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Les chroniques de l’investisseur chronique : quelques classes d’actifs

chronique investisseur

Ce texte fait partie de la série proposée par notre ami-chroniqueur Laurent Muller.

Même si nous ne partageons pas tout-à-fait les mêmes principes d’investissement, nous nous sommes trouvés énormément de points communs et les raisonnements développés par Laurent nous ont paru marqués par le sceau du bon sens.

Il nous a semblé intéressant de vous faire profiter de ces raisonnements et c’est la raison pour laquelle Laurent tiendra, sur ce blog et à intervalles réguliers, une chronique présentant ses principes d’investissement.

Ce sera l’occasion de débattre avec l’équipe des daubasses mais aussi avec vous, ami( e) lecteur(trice) des sujets qui seront développés par notre ami.

Je vous propose dans cet article un panorama de différentes classes d’actifs. L’objectif n’est pas d’être exhaustif mais d’exposer mon opinion sur quelques classes d’actifs usuelles. J’avais présenté mon opinion sur l’immobilier physique résidentiel et les actions dans cet article.

 

Or physique

L’or physique est un métal qui possède des propriétés physiques intéressantes :

  • L’or est malléable.
  • L’or est ductile.
  • L’or est conducteur.

Mais ces propriétés physiques justifient-elles d’un point de vue valeur le prix que nous devons payer pour acquérir ce métal ? L’attrait de l’or physique repose-t-il sur des bases solides ou sur une image exagérément positive ?

L’un des arguments souvent avancés pour la défense d’un investissement en or physique est de constituer une protection en cas de crise majeure. Imaginons qu’après l’effondrement hypothétique du système financier mondial, nous soyons réduits à la chasse dans les bois et à la cueillette pour nous nourrir. Quelle garantie avons-nous que notre or physique ne sera pas simplement pris de force par notre voisin armé jusqu’aux dents ? Ne vaut-il pas mieux investir dans des miradors, des armes et des stocks de nourriture pour être protégé contre le risque d’effondrement du système ?

Comme protection contre l’inflation, je privilégie d’autres supports plus dynamiques : l’immobilier ou les actions.

Or papier

L’or papier me semble présenter un désavantage majeur par rapport à l’or physique : en cas de retour à l’état nature, il semble douteux que nous en voyons la couleur.

Les avantages de l’or papier par rapport à l’or physique me semblent être les suivants :

  • La protection contre le risque de vol.
  • Une fiscalité plus avantageuse (au moins dans certains pays).

Si je devais faire un arbitrage entre l’or physique et l’or papier, j’opterais donc pour l’or physique.

SICAV

Les SICAV présentent plusieurs désavantages par rapport à un investissement en actions en direct, à mon sens :

  • Des frais plus importants (droit d’entrée, de sortie, de performance, etc…).
  • Le coût de l’intermédiaire.
  • L’intérêt du gestionnaire n’est pas nécessairement aligné à celui de l’investisseur. Il s’expose au risque d’être mal conseillé.
  • L’investisseur individuel n’est pas nécessairement prêt à assumer les risques pris par le gestionnaire.
  • En raison de la profondeur de marché, le gestionnaire n’a pas accès à des actions faiblement liquides ce qui induit une réduction des opportunités.
  • La performance du fonds est liée au comportement des autres investisseurs du fonds : le meilleur gestionnaire peut être contraint de vendre contre son gré au mauvais moment, si les investisseurs décident de vendre sous l’effet de la panique lors d’une chute des titres du portefeuille, accentuant la contre-performance.

Je préfère aux SICAV l’investissement en actions en direct.

Obligations

Les obligations ont une performance historique inférieure à celle des actions, comme le montrent par exemple les études de Jérémy Siegel. Ce support expose l’investisseur au risque de faillite de l’entreprise.

L’une des caractéristiques intéressantes des obligations est la régularité du rendement, par rapport aux actions (le paiement d’un dividende peut être stoppé, par exemple). Pour cette raison, je n’exclue pas, à terme, d’investir sur ce type de support (par exemple, si mes revenus salariés devaient décroître, le cas échéant).

