelles (au café La Bécasse pour ceux qui connaissent), il me parla pour la première fois des netnet. Et là s’enchaîna une discussion des plus intéressantes et passionnantes qui ont fini par me sortir de mon état de chat échaudé… Ah, quels souvenirs, n’est-ce pas, Pierre? »

Capitalism Grave

–  Pierre : « Et oui Louis c’est presqu’une blague notre première rencontre…Imagine toi un pote qui te demande, finalement vous vous êtes rencontré où la première fois avec Pierre et tu lui dis : au cimetière d’Ixelles… Et ton pote interloqué te demande, mais qu’est-ce que vous alliez foutre dans un cimetière et tu lui dis : Pierre avait acheté une chrysanthème et on cherchait la fosse où on allait enterrer le mort, pour être certain d’être les premiers à déposer la « potée »… Et ton pote, de plus en plus ébahi, te demande et c’était qui le mort ? Le capitalisme pardi ! Vous n’êtes pas obligé de rire hein les gars, surtout ne vous forcez pas ! Remarque que c’était encore plus loufoque avec le plus grand des deux Louis … Puisqu’on avait déjà mis du pognon dans un compte commun, pour le club et on ne s’était jamais rencontré, même pas téléphoné. J’avais l’impression de bien le connaître avec nos échanges sur le forum V&C ! Et quand on a annoncé l’histoire à nos nanas, je parle de nos épouses évidement, elles nous ont demandé chacun de notre côté si on avait quatorze ans ou bientôt quinze sur ce coup-là ! Et tu ne le connais même pas et si et ça, juste des remarques lucides de nanas quoi… ! Mais c’était déjà trop tard….!

–   « Tu ne réponds pas à la question là »

–   « C’était quoi encore la question ? A oui, comment on a vécu la période..?..Mal….!

–   « Mais encore……. »

–    Comme le disait Francki, quand on se prend pour un « mini Buffett », on nage dans la mer sans maillot et pourtant on a l’impression d’avoir un maillot bien moulant du genre speedo « spécial compet ». On se rend seulement compte que l’on n’est pas dans la mer mais juste dans sa baignoire au moment où on boit la tasse qui a un goût de savon et pas de sel. Et pourtant ce qui est énervant, c’est que j’ai fait un maximum pour comprendre et pour appliquer au mieux. Mais c’est précisément là l’erreur : en gros, j’ai pas mal perdu grâce à Warren qui m’a guidé pas à pas vers ce qui devait être la lumière mais qui s’est finalement révélé être un gouffre. Mais d’un autre côté, c’est aussi grâce à Warren que j’ai compris que j’étais vachement plus limité que je ne l’imaginais et aussi grâce à notre ami Michael et au plus grand des deux Louis quand ils ont commencé à nous parler de la « simplissime » valeur net-net d’une société, avec une soustraction et une division,….. pan…….on sortait un chiffre costaud sur lequel on pouvait compter…! Finalement j’ai presque vécu deux révélations… La première, j’ai compris que j’étais trop con pour imiter Warren et la seconde qu’il y avait peut-être une histoire à mon niveau pour redémarrer du bon pied. Le pire, c’est que j’ai même mis du temps avant de comprendre tout convenablement : c’était trop simple sans doute ! Le plus difficile ensuite, ça a été de se dire : c’est extra, on a 200 sociétés « fortminables » pour réaliser un investissement formidable. C’est vrai que c’était excitant mais sur le moment et vu les pertes subies un peu avant, j’ai l’impression que j’ai juste trempé le bout de mes orteils avec mes 7 000€…. Mais bon vu le nouveau 1929 que l’on allait vivre, l’équation était simple, soit on restait prudent en étant conscient que ce n’était pas la fin des pertes, mais peut-être encore le début de nouvelles pertes… soit je ne l’étais pas et j’allais finir en clochard « orvalisé » sous les ponts de Marchienne-au pont ! »

–  « N’empêche qu’on n’est quand même pas resté « scotché » sur notre approche et qu’on a su évoluer.  Hein Louis ? » interroge Franck

–  « C’est vrai, pour ma part, la divergence la plus marquante que nous avons eue par rapport aux « net-net », ce fut les  « net-estate » ou « VANE« . Parce que d’une part, cette notion est une exclusivité des daubasses : nous ne nous sommes plus contentés de suivre une formule inventée par un autre mais il s’agit d’une création issue de nos imaginations fertiles … enfin qui sont fertiles quand on a ingurgité moins de 15 trappistes … ce qui n’est plus le cas depuis un bon moment dans cette camionnette. D’ailleurs je vois le cerf de tout à l’heure en train de faire « coucou » par la fenêtre »

cerf

–  « Ça ? c’est juste le givre sur la vitre. »

