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Non, les marchés ne sont pas efficients !

Ou comment nous expliquons avec des exemples pourquoi les marchés actions ne sont pas efficients.

Nombreux sont les adeptes de l’efficience des marchés. Ils prônent un marché omniscient qui est capable d’intégrer tous les paramètres imaginables et inimaginables permettant de valoriser à tout moment les actions au « vrai » prix. La théorie moderne du portefeuille de Markowitz a mis, entre autres, cette hypothèse en lumière. Il a même reçu le prix Nobel d’économie en 1990. Selon les défenseurs de l’efficience des marchés, il est inutile d’essayer de se constituer un portefeuille d’actions soi-même, puisqu’il est impossible de battre les marchés. A alors émergé une multitude d’acteurs pour prôner les investissements dans les fonds indiciels mondiaux avec pour arguments : gain de temps et performances au rendez-vous.

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Marché boursier 2019 et autres questions…

Nous allons répondre aux questions les plus fréquentes reçues ces dernières semaines et évoquer quelques événements marquants pour cette nouvelle année.

2019 : krach ou embellie boursière ?

En début d’année, nous nous prêtons volontiers à ce jeu depuis plusieurs années. Et à chaque fois, nous répondons ceci : nous n’en savons rien !

Et oui. Déçu ? Pourtant, nous n’allons pas vous vendre du rêve ou du catastrophisme. Simplement, nous allons continuer à acheter tant que des décotes patrimoniales ou anomalies de valorisations excessives nous sont offertes par des marchés dépressifs. Et nous vendrons quand les investisseurs auront un moral plus élevé et valoriseront mieux les actifs qu’ils nous ont vendu au rabais, un peu plus tôt.

Une phase baissière peut durer des mois, voire plusieurs années. Et ce n’est pas dramatique quand :

  1. Vous êtes un investisseur avec une vision à long terme (plus de 5 ans, 10 ans dans l’idéal) ;
  2. Vous suivez un process clair, qui a fait ses preuves et qui vous permet de dormir tranquille la nuit ;
  3. Votre portefeuille est diversifié ;
  4. Vous ne faites pas de plan sur la comète avec des prévisions de rendements annuels à 2 ou 3 chiffres. Vous vous contentez d’acheter quand votre process vous dit que « c’est pas cher ! », de conserver vos titres et d’attendre que le marché vous offre un bon prix pour vendre, en rapport avec votre prix cible.

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Comment profiter à fond de la volatilité sur un secteur

Nos avons publié cette piste d’investissement dans la lettre mensuelle de juillet 2017.

En dehors des daubasses pure souches (net-net et net-estates), il nous arrive régulièrement de mettre en avant ce type d’opération pour que nos abonnés puissent profiter d’anomalies temporaires de valorisation. Des opportunités qu’il n’est pas si rare de croiser et dont il serait dommage de ne pas profiter.

Dans le cas présent, il s’agissait d’émettre des options avec de beaux collatéraux : les fonds propres de Marathon Oil. Avec une prise de risque limitée – en tout inférieur à l’achat de l’action en direct – il était possible de s’assurer un rendement de 8% en 7 mois.

Bonne lecture !


Vente d’options PUT – Marathon Oil Corporation

échéance : 19 janvier 2018 @ 10 USD / prime = 0,80 USD (rendement brut = 8%) Continuer la lecture de Comment profiter à fond de la volatilité sur un secteur

Au pays de Mickey, Donald chasse la daubasse …

Il existe très peu de gérants de fonds qui, comme nous, pratiquent l’investissement « deep value ».  Nous vous avons déjà présenté Walter Schloss, notre père spirituel, mais Martin Whithman, Seth Klarman et Chris Browne pratiquent également, quoi que dans une moindre mesure, la chasse à la daubasse.

Un de nos amis de Valeur et Convictions nous a alors parlé d’un autre représentant de cette espèce rare : Donald Smith.

