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Nouvelle expérience « daubasses » : un laboratoire sur les petites sociétés européennes + analyse Gaumont

Vous nous connaissez, chère lectrice, cher lecteur, nous sommes toujours à l’affût d’anomalies de marchés et de décotes en tout genre sur tous les places financières, sur tous les secteurs, … tant qu’il y a des actifs et un moyen de les valoriser avec des éléments financiers, nous répondons toujours « présents ! »

Nous avons contacté vendredi le propriétaire de notre headquarter pour qu’il nous loue un étage supplémentaire en haut de notre gratte-ciel (si seulement…) afin d’agrandir notre laboratoire dans lequel nous allons faire tourner nos méninges et nos machines détectrices de valeurs à potentiel (et, espérons le, de gains futurs !). Continuer la lecture de Nouvelle expérience « daubasses » : un laboratoire sur les petites sociétés européennes + analyse Gaumont

En attendant notre PEA……. !!!!

Je n’en pouvais plus de garder cela pour moi seul.

Franck et les deux Louis, j’espère que vous ne m’en voudrez pas et je vous prie déjà de bien vouloir accepter mes excuses, pour ne pas vous en avoir parlé avant. C’est la première fois que je prends une initiative seul au nom du groupe sans vous consulter et je comprendrais si vous me viriez de l’équipe sur le champ. Mais, à ma décharge, mon intention était juste de nous éviter la double taxation des dividendes que nous subissons en Belgique, cette taxation qui réduit de manière insupportable 100 euros en 50 euros ! Vous me direz que l’on encaisse sans doute pas beaucoup de dividendes sur les « Daubasses »… mais la devise de Franck « il n’y a pas de petit profit, juste des profits » a raisonné en moi comme les carillons de Notre Dame de Paris et surtout plus que je ne l’aurais imaginé.

Et puis cela fait des mois que Franck (NDLR : le français du groupe) nous rabâche les oreilles au minimum deux fois par semaine avec les bienfaits d’un PEA, véritable « pansement gastrique d’un portefeuille » pour nos amis Français. Sans finalement jamais entrer dans les détails, ce qui a aussi eu comme effet d’aiguiser ma curiosité.

Oui, j’ai voulu ouvrir un PEA, en France, au nom du club d’investissement « les Daubasses selon Benjamin Graham » pour éviter la double taxation belge de nos dividendes.

Voici donc en quelques lignes le récit de mon aventure fiscale.

Je n’ai pas « cherché midi à quatorze heures » : habitant dans la banlieue de Charleroi, soit à moins de 35 minutes de la frontière française, c’est tout simplement dans une agence bancaire d’un petit village de la banlieue de Maubeuge que j’ai pris rendez-vous.

C’était le 6 juin à 9 heures exactement. Il pleuvait abondamment, le ciel était d’un gris pas possible. On ne peut pas dire que la banlieue de Maubeuge m’ait dépaysé de la banlieue de Charleroi : même style d’éventration des sacs poubelles, quelques foyers sauvages de détritus au bord des champs, un asphalte aussi défoncé, des petites maisons en briques rouges délavées par le temps et de la verdure sur les toits.

L’agence bancaire dans laquelle je me suis rendu détonnait un peu dans le paysage.

la succursale de la banque ****** à Maubeuge

C’était une construction flambant neuve, avec une façade entièrement vitrée dans un style architecturale New-Yorkais, très épuré et qui avait au moins six étages. En plus de l’architecture, il y avait aussi un contraste sur la localisation de l’agence qui était plantée au bout d’un petit chemin en terre battue sur lequel il n’était pas certain que deux Buick puissent se croiser sans s’arracher mutuellement les rétroviseurs… Et le pire : pas le moindre parking pour la clientèle. Même si j’ai eu l’impression en arrivant que j’étais le seul client, mais bon à 9 heures, je me suis dit ,un peu comme dans la banlieue de Charleroi, qu’ il n’y avait sans doute pas grand monde de réveiller. J’ai donc parqué ma Mustang en bordure de prairie.

J’ai décidé de ne pas révéler le nom de la banque, pour ne pas attiser inutilement la haine, puisqu’à la télé, tout le monde dit que c’est eux les responsables de la crise des subprimes, de l’endettement des états, du chômage et parfois même du temps pluvieux du week-end. Je m’en voudrais de faire un appel au saccage d’un bâtiment flambant neuf sans doute construit grâce au trading alimenté par la liquidité des comptes épargnes durement engrangés des citoyens des environs.  Néanmoins, vous aurez compris qu’il s’agit bien entendu d’une agence d’une des 3 plus importantes banques françaises.

 

Je me suis engouffré dans un hall d’entrée de marbre blanc après qu’aient coulissé les deux immenses portes vitrées dans un feulement presqu’inaudible. Après m’être présenté et avoir expliqué que j’avais rendez-vous à 9H, j’ai eu droit à un large sourire de la demoiselle de l’accueil qui m’a demandé de patienter quelques secondes.

 

La charmante hôtesse et son sourire chaleureux

 

L’homme qui est venu à ma rencontre m’a également chaleureusement souri en me tendant la main et en me demandant de le suivre. C’était un homme extrêmement élégant vêtu d’un complet bleu profond,  à la coiffure soignée et à l’air posé. Il portait une chemise  d’un blanc immaculé et une cravate en soie bleue légèrement plus claire que son costume. Il ne portait pas de bijou juste une montre Bréguet au poignet droit. Ce qui signifiait qu’il était gaucher !

 

mon sympathique conseiller bancaire

 

En le suivant dans un dédale de couloir, et pendant que nous échangions quelques banalités sur le temps,  je me suis dit immédiatement que sa tête me disais quelque chose.

Il m’a ouvert la porte d’un grand bureau, en me demandant de bien vouloir m’installer, ce que j’ai fait sans attendre. Le siège était confortable et j’avais devant moi une large baie vitrée perlée de pluie qui donnait sur un jardin à la verdure chatoyante et extrêmement bien dessiné. J’étais donc à l’arrière du bâtiment, installé confortablement quand mon interlocuteur m’a demandé si je désirais un café. J’ai accepté et il est sorti en me disant :

« Je suis à vous dans une seconde. »

Toujours occupé à essayer de mettre un nom sur son visage, j’ai hoché de la tête, au lieu de lui dire :

–     Faites à votre aise.

Et j’ai continué à me creuser les méninges pour mettre un nom sur son visage qui m’était connu, j’en étais certain. Le flash est arrivé quelques secondes plus tard lorsque la porte s’est entrouverte et que la demoiselle de l’accueil a déposé sur la table un petit café noir bien serré. Le flash c’était que j’étais assis dans un bureau à l’arrière du bâtiment, soit le fameux « back office » et ce gars ressemblait à… Jérome Kerviel, le plus connu des employés bancaires travaillant dans les « back office » ou plutôt les « black office ».

Cela m’a plutôt décontenancé quand Jérôme s’est assis derrière son bureau, en m’adressant à nouveau un large sourire et en me demandant ce qu’il pouvait faire pour moi.

Bon, j’ai décidé de ne pas révéler la véritable identité de mon interlocuteur pour ne pas attiser la haine et qu’il soit pris à partie par des actionnaires floués ou des anti-capitalistes. Maubeuge n’est finalement pas si grand que cela. Et ressembler à Jérôme Kerviel, voire être son frère jumeau ou encore son sosie, ne doit pas être aisé à vivre au quotidien quand, en plus, on bosse dans une banque.

Je dois vous avouer que j’ai commencé à lui expliqué l’objet de ma présence dans son « back office » en balbutiant.

– En fait, ai-je bredouillé, je fais partie d’un club d’investissement, les « D selon Benjamin Graham » et je voudrais ouvrir un PEA pour échapper à la double imposition sur le dividende pratiquée en Belgique.

– Les D selon Benjamin Graham, avez-vous dit ? a presque murmuré Jérôme en m’adressant un nouveau sourire. Et que signifient les D ? m’a-t-il demandé.

– En fait on est quatre copains : Dominique, Daniel, Damien et Didier !

– Ah oui les D, j’ai compris a dit Jérôme sérieusement.

Franck et les deux Louis, je vous demande une nouvelle fois de m’excuser car je n’ai pas pu dans le « back office » en face du duplicata de Jérôme Kerviel, prononcer le mot « Daubasses ». Avec nos lecteurs, nos abonnés, nos connaissances, je le dis avec plaisir par autodérision comme nous l’avions imaginé au début… Mais devant Jérôme, dans ce bureau en train de demander des renseignements sur un PEA, je n’ai pas pu. Je comprendrais parfaitement que ma part de recettes des abonnements soit supprimée pour six mois pour avoir eu honte du nom du groupe. Alors que, comble de l’histoire, c’est finalement moi qui vous l’ai proposé.

