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Le process, le process… et le process !

Nous allons vous parler, cette semaine, cher(e) lecteur(trice) de baseball ! Pas de la sempiternelle histoire des joueurs légendaires comme Babe Ruth ou Ted William, ces marqueurs hors pairs de « Home runs » dont Buffett fait l’apologie et également l’analogie avec sa méthode d’investissement « focalisée », et basée sur les seuls champions. Mais d’une véritable équipe de « daubasses », les « A’S de Oakland » … qui parviennent à se hisser en quelques années parmi les meilleurs équipes du championnat américain grâce a un process stratégique appliqué à la lettre et basé sur les statistiques. Cette histoire nous permet également de faire l’analogie avec la méthode des daubasses. Ce sera donc l’histoire de baseball préférée des élèves de Ben Graham !

Nous vous avouons d’emblée, avant d’entrer dans le vif du sujet, que nous n’y connaissons rien au baseball et que ce sport très populaire outre-atlantique, ne nous intéresse pas vraiment. Par contre la stratégie présentée dans un bouquin (Moneyball: The Art of Winning an Unfair Game) et dont on a fait un film (Le Stratège avec Brad Pitt), nous a semblé passionnante.

Tout commence dans les année 60 : un certain Eanrshaw Cook, ingénieur mécanique de profession et passionné de statistiques, compile des montagnes de données sur le baseball, son sport favori. Sans le savoir, il invente ce qu’on appelle aujourd’hui la « Sabermetrics », nom tiré de la S A B R, pour « Society of American Baseball Resaerch ».

Assez enthousiaste de son travail, notre ami Cook décide de présenter le fruit de ses recherches aux propriétaires d’équipes de baseball en difficulté. Avec comme idée de les aider a remonter la pente. On ne le prend pas au sérieux et on l’envoit gentiment promener. C’est alors qu’il décide d’écrire un livre qu’il intitulera « Percentage Baseball » et qui est basé sur une longue  batterie de statistiques irréfutables.

Ce n’est finalement que 40 ans plutard que Billy Beane, patron de l’équipe de baseball des « Oakland Athletics » va penser sa stratégie de jeu avec les statistiques de notre ami Cook… En fait, Billy Beane n’est pas un milliardaire, le stade des « Oakland A’s » est plutôt minable et la masse salariale de l’équipe est seulement de 30% comparée à celle de  l’équipe prestigieuse des « New York Yankees »… En gros rien pour réussir et pourtant…

Billy Beane est un ancien joueur de baseball qui, à défaut d’avoir réussi sur le terrain, décide un jour de tenter sa chance en dirigeant une équipe comme personne ne l’avait fait auparavant.

Alors que la saison 2002 se profile, Billy Beane est confronté à une situation difficile : sa petite équipe a encore perdu ses meilleurs joueurs, attirés par les grands clubs et leurs gros salaires. Bien décidé à gagner malgré tout, il cherche des solutions qui ne coûtent pas cher et auxquelles personne n’aurait pensé avant.

Il va donc s’appuyer sur les théories statistiques de Eanrshaw Cook et engager Peter Brand, un économiste, amateur de chiffres qui vient de sortir de l’université de Yale… en gros, un jeune « péquenot » à la tête bien remplie mais aussi un parfait anonyme dans la sphère du baseball.

Ensemble, contre tous les principes, ils reconsidèrent la valeur de chaque joueur sur la base des statistiques et réunissent une brochette de laissés-pour-compte oubliés par l’establishment du baseball. Trop bizarre, trop vieux, blessé ou posant trop de problèmes, tous ces joueurs ont en commun des capacités mal évaluées et la particularité de pouvoir être acheté à prix « d’ami ».

Avec leurs méthodes et leur équipe de « bras cassés », Beane et Brand s’attirent les moqueries et l’hostilité de la vieille garde, des médias et des fans jusqu’à ce que les premiers résultats tombent. Sans le savoir, Beane est en train de révolutionner toute la pratique d’un des sports les plus populaires du continent nord américain et aussi de consacrer le travail de bénédictin de notre ami Eanrshaw Cook.

En fait, la stratégie de Billy Beane est en conflit avec l’équipe de recruteurs du club de la vieille école (dont il va virer le chef) et son entraineur. Ce dernier fait jouer les joueurs qui n’ont pas les meilleurs statistiques. Billy Beane, pour résoudre ce problème, vire donc ces joueurs et l’entraineur se voit obligé de faire jouer les « canards boiteux ».