–  « Ah bon, c’est vrai que l’Orval tient chaud et que je ne sens pas vraiment cette fraicheur. Je disais aussi qu’avec les VANE, nous nous sommes constitué un avantage compétitif très intéressant : il n’existe aucun screener capable de détecter cette valeur … et on ne peut d’ailleurs la calculer qu’en plongeant très en avant dans les rapports financiers. Un peu de labeur supplémentaire donc pour pouvoir sélectionner les meilleures » valoriser de l'immobilier d'entreprise

–  Franck enchaîne :  » ne plonge pas trop Louis … Tu risques de ne pas remonter à la surface. L’Orval contient des bulles, mais son ingestion ne te fait pas flotter ! Bizarre ça d’ailleurs… »

Bref, oui, les VANEs, c’est beau… (pensée évasive : esprit miroitant les grattes ciels américains amortis à 80%, décote sur valeur historique de 1955 … – j’arrête ici, sinon je vais faire une rupture d’anévrisme liée à l’excitation). Bel exercice de style non « machinable ». Tout à l’artisanat comme tu dis. C’est ça qu’est beau, des ouvriers comme nous qui savent encore travailler les rapports financiers ! Les robot-traders qui travaillent à la milliseconde, ils ne les voient pas passer les VANEs ! Héhé (sourire ébahi de Franck , fier de sa comparaison + gorgée d’Orval). En tant que titi parisien, n’oublions pas de préciser que j’ai pris un sérieux virage aussi direction le Nord, la Belgique. Il a fallu que je vire à 180°C pour me mettre… à la bière. (clin d’oeil aux compagnons du Jumper et trinque d’Orval). Trêve de plaisanterie… C’est vrai qu’on a eu une belle période créative. Avec les holdings décotés, et fonds fermés décotés aussi. On a chassé tout ce qu’il était possible de chasser dans une approche patrimoniale et surtout sur des actifs dont la décote est facilement mesurable. Une fois qu’on a gouté la liqueur « valeur » et l’agréable sensation douillette du confort des actifs en grosse décote, on les cherche un peu partout. Mmmm… On dort si bien avec un portefeuille rempli à craquer de daubasses et autres mignardises mielleuses, croquantes décotées à souhait ! Le moment que j’apprécie le plus, et qu’on a, je pense, tous découvert dans notre aventure, c’est la chasse à la daubasse. Ce plaisir de lire sur mon écran à la lueur du clair du lune les rapports annuels, semestriels, trimestriels voire d’obscures messages d’informations de la société pour comprendre des événements qui expliquent une Potentielle Décote Identifiée (PDI), mettre des centaines de chiffres dans des cases… qui donnent des décotes trop faibles ou alors avoir trouvé la SUPER daubasse de l’année, et se rendre compte au dernier moment que les comptes sont en USD… et que la société cote en GBP ! ARGH !!! (Orval pour la peine). C’est dans ce moment qu’on sent qu’on va tomber sur une daubasse… Mais peut être que sur ce sujet, il faut mieux laisser la place à notre spécialiste maison… Pierre ? … C’est de toi que je parle… Réveille-toi ! Et raconte nous un peu tes passionnantes recherches sur des centaines de sociétés ? »

– Il dort vraiment, qu’est-ce qu’on fait…..!

– Met lui un coup de coude dans les côtes pour le réveiller….!

– Et s’il me balance une tarte ?

– Tu lui mettras un coup de boule !

OH EH, Pierre, tu nous parles de la chasse s’il te plait ?

– La chasse… La chasse de quoi ?

– AAAA à la Daubasse, on venait juste de dire que t’étais le spécialiste et que tu pourrais dire un petit mot sur le sujet.

– Il n’y a pas grand-chose à dire…

– Tu veux une petite Orval pour t’éclaircir les idées ?

– Oui, ce n’est pas de refus.

– Et tu as aussi loupé l’évocation par Louis de la catégorie VANE, une appellation Daubasse incontrôlée, fruits délicieux et rémunérateurs de nos QI et de nos imaginations enlacées.

– Comme on est à s’auto-congratuler et à se lustrer l’égo à la crème Lancôme, vous avez parlé de l’équipe des Daubasses au moins ?