Monétaire

Les placements monétaires ont un rendement inférieur à celui des obligations ou des actions, comme le montrent les études de Jérémy Siegel.

Un placement monétaire peut être un outil intéressant en cas de déflation. J’ai également déjà utilisé ce support en position d’attente.

Matières premières

J’ai un a priori positif sur le marché des matières premières sans avoir approfondi la question à ce stade. Mon approche consisterait à construire un modèle de valorisation des matières premières et de comparer prix à la valeur pour me positionner à l’achat quand le premier me semble très inférieur au second.

Produits dérivés

J’ai un avis mitigé sur les produits dérivés. Les produits dérivés pour les investisseurs individuels (turbo, warrants, etc…) me semblent s’adresser à un public de joueurs de casino (levier très important, notamment, et coût du facteur temps).

Par contre, les produits dérivés me semblent également ouvrir des possibilités que l’investissement en actions ne permettrait pas ou pas de manière aussi directe, par exemple, couvrir un risque de change, etc… De ce fait, ce type de support me semble intéressant.

Immobilier papier

Je préfèrerais l’immobilier papier (décoté) à l’immobilier physique si mon banquier était prêt à me faire un emprunt dans les conditions de celui d’un emprunt immobilier physique (y compris en réduisant le montant du crédit pour tenir compte du levier indirect). Ce n’est malheureusement pas possible en pratique.

Immobilier commercial ou de bureau

Je n’exclue pas d’investir à terme dans l’immobilier commercial ou de bureau, qui me semblent une alternative intéressante à l’immobilier résidentiel, car ce type d’investissement permet de réduire le coût en temps de la gestion, par rapport à l’immobilier locatif résidentiel.

Conclusions

Cet article n’a pas vocation à lister de manière exhaustive toutes les classes d’actifs mais décrit simplement mes idées sur certaines classes d’actifs usuelles. N’hésitez pas à le compléter, en postant en commentaires les supports d’investissement que vous utilisez en précisant leurs avantages et inconvénients.

Bas les masques : Kinross Gold

Comme vous le savez, une petite partie de notre portefeuille est investie dans des mines de métaux précieux, des mines d’or essentiellement mais aussi une mine d’argent.

Ce segment représente environ 5 % du portefeuille.

Un investissement sur ce type d’entreprise se justifie, pour nous, essentiellement par la décorrélation qu’il peut offrir par rapport aux actions classiques mais évidemment, il ne peut se faire qu’en fonction de critère « value » très stricts également : sous-évaluation et solidité financière restent les maîtres-mots qui résonnent dans un petit coin de notre tête dans chaque projet d’investissement envisagé.

Et donc, le 15 juillet, nous achetions 935 actions de la minière Kinross à un coût incluant les frais de courtage et les taxes sur les opérations de bourse de 4,87 usd et avons émettions 600 options put à un prix d’exercice de 4 usd, échéance janvier 2014 (pour un petit rappel sur la technique des opérations en options, c’est ici). En clair, nous nous engageons vis-à-vis de notre contrepartie à lui acheter en janvier 2014, 600 actions Kinross au cours de 4 usd et ce même si le cours de l’action est à ce moment, inférieur à 4 usd.

Kinross gold analyse

En échange de cette assurance, nous avons encaissé une prime de 0,35 usd par option émise. Nette de frais, cette opération nous procurera donc, en rémunération des capitaux bloqués en garantie d’un éventuel exercice des options, un rendement net de 8,1 % en 6 mois.

Le 18 septembre, nous émettions des options call sur cette position à échéance de février 2014 et un prix d’exercice de 6 usd. Ceci signifiait que nous nous engagions vis-à-vis de notre contrepartie à lui céder nos actions Kinross à l’échéance à un cours de 6 usd et ce, même si le cours de l’action est, à ce moment-là, supérieur au prix d’exercice … ce qui ne nous ferait pas vraiment « mal au ventre » étant donné que notre objectif de cours se situe à 6,64 USD. Si nous devons vendre à 6 usd, après avoir encaissé la prime des options de 0,48 usd, notre recette totale serait de 6,48 usd, soit très proche de notre objectif de cours.