Les débuts de l’application de la méthode sont houleux, l’équipes des A’s perd quasiment tous ses matchs du début de saison. Ils sont littéralement vilipendés par la presse, les supporters… Mais Billy Beane et Peter Brand savent que les statistiques leurs donneront raison à  long terme et décident de passer à la vitesse supérieure en virant les joueurs qui n’ont pas les meilleures statistiques.

Au bout de quelques matchs, en appliquant le plus strictement possible le process établi, cela va finir par payer : ils vont battre le record de tous les temps : gagner 20 matchs d’affilées… et ce, contre toute attente et surtout dans la plus totale incompréhension du milieu du baseball. Ces 20 victoires d’affilées deviennent le record universel de la league américaine ! Ils finissent le championnat à la tête de leur zone et sont qualifiés pour les playoffs (finales).

Quand l’équipe arrive aux playoffs, les A’s sont rapidement éliminés : ils perdent dès le premier tour. Pourquoi ? Parce que les statistiques vous donnent raison sur le long terme mais pas nécessairement sur «  un seul match ». Et c’est évidemment la même chose pour l’investissement, une période de quelques mois ne permet parfois pas au process de générer des résultats.

Si le process, et donc la stratégie, est très séduisante sur le papier, rien ne vous pousse à l’appliquer. Au contraire, tout vous y  repousse :  des joueurs très moyens voir médiocres dans certaines parties techniques du jeu mais aussi la pression extérieure des supporters, voire de tous ceux qui parlent de vous, à la télé et dans la presse.

Mais la véritable clé de cette idée est bien entendu de connaître les limites de chaque joueurs, afin de pouvoir exploiter leurs seules qualités, afin que l’équipe c’est-à-dire l’ensemble de tous les joueurs puissent afficher des résultats honorables.

Prenons un exemple simple, pour que tout ceci soit plus clair. Vous avez dans l’équipe, une dizaine de «  sluggers » (joueur capable de frapper la balle avec puissance) capable de marquer des « home runs ». L’ennui, c’est qu’ils ont une réussite statistique modeste, du style de 10 par match alors que les meilleurs sont à 25 ou 30. Vous tiendrez le joueur dans le match jusqu’à ce qu’il atteigne ses 10 coups, ensuite vous le remplacerez parce qu’après les 10 coups, une plus grande part de hasard entre en jeu.

Bon, on peut dire aussi que si le joueur en question est dans un jour de forme éblouissante, il pourrait marquer 20 coups. Les 10 coups peuvent alors être modulés avec un facteur statistique temps. On sait que statistiquement, ce joueur marque ces 10 coups en 50 minutes, soit en moyenne un coup gagnant toutes les 5 minutes. S’il est en grande forme, il doit marquer au moins 11 coups en 50 minutes. Ce joueur restera au jeu tant qu’il tiendra le rythme d’un coup gagnant par 5 minutes. Imaginons que ce jour-là, il parvienne à marquer 18 coups en 70 minutes puis qu’il baisse de régime et soit sorti parce que son rythme est en-deça des statistiques. Avec ces 18 coups c’est le héros du match. La décidion de sortir soudain le héros du match est plutôt difficile ! Quel supporter comprend que l’on sorte le héros du match soudainement alors qu’il était sur une si belle lancée et aurait pu, du point de vue du supporter, continuer à alligner les coups gagnants. Celui qui prend la décision est à coup sûr hué par le public. Mais le process stratégique basé sur les statistiques vous indique clairement que ce joueur a été dans un jour « in », jusqu’à un point précis … Le garder dans le jeu après, c’est sortir de la stratégie.

La stratégie peut-être plus globale : en faisant entrer au jeu à certains moments les lanceurs (ceux donc qui ont des qualité de frappeurs vraiment médiocres mais qui ont des qualités au « lancer de balle » et empêchent l’adversaire de marquer des points « Home runs »). Si l’équipe adverse met au jeu quelques « sluggers » de grande qualité, c’est à ce moment-là que l’on fera entrer les meilleurs lanceurs de l’équipe, pour tenter de mettre en échec les « sluggers » d’en face. Tout cela géré statistiquement.