Il est le chef des investissements de Donald Smith & Co depuis 1980. Au cours de cette période, il a généré un rendement annuel moyen de 15,3 % (sur la même période, le S&P a généré un rendement dividendes inclus de 10,9 %) et, durant ces dix dernières années, un return de 12,1 % par an alors que le S&P perdait 0,4 % au cours de la même période.  Voilà une perf qui ferait des envieux !

Ceci dit, cher lecteur, vous savez que ce qui nous importe, ce n’est pas la performance en tant que telle mais bien la manière dont elle a été obtenue. Et celle de ce cher Donald a tout pour nous faire saliver …

Donald Smith fut lui aussi, comme tant d’autres, élève de Benjamin Graham. Et c’est en faisant un travail bénévole pour le maître qu’il eut une révélation : à une époque où les bases de données informatisées n’existaient pas, Ben Graham souhaitait faire une étude sur le rendement obtenus par un portefeuille d’actions à bas PER. Afin de calculer la rétro performance d’un tel portefeuille, il fit appel à des volontaires qui durent effectuer tous les calculs « à la main ».  Don Smith était un de ceux-là.  En effectuant ces calculs, il se rendit compte de la faiblesse de cette approche : des sociétés cycliques par exemple cotent à un per bas … lorsqu’elles sont en haut de cycles puisque c’est le moment où leurs bénéfices sont les plus importants.  Et cette approche pouvait amener les investisseurs à acheter à contre courant.  Lors de son premier emploi, il eut la possibilité d’utiliser enfin l’outil informatique pour réaliser quelques back test portant sur différentes approches et il lui apparut que l’achat en fonction de la valeur comptable était la meilleure ou, à tout le moins, celle qui alliait à la fois simplicité d’application et haut rendement.  C’est ainsi qu’il arrêta le grand principe de sa philosophie d’investissement, celui qui veut que « toutes les actions devraient se valoriser à un prix en fonction de leur valeur comptable ».

Avec les screeners, le travail de pré sélection est aujourd’hui plus facile mais il effectue, tout comme nous, ses modestes clones, divers redressements comme de tenir compte des dilutions potentielles ou, au contraire, de ne pas tenir compte des goodwill. Ce genre de travail est plus fastidieux et la majorité des investisseurs ne le font pas. Il privilégie aussi les sociétés qui ont une valeur de mise en liquidation supérieure à la valeur comptable, celle qui présente « une cerise sur le gâteau » en quelque sorte.

Il évite les sociétés à franchise évidente  parce qu’il pense qu’une franchise évidente se paie cher et peut tout de même disparaître avec le temps. Il ne voit d’ailleurs que Coca Cola qui ait réussi à maintenir sa franchise sur une très longue période. D’ailleurs, une bonne part  des sociétés qu’il acquiert disposent effectivement de franchise comme leur fichier de clients ou leur savoir faire mais celle-ci est moins évidente et, dans le cadre de son approche, gratuite.

Donald Smith apprécie aussi l’avantage concurrentiel que son approche lui procure : peu de gestionnaires de portefeuille la pratiquent et cela lui permet de détecter les plus belles inefficiences du marché.

Son équipe de gestion est composée d’analystes spécialisés par secteur. L’analyste de chaque secteur propose ses meilleures opportunités à Smith et, s’il les trouve intéressantes, elles sont discutées collégialement en réunion de direction.

La qualité de la direction de ses cibles n’est pas un critère important pour lui et la volatilité ne l’inquiète guère : ce qui compte, ce sont les perspectives à long terme et le fait de disposer d’un actif qui protège l’investissement en cas de « coup dur ».

C’est la raison pour laquelle il a très bien vécu les années 98 et 99 au cours desquelles il a sous-performé le marché.

En réalité, il estime que son approche lui permet réellement d’acheter des secteurs entiers quand ils sont bons marchés comme par exemple les big caps au début des années 80, l’industrie métallurgique fin des années 90 ou les producteurs d’énergie (pétrole, charbon ou gaz) il y a six ou sept ans.

Il estime aussi que son approche bottom up lui permet aussi de prévoir certains accidents macro économiques comme il y a trois ans quand il a constaté les valorisations excessives des entreprises de construction ainsi que leur endettement de plus en plus important.