Le 2 décembre, nous rachetions la position d’options put qui avaient été émises au moment de la constitution de la ligne d’action et encaissions un petit bénéfice : nous avions encaissé 190 usd lors de l’émission et déboursions 61 usd pour clôturer cette opération. En réalité, les résultats décevants affichés par la société au cours des trimestres qui ont suivi notre achat avait fait fondre la valorisation que nous avions calculée pour Kinross bien en deçà du prix d’exercice de 4 usd, prix qui, à ce moment-là, ne nous agréait plus du tout.

Le 24 février 2014, nous remettions le couvert avec une nouvelle opération d’options call : l’opération du 18 septembre se clôturait leur arrivée à échéance et, cette fois, c’est à échéance août 2014 et au prix d’exercice de 6 usd que nous que nous nous engagions vis-à-vis de notre contrepartie. Si nous devons vendre à 6 usd, après avoir encaissé la prime des options de 0,41 usd, notre recette totale serait de 6,41 usd, soit très proche du dernier objectif de cours calculé.

Evidemment, si le cours s’était envolé d’ici l’échéance nous n’aurions pas pu placer de stop suiveur et serions restés scotchés sur nos actions. Néanmoins, en échange de cet inconvénient, la prime que nous avions encaissé et qui permettait de générer un rendement supplémentaire net de frais d’environ 6 % sur 6 mois nous semblait une compensation suffisante.

investir dans l'or

Mais deux jours plus tard, nous prenions connaissance du rapport financier de Kinross et nous avons dû constater avec effroi que les réserves de métaux prouvées et probables avait fondu comme neige au soleil passant de 59,6 mio d’onces à 39,7 mio d’onces … ce qui, conjointement à la fonte du cash disponible nous donnait une juste valeur NEGATIVE !

Devant une telle destruction de valeur, nous n’avons pas hésité à prendre une double décision :

– tout d’abord nous avons racheté les options call qui avaient été émises il y a deux jours afin de libérer nos actions bloquées en garantie de nos obligations de vente. Ces options qui avaient été vendues à 0,41 usd ont été rachetées à 0,33 usd générant au passage un gain maigrichon.

– ensuite nous avons vendu nos actions sur le marché au cours de 5,16 usd.

Finalement, malgré cette destruction de valeur, nous nous en sommes plus ou moins bien sortis sur cette opération avec une légère plus-value : une preuve de plus que si on maximise la marge de sécurité au moment de l’achat, même si les choses « ne tournent pas bien » par la suite, il arrive qu’on puisse limiter les dégâts. C’est exactement ce qui s’est passé avec Kinross.

Vous trouverez ci-dessous l’analyse que nous avions mise à disposition de nos abonnés lors de la lettre d’août 2013 qui exposait nos motivations au moment de notre achat. Bonne lecture.

 

Kinross Gold Corporation

(NYSE, Ticker: KGC / ISIN : CA4969024047)

 

I. Introduction

Kinross est une société minière canadienne cotée en bourse de Toronto et sur le NYSE depuis 1993. Elle est active sur 9 pays : les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, l’Equateur, le Brésil, le Chili, la Mauritanie, le Ghana et la Russie.

En valeur marchande, ses réserves se composent de 92 % d’or, 2 % d’argent et 6 % de cuivre.

Une des caractéristiques de Kinross, c’est que ses réserves prouvées et probables sont largement supérieures aux autres réserves en exploration ou en développement, ce qui nous semble assez positif car générant moins d’incertitude quant à la rentabilité future attendue.