– L’ennui, Monsieur, m’a dit Jérôme, c’est que le PEA est réservé aux personnes physiques. Pour un club d’investissement ce n’est pas possible. En plus vous êtes Belge, si j’ai bien compris. De quelle région ? m’a demandé Jérôme qui semblait avoir enclenché soudainement les vitesses ?

– Je suis de Valonnie, la région de Charleroi. Cela s’écrit avec un W au début et chez nous on dit oualonnie…. !!! Mais bon…..Remarquez que le grand Louis, heu … Damien … dit souvent que nous sommes plutôt en oualbanie….Mais bon, c’est politique et trop belgo-belge pour que cela signifie quelque chose pour vous.

Oui, je comprends. Par contre, vous n’êtes pas français, ni domicilié en France et cela se complique pour un PEA. En plus pour un club d’investissement…

Sinon, je pourrais me domicilier en France et prendre le PEA à mon nom pour le groupe. Je ne pense pas qu’ils y seront opposés si c’est pour gagner des tunes et on se fait tous confiance. En plus, j’ai vu une jolie pension à 10 euros la journée, à l’entrée du village. Et la pension porte un joli nom « Ambroise et Julot ». Vous pensez que ça pourrait coller ? 10 euros par jour c’est 300 euros par mois, pas exagéré.. ?

– La jolie pension, c’est une maison de passe, Monsieur, m’a dit Jérôme, le visage un peu inquiet. Et ce n’est pas 10 euros la journée mais 10 euros de l’heure.

– Ah oui, ça change tout… Mais j’ai entendu récemment une ministre française dire qu’elle voulait supprimer la prostitution en France. Donc, à terme, cela pourrait peut être intéresser les propriétaires de la maison de passe, une reconversion en chambre « boîtes aux lettres » pour exilés fiscaux belges.

Oui c’est possible, mais vous auriez tout intérêt à louer un deux pièces en ville car je doute que cela passe auprès du fisc de résider dans une maison de passe.

Pas de problème, on en discutera ai-je dit. Vous pourriez m’expliquez en gros ce qu’est un PEA ?

Le Plan d’Épargne en Actions, appelé communément le PEA, est apparu en 1992. Le législateur a souhaité encourager un actionnariat populaire en France, en faisant bénéficier par des avantages fiscaux la détention d’actions sur le moyen ou long terme.

 On peut définir le PEA comme une enveloppe fiscale permettant  d’investir sur les marchés européens. Cette enveloppe étant exonérée d’impôt (mais pas du prélèvement social) après 5 ans.

Les conditions rattachées au PEA sont les suivantes :

 L’ouverture d’un PEA est réservée aux personnes physiques fiscalement domiciliées en France.

Chaque contribuable ne peut détenir qu’un seul PEA (contrairement à un compte titres classique).

Le nombre de PEA au sein d’un même foyer fiscal ne peut être supérieur à 2 (il n’est donc pas possible d’en ouvrir pour les personnes à charge ou les enfants).

Un contrat PEA est obligatoirement individuel, il ne peut pas être ouvert sous la forme d’un compte joint et de fait, seul le titulaire peut effectuer les opérations d’achats et de ventes.

Donc vous voyez comme les choses sont assez étroitement définies.

 

– Parfait jusque-là.

Bon poursuivons, il existe en fait deux types de PEA, le PEA B et le PEA A

– Ne me dites pas qu’ils ont même prévu un PEA spécial Daubasse, le B…. Là je ne vous crois pas !

« Un PEA Spécial Daubasses », a répété Jérôme, en fronçant cette fois sérieusement les sourcils !

Eh bien oui, vous avez bien dit PEA B, pour je suppose « Plan d’Epargne en Actions Bancales »…. C’est exactement sur ce type  de société que nous investissons, des Daubasses, des sociétés avec à la direction des manchots, des charlots, pas la moindre compétitivité, le tout à prix cassé et sous la Valeur d’Actif Net Tang…

« Excusez-moi de vous interrompre », m’a dit Jérôme, mais il s’agit  pour PEA B de « Plan d’Epargne en Actions Bancaire » et le PEA A c’est « Plan d’Epargne en Actions Assurance », alors que je m’apprêtais à lui expliquer notre philosophie d’investissement de A à Z… Merde.

« Je poursuis si vous le voulez bien sur le PEA B qui nous concerne. Et son fonctionnement »

– Pas de problème.

 

– Le PEA est composé d’un compte titres sur lequel sont investies les différentes valeurs mobilières ainsi que d’un compte espèces permettant la transition des fonds lors des opérations d’achats et de ventes, le versement des dividendes ou le prélèvement de différents frais. Le compte espèces ne peut pas être débiteur.

« Nous n’avons pas en grande estime les OPCVM » ai-je dit, pour dire quelque chose, « bien qu’il y ait quelques rares exceptions ». Mais Jérôme n’a pas relevé, il a poursuivi

Le montant total de tous les versements ne peut excéder un plafond de 132 000 €.

Le PEA permet l’acquisition d’un choix restreint de valeurs mobilières et interdit les opérations à découvert.

L’absence de possibilité d’un découvert sur le compte espèces dédié au PEA implique une obligation de couverture des ordres de bourse à 100%. Concrètement, pour pouvoir acheter 1.000 euros d’actions, il faut avoir ces 1.000 euros disponibles sur le compte espèces ou en attente de comptabilisation d’une autre vente de titres effectué le jour- même. Tout achat ou vente à découvert est donc impossible.

–  « Pas de put dans un PEA, j’ai compris, Franck nous l’a souvent rappelé », ai-je dit pour permettre à Jérôme de reprendre son souffle

Mais Jérôme, m’a soudain fixé d’un regard brutal qui m’a fait penser qu’il commençait à être excédé par mes interventions. Je me suis senti obligé d’ajouter :

– Je voulais dire des options put, bien entendu

–  Bien entendu, a -t-il comme ironisé avant de poursuivre sur la fiscalité du PEA, le rubicube des rubicubes, c’est d’ailleurs sans doute pour cette raison que Franck, ne nous en avait pas parlé. 

 

Les fonds investis sur un PEA sont toujours disponibles. Tout retrait effectué avant 8 ans entraîne obligatoirement la clôture du PEA et la vente de la totalité des valeurs inscrites sur celui-ci.

Après 8 ans, le produit est très souple et permet plusieurs options.

Clôture du PEA avant 5 ans

Les plus-values sont imposables selon le régime des plus-values mobilières. Depuis le 1er janvier 2011, la totalité des gains réalisés est soumise à l’impôt, au taux fixe de 19% et aux prélèvements sociaux 12,3%, puis 13,5%, à compter du 1er janvier 2011.

Entre 2 et 5 ans, le taux d’imposition est de 19% depuis le 1er janvier 2011 ce qui correspond au taux commun d’imposition des plus- values mobilières. Voir aussi le compte-titres ordinaire.

Avant 2 ans, le taux d’imposition est un taux majoré qui est fixé à 22,5%. La clôture du PEA doit être déclarée avec le formulaire fiscal 2074.

 Clôture du PEA entre 5 et 8 ans

Les plus-values ne sont pas imposables et subiront seulement les prélèvements sociaux.

Après 8 ans, les possibilités sont nombreuses. Le calcul du prélèvement social, effectué dans le cas d’un retrait partiel ou total, devient particulièrement complexe.

La première raison est que le taux à appliquer dépend de la période où les plus-values ont été réalisées. En effet, comme le PEL, il faut tenir compte des différentes évolutions du taux des cotisations sociales. Par exemple, la CSG a connu des taux de 3,4%, 7,5% ou 8,2%. Ensuite la base de calcul, ce sont les plus-values. Plus exactement, c’est la différence entre les différentes valeurs liquidatives du PEA le solde du compte espèces + la cotation des différentes valeurs à une date donnée et la somme totale des versements effectués.

Pour un PEA ayant plus de 15 ans c’est alors……

–   « Si je comprends bien », ai-je interrompu l’air assez concentré, « c’est difficile d’ouvrir un PEA avec Bac +1 ou 2. Ou alors, il est nécessaire de prendre des cours du soir de fiscalité. »

–  « Ne vous inquiétez pas » a dit Jérôme, « nous avons des services à l’intérieur de la banque qui peuvent vous aider aux différents calculs. »

– Services payants, je suppose ?