Comme dans l’investissement, si l’on sait que le process global est fromenté de logique, il ne reste qu’à l’appliquer à la lettre… même quand nos biais et nos émotions tendent à nous faire croire que la direction n’est pas la bonne.

Bien entendu, il ne s’agit jamais de 100% de réussite, ni parfois même de 90%, les échecs doivent être compris comme des passage obligés. Mais à long terme, la balance penche inexorablement de votre côté.

Nous pensons, cher(e) lecteur(trice), que vous avez déjà pu faire l’analogie vous-même entre l’équipe des « bras cassés » des « A’s de Oakland » et l’équipe des sociétés boîteuses « du portefeuille Daubasses ».

Nous achetons ces sociétés boîteuses à bon prix et nous savons avec un degré de probabilité élevée le minimum qu’elles peuvent nous offrir, car nous ne les surestimons jamais, nous les prenons pour ce qu’elles sont. Nous savons exactement quand elles doivent sortir du jeu parce qu’elle ont marqué les points « statistiquement attendus ». 

Certaines sociétés « boîteuses » se mettent même parfois à « sprinter ». Si nous ne l’avions pas envisagé, nous laissons faire et savons également les sortir du jeu quand leur forme époustoufflante revient à la normale.

Tout comme les A’S d’Oakland, nous n’aurons jamais de champions dans notre portefeuille « Daubasses », tout simplement parce que le prix à payer est bien trop élevé et surtout qu’il est possible, en faisant jouer les qualité individuelles de l’équipe, d’afficher des performance de premier plan.

Nous pensons aussi que la métaphore du mégot de cigare est peut-être à revoir avec cette histoire de baseball. En effet, ce qui est vrai pour un seul mégot de cigare, peut changer du tout au tout sur le fait que 10 mégots de cigares, c’est l’équivalent d’un cigare !

En conclusion, ce que nous aimons dans cette histoire, c’est la possibilité de tirer parti des qualités globalement moyennes voir médiocres en se focalisant sur la connaissance des qualités et des défauts de manière individuelle puis en mettant en avant à certain moment, les seules qualités, tout en faisant jouer de cette manière l’équipe entière selon le process, encore le process et rien que le process.

 

L’effet d’appartenance

Essayons de comprendre ensemble le mécanisme psychologique qui opère en nous lorsqu’un investissement est dans le rouge vif et qu’un espoir sans fondement, allant parfois même à l’encontre de fait précis démontrant que l’on s’est trompé, nous pousse à le garder coûte que coûte.

C’est donc de la difficulté de vendre dont nous allons vous parler dans ce troisième volet de notre « trilogie » sur la psychologie  de l’investisseur.

« Plein d’espoir, dans ce petit espace du cerveau où nous prenons nos décisions d’ investissement, notre conviction est faite. Une des difficultés qu’il nous faut parvenir à surmonter pour vendre c’est l’attachement que nous ressentons pour la position que nous détenons. Après tout, dès que quelque chose nous appartient, nous avons tendance à nous  attacher naturellement. Cet attachement que nous ressentons pour les choses que nous avons achetées est appelé « l ‘effet d’appartenance », par les psychologues et les économistes et nous y sommes sensibles dans le cadre de nos transactions financières. C’est ce même attachement qui nous empêche de nous séparer de cette vieille veste de sport qui reste accroché a notre portemanteau et que nous ne portons jamais.

L’investisseur développe une parenté avec ce sentiment. Chaque achat qu’il effectue est chargé d’une signification en tant qu’extention de sa propre personne, un peu comme chez un enfant. Une autre raison pour laquelle l’investisseur ne vend pas, même quand la position perd de l’argent, c’est parce qu’il veut encore espérer. Pour un très grand nombre d’investisseurs, au moment de l’acte d’achat, le jugement critique s’affaiblit et l’espoir monte en puissance dans la conduite du procesus décisionnel. »

L’auteur de ce passage est David Shapiro psychologue et professeur à l’université New School de New York.

Nous ne nous souvenons pas avoir lu une explication aussi simple et aussi brillante sur ce « sentiment d’appartenance » : « ……Chaque achat…  est chargé d’une signification en tant qu’extention de notre propre personne… ». Et c’est évidemment le fait de penser que l’action d’achat est comme une partie de nous même, qui crée la difficulté de juger cet achat comme une chose négative à un moment donné, ce qui signifie alors, par extention que nous nous jugeons idiots et surtout que nous allons apparaître comme tel.