Ne voyez-vous pas, cher lecteur, beaucoup de similitudes avec vos serviteurs des daubasses ?

Quelques différences tout de même :

En général, Smith vend ses sociétés à un prix équivalent à deux fois son actif tangible (là où nous nous contentons d’une seule fois), il travaille sans stop loss et accorde une certaine importance à la capacité bénéficiaire de la société : contrairement à nous, il préfère, si possible,  que la valeur de l’entreprise augmente par ses propres profits plutôt que par le fait qu’un concurrent la rachète.

Ceci dit, bien que notre approche soit similaire à celle de « Donald Daubasse », nous n’avons, en examinant son portefeuille, découvert qu’une seule société que nous détenons également : il s’agit, pour nos abonnés, de la daubasse masquées n°12.

Comme quoi, des méthodes d’investissement très proches peuvent très bien aboutir à des portefeuilles très différents.

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Question des lecteurs : Votre portefeuille vient de connaître cinq mois de sous performance. Ca doit vous foutre les boules non ?

Cette question nous est souvent posée ces derniers temps par bon nombre d’entre vous.

Nous allons tenter d’y répondre, cher lecteur, par une autre question : que pensez-vous d’un fonds qui, depuis sa création il y a 12 ans, présente un écart type annuel presque deux fois plus élevé que celui de son indice de référence et qui, surtout, a sous performé son indice de référence une année sur deux ?

Pas grand-chose de bien probablement …

Nous allons à présent vous présenter un petit tableau comparatif des performances de ce fonds « mystère » et celle du S&P 500 dividendes inclus.

Années S&P 500 fonds mystère
1998 28,58% 3,50%
1999 21,04% 8,50%
2000 -9,10% 53,80%
2001 -11,89% 47,60%
2002 -22,10% -17,70%
2003 28,68% 66,40%
2004 10,88% 12,20%
2005 4,91% 25,30%
2006 15,79% 14,90%
2007 5,49% 79,40%
2008 -37% -48,20%
2009 26,46% 10,40%
30/09/2010 5,99% -4,90%

 

En réalité, ce fonds, c’est le CGM Focus, géré par l’excellent Kenneth Heebner.  Ce fonds a procuré à ses détenteurs, depuis début 1998 une rentabilité de plus  de 450 % alors que dans le même temps, le S&P 500, dividendes inclus, générait un rendement de 50 % ! 

Certes, les unités de temps ne sont pas identiques mais nous constatons que, tout comme CGM Focus, nous avons sous performé notre indice de référence (le tracker MSCI World dividendes inclus) 6 mois sur 10 au cours de cette année … mais ces sous performances périodiques ne nous ont pas empêché de surperformer globalement en 2010 ce même indice d’une vingtaine de pourcents.

Comparaison n’est pas raison mais cet exemple nous semble assez percutant sur la manière dont nous envisageons l’investissement en actions : ce qui compte, c’est le rendement final obtenu à notre horizon d’investissement et nous souhaitons effectivement, comme tout investisseur rationnel, qu’il soit le plus élevé possible.

Que pour y parvenir nous devions supporter une volatilité élevée ou même de longues périodes de sous performances nous importe peu : la conviction que nous avons en notre approche est bien plus importante et nous estimons toujours que sur une longue période, nous continuerons à surperformer Mr Market.

Le CGM Focus présente actuellement un en-cours de 2,7 millards de dollars et Ken Heebner parvient à assumer parfaitement le terrible impératif institutionnel auquel il doit être soumis par les multiples détenteurs de parts lors de ces nombreuses années de sous performance. Pourquoi, dans ce cas, les joyeux boursicoteurs que nous sommes devraient, pour leurs menues économies personnelles, « avoir les boules » pour quelques mois de moindre rendement ?

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… et nos options ?

Souvenez-vous cher lecteur, c’était il y a seulement quatre mois et pourtant cela paraît déjà tellement lointain.