– Eh oui a dit Jérôme en retrouvant le sourire !

– Finalement écoutez, à nous quatre on a bien Bac +11 même avec moi qui suit Bac -6 donc on devrait s’en sortir, car on a vraiment en horreur les dépenses inutiles. Vous pouvez y allez, ai-je dit ?

– « Y aller ? » m’a demander Jérôme, comme s’y je m’apprêtais à le virer.

– « Vous pouvez ouvrir le PEA », ai-je dit en me frottant les mains, « je veux absolument leur faire une surprise ».

Jérôme a griffonné pendant deux minutes sur un formulaire qu’il m’a demandé de signer. Ce que j’ai fait. Il m’a donné une copie du document, puis il a ajouté avant de se lever de sa chaise :

– Dès que nous recevons votre domiciliation sur le territoire français, nous activons votre PEA !

Il est passé devant moi, pour m’ouvrir la porte et m’a demandé de le suivre. Je me suis exécuté.

Au détour d’un couloir, nous nous sommes brièvement arrêté devant un homme plus âgé à l’allure débonnaire et au costume impeccable. « Je vous présente le directeur de l’agence » m’a dit Jérôme. Et l’homme m’a aussitôt serré la main, en me disant quelque chose du style « merci pour la confiance que vous nous accordez, à bientôt. »

En poursuivant notre chemin, je me suis dit que son visage me disait quelque chose : ces lunettes cerclées or et sa cravate imprimée de Dollar …

Dans le hall d’entrée, Jérôme m’a souri une dernière fois en me serrant la main.

Dehors le ciel était toujours gris et il pleuvait toujours abondamment. En mettant le moteur en marche, j’essayais toujours de mettre un nom sur la figure du directeur de l’agence… Mais pas moyen, alors que j’étais persuadé que je connaissais ce visage.

Je me suis arrêté, sur le retour à l’hotel « Ambroise et Julot » pour me domicilier. Julot était un gars absolument charmant qui me faisait penser au défunt Fred Chichin des « Rita Mitsouko » avec mèche folle, pas mal de bagouses aux doigts et la petite moustache taillée avec méticulosité. Ambroise était partie faire du shopping  à Auchan à Louvroil. Julot a accepté de s’occuper entièrement de ma domiciliation contre 300 euros que j’ai déboursés volontiers et l’affaire s’est réglée en moins de 10 minutes.

Mais quand je suis ressorti, je réfléchissais toujours au nom que je pourrais mettre sur le visage du directeur de l’agence, et je me suis également mis à penser que j’avais trahis complètement l’esprit « Daubasse » en allongeant aussi facilement 300 euros à Julot pour une démarche administrative que j’aurais pu régler moi-même.

Franck et les deux Louis, je vous dois de nouvelles excuses pour cette trahison de l’esprit « Daubasses », je vous offre à tous un bon resto pour me faire pardonner.

Sur le chemin qui me ramenait en Belgique, mon esprit n’arrêtait pas d’être taraudé par le visage du dirlo de la banque jusqu’à ce que j’aie un flash provoqué par sa cravate imprimée de dollars : le dirlo ressemblait à Bernard Madoff… Eh oui :  même nez aquilin, sourcils circonflexes et un regard affable qui vous inspire une entière confiance.

Pour ne pas attiser la haine, j’ai décidé de ne pas vous révéler le véritable nom du directeur de la banque : ressembler physiquement à Bernard Madoff, c’est sans doute pour certains anticapitalistes déjà un fait pénalement punissable mais, en plus, engager un gars qui ressemble à Kerviel, cela mérite sans doute pour certain pas moins que la chaise électrique… Alors que ces deux personnes ne sont coupables de rien, juste d’un physique que l’on pourrait aujourd’hui, qualifier d’ingrat.

Je roulais sur les premiers kilomètres d’autoroute belge quand l’étrange sensation d’être projeté dans le futur m’a assailli.

Je me suis retrouvé deux ans plus tard dans ma chambre, allongé dans mon lit, les yeux rivé au plafond, dans une attitude purement catatonique. Mon emploi du temps se résumait à descendre de mon lit vers 10 heures du matin, ouvrir la boîte au lettre en façade pour voir si le facteur n’avait pas glissé une lettre de la banque, m’annonçant que notre PEA était activé… Avant de remonter dans ma chambre, j’arrachais la feuille du jour au calendrier accrochée dans ma cuisine… Et c’est de cette manière que je sais que nous sommes aujourd’hui le 1 Juillet 2014 et que demain nous seront le 2 juillet…

J’avais le sentiment d’être à la fois le Valdimir et l’Estragon, de la pièce de Beckett, « En attendant Godot »… J’attendais notre PEA. Sans faim, ni soif, ni désir d’aucune sorte, juste l’attente de notre PEA qui arriverait dans ma boîte aux lettres… Plus de famille, plus de Franck et les deux Louis, plus de Daubasses… J’étais dans le vide sidéral de l’attente de notre PEA… Et les jours passaient inlassablement pareil en attendent notre PEA…

Il était exactement minuit et douze minutes, le 12 septembre 2014 quand j’ai entendu clairement du monde grimper les escaliers. Dans un premier temps, je me suis dit « ça y est, on m’amène notre PEA, au lit, il sont top la poste Belge, la B Post…. ». Mais quand la musique du générique de fin de Taxi Driver  a empli toute la maison, je me suis dit que j’étais sans doute cambriolé… Et que je devais juste me concentrer, sur l’attente de notre PEA….

Mais dans une véritable scène à la Dalton de la BD Lucky Luke lardée d’un suspens typique de thriller, la porte a d’abord grincé sur ses gonds, puis la tête de Franck est apparue au chambranle de la porte. Seulement la tête un peu penchée et pas le corps… Puis, au-dessus de la tête de Franck, la tête du plus petit des deux Louis est apparue et finalement au-dessus des deux têtes de mes amis, la tête du plus grand des deux Louis….. !!! Les Daubasses étaient dans ma chambres alors que j’attendais notre PEA et j’allais devoir leur annoncer que j’attendais notre PEA.

« Qu’est-ce que vous foutez dans ma chambre les gars ? », ai-je hurlé en commençant à transpirer.  La seule réponse que j’ai eu, c’est un long sourire du plus de petit des deux Louis… Mais un sourire lugubre qui m’a glacé le sang.

« Je sais les gars, je ne vous ai pas donné de nouvelles, mais j’attends notre PEA depuis deux ans, même plus, j’ai dit et je voulais vous faire la surprise, même si c’est compliqué comme fiscalité ! »

Mais j’ai eu l’impression qu’ils ne m’entendaient pas car ils sont entrés solennellement dans ma chambre et se sont approchés du lit. Franck à droite, le plus petit des deux Louis à gauche et les plus grands des deux Louis au pied de mon lit. J’ai aussi remarqué assez rapidement dès qu’ils sont entrés dans la chambre que le plus grand des deux Louis tenait dans la main un immense couteau de boucher, on aurait dit celui d’Anthony Perkins de « Psychose » le film d’Hitchcock !

« Tu ne vas pas me dire que tu as amené une noix de jambon de Rochefort et de la Chouffe chère à Franck et que l’on va manger et boire et faire la fête, pendant que je vous explique l’attente insoutenable de notre PEA » ai-je dit pour essayer de détendre l’atmosphère… Mais les trois Daubasses sont restées impassibles, on aurait dit qu’il ne m’entendaient pas… Merde.

« On est venu te dire que TU ETAIS VIRE, TU ENTEND ?  TU EST VIRE », a dit le plus grand des deux Louis en hachant chaque mot d’un timbre de voix d’outre-tombe….. « Et on veut les listes », ont renchérit en cœur Franck et le plus petit des deux Louis avec le même timbre de voix et en détachant lentement chaque syllabe.

J’ai dit : « non, non, les gars, c’est pas possible … pas pour un PEA … » « Non », ai-je encore répété en commençant à pleurer. Mais j’ai eu l’impression qu’ils comprenaient que je ne voulais pas leur donner les listes remplies de Daubasses….. !!!!!

 C’est alors que le plus grand des deux Louis a brandit son couteau de boucher !

 Et que je me suis réveillé, d’un bond le visage couvert de transpiration…

 

L’équipe des Daubasses, souhaite à tous ses lecteurs et à tous ses abonnés d’excellentes vacances.

