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L’investissement focalisé ? Pas pour nous …

De nombreux investisseurs, des maîtres à penser de l’investissement « value », sont des adeptes des portefeuilles focalisés. On peut citer des noms aussi connus que Keynes, Charlie Munger, Lou Simpson, Phil Fischer et bien entendu Warren Buffet.

Pour en revenir à ce dernier, sachez qu’il a fait de très belles performances dans les années 80-90 avec un portefeuille qui n’a jamais compté plus de 10 titres.

Vous trouverez ci-dessous un tableau récapitulatif de ses meilleures années et du nombre d’actions qu’il détenait :

Année Performance Nombre de titres
1988 11,9% 5
1989 53,1% 5
1990 2,7% 6
1991 55,5% 7
1992 24,2% 8
1993 11,7% 8
1994 15,3% 10
1995 43,6% 8
1996 37,5% 8
1997 38,5% 8

 

Comme le disait l’économiste Keynes qui était aussi un brillant investisseur : « c’est une erreur de penser qu’on limite ses risques si on s’étend sur trop d’entreprises que l’on ne connaît pas bien et en lesquelles on ne peut pas réellement avoir confiance… La connaissance et l’expérience que l’on peut avoir sont forcément limitées et il est rare qu’il y ait à un moment donné plus de deux ou trois entreprises dans lesquelles je me sente capable de placer toute ma confiance ».

Si vous voulez plus de détails et d’anecdotes croustillantes, nous vous recommandons la lecture de Le portefeuille de Warren Buffett dans lequel Robert Hagstrom démontre avec brio les avantages de l’investissement focalisés.

Comment se fait-il que le portefeuille des daubasses , qui se veut « deep value », ne réponde pas à ce critère ?

La raison est simple. Même si nous tendons à minimiser tout risque avec notre filtre rédhibitoire sur notre ratio de solvabilité qui doit être au minimum de 40% et que nous n’ayons pour l’instant jamais connu de cas de perte totale, ce risque reste évidemment possible.

Nous nous appuyons sur une étude de l’ex analyste star de la Société Générale James Montier publiée en septembre 2008, dans laquelle il met le doigt sur le principal risque de l’investissement dans les net-nets chères à Benjamin Graham : la perte de capital permanente, soit la faillite de l’entreprise (dans le sens où elle est non voulue mais subie du fait de la structure financière dégradée de l’entreprise). Sur le graphique ci-dessous, vous constatez que les net-nets ont un risque plus que double (5%) de connaître une issue malheureuse par rapport à l’ensemble des autres actions (2%).

 

C’est pourquoi il nous semble essentiel de diversifier notre portefeuille de Daubasses. Car en bonnes Daubasses qu’elles sont, une mauvaise surprise de ce genre est possible. Nous avions répondu à un lecteur en juillet 2009  que la diversification nous protégeait de nos éventuelles erreurs d’appréciations.

Pour l’instant, même si certains de nos investissements n’ont pas toujours bien tourné, aucune faillite pure et simple n’est à déclarer au sein de notre portefeuille.

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Questions des lecteurs (1)

De nombreux lecteurs nous adressent par courrier des questions souvent pertinentes.

Ceci nous permet d’ouvrir une nouvelle rubrique qui reprendra les questions fréquemment posées et les réponses que nous tentons d’y apporter. Précisons d’emblée que c’est pour nous une manière d’exposer notre philosophie d’investissement mais certainement pas d’asséner des vérités absolues.

Voici donc une question qui revient assez fréquemment lors de nos échanges que nous avons avec vous, lecteurs de ce blog :

« Pourquoi votre portefeuille est-il si diversifié ? »

L’immense Warren Buffett n’éprouve que peu de considération pour la diversification : « la diversification est requise quand on ne sait pas ce qu’on fait » a-t-il dit un jour.
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La majorité des daubasses que nous achetons sont en fait des micro-caps américaines. Comment, nous, boursicoteurs du dimanche, européens francophones de surcroît, pourrions-nous analyser « à fond » ces sociétés ?

Connaître « à fond » une entreprise pour pouvoir dire « je sais ce que je fais », cela suppose :

– Évaluer la direction, son intégrité, sa liberté de parole, sa compétence, sa détermination à créer de la valeur « actionnaire », sa stratégie à court, moyen et long terme.

– Évaluer les produits de l’entreprise et le potentiel du marché dans lequel elle est active

– Déterminer comment le management analyse les coûts et comment il les maîtrise

– Connaître le niveau de motivation des travailleurs de l’entreprise

– Repérer comment l’entreprise pourra assurer sa croissance ou améliorer ses marges

– Reconnaître la force de frappe commerciale et la qualité de son équipe de vente

– Évaluer l’efficacité des efforts de recherche et développement

– Connaître l’environnement légal et fiscal dans lequel évolue l’entreprise et déterminer son impact sur la marche des affaires

– Vérifier la présence, la pérennité et la solidité des barrières contre la concurrence

– ……….

Toutes ces points, nous n’avons ni le temps ni les moyens de les analyser.

Et donc, si « nous ne savons pas ce que nous faisons », au moins cela, nous le savons … comme aurait pu le dire l’illustre Jean Gabin.

Prenant conscience de cela, nous avons donc souhaité nous protéger contre notre propre ignorance et ce, de deux manières :

– en acquérant des sociétés présentant sur papier d’énormes marges de sécurité
– et, nous y venons enfin, en diversifiant au maximum afin que les erreurs dues à notre méconnaissance soient diluées au sein de notre portefeuille.

La forte sous évaluation globale des sociétés en portefeuille nous a amené à estimer que de nombreux « bagger » (cours de vente représentant un multiple du prix d’achat) étaient tout-à-fait envisageables. Chaque fois que la liste produit un bagger, cette société supporte une faillite possible. Donc, par exemple, un « 4 bagger’s » comme WPT Enterprise couvre le risque de 3 faillites possibles. Avec 25 sociétés minimum, l’équilibre est donc fortement présent selon nous.