Dans un autres texte nous avons essayé de comprendre pourquoi la majorité des investisseurs sont « moutonniers »… En résumé, copier les autres est un acte naturel que l’on retrouve à tous les stades de notre vie : enfance, adolescence, âge adulte, … Et qui n’a pas, en général, la moindre conséquence négative dans la vie de tous les jours.

Tout comme l’effet « moutonnier », nous retrouvons, le « sentiment  d’appartenance » en dehors de l’investissement.

Prenons quelques exemples simples pour illustrer ce sentiment.

Vous invitez des copains amateurs de bon vin à dîner et vous achetez deux bonnes bouteilles que vous jugez sortir des sentiers battus dans le but « d’épatter la galerie ». Au moment où vous avez rempli les verres, qu’attendez-vous, sinon, des compliments sur vos choix ?  Car cela signifie que vous avez bon goût, en matière de vin, et bon goût tout court. Votre égo est flatté et tout le monde aime cela. Dans le cas contraire, si l’un de vos amis fait la grimace, puis vous avoue qu’il n’aime pas, c’est vexant… Mais si ce n’est qu’un de vos amis cela passe encore, vous vous direz « après tout, chacun ses goûts ». Par contre, si tout le monde fait la grimace, c’est un véritable malaise qui vous traverse le corps et l’esprit. Au lieu de remettre en cause vos choix, vous aurez tendance à penser que vos amis n’y connaissent pas grand chose et que finalement, le véritable amateur de vin c’est vous !

Autres exemple : quand on vous demande : « et alors, tes vacances ? ». Vous répondez toujours avec un enthousiasme délirant sur les merveilles de l’endroit de villégiature que vous avez choisi même si elles furent « merdiques ».

La grande majorité d’entre nous ont peu de regards critiques sur ce que nous choisissons ou achetons. En tous cas, même si nous admettons que nous nous sommes trompés, il importe de sauver les apparences pour les autres, en faisant comme si c’était top, extra.

Revenons à l’investissement. Il nous faut nous demander comment nous devons faire pour éviter que ce sentiment d’appartenance parasite nos prises de décisions, pour éviter d’encore espérer quand il n’y a plus rien à espérer pour maintenir en permanence son jugement critique et ne pas se laisser aveugler par un espoir béat et sans fondement quand nous prenons la décision d’investir ?

Nous pensons dans l’équipe des Daubasses que seul une méthode d’investissement pertinente et rationnelle offre  une distanciation suffisante entre nous-même et ce que nous achetons.

Car d’une certaine manière, c’est notre méthode qui prend les décisions d’investissement à notre place et qui fixe aussi les moments de vente avec d’autres critères précis.

Une méthode d’investissement pertinente pour l’équipe des « Daubasses », doit nécessairement répondre a quelques critères fondamentaux.

Chaque filtre doit être être à la fois chiffré et défini avec un maximum de bon sens.

Avec ces filtres, vous devez savoir exactement quand vous achetez et quand vous vendez. Rien, ne doit être laissé à votre appréciation du moment dans les deux sens.
Vous devez enfin porter réflexion sur la taille de vos positions ; en d’autres mots, réfléchir à la diversification optimale par rapport à votre méthode et également par rapport à votre confort psychologique. Ne pas être psychologiquement confortable avec les pertes dictées par votre méthode vous poussera très vite à changer de méthode, voir à l’appliquer partiellement ! Ce qui conduira forcément à l’échec.

En conclusion, nous pensons qu’il est primordial de comprendre votre « mécanique » psychologique naturelle plutôt que de la nier ou de faire semblant de la maîtriser dans certains moments dont nous savons pertinemment que nous n’y parviendrons que partiellement

Plus nous essayons d’approfondir le sujet « psychologie », plus ce sujet nous semble capital pour réussir ses investissements car  comprendre nos réflexes,  permet de mettre en place des systèmes raisonnés écartant nos émotions dans différentes situations qui créent de la tension.

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Canons et violons

Le début d’année est assez mouvementé pour l’équipe des Daubasses.