 

A tous nos abonnés, ne ratez pas la lettre 100% PEA que nous publierons dans la première semaine de juillet, malgré les vacances, le soleil, et ce texte « détente » sur ce sacré PEA !

 

Question des lecteurs : est-il intéressant d’investir dans des daubasses au sein d’un PEA ?

Comme vous le savez, cher(re) lecteur(trice), nous sommes quatre investisseurs dans la valeur, nous pouvons même dire des « extrémistes » de l’investissement dans la valeur, de nationalités différentes. Trois d’entre nous sont belges, et donc non intéressés par une quelconque défiscalisation sur les plus-values immobilières, puisque, nous vous le rappelons, il n’y a aucune taxe fiscale sur les plus-values réalisées lors de gains sur les marchés financiers en Belgique, pour l’individu qui investit en bon père de famille.

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Les opportunités sectorielles

La chasse à la daubasse est plus fructueuse en période d’incertitudes économiques et financières : en effet, si ces périodes, sur le court terme, pénalisent le rendement d’un portefeuille, elles permettent de construire la performance future de ce même portefeuille.

Mais une approche  permet, selon nous,  de « sublimer » le rendement futur d’un portefeuille, c’est d’acheter dans une période d’incertitudes économiques et financières ET dans une zone géographique ou un secteur honnis de l’ensemble de la communauté financière.

Grâce à ce type d’approche, nous pensons qu’il est possible d’acquérir des « daubasses parmi les daubasses ».

Ainsi, pour notre portefeuille, nous avons acquis ces derniers mois, grâce aux différents apports d’argent frais, des actions issues de secteurs complètement délaissés par ce pauvre Mr Market :

          Tout d’abord, nous avons renforcé ou acquis des actions de deux entreprises liées au secteur de la papeterie : le prix de la pâte à papier trône pour l’instant sur des sommets et pèse donc sur les marges du secteur.  Nous pensons néanmoins qu’à moyen terme, soit le prix de la pâte à papier s’ajustera, soit les prix de vente des papetiers s’ajusteront. 

          Ensuite, nous avons acquis deux sociétés actives dans le secteur photovoltaïque : voilà bien un secteur soumis au « côté obscure de la force » à plus d’un titre : concurrence des panneaux à bas prix made in China, réduction des incitants fiscaux  offerts par les pouvoirs publics, surcapacité de production de silicium, …

 

Selon nous, pour investir dans un secteur massacré, il est important de vérifier deux points :

 

1.     Que le secteur en question aura encore un certain avenir sur le long terme

Sur ce plan, nous pensons que tant le papier que le photovoltaïque continueront de faire partie de nos modes de vie dans le futur, peut-être plus avec des fortes croissances, voir même avec une certaine décroissance  mais nous ne voyons pas comment nous pourrions, aujourd’hui, nous en passer définitivement

 

2.    Que les sociétés acquises, non seulement présente une marge de sécurité suffisante sur leur valeur actif tangible mais surtout qu’elles soient suffisamment solides financièrement pour « tenir » durant toute la phase de déprime et faire partie des « survivants » qui en sortiront renforcés sur un marché assaini.

Et pour cela, vous savez, cher lecteur, que nous disposons d’une arme qui, si elle n’est pas absolue, nous permet de faire un certain tri : le calcul de la solvabilité de la société. Et, comme vous vous en doutez certainement, les sociétés que nous avons achetées  sont suffisamment solvables pour nous permettre de passer des nuits sereines et paisibles.

 

Evidemment, nous avons tenu nos abonnés au courant en temps quasi réel de ces différents achats et ils ont pu prendre connaissance de nos motivations dans nos lettres mensuelles. 

Mais une autre thématique nous semble actuellement assez déprimante … et donc porteuse pour des investissements en daubasses. C’est celui de la dette souveraine et des pays « cochons ». 

Les cours des actions de ces états ont, de manière générale, encore plus souffert de la correction de la 2 e moitié de 2011 : par rapport à son plus haut de l’année, la bourse d’Athènes se situe 63 % plus bas, l’Espagne 26 % plus bas et l’Italie 35 %.

Et c’est sur ce dernier marché que nous avons jeté notre dévolu : il s’agit d’un pays qui présente une certaine culture entrepreneuriale et, même si le libéralisme n’y est pas tout-à-fait un mode de pensée, on n’y trouve une grande quantité de sociétés présentant une « histoire » de plusieurs dizaine d’années, voir, souvent, au-delà du demi-siècle.  Il y a aussi souvent une certaine culture de la qualité pour un grand nombre de produits.

Enfin, sur un plan plus macro-économique, nous avons l’impression, comme en témoigne le graphique ci-dessous, que l’Italie est moins gravement affectée par sa dette que les autres « cochonneries » du « Club Med » : l’endettement du pays est certes élevé mais son solde primaire (c’est-à-dire avant paiement des intérêts de la dette par les pouvoirs publics) est un des plus élevé de la zone euro et même parmi les grands pays développés. Quant à sa balance commerciale, elle n’est que légèrement déficitaire et ce phénomène est d’ailleurs récent (depuis 2005 seulement) : rien ne dit qu’en devise nationale, ce serait toujours le cas.

 

Enfin, les sociétés dans lesquelles nous avons investi, non seulement répondent généralement à nos conditions de solidités financières, mais, en plus, exportent une part non négligeable de leurs produits : en cas d’éclatement de la zone euro, la perte de valeur monétaire des actions pourrait être partiellement compensée par une amélioration de leur compétitivité à l’exportation.

Dans cette optique, nous avons, fin de l’année dernière, renforcé une de nos sociétés transalpines déjà en portefeuille mais surtout, nous pensons avoir trouvé « bottes » à notre pied e acquérant au cours de la semaine écoulée, trois nouvelles entreprises italiennes.

Ici aussi, nos abonnés ont été avertis de nos achats et ils auront la possibilité de découvrir des analyses de ces acquisitions dans une prochaine lettre  100 % « pasta et Lambrusco ». 

Cerise sur le gâteau, parmi les 7 sociétés issues de ces 3 thématiques déprimées, 6 sont éligibles au PEA.

NB : Bien que posté ce dimanche, l’article ci-dessus a été rédigé vendredi, juste avant que nous n’apprenions la dégradation de deux crans de la dette souveraine italienne. Avant qu’un de nos aimables lecteurs ne nous reproche notre timing, posons-nous la question : est-ce que cela change quelque chose ? Pour notre part, nous pensons que le raisonnement que nous tenions ci-dessus est toujours valable : les sociétés italiennes que nous avons acquises effectuent, pour deux d’entre elles, moins de 50 % de leur vente dans la péninsule transalpine et la 3e y réalise moins de 20 % de son chiffre d’affaires. Ceci leur assure des rentrées en devises étrangères et même l’assurance, en cas de retour aux monnaies nationales, d’une amélioration automatique de leur compétitivité monétaire avec, il est vrai, comme corolaire, un coût de l’endettement financier qui risque d’augmenter… d’où l’intérêt de toujours garder un œil sur la solvabilité de sa cible.

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Quelle formidable période boursière !

C’est vrai, cher(e) lecteur(trice), nous faisons un peu dans la provoc en employant un tel intitulé pour ce petit article.

D’ailleurs, la performance de -15 % réalisée par notre portefeuille depuis le début de l’année ne nous fait pas plaisir.

Et pourtant, depuis le commencement de la crise au cours de cet été, chacun d’entre nous éprouve une jubilation grandissante. Pourquoi une telle jubilation qui pourrait, pour certains, friser l’indécence ? Parce que notre idée d’investissement en « Daubasses », contrairement aux apparences, est construite sur une perspective de long terme. Et donc,  quand le marché chute suffisamment, nous savons que nous allons pouvoir trouver de nouvelles occasions d’investissement et donc de pouvoir augmenter le potentiel global du portefeuille (calculé en fonction de la VANT pondérée des sociétés qui le constituent), ce qui aura automatiquement le pouvoir d’amplifier notre performance dans le futur : c’est dans la descente aux enfers de fin 2008-début 2009 que nous avons bâti la performance globale de notre portefeuille, performance qui a largement dépassé nos espoirs les plus fous.