Le 18 juillet 2013, nous avons acquis 935 actions Kinross à un coût de revient, frais de courtage inclus, de 4,87 usd. Parallèlement, nous avons émis 600 options put, échéance janvier 2014 et prix d’exercice de 4 usd. En échange de cet engagement d’achat et des 2 400 usd que nous bloquons en garantie, nous avons encaissé une prime, nette de frais, de 190,05 usd.

II. Valeur en cas de mise en liquidation volontaire

actions de mines d'or cotées en bourseNous allons commencer par valoriser tous les actifs non miniers.

Les liquidités, obligations à long terme détenues et placements de trésorerie représentent 1,32 usd par action et n’appellent aucun commentaire.

Parmi les créances, le poste principal est représenté par des taxes à récupérer. Les créances commerciales ne représentent qu’une toute petite partie de ce poste et sont payées en moyenne à 12 jours. Pour cette raison, nous ne prendrons que 10 % de marge de sécurité et tiendrons compte d’un montant de 0,18 usd par action.

55 % du stock est représenté par de l’or fini ou du minerai d’or. Nous partons de l’hypothèse que ces stocks ont été évalués en fonction du cours de l’or au 31/03 (date de clôture des comptes) de 1 595 usd l’once et appliquons une marge de sécurité en attribuant une valeur « standard » à l’or de 1 050 usd l’once. Nous appliquons ensuite une marge de sécurité supplémentaire de 10 %. En fonction de cela, la valeur que nous prenons en compte pour le stock d’or est donc de 0,36 usd par action. Nous prenons une marge de sécurité de 30 % sur le stock de fournitures et le reprenons pour 0,35 usd.

Dans l’actif fixe, nous repérons un poste d’actifs divers qui consiste en « stock à long terme » (que nous reprenons pour 50 % de sa valeur aux livres, soit 0,07 usd) et des créances à plus d’un an (marge de sécurité de 30 %, reprises pour 0,25 usd).

Nous relevons enfin une participation de 25 % dans la société Cerro Casale, participation que nous valorisons en prenant une marge de sécurité de 50 %, soit 0,23 usd.

L’ensemble du passif et des intérêts des minoritaires représente 3,93 usd par action.

En matière de dilution, il existe bien des emprunts convertibles mais nous n’en tenons pas compte : le prix d’exercice se situe vraiment beaucoup plus haut que le cours actuel.

Hors bilan, nous remarquons un litige important dans lequel la société est impliquée. Il s’agirait de fausses déclarations de son ancienne direction portant sur la quantité et la qualité des réserves de la mine africaine de Tasiast. Les demandeurs réclament 3,49 usd de dommages et intérêts.

En réalité, ce projet qui avait été présenté comme le 2e plus grand gisement africain, avait été acquis en 2010 pour 7,1 milliards de dollars mais, peu après l’acquisition, Kinross avait été contrainte d’acter une réduction de valeur de 3 milliards de dollars. Le CEO de l’époque, ainsi qu’une bonne partie du « top management », avaient été limogés. La nouvelle direction estime le total de l’or qui pourrait être extrait de Tasiast, à 1 millions d’once et les coûts d’extraction à 990 usd par once. Il est donc vrai qu’au cours actuel de l’or, ce projet a peu de chance d’être véritablement rentable. Mais en cas de hausse substantielle du métal jaune, l’effet de levier positif serait très appréciable.

La nouvelle direction estime que la plainte des anciens actionnaires est non fondée et nous partageons cette vision : nous avons là une erreur de gestion, voire des indélicatesses commises par des membres du personnel. Mais nous ne voyons pas comment la société peut être tenue personnellement comme responsable de cet état de fait. C’est la raison pour laquelle nous décidons de ne pas tenir compte de ce hors bilan dans notre évaluation.

En fonction de ce qui précède, nous estimons la valeur nette des actifs non miniers de Kinross à – 1,17 usd par action.