– Qu’est-ce que tu veux qu’on dise ? Qu’on est les meilleurs, qu’on l’a prouvé et qu’on va le prouver dans le futur et que même si on ne connait pas le futur, c’est comme si c’était déjà fait.

La Jumper s’emplit de rires interminables déclenchés par la réplique du plus petit des deux Louis.

– C’est un détail que je n’oserais même pas évoquer. Ce n’est pas notre style. Je voulais juste dire que le vrai moteur des Daubasses, c’était nous, nos personnalités, notre entente, nos débats, notre organisation qui me fait parfois penser à un staff de formule 1 dans les stands pendant la course. Nous avons chacun une part de boulot bien précis. Mais on peut aussi se ruer, tous les quatre, ventre à terre, sur une Daubasse, pour lui changer les roues, la remplir de kérosène, faire ingurgiter à l’entonnoir deux trappistes au pilote et la larguer sur la piste… et tout cela en 30 secondes chrono. Au moment opportun, il n’y a pas de question sur qui fait qui et qui fait quoi mais un seul homme à quatre tête, huit bras et huit yeux.

– Si on revenait tranquillement à la chasse….!

– La chasse … ben … pour tout dire, la chasse c’est barbant 98% du temps, ça fatigue les yeux, éreinte le cerveau, endolori le poignet et fait picoter les fesses même sur la meilleure chaise directoriale de bureau. Retourner des milliers de pages web plusieurs jours d’affilés pour vérifier toujours la même rengaine : Current Asset – Toutes les Liabilities et diviser par le nombre de petites actions en circulation. On a envie de se taper la tête dans le mur par moment. Et pour certaines sociétés de certains pays dans lesquels l’info est comme planquée dans la botte de foin de leur site foutoir, ça donne parfois envie de chasser la daubasse avec un vrai flingue. Et puis bien sûr, il y a l’inénarrable société cotée sur Euronext qui n’a pas la version anglaise du rapport … alors tu dois faire appel à « google plus traduction » pour chaque ligne du bilan ou à peu près. Et ton envie de chasser au flingue réel se transforme en envie de chasser au bazooka. Et c’est la même chose quand ta joie explose, quand tu penses avoir trouvé la belle affaire, une daubasse au cours anorexique avec des actifs du père dodu dans la boutique mais que tu n’as pas fait attention au fait que les petits malins publient leurs comptes en dollars et font coter leur actions livres sterling : quand tu refais le calcul avec le change, tu t’aperçois que le cours est dodu et les actifs anorexiques. En fait, la seule joie qui te procure une douleur viscérale intégrale un peu comme si un astéroïde te traversait le bide !

chasse à la daubasse1

 

-Et quand tu trouves !

– Oui les gars, c’est vrai qu’il y a les 2% de temps où c’est le nirvana, la consécration, l’arrivée au stade devant une foule en liesse composée de votre chien, de quelques mouches en été et quelques moustiques le soir… et de quelques tourterelles qui roucoulent dans les arbres. C’est le moment où vous semblez vous décerner seul, un diplôme de docteur honoris causa de la chasse scientifique à la daubasse, d’une quelconque université que vous inventez sur le champ. Remarquez que la trouvaille d’une daubasse me donne aussi l’envie d’aller faire ma petite…..  Hum … il y a en moi comme un trépignement physiologique incontrôlable que je dois absolument évacuer avant de compléter la fiche. Et cela se répète juste avant de vous envoyer cette fiche et quelques commentaires souvent positifs sur notre forum privé. Et ensuite, une fois la fiche postée, l’attente commence… Je sais que mes biais provoqués par ma trouvaille sont à vif et nombreux et que je n’ai rien regardé en profondeur. Mais j’attends toujours que vous me disiez « tu es notre héros…Sans toi on est foutu… ». Et au lieu de tout cela, 75% du temps sur les maigres 2% de bonheur intense de tout ce labeur, vous me dites des trucs du genre :  « bof, t’a vu les procès en cours ? » ou encore « Pas terrible, il y a des options » ou bien « Je ne la sens pas, la direction a prêté à la société à un taux de 12% » ou même « C’est pas mal mais on va la mettre en réserve » et le pire : « ils viennent de payer un dividende qu’il faut déduire des fonds propres, la décote n’est plus de 45% mais de 25% ! » A partir de ce moment, je suis bien obligé de revenir sur terre……!

– C’est pas mal.