Edmund Hillary et Tensing Norgay

Ce qui est « jouissif » dans notre démarche actuelle, c’est que le niveau global des marchés nous permet de dénicher des sociétés à prix décotés mais que, contrairement à la période 2008-2009, il ne suffit pas de se baisser pour les accrocher à notre tableau d’honneur. Au contraire, les chasses sont longues et les « analyses pour rien » assez nombreuses. Mais quand nous trouvons enfin la perle rare, nous connaissons un vrai moment de bonheur (notre pudeur naturelle nous empêche de parler de « véritable moment d’extase » probablement proche du sentiment qu’ont dû ressentir Edmund Hillary et Tensing Norgay lorsqu’ils ont vaincu l’Everest).

Ainsi, comme nous vous l’avions signalé, nous avons augmenté la force de frappe de la « daubasse Inc » par une augmentation de capital. Un apport exact de 40 310 euros de bonnes liquidités auxquelles s’est ajouté le cash issu de la vente d’une de nos daubasses cachées, la société Track Data qui présentait, au moment de son achat, un potentiel certes intéressant mais qui, depuis son passage aux « pink sheet » péchait par deux aspects : sa liquidité du fait que l’action n’était plus échangée qu’occasionnellement mais surtout la disparition de l’information financière : les derniers comptes disponibles étaient ceux de fin 2009. Bref, nous avons vendu cette société avec une légère moins-value de -1,35 % frais de courtage inclus. Ici encore, l’importance de la marge de sécurité dont nous disposions nous a évité des pertes conséquentes.

Et ces liquidités, nous avons commencé, méthodiquement, à les investir dans des supports principalement « daubasses » évidemment mais en ayant aussi le souci d’apporter encore un peu plus de diversification à notre portefeuille. Depuis début octobre, nous avons constitué de nouvelles lignes ou renforcé des lignes existantes sur :

–       Des daubasses recelant de belles cerises sous la forme d’un know how technologique : un prestataire de services d’ingénierie pour les fabricants d’électronique, un sous-traitant pour l’aérospatial, la défense et le secteur des télécommunications, un fabricant de têtes de lecture pour disques durs, un assembleur de composants électroniques ainsi qu’ un acteur du secteur photovoltaïque ;

–       Des belles industrielles dans un creux : un fabricant de papiers spéciaux et un autre papetier plus classique ;

–       Deux « belles au bois dormant » détenant un patrimoine immobilier intéressant : une société  propriétaire et exploitante d’hôtels ainsi qu’une chaîne de « librairies » ;

–       Mais aussi des sources de diversification pour notre portefeuille que nous avons achetées évidemment avec de grosses décotes : deux mines d’or achetées largement en deçà de la valeur de leurs réserves prouvées et un fonds fermé nous permettant d’investir sur le Vietnam, une manière de compléter, après des achats sur l’Inde, la Turquie et l’Ukraine, le segment « émergents-frontières » de notre club.

Pour nos amis français, précisons que 4 de ces achats portent sur des sociétés éligibles au PEA.

Comme vous pouvez le constatez, toutes ces liquidités ont déjà été bien employées et nous ne comptons pas nous arrêter là. Après ces opérations, il subsiste encore un peu de cash pour l’équivalent d’environ 5 % du portefeuille et nous ne pensons pas le laisser inemployé très longtemps.

« Ouais, et si la bourse se « krache » à nouveau ? »

Dans ce cas, cher(e) lecteur(trice), nous vous renvoyons à notre philosophie générale d’investissement et vous rappelons que ce que nous achetons, ce ne sont pas de vulgaires bouts de papier mais des actifs bien tangibles : Mr Market peut bien nous proposer un prix raplapla pour nous acheter ces actifs, nous, nous avons tout notre temps et sommes convaincus qu’un jour, ils sera contraint de nous en offrir le juste prix, voir même, peut-être, un prix tout-à-fait exorbitant. Ce ne serait pas la première fois…

Ceci dit, en cas de poursuite des soldes, rien ne nous empêchera d’apporter de nouvelles liquidités à notre club d’investissement pour pouvoir prolonger notre « moment d’extase »…

Évidemment, nos abonnés ont été avertis en temps réel de ces opérations et ont pu découvrir dans nos lettres mensuelles les éléments qui les ont motivées.

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Du mouvement dans le portefeuille « daubasses » et nouvelle diversification dans la valeur

Comme nous vous l’avions annoncé, nous avons apporté nos titres Cofigeo à l’OPA qui a été lancée fin du 1er trimestre de cette année. Cette opération nous a permis de tripler notre investissement de départ en un an et demi et surtout, elle nous laisse à la tête de pas mal de liquidités.

Nous avons décidé d’affecter ces liquidités sur trois supports assez différents.

Le premier, vous le connaissez, cher lecteur(trice), il s’agit de fonds fermés fortement décotés qui nous permettent d’obtenir une diversification sur des zones émergentes. Lors de nos deux premiers achats, nous avions mis le pied en l’Europe de l’Est via des fonds fermés éligibles au PEA. Avec cette nouvelle acquisition, nous nous attaquons au sous-continent indien. Notre motivation d’achat est de deux ordres : une marge de sécurité de 56 % par rapport à son actif net et une diversification grâce à une présence au capital d’une dizaine de sociétés cotées et non cotées.

Le deuxième, c’est une « vraie » daubasse que nous avons acquis avec une décote de 87 % sur son fonds de roulement net et un potentiel, théorique, vers sa valeur d’actif net tangible de 1 000 %. Évidemment, cette société a de bonnes raisons pour être si mal appréciée par Mr Market mais nous pensons que la sanction est malgré tout excessive et que le rapport « rendement/risque » penche en notre faveur. Cette société est britannique et donc éligible au PEA.

Par ailleurs, nous avons décidé d’investir dans un nouveau style de « daubasse ». Daubasse entre guillemets car nous estimons que cette approche permet d’investir dans des titres de haute qualité qui présentent pourtant une décote intéressante. Il s’agit de l’investissement dans des holdings décotés. Nous avons détaillé cette nouvelle piste à nos abonnés dans la lettre mensuelle de juillet dans laquelle nous proposons un dossier portant sur ce type de support ainsi que quelques idées de sociétés que nous détenons dans nos portefeuilles personnels.

Les avantages des holdings par rapport aux fonds de placement sont multiples :

–   Les dirigeants détiennent souvent un part substantielle du capital.

–  Leur liberté est plus grande au regard du prospectus et de la législation qu’un gérant de fonds doit respecter : au même titre qu’un investisseur particulier, les gestionnaires du holding peuvent rester intégralement liquides s’ils ne trouvent plus de bonnes idées. Il leur est possible d’investir sur tous les marchés qu’ils souhaitent sans restriction géographique ou sectorielle. Ils peuvent ne détenir qu’une seule ligne ou plus d’une centaine. Ils peuvent acheter indifféremment sur les marchés réglementés, les marchés libres ou du non cotés, voire acquérir de l’immobilier en direct.

–   Ils ne doivent pas gérer les « entrées » et « sorties » de capitaux. Les détenteurs de parts peuvent, à tout moment, demander le remboursement de leur part. Pour ce faire, le gérant est obligé de vendre quelques positions qu’il détient. L’inconvénient est, qu’en période de crash par exemple, le gérant se voit souvent confronté à des demandes massives de remboursement… à un moment où justement il devrait pouvoir disposer de cash pour investir dans les opportunités qui se présentent. Rien de tout ça pour la direction d’une société à portefeuille : son capital est fixe et il n’a pas à se soucier de ces fluctuations intempestives.

–   Quand le cours du holding est sous-évalué par Mr Market, le management peut décider de racheter ses propres titres sur le marché pour créer de la valeur pour l’actionnaire en profitant des fortes décotes.

Les trois holdings que nous avons présentés à nos abonnés présentent une double caractéristique : au cours des dix dernières années, leur actif net a évolué bien plus vite que le marché et ils présentent une décote appréciable et historiquement élevée. Ils sont tous les trois éligibles au PEA.

Enfin celui de ces holdings sur lequel nous avons jeté notre dévolu pour le portefeuille présenté dans ce blog nous offre aussi une  certaine protection « monétaire » en cas d’éclatement de la zone euro. Nous avons obtenu ce dernier avantage un peu sans le faire exprès, et, même s’il ne fut pas déterminant dans notre choix d’investissement, il n’en reste pas moins non négligeable.

Bien entendu, nos abonnés ont été avertis en temps réel de ces opérations et ont à leur disposition les analyses des titres, dans la lettre.

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Lettre mensuelle

L’équipe des « Daubasses » planche actuellement sur plusieurs projets que nous jugeons importants et nous tenions à vous informer, cher lecteur, au moment du lancement de l’un d’entre eux.