Nous avons terminé 2011 en étant pris de frénésie acheteuse, nous étions restés tout aussi goinfres au tout début de 2012 mais, depuis quelques jours, nous sommes entrés dans une phase « vendeuse » : plusieurs de nos lignes sont devenues mûres pour une vente. Acheter la peur au ventre et vendre dans l’allégresse, telle est la devise du contrarian (nous aurions aussi bien pu vous parler de canons et de violons mais la maxime nous semblait trop commune).

Deux de ces lignes ont déjà été cédées avec des fortunes diverses (plus-value pour l’une, moins-value pour l’autre) parce qu’elles ne répondaient plus à nos critères. Mais deux autres sont sur le point d’être cédées en raison de la hausse foudroyante de leur cours. Comme toujours, nos abonnés ont été tenus au courant de ces opérations presqu’en temps réel.

Au cours des semaines qui viennent, nous allons vous détailler tout cela en vous présentant chacune de ces sociétés et en vous expliquant les raisons qui ont motivés tant leur achat que leur vente.

Nous espérons que vous pourrez, pour vos propres investissements, en tirer l’un ou l’autre enseignement

 

Valeur versus Croissance : un faux débat ?

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Un portrait assez caricatural du monde de la bourse divise le monde des investisseurs en deux catégories : les investisseurs « dans la valeur » et les investisseurs « dans la croissance ».

             Les « value» sont supposés investir dans des entreprises bon marché et les « growth » sont censés payer le prix fort pour des entreprises dans lesquelles ils perçoivent des possibilités de croissance futures.

En réalité, nous pensons que cette subdivision n’a pas lieu d’être. Quel investisseur accepte de « payer trop cher » ? Nous pensons que la différenciation provient plutôt des données conduisant à la décision d’achat : nous intégrons ainsi dans la catégorie « investisseurs dans la valeur » tous les tenants de l’analyse fondamentale ou plutôt de l’approche « bottom up« .

Ces « fondamentalistes » se concentrent sur l’entreprise elle-même. Ils tiennent certes compte de l’environnement macro économique dans laquelle elle évolue mais c’est la société avec ses perspectives et le prix à payer qui l’intéresse au premier chef. Si le prix est intéressant par rapport à la valeur de la société telle qu’il l’a calculée (qu’il s’agisse de la valeur présente ou future), il achète.

Parmi ces investisseurs « dans la valeur », nous pensons que l’on peut différencier plusieurs catégories d’investisseurs. Voici selon nous ces catégories classées en fonction de l’approche la plus « tangible » vers la moins « tangible ».

– l’investissement sur base de l’approche patrimoniale, c’est-à-dire les actifs de l’entreprise. Véritables « intégristes de la valeur », vous aurez compris que c’est cette approche que nous apprécions et pratiquons sur ce blog.
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– l’investissement sur base de la capacité bénéficiaire passée : les tenants de cette approche tendent à penser qu’une société tendra à reproduire, sous certaines conditions, dans le futur et à long terme, les profits qu’elle a réalisés dans le passé. La méthode des « dogs of the dow » nous semble en être un bon exemple.

– l’investissement sur base de la capacité bénéficiaire : les tenants de cette approche estiment que la société qu’ils cherchent à acheter dispose de barrières contre la concurrence tellement fortes que ses profits futurs à long terme devraient être en augmentation relativement constantes et stables. Un très bonne exemple de ce type d’approche est présenté par notre ami Thierry (site Cervinvest désormais fermé) qui s’est forgé une très bonne discipline et dispose, selon nous, d’une bonne capacité à détecter ce genre de barrière.

– l’investissement dans une capacité bénéficiaire future et hypothétique : les tenants de cette approche s’intéressent à des sociétés souvent jeunes et innovantes qui, souvent, ne génèrent pas encore de profits ou très peu mais qui disposent d’un know how, réel ou supposé tellement puissant qu’ils projettent des profits futurs de très haut niveau. Cette approche nécessite, selon nous, des connaissances techniques ou scientifiques relativement pointues pour pouvoir déterminer le niveau statistique de réalisation de ces profits.

Selon nous, pour autant que l’étude de la société ait été réalisée avec sérieux et rationalité, toutes ces philosophies d’investissement peuvent être qualifiées de « value » car aucun de ces investisseurs ne sera disposé à payer trop cher en fonction de la valeur à laquelle il aura estimé sa cible.

Et nous, pourquoi privilégions nous l’approche patrimoniale ?