– Instructif, Pierre…

– Quel est le prochain sujet ?

– Allez, comme vous m’avez réveillé, et que je me sens de plus en plus en forme, je vous propose que nous passions au PEA. J’ai toujours trouvé que ce support d’investissement français avait un côté malsain, presque pervers. Je vous demande aussitôt les deux Louis de vous censurer « à donf » dans vos commentaires pour ne pas nous attirer les foudres de nos amis français qui ne le méritent pas. Franck, finalement tu crois que c’est une bonne chose cette taxe ? Elle va libérer la vision … ou c’est le ferment probable de la prochaine révolution ? Allons z’enfants de la patrie ieeee, le jour de gloire eeeest arrivé. pom po po pom pompom……!

– C’est vrai que, à jeun ou non, j’ai toujours eu difficile de comprendre l’attitude de notre Franck qui, à chaque fois qu’on tombait sur une daubasse « éligible-au-PEA » se retrouvait les yeux exorbités, la langue pendante et la bave aux lèvres.

– Arrêtez un peu d’exagérer les belges… C’est grâce à des outils comme le PEA que vous avez eu la chance de pouvoir accueillir notre Gégé national ! Vous nous pillez les icônes de FRANCE avec votre paradis fiscal belge !! s’indigne Franck

– Oui, ça doit être ça pouffe le plus petit des deux Louis.

– En tous cas, à chaque fois qu’on a parlé de PEA, on a toujours eu l’impression qu’on était sur des planètes différentes : entre le Français qui tentait, en vain, de nous démontrer son utilité et les Belges qui le regardaient d’un air ahuri en acquiesçant poliment mais en réalité sans rien comprendre du tout, ça a été assez folklorique.

–  Le bon côté des choses, si on a bien compris, c’est qu’à présent, avec ces taxes supplémentaires, ta politique d’investissement sera moins influencée par des critères fiscaux puisque l’écart des prélèvements entre le PEA et le compte-titres ordinaire a diminué ?

–  C’est ça approuva Franck, je crois que je vais pouvoir lâcher mon pea rigide et me lâcher sur mon compte-titre.

– Ouais ! ponctua la plus grand des deux Louis. Tient, on dirait qu’il a cessé de neiger.

– Regardez devant : les phares d’une voiture

Une 206 rouge vif s’arrêta à hauteur de la Jumper, la vitre s’abaisse et un visage avenant apparu :

– Ca va Messieurs ?

– Ben, on a un petit problème comme vous voyez. Vous avez du réseau vous ?

– Heu … non. Je vais à Mittenwhir pour quelques dégustations de vin. Je vous emmène ?

– Pourquoi pas ? Eh Louis, tu prends un casier d’Orval au cas où ?

– Des Orval ? Vous êtes belges ?

– Oui … dirent en cœur … les trois belges mais Franck cru bon de se désolidariser en expliquant que lui, il était français et bien français.

– Nous, on est « les daubasses » expliqua le plus grand des deux Louis en gonflant la poitrine, très fier de lui et sûr que sa notoriété s’était étendue à l’ensemble de l’Europe occidentale.

– Daubasses ? connais pas expliqua notre bon samaritain. Moi, je m’appelle Muller, Laurent Muller. Et vous faites quoi les 4 Daltons … heu … les 4 daubasses ?

– On fait de l’investissement « deep value » comme Benjamin Graham expliqua Pierre.

– Là, vous commencez à m’intéresser : moi aussi je suis un passionné d’investissement. Vous connaissez Gevelot ?

Et c’est ainsi qu’une grande discussion s’engagea entre les daubasses et leur sauveur … Ami(e) lecteur(trice), vous lisez peut-être là, en direct, les début d’une amitié naissante … et de nouvelles aventures qui débuteront … pas plus tard que la semaine prochaine.

Pour l’heure, nous savourons ces 5 années d’aventures, d’amitiés, d’échanges avec vous, cher(e) lecteur(trice), au travers de 402 articles. Vous êtes 2 700 visiteurs uniques qui visitez notre blog en moyenne 2 fois par mois, vous avez échangé avec nous au travers de 2 684 commentaires et de milliers de mails.  De plus,  une bonne partie d’entre vous nous a fait le plaisir de s’abonner à notre lettre mensuelle afin de nous suivre « à la trace » et d’encore mieux partager nos aventures dans le monde merveilleux de l’investissement dans la valeur.

Alors, pour tout cela, nous vous disons merci et … santé !

trinquer aux plus-values boursières