En fait, c’est à partir des très nombreux échanges que nous avons eu avec vous, lecteurs et abonnés, que plusieurs de ces idées ont germé…  ce qui nous amène très naturellement à vous remercier et à penser que l’aventure « Daubasse » a aujourd’hui largement dépassé le cadre d’une équipe composée de seulement 4 personnes pour former une grande « famille », voire d’une petite « tribu » à l’esprit ouvert et à la recherche permanente des meilleures opportunités, équipée du grand compas « Value » dans cette mer agitée de l’investissement et sans la moindre concession aux sirènes des marchés.

Comme nous vous l’avons souvent expliqué, le marché de fin 2008 et de 2009 a bien changé. Si, à l’époque, on pouvait ramasser de la Daubasse comme des champignons après un gros orage, sans prendre de gros risques moyennant une saine diversification, ce n’est plus tout-à-fait le cas aujourd’hui. En effet, aujourd’hui, et sans doute à l’avenir, il sera très important d’être beaucoup plus méticuleux dans ses choix même avec une belle diversification.

Nous pensons donc que nos listes ne répondent plus entièrement à l’obligation de méticulosité imposée par le marché.

Bien entendu, si vous êtes un investisseur professionnel ou expérimenté qui croit fortement en sa capacité de jugement et ne désire aucun échange de points de vue avec qui que ce soit, il n’y a pas le moindre problème avec les listes que nous proposons. Si vous êtes, par contre, un investisseur débutant qui veut apprendre ou un investisseur expérimenté qui aime échanger ou disposer systématiquement d’analyses relativement abouties, la lettre répondra certainement à vos attentes.

Nous avons également pensé à de nombreux investisseurs intéressés par les Daubasses qui, pour une raison ou une autre, ne peuvent pas diversifier en achetant directement 20 ou 25 sociétés ou à des investisseurs qui pratiquent par investissements programmés mensuels ou trimestriels. Notre lettre mensuelle permettra à ces investisseurs de se constituer progressivement sur un an voir plus un portefeuille diversifié composées de 20-25 sociétés triées sur le volet et qui répondront parfaitement à la méticulosité obligatoire que nous venons d’évoquer.

Voyons à présent la ligne directrice de cette lettre mensuelle. Si nous devions résumer en un seul mot, ce serait : « suivi ».

Tout d’abord un « suivi » de chaque position du portefeuille Daubasse. Chaque mois, nous vous proposerons des news sur les sociétés du portefeuille, que nous analyserons si nous pensons qu’elles peuvent avoir une incidence sur « la valeur patrimoniale » de nos entreprises.

Au lieu d’une mise à jour semestrielle de nos critères de sélection comme la Valeur Net-Net, la solvabilité ou la VANT, nous ferons une mise à jour trimestrielle.

Tous les mouvements du portefeuille continueront à être communiqués à nos abonnés en temps réel.

Et il y aura une autre nouveauté : l’Equipe des Daubasses va réellement se mouiller !

En effet, à côté de chacune des sociétés du portefeuille, nos abonnés trouveront une double cote.

Cette double cote sera la résultante d’un vote de chacun des membres de l’équipe qui indiquera sa conviction, d’une part en matière de potentiel d’appréciation du cours de l’action sous revue et d’autre part en matière de risque.

Cette cote donnera, nous l’espérons, grâce au cumul de plusieurs convictions subjectives, une idée la plus objective possible de ce que nous pensons des sociétés que nous détenons.

Ensuite, nous vous proposerons chaque mois, deux analyses de sociétés qui répondront à l’exigence de méticulosité du marché. Ces sociétés seront proposées avec une belle décote et donc avec une marge de sécurité importante. Bien sûr, fidèles à nous-mêmes, nous évoquerons sans détour les problèmes rencontrés par ces entreprises qui justifient la sous-évaluation de manière à offrir à nos abonnés un maximum de données pour prendre leur décision de la manière la plus judicieuse.

Tout comme pour le portefeuille « Daubasses », un « suivi » de ces sociétés analysées sera déroulé dans le temps, suivi au travers des news aussi un suivi  de la performance de ces sociétés analysées et de leurs critères de sélection de manière trimestrielle.

Pour ces sociétés « hors portefeuille », nos abonnés seront avertis en temps réel lorsqu’une action analysée aura par exemple atteint sa Valeur d’Actif Net Tangible (ce que nous considérons comme un point de vente).

Enfin, petite attention pour nos amis français, nous essaierons, autant que possible, de présenter l’analyse d’une belle daubasse qu’ils pourront loger dans leurs PEA. Pour les abonnés qui ne sont pas soumis à ces spécificités fiscales, ce sera l’occasion de découvrir des sociétés européennes qui sont évidemment plus difficiles à dénicher, mais qui permettent parfois un investissement en euros voire au moins de sortir de la zone « dollar » !

Concluons par l’évocation de l’ossature de cette lettre.

1° Nous commencerons par un petit éditorial qui pourra selon l’humeur être complété d’une réflexion sur l’investissement

2° Le portefeuille « Daubasses » et les différents suivis

3° Les 2 analyses de sociétés et les différents suivis de ces société analysées

4° Selon nos recherches et les conditions de marché, des idées d’investissements alternatifs comme nous vous en avons souvent parlé au fil des ans que ce soit dans l’obligataire, les options put, les fonds « Daubasses » ou, tout dernièrement, le gaz naturel

5° Un petit rappel de nos principaux critères de sélections de sociétés.

En bref, ce nouvel outil ne permettra peut-être plus à nos abonnés de remplir de grands paniers de champignons mais, nous l’espérons, de découvrir les plus fins et délicats d’entre eux.

Diversification dans la valeur : les fonds « Daubasses » !

Après la liste PEA, nous offrons désormais à nos abonnés la liste fonds « Daubasses » en cadeau de nouvelle année !

Comment avons-nous sélectionné ces fonds ?

Pour être sélectionné, le fonds fermé doit présenter plusieurs critères :

–          Avoir un ratio de solvabilité> 40%

–          Un cours décoté d’au moins 40% par rapport à son actif net

–          Être investi en actifs tangibles (actions d’entreprises cotées, immobilier, …), ce qui exclut systématiquement les hedge funds et les fonds de private equity

A titre illustratif, cher lecteur, vous pouvez vous référer à l’analyse que nous avons faite d’un fonds « Daubasses » éligible au PEA spécialisée sur l’Ukraine qui présentait une décote de près de 50% par rapport à son actif net.

Les principaux avantages de ce type de fonds peuvent être résumés de la manière suivante :

–          Votre capital est géré par une équipe de professionnels spécialisée sur un thème (sectoriel, géographique, type d’actifs, …)

–          Les managers du fonds sont payés à la surperformance : ils sont donc dans le même bateau que les actionnaires du fonds. S’ils veulent une bonne rémunération, ils doivent créer de la valeur pour l’actionnaire

–          Il existe des écarts importants entre le cours de l’action du fonds qui résulte de l’offre et la demande et la valeur net de du fonds. Et c’est lorsque ces écarts sont les plus importants (un cours largement inférieur à la valorisation) que l’équipe des Daubasses intervient !

–          Certains fonds sont éligibles au PEA. Ce qui permet une diversification inédite en terme d’actifs et / ou géographique (hors Union Européenne) pour cette enveloppe fiscale

–          Les fonds fermés publient des rapports et autres documents de façon régulière et détaillé

–          Par définition, un fonds « fermé » ne gère ni afflux de capitaux, ni sortie de capitaux. L’équipe d’investissement peut donc se consacrer à une gestion à long terme de ses actifs, sans se soucier de vendre des actifs au pire moment (en cas de retrait), ni à « surinvestir » dans des actifs de moindre qualité (s’il y avait des apports permanents !)

Investir dans un fonds « Daubasse », c’est une autre façon d’investir dans la valeur avec une marge de sécurité conséquente.

Comment recevoir cette liste ? (cette offre n’existe plus, mais nous continuons de publier régulièrement dans la lettre mensuelle nos trouvailles les plus intéressantes)

1)      En vous abonnant à la formule de votre choix, via le formulaire de contact

2)      En achetant cette liste seule au prix de 12 euros, si vous n’êtes pas abonné, toujours avec le formulaire de contact.

Cette liste vous sera proposée tant que nous aurons à disposition au moins 4 fonds fermés qui correspondent à nos critères.

Bas les masques – Cottin Frères

Ce n’est pas exactement un « bas les masques » que nous vous proposons aujourd’hui puisque la société en question n’a pas été acquise pour le portefeuille du club.