Passons à présent aux actifs miniers

Kinross détient des réserves d’or prouvées ou probables pour 59 599 milliers d’onces. Nous ne tenons pas compte des réserves d’argent et de cuivre car ces élément sont déjà pris en compte dans le calcul du coût de revient moyen d’extraction : en effet, les directions des sociétés minières considèrent souvent le produit de la vente de ces métaux « annexes » non comme des recettes mais plutôt comme des coûts négatifs. Nous ferons de mêmes pour l’évaluation des réserves.

investir dans les mines d'or

Pour valoriser ces réserves, nous tablons sur un cours moyen à long terme de l’or de 1 050 usd et sur un coût de production moyen de 800 usd. Ce dernier chiffre tient compte de celui publié lors des derniers comptes trimestriels de 729 usd par once, que nous avons arrondi vers le haut pour tenir compte de la baisse des cours de l’argent et de la hausse des coûts énergétiques.

Nous tenons compte également de 5 années d’investissement de maintient que nous valorisons à 0,96 usd par an et par action.

Selon nous, la valeur des réserves prouvées et probables de Kinross s’établit donc à :

(59 599 X (1 050 – 800) / 1 147 200 (nbre d’actions dilué) ) – (5 X 0,96) = 8,19 usd

Nous actualisons ce montant à 4 % par an sur une période de 5 années et obtenons pour les réserves prouvées et probable de Kinross un montant de 7,29 usd.

En fonction de ce qui précède, nous établissons la valeur de Kinross en cas de mise en liquidation volontaire à 6,12 usd par action.

Ce qui nous laisse, à notre coût d’achat de 4,87usd, une marge de sécurité de 20 %.

 

Petit retour sur 2013 avant d’attaquer 2014 …

L’année boursière 2013 est donc terminée, une année riche en émotions, en rebondissements et en coups de théâtre … comme chaque année d’ailleurs.

Quantitative easing BernankeLe principal suspens de l’année pouvait résider en ces  3 mots : QE or Tapering ? C’est effectivement au gré des anticipations par le marché des impressions monétaires de ce cher Bernanke que les cours ont fluctué au cours de cette année.  Et « Helicopter Ben » a tenu à terminer son mandat dans un incroyable feu d’artifice :

– Hausse de la plupart des marchés de plus de 20 % sur l’année

– Twitter qui multiplie le cours de son IPO par plus de 2,5 alors que la société n’a jamais généré le moindre dollar de profit

– Le Dow Jones qui bat son plus haut historique à plus de 50 reprises

– Des taux d’intérêt au plancher

La hausse depuis le creux de 2009 est impressionnante et, ce qui est symptomatique, cette hausse s’est construite dans le scepticisme général.  Par contre, lorsqu’on regarde les prévisions pour 2014, la majorité des « voyants-prévisionnistes » nous annoncent une nouvelle hausse.  Ca y est : après que les marché aient plus que doublé depuis leur plus bas, tout le monde redevient consensuel sur la hausse.  Et quand un consensus se construit (que ce soit sur une hausse ou une baisse), l’équipe des daubasses tend à prendre ses distances face à ce consensus.

Fidèles à nos habitudes, nous n’avons pas l’ambition de « prédire » ce que sera l’année boursière 2014 : même si les opportunités se font, de notre point de vue, de plus en plus rares, nous savons très bien qu’un marché peut se montrer excessif dans son irrationalité.

Les nombreuses cicatrices des batailles boursières que nous avons menées sont là pour nous le rappeler : crash violent de 87, crise de l’immobilier parisien du début des années 90, crash obligataire de 1994, crise des pays émergents en 1997, bulle internet 2000, marché haussier des commodities des années 2000, attentats du 11/09, bull market dopé aux subprimes de 2003-2007, crash de 2008-2009 et enfin, ce nouveau bull market dopé aux QE cette fois.  Tout dans notre courte expérience financière nous démontre que la bourse peut monter très haut, beaucoup plus haut que la juste valeur des sociétés qui y sont échangées … et bas, très bas, beaucoup plus bas que ces mêmes justes valeurs.

Et pour les daubasses, comment s’est passé cette année ?