Début juin, la marée noire bat son plein dans le Golf du Mexique. Barack Obama veut, nous citons « botter des fesses », Tony Hayward, le PDG de BP, patauge au niveau de sa communication. Il est convoqué chez le président américain et devra s’expliquer devant le congrès. La planète entière désespère de voir ce « foutu » puits colmaté et le désastre écologique enfin circonscrit.

Conséquence : le cours de l’action BP s’effondre lamentablement.

Face à ce déchaînement, quelques investisseurs osent se pencher sur « le cas BP » et parmi ceux-ci, un petit groupe de rigolos du boursicotage : les « Daubasses ».

Pour la première fois, ceux-ci vont investir sur un support qui dépasse largement leur seuil de compétence : le secteur pétrolier. Continuer la lecture de … et nos options ?

Question des lecteurs : Ne serait-il pas judicieux de conseiller à vos lecteurs d’attendre de nouveaux points bas avant de nouvelles entrées ?

Nous copions ci-dessous la question que nous a posée par mail l’un de nos abonnés et ensuite, la réponse que nous tentons d’apporter.

« Bonjour,

 Je suis un fervent adepte de votre approche sur le fond, mais j’aimerai vous challenger sur quelques points :

 Nous sommes en période de forte volatilité depuis 2008. Vous avez constitué bon nombre de lignes de votre portefeuille sur une période où les cours ont été bas de oct 2008 à mars 2009.

 Vous avez tiré les bénéfices de ces entrées sur le dernier trimestre 2009 et le premier 2010. Quand on regarde vos lignes depuis le T2 2010, on s’aperçoit que les performances sont faibles voire négatives… normal le marché est en train de se retourner.

 Etes-vous en mesure de produire la rentabilité de votre portefeuille hors acquisition faites sur les points bas ?

 Ne serait-il pas judicieux de conseiller à vos fervents lecteurs d’attendre de nouveaux points bas avant de nouvelles entrées ?

 De mon point de vue, il est dangereux actuellement d’entrer en actions…

 Cordialement »

Tout d’abord un rappel de routine mais qui répond à votre dernière question : nous disons ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons mais ne disons pas ce que vous devez faire et, quoi que nous pensions, nous ne conseillerons jamais à personne de rester à l’écart des actions… ni  d’y investir d’ailleurs.

Nous sommes évidemment entièrement d’accord avec vous : il est préférable d’investir sur « des points bas ». On peut même dire qu’il s’agit d’un truisme.

Le problème, c’est de le trouver ce fameux « point bas » : y sommes-nous à l’instant où nous écrivons ces lignes ? Le trouverons-nous dans une semaine, trois ans, dix ans ? Pour notre part, vous connaissez notre philosophie d’investissement : nous investissons dans des supports sous évalués et nous abstenons dans le cas contraire. Nous avons souvent insisté sur le fait que nous sommes incapables de prédire le sens du marché.

Il y a évidemment des périodes au cours desquelles nous avons sous-performé le marché. Il y en aura d’autres et elles pourraient même durer très longtemps. Mais nous sommes persuadés qu’à long terme, notre approche nous permettra de générer des rendements supérieurs et appréciables.

A notre connaissance, il n’existe aucun investisseur capable de surperformance chaque trimestre pendant une longue période… sauf peut-être un certain Madoff . C’est d’autant plus vrai pour nous que, volontairement, pour le portefeuille du club, nous n’utilisons aucun instrument de couverture.

D’ailleurs, nous avons déjà exposé notre avis sur la volatilité : ce qui importe pour nous, c’est le résultat final obtenu par notre investissement.  Que pour y parvenir, nous devions passer par une case -50% ou -60% importe peu… si la rentabilité finale est au rendez-vous.

Rappelons aussi que nous n’avons pas investi « au plus bas » (le portefeuille a été initié le 24/11/2008 et le plus bas du S&P 500 s’est situé 21 % plus bas et 3 mois et demi plus tard) mais bien « à une période où il était possible de trouver un grand nombre d’actions sous évaluées ».  Aujourd’hui, leur nombre s’est raréfié (mais il y en a toujours et la plupart des sociétés qui composent notre portefeuille répondent à cette définition) et nos lecteurs/abonnés peuvent constater que nous diversifions nos supports d’investissement non plus en achetant des sociétés sous évaluées mais bien en vendant des assurances sur des sociétés sous évaluées (nous pouvons vendre ces assurances assez cher grâce à la volatilité actuelle, plutôt élevée).