Cependant, le 11 novembre dernier, nous avions mis à la disposition de nos abonnés l’analyse que nous vous proposons ci-dessous.  De plus,  la société a été présente pendant plusieurs semaine sur notre watch list « pea ».

Depuis ce fameux 11 novembre, le cours de Cottin Frères (puisque c’est d’elle qu’il s’agit) a gagné 68 %. La raison en est, une fois de plus, assez simple : des actifs, sous évalués dans les comptes ont pu faire apparaître leur « vraie valeur ». Dans le cas de Cottin, il s’agit d’un vignoble, cédé pour un prix supérieur au prix auquel on pouvait acquérir l’ensemble de la société pendant des mois.  Suite à cette opération, un dividende exceptionnel sera attribué aux actionnaires.

Comme vous pourrez le constatez à la lecture de l’analyse de l’époque, nous avions, de manière conservatrice, établi la valeur de tout l’immobilier de Cottin à 4,06 euros par action.  Or, la vigne a été cédée pour 5,3 euros. Ne connaissant pas la part de cette vigne dans l’ensemble de l’immobilier, il nous semble difficile de déterminer avec précision la nouvelle valeur de  Cottin. Il nous faudra attendre les comptes 2010 pour l’établir avec précision. Néanmoins, pour nos propres portefeuilles, nous ne comptons pas céder nos actions en dessous de 9,50 euros qui constitue notre « juste valeur approximative ».

Cette opération tend, en tout cas, à nous conforter dans notre objectif de traquer les « actifs cachés ». Nous pensons aussi que notre approche VANE est, d’une manière générale, relativement prudente quant aux valorisations qu’elle nous propose.

Voici donc pour vous, cher lecteur, l’analyse que nous avions mis à disposition de nos abonnés et qui, par la force des choses, ne tient pas compte des évènements récents.

I. Introduction

Le groupe français Cottin Frères est spécialisé dans la production, la mise en bouteille et la commercialisation principalement de grands vins de Bourgogne (Chablis 1er cru, Mersault 1er cru, Pommard 1er cru, Gevrey-Chambertin, Nuits-Saint-Georges, Mercurey…). Les produits sont essentiellement vendus sous les marques Labouré-Roi et Nicolas Potel par le biais de grands magasins spécialisés et de compagnies aériennes (Air France, Lufthansa, Emirates Airlines, British Airways, Royal Jordanian…). 75% des ventes sont réalisées à l’international.

Laboué-Roi est la marque phare du groupe. Cette maison a été fondée en 1832. Les vins Labouré-Roi reçoivent couramment des récompenses internationales.

La société est cotée en bourse depuis le 21 janvier 1999.

Concernant la géographie du capital, Cottin Frères est détenu à 50% par la famille Cottin. A noter que le management est également familial car  Louis et Armand Cottin sont respectivement PDG et le DG délégué.

II. La valeur d’actif net net (VANN)

Sur base des comptes semestriels consolidés arrêtés au 30.03.2010, nous avons un actif courant de 9,47 euros par action, duquel nous avons déduit 5,88 euros de dettes. La Valeur d’Actif Net Net s’établit donc à 3,59 euros. Nous n’avons donc aucune marge de sécurité par rapport au cours actuel de 4,31 euros.

III. La valeur d’actif net estate (VANE)

Dans le cadre de ses activités viticoles, l’entreprise possède en propre des terrains et bâtiments ainsi que des vignobles. Nous reprenons les terrains et immeubles à leurs coûts d’acquisitions auxquels nous retranchons une marge de sécurité de 20% et les terres à vignes à leurs juste valeur à laquelle nous retranchons également par prudence une marge de sécurité de 20%. Ce qui correspond à une valeur de 4,06 euros par action. Ainsi, en ajoutant ce montant à la VANN, nous obtenons une Valeur d’Actif Net Estate de 7,65 euros par action. Au cours actuel, la marge de sécurité est de 44% sur la VANE.

IV. La valeur en cas de mise en liquidation volontaire (VMLV)

Nous allons passer au crible, un à un, les éléments de l’actif courant. Le poste le plus important est composé des stocks pour 5,88 euros par action. Le montant des stocks et la spécificité de l’activité appellent une analyse particulière. Tout d’abord, il est important de prendre en compte le « nettoyage » des stocks effectué en 2009. Lors de l’exercice clos au 30.09.2009, la société a acté par prudence à une dépréciation des stocks de 2,9 M EUR concernant les millésimes 2007 et 2008. Enfin, les grands crus produits par Cottin Frères sont des vins de gardes et nous permettent de croire que la direction a une attitude conservatrice. Ainsi, nous n’appliquons qu’une décote de 10% la valeur des stocks tels que publiés dans les comptes. Nous les valorisons ainsi à 5,30 euros par action.

Le second poste le plus important est composé des créances. Elles ont été payées à 70 jours en 2009 contre une moyenne de 76 jours pour les trois derniers exercices. Nous avons donc une légère amélioration des délais de recouvrements. Elles représentent 3,26 euros par action. Par prudence sur ce calcul de valeur à la casse, nous appliquons sur ces créances, une marge de sécurité de 20%, pour nous couvrir de clients défaillant potentiels. Nous retenons ainsi une valeur de 2,60 euros par action.

Pour le dernier poste de l’actif courant : la trésorerie, nous reprenons le montant inscrit au bilan, soit 0,33 euros par action.

Dans l’actif immobilisé, nous retrouvons les terrains, immeubles et terres à vignes. Nous gardons notre approche conservatrice utilisée lors du calcul de la VANE pour 4,06 euros par action.

Les autres actifs immobilisés sont essentiellement des installations techniques et des actifs biologiques acquis initialement pour 14,9 M euros amortis à la fin du premier semestre 2010 pour 10,7 M euros, soit une valeur nette de 4,2 M euros. Par le passé, la société a généré des bénéfices, nous estimons donc que ces actifs ont une valeur. Néanmoins, dans notre position, il est difficile d’évaluer leur valeur marchande et s’il serait possible d’en tirer quelque chose s’ils étaient vendus en cas de liquidation. C’est pourquoi nous allons reprendre la valeur nette de ces actifs avec une marge de 70%, soit 1,19 euros par action.

Enfin, Cottin Frères a une participation dans une société de distribution américaine. Elle a également accordé un prêt à un tiers. Ces deux actifs sont comptabilisés pour 0,11 euros par action. Nous prenons une marge de sécurité de 40% sur ces montants car nous n’avons pas plus de détails de la qualité financière de la participation et du débiteur. Ainsi, nous ajouterons à la VLMV 0,07 euros.

Nous n’avons rien trouvé hors bilan ni de risque de dilution.

En additionnant tous ces montants, nous obtenons des actifs pour 13,55 euros par action auquel nous retranchons tout le passif du montant obtenu, soit -5,88 euros par action.

Compte tenu de ces éléments, nous estimons la valeur de Cottin Frères en cas de Mise En Liquidation Volontaire à 7,67 euros. La marge de sécurité par rapport à notre prix de revient est donc de 44 %.

V. La valeur de la capacité bénéficiaire (VCB)

Malgré une série d’exercices rentables avant 2008, nous ne sommes pas en mesures de calculer une VCB pour Cottin Frères du fait d’un exercice 2009 très lourdement déficitaire.

VI. Conclusions

Au cours actuel de 4,31 euros, nous avons des marges de sécurité de :

44 % sur la VANE

44% sur la VLMV

Même si nous n’avons pu calculer de VCB pour l’entreprise vinicole, nous voulons mettre l’accent sur la spécificité de l’exercice clos au 30.09.2009 : nous avons l’impression que la direction a « profité » de la médiocrité de l’exercice 2009 pour faire un véritable nettoyage de bilan. En effet, sur une perte courante avant impôt de -7,1 M euros, nous observons les événements suivants :

–         Une dépréciation des écarts d’acquisition (goodwill) pour -1,4 M euros ;

–         Une dépréciation des stocks pour -2,9 M euros ;

–         Des frais de restructuration pour -0,3 M euros ;

–         Une diminution de la valeur des terres à vignes pour -1,0 M euros.

Ce sont ainsi des coûts non récurrents d’un montant total de 5,6 M euros qui ont été actés sur le précédent exercice. Nous pensons que les valeurs comptables inscrites au bilan ont été taillées « à la serpe » et doivent désormais avoir une valeur marchande proche.

Enfin, sur le premier semestre 2010 clos à fin mars, la rentabilité est au rendez-vous et la direction est confiante pour sortir un exercice rentable sur l’ensemble de l’exercice.