Comme vous pouvez le voir sur notre dernier compte rendu, nous avons battu, de justesse,  notre  référence :  le tracker Lyxor MSCI World en euros et dividendes inclus.  Reconnaissons que l’avoir battu d’un demi pourcent ou le sous performer d’un demi pourcent ne change pas grand chose à l’affaire.  Mais c’est vrai que le fait de pouvoir afficher 4 années de surperformance sur les 5 années d’existence de notre portefeuille ne peut que flatter notre petit ego.

Mais ce qui nous importe vraiment, c’est de savoir si notre approche « daubasse » continue à être performante, même durant une période où la bourse semble avoir rejoint ses justes valeurs.

Deux éléments à mettre en exergue cette année : la forte part de liquidité détenues au sein de notre club d’investissement et une petite partie investie dans les mines de métaux précieux.

Au cours de l’année 2013, comme vous pouvez le voir sur le tableau ci-dessous, notre portefeuille a été investi, en moyenne, à 4,05 % sur les mines de métaux précieux et 12,29 % du portefeuille a été « parqué » en cash.  Ces deux options ne résultent pas d’un choix délibéré, loin de là, simplement des conditions de marché.  Nous ne sommes pas devenus des « goldeux » acharnés mais il se fait que cette année, nous avons trouvé de belles opportunités « value » dans ce segment … même si l’approche que nous avons utilisée n’est pas l’approche « daubasses AOC » (ces mines ne sont ni des VANN, ni des VANE, ni même des holdings décotés).

Quant à la part des liquidités, elle ne résultat pas du fait que nous serions devenus des « permabear » invétérés « à la Nouriel Roubini » mais, plus simplement, du fait que les daubasses sont plus difficiles à trouver et que nous avons donc plus de difficulté à investir dans des sociétés présentant de très grosses marges de sécurité.

 

proportion investie du portefeuille boursier

Nous disions donc qu’un des  grands l’objectifs de ce blog est déterminer si l’approche « daubasse » fonctionne … Pour ce faire, nous allons retraiter la performance du portefeuille en éliminant l’impact des mines d’or et d’argent ainsi que du cash dans le rendement de l’année 2013.

Abstraction faite de ces deux postes, nous obtenons un rendement pour la partie « vraie » daubasse de notre club de 26,73 %, tout ceci en tenant des frais de courtage, des retenues d’impôt à la source sur les dividendes perçus et de la taxe sur les opérations de bourse de 0,25 %.

L’objectif de ce petit calcul n’est pas de démontrer que nous sommes des « gourous » de l’investissement en action ou de vouloir « gonfler » notre performance mais plus simplement de nous conforter dans l’idée que  « oui, les daubasses, ça marche » même en période de « vaches grasses » … avec la nuance que le travail de recherche est énorme et beaucoup moins efficace qu’en période de vaches maigres, ce qui oblige d’une certaine manière à diversifier le portefeuille encore plus.

Effectivement,  alors qu’au départ il était simple d’acheter des sociétés décotées en se cantonnant sur les marchés US et français, nous avons été contraints d’élargir un maximum notre quête et nous avons à présent un portefeuille vraiment « mondialisé », ce qui nous permet, de notre point de vue,  d’obtenir une petite sécurité supplémentaire.  Jugez-en plutôt :

 l’Asie représente 8,1 % de notre portefeuille

Les autres émergents  5,4 %

Soit 13,5 % pour l’ensemble des pays émergents

La France  14,8 %

L’Allemagne 1,1 %

L’Italie à 7,7  %

Le Bénélux 3,9 %

soit 27,5 % pour la zone euro

Le Canada 3,3 %

La Suède  2,5 %

Le Royaume- Unis  9,3 %

La Suisse  1,5 %

Les USA  25,5 %

Soit 42,1 % pour les pays développés hors zone euro

Quant aux mines de métaux précieux, elles  pèsent 3,9 %

Enfin, au niveau des liquidités détenus, nous en sommes à :

4,9 % en dollar US

4,1 % en euros

3,8 % dans une autre devise

 

Cette diversification extrême n’a pas été voulue sciemment par l’équipe mais elle découle simplement de l’adaptation qui nous a été imposée par le marché.