Pour deux raisons :

– la première, nous l’avons déjà abordé, parce que nous disposons en garantie de notre investissement d’actifs bien tangibles qui peuvent servir de « plan B » si les choses « tournent mal ».

– la deuxième, nous allons la démontrer par un exemple concret.

Prenons une société qui, de l’avis unanime (et du nôtre aussi) est une société très bien gérée, performante et présentant un potentiel de croissance certain : Google. Au cours du 3e trimestre 2008, elle a généré une très belle marge d’exploitation de 29,7 %. Un an plus tard, pour le 3e trimestre 2009, la société a réussi l’exploit d’encore remonter la barre en présentant une marge d’exploitation fantastique de 34,9 %. Et le cours de l’action de suivre évidemment cette performance en s’appréciant de 77 % entre le 31/10/2008 et le 31/12/2009.

Prenons maintenant une daubasse au hasard, par exemple Emerson que nous venons de vendre. Le 30 septembre 2008, sa marge d’exploitation était de 0,4 %. Minable n’est-ce pas ? C’est aussi ce que nous pensons. Un an et une bonne restructuration plus tard, la marge d’exploitation est passée à 6,5 %. Une très belle progression de 6 % mais à peine supérieure à celle de Google (qui avait augmenté sa marge de 5,2 %). Mais cette fois, l’appréciation du cours a été de 266 % !

En réalité, nous pensons que la plupart des investisseurs ont tendance à projeter les problèmes rencontrés par une entreprise de manière constante dans le futur. Alors que souvent, les problèmes sont ponctuels : problème de cycles économiques, de direction de mauvaise qualité ou « d’accidents de parcours ». Notre avis est qu’un cycle économique, ça évolue, qu’un mauvais CEO ça se remplace et qu’un accident de parcours … et bien c’est un accident de parcours.

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Pour conclure, nous cédons la parole au grand Martin Whitman : « Les sociétés sûres et bon marché ont souvent des problèmes de rendements des capitaux propres trop faibles à cause d’une concentration d’actifs sous-utilisés et positionnés de façon trop conventionnelle … Quand des bilans ultra conservateurs rencontrent des dirigeants capables et opportunistes, bien des sociétés affichant de faibles rendements des capitaux propres sont devenues des placements sur lesquels j’ai multiplié mon argent par 10 ou 20. »
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Pourquoi n’y a-t-il pas de titres connus dans notre portefeuille ?

« Sur le marché d’actions, vous payez un prix élevé pour un consensus favorable » Warren Buffett 1979

 

Dans un précédent article, nous expliquions qu’il était difficile pour un investisseur amateur de déterminer la capacité d’une entreprise à maintenir intact, voir à augmenter ses profits dans le temps.

Cependant il est certaines entreprises dont il semble que la qualité de gestion soit connue et reconnue. Est-ce à dire qu’il s’agit de bons investissements ? Nous allons tenter de répondre à cette question avec toute la subjectivité qui nous caractérise …

Qu’ont en commun ces 10 sociétés ?

GENERAL ELECTRIC
FEDEX
SOUTHWEST AIRLINE
PROCTER AND GAMBLE
STARBUCKS
JOHNSON AND JOHNSON
BERKSHIRE HATAWAY
DELL
TOYOTA
MICROSOFT

…. aucune idée ? réfléchissez encore …………….vous jetez l’éponge ?….

Et bien, selon une étude de Forbes, il s’agit des 10 sociétés les plus admirées par les américains en 2006. L’étude est menée parmi un panel de plus de 10 000 analystes financiers et dirigeants de sociétés. Les critères pris en compte sont, entre autres, la solidité financière, la qualité de la direction et des produits, le sens de l’innovation et la capacité d’attirer un personnel de qualité.

Reconnaissons qu’un portefeuille constitué à l’époque de ces 10 sociétés aurait eu fort belle allure.

Malheureusement, pour des chasseurs de daubasses, le fait que, justement, ces sociétés soient connues et reconnues les rend dangereuses. En effet, le marché tient compte de cet aspect et il y a beaucoup plus de chances que ces sociétés soient surévaluées que sous évaluées.

De plus, le fait que le cours de ces sociétés présente une faible volatilité donne une impression de « fausse » sécurité à l’investisseur. Pourquoi « fausse » ? Parce que, en cas de problème, le prix élevé payé par l’investisseur pour les actions de ces sociétés fait qu’il n’existe aucun « collatéral » comme protection : en effet, à l’époque, toutes ces sociétés se traitaient largement au dessus de leur actif net.