Les mauvaises surprises, sauf événements extraordinaires, ont été au maximum anticipées. L’entreprise est maintenant prête à un redémarrage de son activité avec retour à la rentabilité.

Nous ne détenons pas le titre dans le portefeuille Daubasses, mais certains d’entre nous en ont dans leur portefeuille personnel..

Diversification dans la valeur : un fonds « daubasse » ?

Comme nous vous l’avons expliqué, cher lecteur, nous cherchons, pour nos portefeuilles personnels, des supports qui nous apportent une certaine diversification par rapport à nos actions « daubasses » traditionnelles. Nous vous avons déjà expliqué, entre autres, comment nous appliquions notre approche « deep value » aux émissions d’options put ainsi qu’aux obligations d’entreprise.

Que diriez-vous d’investir dans des fonds de placement ? Mais attention, pas n’importe quel fonds évidemment… des fonds « daubasses ».

En principe, un fond de placement cote toujours à la valeur de marché des investissements qu’il détient. En effet, son capital est dit « ouvert », c’est à dire que chaque fois que vous souscrivez à des parts d’un fonds, les liquidités sont directement affectées à ce fonds et le prix payé est fonction de la valeur de marché des actifs sous-jacents au moment de la souscription. Et inversement, lorsque vous vendez vos parts, c’est en réalité le fonds lui-même qui vous les rachète en payant la valeur de marché de ces actifs sous-jacents.

Cependant, il existe des fonds dit « fermés » : leur capital est fixe et lorsque vous achetez ou vendez des parts, ce n’est pas au fonds lui-même que vous le faites mais à un autre investisseur sur le marché comme de vulgaires actions. Le prix auquel vous négociez ce type de fond n’est donc pas fonction de la valeur intrinsèque de la part mais simplement de l’offre et de la demande. Et il peut donc, parfois,  exister de grosses disparités entre ces deux valeurs… exactement ce que des chasseurs de daubasses recherchent. Ainsi, certains d’entre eux sont totalement délaissés par Mr Market, voir carrément snobés.

Outre la décote, une bonne partie d’entre eux est éligibles au PEA, cher aux contribuables français.

Parmi les autres raisons de s’intéresser à ce genre de support, il y a le fait que, en tant que « fonds fermés », l’importance de leurs en-cours reste limitée à une taille « gérable ». De plus, le gérant n’est pas confronté à d’incessantes entrées et sorties de capitaux qui peuvent nuire à la pérennité et à la qualité de sa gestion.

Enfin, ces « sociétés » publient des rapports de gestion très proches des entreprises cotées traditionnelles.

Parmi ces fonds cotés, il en est un qui a retenu notre attention au point que plusieurs d’entre nous ont décidé d’en acquérir pour leur portefeuille personnel.

Nous n’allons pas, cher lecteur, vous faire languir plus longtemps. Il s’agit du UKRAINE OPPORTUNITY TRUST.

Vous l’aurez deviné : ce fond est essentiellement investi en Ukraine. Il est coté à Londres (code UKRO).

Aujourd’hui, il est possible d’acquérir des parts de ce fonds pour la moitié de la valeur de marché de ses actifs. Outre la décote, nous nous sommes intéressés à ce fonds en raison de sa présence en « Europe Émergente », une région qui suscite l’intérêt de la plupart d’entre nous depuis assez longtemps, non seulement en raison de sa proximité géographique avec « notre » Europe mais aussi du fait que l’un d’entre nous réside en Roumanie.

En effet, notre ami Pierre fut parmi les premiers à investir sur la bourse de Bucarest au moment de sa réouverture, après la chute du communisme, et il surveille d’un œil de lynx l’évolution économique et financière non seulement de son pays d’accueil mais aussi des pays environnants.

Parmi les participations détenues par UKRO, nous n’en connaissons aucune ne fut-ce que de nom. Nous constatons également que les 3 premières lignes en importance du portefeuille représente environ 50 % de sa valeur totale. Pour les chantres de la diversification que nous sommes, voilà qui a de quoi nous inquiéter.

La plus grosse position du portefeuille est Korsando. Après quelques recherches, nous découvrons qu’il s’agit d’une société immobilière non cotée. L’implication comme « apporteurs de capital » de la BERD ainsi que d’autres organismes internationaux dans cette entreprise apporte, selon nous, une certaine caution quant au sérieux de la gestion et des évaluations pratiquées.

La deuxième position, Food Master, est une entreprise de restauration qui exploite sous franchise, divers fast-food. Nous ne connaissons pas les marques exploitées à l’exception d’une vieille connaissance à nous : Papa John’s, une chaîne américaine de pizzérias dans laquelle certains d’entre nous ont été investis il y a une dizaine d’année. Un bon créneau selon nous car « à l’Est », tout le monde veut manger comme « à l’Ouest ».

La troisième position est Creativ Industria Group, un producteur d’huile d’olives et de produits dérivés comme de la mayonnaise.

Parmi les autres sociétés, on trouve des secteurs traditionnels de ces régions : des bancaires, des producteurs de matières premières (pétrole, gaz, sucre) et des industries lourdes (producteur d’acier par exemple).

Nous notons que la valorisation de certaines participations a été réduite à 0 en raison de risques de faillite importants. Ce qui, avec notre esprit tordu, nous incite à penser qu’il s’agit là d’une excellente nouvelle : en effet, même la direction n’attend plus rien de ces participations et, par conséquent, elles ne pourront que réserver des bonnes surprises.

Un point qui nous dérange un peu, c’est le fait que 60 % du portefeuille est constitué de sociétés non cotées, ce qui laisse, à notre goût, un peu trop de liberté au niveau des valorisations. Sur ce plan, nous ne pouvons qu’espérer l’honnêteté la plus totale des dirigeants.

Nous pensons cependant que ces sociétés sont, dans l’ensemble, sous valorisées. En effet, l’Ukraine fut le premier pays de la zone « Est » à plonger lors de la débâcle de 2008. En quelques mois, l’indice « big cap » ukrainien a perdu 80 % de sa valeur. Il nous semble impossible que les actions ukrainiennes aient, aujourd’hui, retrouvé leur juste valeur.

Cependant, nous estimons aussi que ces sociétés ne pourrons retrouver leur sommet de 2008 que moyennant le retour des investisseurs étrangers. Et sans une fin de crise totale et définitive des pays développés, il ne faut pas s’attendre, à notre avis, à un boost important des bourses d’Europe émergente.

L’inflation en Ukraine tourne autour des 10 % mais ça reste raisonnable : en Roumanie, dans les années 90, l’inflation a souvent fluctué entre 50 et 100 % par an. Nous pensons que la taille du pays, bien supérieure à celle de la Hongrie ou de la Bulgarie, est un atout important en terme de marché potentiel et de demande intérieure.

Dans le rapport de gestion, nous constatons que Pictet travaille avec des « consultants locaux ». Vous vous souvenez, cher lecteur, de « l’American Bakschich School » ? Dans ce genre de pays, c’est un accès direct aux informations de première « bourre » car ces sociétés de consultance appartiennent généralement à des gens de pouvoir qui tentent de se faire de l’argent facile pour un travail finalement assez simple pour eux puisqu’ils sont présents dans les coulisses économico-politiques.

Pour nos portefeuilles personnels, nous ne nous emballons pas outre mesure et, fidèles à notre philosophie, n’avons pas misé « gros » sur cette société. En effet, nous pensons qu’il faudra de la patience, beaucoup de patience : nous nous attendons à voir le cours de UKRO fluctuer dans une bande de 20-30 % au dessus ou en dessous de notre prix d’achat pendant encore 6 ou 7 années. Par contre, si nous n’actionnons pas trop vite le clic de notre souris, nous espérons aussi voir ce cours multiplier par 5 ou 10 en quelques années, une fois passé ce temps de purgatoire.

Pour terminer, soulignons que ce fond est bel et bien éligible au PEA, ce qui a semblé à notre ami Franck un excellent moyen d’investir hors de l’Union Européenne de manière fiscalement intelligente.

Pour l’heure, nous sommes en train de passer en revue des centaines de fonds fermés cotés à Londres ou aux US.  Il semble qu’il y ait un grand nombre d’opportunités « daubasses » parmi ceux-ci dont certaines éligibles au PEA.

Nous pouvons à présent vous proposer une liste de 4 valeurs. Pour plus d’infos concernant cette liste, rendez-vous sur cette page.