Une performance toujours appréciable sur la partie « daubasses pures » de notre portefeuille et une hyper diversification géographique « inconsciente » : tels sont les deux grands évènements que nous retenons de notre année 2013 … bien plus que le boost des marchés développés, la stagnation des marchés asiatiques ou la décrue de l’or.

A l’avenir, à l’instar du grand Walter Schloss, nous continuerons la difficile tâche de nous adapter aux conditions de marché tout en conservant notre philosophie d’acquisition d’actifs décotés.

En attendant, nous vous présentons nos meilleurs vœux pour 2014 : que cette année vous apporte santé, bonheur et prospérité.

 

Ecomérages : J’y vais ou j’y vais pas …

C’est un peu ce que semble se demander  celui auquel on fait appel quand la situation est désespérée.  Non, il ne s’agit pas de Superman mais de « Supergold ».

L’or, le placement que tout bon père de famille se doit de détenir,

L’or, the place to be,

L’or, qui, c’est sûr, sera à 2 000 dollars fin d’année et à 10 000 dans 2 ans

Après une décennie d’enfer et une année 2010 menée tambour battant, les « goldeux » sont un peu sur leur faim en ce début d’année : leur valeur-fétiche ne sachant trop quelle direction prendre … mais, c’est sûr, selon ses plus chauds partisans, ça va repartir.

Pourquoi ?

– Parce que l’or est rare (nous avons lu quelques part que tout l’or présent sur terre tiendrait dans un gros cube dont les arrêtes feraient 19 mètres de long)

– Parce que l’or est l’ultime refuge lorsqu’arrivera la fin du monde annoncée avec tant de délectation par « Nouriel Appocalypse Roubini » : les dictateurs d’Afrique du Nord semblent d’ailleurs en être convaincus, en tous cas lorsque survient la fin de LEUR monde

– Et parce qu’on vous dit que L’OR NE PEUT QUE MONTER !!!

Ben oui d’accord mais dans l’équipe des daubasses, on aime bien être pragmatique et on se demande à quoi ils serviront les lingots quand le monde sombrera dans le chaos.  On peut toujours trouver un usage au pétrole, au cuivre, au riz ou même à l’argent.  Mais avec nos lingots, on fait quoi ?

Soyons honnêtes avec vous cher lecteur : nous sommes réellement dans l’expectative face à la « valeur » que Mr Market octroie à ce mystérieux métal qui ne sert pas à grand-chose si ce n’est à embellir le cou et les poignets de nos tendres compagnes (il semblerait que son usage industriel, c’est-à-dire « utile » représente moins de 15 % de l’ensemble de l’or disponible).

Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls, Warren Buffett lui-même éprouve quelques peines à comprendre la fascination que le métal jaune exerce sur ses congénères : « on obtient de l’or en creusant la terre quelque part en Afrique ou ailleurs, on le fait fondre, on creuse un autre trou pour l’enterrer à nouveau et on paie des gens pour le garder.  Quiconque observerait cela de Mars se gratterait la tête ».

Finalement, au départ, l’or a une valeur … parce que « on » a décidé de lui en donner une, pas nécessairement parce qu’elle est utile à quelque chose.  De notre point de vue, l’or est une monnaie fiduciaire presque comme les autres à un petit détail près : Ben Bernanke ne peut l’imprimer à volonté … mais si un jour, Mr Market décidait brutalement que la valeur-refuge c’est l’argent, le jade ou, pourquoi pas, un coquillage rare comme le conche ou le bénitier… que vaudrait encore le métal jaune ?

Il est fort possible que les petits lingots dorés procurent encore de plantureux rendements à leurs détenteurs dans les années qui viennent … mais nous, on n’aura pas compris pourquoi.

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