Mais revenons à cette « dream team » de l’année 2006 …

Au cours des 3 dernières années, un portefeuille composé de ces 10 sociétés aurait procuré, à l’actionnaire, un rendement négatif, dividende inclus, de 37 % alors que sur la même période, le S&P 500 ne générait un rendement négatif « que » de 20,5 %. Etonnant non ? alors que les turbulences boursières auraient, en principe, dû être favorables aux sociétés les plus solides …

Sagesse boursière


“Le doute est le commencement de la sagesse” Aristote.

Depuis l’ouverture de notre blog, nous avons agrémenté celui-ci de citations, souvent d’illustres investisseurs, rarement d’investisseurs carrément inconnus.

Nous vous proposons ci-dessous une compilation des citations qui nous servent de guide dans notre politique d’investissement en daubasses et qui résument parfaitement les préceptes que nous nous efforçons d’appliquer. Vous pourrez en réciter l’une ou l’autre au prochain cocktail dînatoire offert par votre banquier : vous verrez, cela fait très « chic » … Mais tout d’abord, nous tenons à remercier leurs auteurs :

– Benjamin Graham, père de l’analyse financière, fondateur de l’investissement dans la valeur et inventeur de la méthode des « net net ».

– Warren Buffett, considéré comme le meilleur investisseur de tous les temps, ancien collaborateur de Benjamin Graham et patron de Berkshire Hataway

– Walter Schloss, désigné par notre club comme le meilleur chasseur de daubasses de tous les temps qui a surclassé le S&P 500 de 5 % par an de 1956 à 2002, ancien collaborateur de Benjamin Graham

– Irving Kahn, dernier investisseur en vie à avoir connu la grande dépression en tant qu’investisseur actif, ancien collaborateur de Benjamin Graham, son fond a surperformé le S&P 500 de 4 % depuis 1994.

– Martin Whitman, gérants du Third Avenue Value Fund qui a surperformé le S&P 500 de 3 % par an depuis sa création en 1990.

– Rémy Morel et Patrick Thénière, investigateurs financiers

– Peter Lynch, gérant du fond Magellan de 1977 à 1990 qui a généré une performance annuelle de 29 %

– John Neff, gérant du fond Windsor de 1964 à 1995 qui a dégagé une surperformance de 3 % par rapport au S&P 500

– Azetoz, forumeur de Boursorama

Sur l’intérêt d’acheter des actions sous évaluées et l’attention à porter au prix payé :

 

« Si une entreprise vaut un dollar et que je peux l’acheter pour 40 cents, quelque chose de bien pourrait m’arriver. » Walter Schloss

« Le prix est ce qu’on paie. La valeur est ce qu’on a » Warren Buffet

« Je préfère acheter une Opel Corsa au prix d’une bicyclette qu’une audi A6 au prix d’une audi A4. » Un membre du club

 

Sur l’intérêt d’adopter une attitude de « contrarian » :

« Nous voyons deux sources essentielles de sous-évaluation pour un titre : des résultats courants décevants ou une impopularité prolongée. «  Benjamin Graham

« les vrais investisseurs « value »sont heureux quand les marchés sont en baisse. » Irving Kahn

« S’il existe une action à éviter, ce sera la plus grande favorite du secteur le plus en vogue » Peter Lynch

  « J’ai un avantage, car les gens avec qui je suis en concurrence ne cherchent pas de bonnes raisons pour acheter. Il cherchent de bonnes raisons pour éviter d’acheter. » Peter Lynch

« Le succès en bourse ne nécessite pas des actions « glamour » ou des marchés haussiers. Pour nous les actions affreuses étaient souvent magnifiques. Si notre portefeuille avait fière allure c’est que nous avions mal fait notre travail. » John Neff

« L’investisseur perspicace est celui qui achète dans un marché baissier quand tout le monde vend et qui vend dans un marché haussier alors que tout le monde achète. » Benjamin Graham

« Soyez avide quand les autres sont craintifs, et méfiants quand les autres sont euphoriques » Warren Buffett

 « Il faut faire les fondations de son portefeuille sur la peur, louer sur la monotonie et vendre quand votre boulangère veut acheter votre immeuble. » Azetoz

Sur l’importance à accorder aux actifs d’une entreprise plutôt qu’à ses bénéfices :

« Les sociétés sûres et bon marché ont souvent des problèmes de rendements des capitaux propres trop faibles à cause d’une concentration d’actifs sous-utilisés et positionnés de façon trop conventionnelle … Quand des bilans ultra conservateurs rencontrent des dirigeants capables et opportunistes, bien des sociétés affichant de faibles rendements des capitaux propres sont devenues des placements sur lesquels j’ai multiplié mon argent par 10 ou 20. » Martin Whitman

« Tout comme les banques, nous aimons rechercher des titres qui offrent une certaine garantie, ou un plan B en cas de revirement. Et plus le prix est bas, plus le risque est exponentiellement plus bas lorsqu’un certain collatéral est présent. » Patrick Thénière et Remy Morel

« Essayez d’acheter des actifs avec décote plutôt que des bénéfices. Les bénéfices peuvent changer significativement sur un laps de temps très court. Les actifs, eux, sont plus stables. On doit en connaître nettement plus sur une entreprise si on base sa décision d’achat sur les bénéfices. » Walter Schloss

« Je mets l’accent sur les actifs. Si vous n’avez pas beaucoup de dettes, cela vaut quelque chose. » Walter Schloss



Sur l’intérêt de ne pas accorder une importance démesurée aux résultats passés :

 

« Dans la vie, le rétroviseur est toujours plus clair que le pare-brise » Warren Buffett

« La bourse aujourd’hui c’est la valorisation d’une société, non pas sur sa valeur intrinsèque, mais sur sa rentabilité a un instant T. » Azetoz

« L’investisseur d’aujourd’hui ne profite pas de la croissance d’hier » Warren Buffett

« Si le passé était tout ce qui comptait, les personnes les plus riches seraient les bibliothécaires » Warren Buffett



Sur l’intérêt de raisonner par soi-même sans suivre la foule :

 

 

« Investir avec succès pendant toute une vie, cela ne demande pas un quotient intellectuel exceptionnel, ni d’avoir la bosse des affaires, ni même d’obtenir des informations privilégiées. Ce dont on a besoin, c’est d’un cadre intellectuel raisonné, pour prendre des décisions, et il faut empêcher les émotions de déranger la raison. » Warren Buffett

« Il suffit qu’un chien aboie après quelque chose pour que tous les autres chiens en fassent autant » Proverbe chinois

« Si les marchés étaient efficients, je serais un clochard dans la rue » Warren Buffett

Sur l’importance de la marge de sécurité :

 

«S’il fallait révéler le secret pour bien investir en seulement trois mots, nous irions pour : Marge de sécurité.» Warren Buffett

« L’idée de la marge de sécurité, c’est de trouver d’abord comment on pourrait perdre de l’argent. » Patrick Thénière et Remy Morel
 

  « J’ai un avantage, car les gens avec qui je suis en concurrence ne cherchent pas de bonnes raisons pour acheter. Il cherchent de bonnes raisons pour éviter d’acheter. » Peter Lynch

« Le succès en bourse ne nécessite pas des actions « glamour » ou des marchés haussiers. Pour nous les actions affreuses étaient souvent magnifiques. Si notre portefeuille avait fière allure c’est que nous avions mal fait notre travail. » John Neff

   « L’investisseur perspicace est celui qui achète dans un marché baissier quand tout le monde vend et qui vend dans un marché haussier alors que tout le monde achète. » Benjamin Graham

« Soyez avide quand les autres sont craintifs, et méfiants quand les autres sont euphoriques » Warren Buffett

« Il faut faire les fondations de son portefeuille sur la peur, louer sur la monotonie et vendre quand votre boulangère veut acheter votre immeuble. » Azetoz

 
   

 Sur l’inutilité de faire du « market timing » :

 

   «Nous sommes convaincus que si l’investisseur intelligent s’efforce de faire du timing de marché, il finira dans la peau d’un spéculateur et aura des résultats de spéculateur» Benjamin Graham

«N’essayez pas de deviner les mouvements boursiers. Analysez tout simplement une compagnie que vous pouvez comprendre, et concentrez-y vous.» Warren Buffett  

« Quand on parvient à acheter des actifs de bonne qualité pour pas cher, c’est parce que les perspectives à court terme sont franchement mauvaises. » Martin Whitman