Sur le fait de rester à l’écart des marchés, nous vous renvoyons aussi à cet article qui expliquait la manière dont nous raisonnons.

Nous voudrions néanmoins attirer l’attention de nos lecteurs sur les dettes des états, problème bien réel et conséquent s’il en est. Couplé au vieillissement de la population occidentale, il est certain que ce phénomène aura une incidence sur l’évolution future des marchés. La grande question est évidemment : laquelle ?

Comme vous le savez, nous estimons que ces considérations macro économiques sortent largement de notre cercle de compétence. Des investisseurs et économistes bien plus compétents que nous divergent d’ailleurs sur les conclusions à tirer de la situation actuelle : certains parlent de déflation, d’autres d’hyper inflation ou de stagflation. Il y en a qui préconisent de rester totalement liquide, d’autres d’acheter massivement des matières premières et nous en avons même lus récemment qui étaient partisans d’un investissement massif en actions. Et chacun avance des arguments qui, pris individuellement, tiennent parfaitement la route.

Pour illustrer toute la difficulté de prendre les bonnes décisions en fonction des prévisions macro économiques, nous retranscrivons ici une  petite devinette posée par Pirtroll, un forumeur de Boursorama.

«J’étais à une présentation de sicav ce midi par un gérant très connu, qui nous a proposé une tite devinette.

3 Pays : France, Chine, Suisse.

3 taux de croissance sur 17 ans : 10%/ 1,7%/1,4%.

3 perfs de placements pour un boursicoteur qui aurait investi il y a 17 ans dans chacun de ces pays, sur l’indice du pays : + de 200%, 111% et -35%

Reliez chaque pays à son taux de croissance, et au taux de PV du boursicoteur investisseur. »

……….

Et la réponse est :

« Suisse : 1,4% de croissance, +200% en bourse.

France : +1,7%, +111% bourse

Chine : 10% de croissance annuelle, -35% en bourse en 17 ans. »

Cet exemple est  bien la démonstration éclatante, selon nous,  de la problématique que nous venons d’exposer : celui qui aurait pronostiqué le taux de croissance exact de chacun de ces pays aurait-il, malgré tout, investit sur le pays présentant la plus faible croissance alors qu’il s’agit aussi de celui qui a  généré le meilleur rendement boursier ?

Face à ces divergences, nous nous en tenons à ce que nous savons faire : acheter des supports sous évalués (parmi ceux sur lesquels nous sommes capables de mettre une valeur) et ne rien acheter si nous ne trouvons rien.

Tout ceci est évidemment notre opinion et la vôtre vaut largement la nôtre : peut-être d’ailleurs avez-vous raison au sujet de la « dangerosité des actions ». Pour notre part, nous maintenons que nous n’ avons aucun avis sur le sujet…

Pourquoi et comment nous avons investi dans BP bien que nous trouvions le cours actuel trop élevé …

Depuis quelques temps, nous suivons l’action BP en nous demandant si elle ne deviendrait pas une bonne occasion d’acheter une « blue chip pétrolière » à bon prix.

Le raisonnement que nous tenons pour acheter est le suivant : au 31/03, les fonds propres sont de 104.079.  Les intangibles représentent 12.675.  Les coûts maximaux que nous avons entendus citer concernant la catastrophe pétrolière tournent autour de 50.000.  Avant Impôts, la société génère un bénéfice de +/- 25.000. Continuer la lecture de Pourquoi et comment nous avons investi dans BP bien que nous trouvions le cours actuel trop élevé …

Investir dans la valeur, un exercice facile : il « suffit » d’acheter sous la vraie valeur

Nous revenons sur une réflexion que notre ami Stéphane faisait à l’occasion de cet article.

Il nous disait : « Ce qui me gène le plus dans votre « philosophie » d’investissement, c’est qu’elle repose sur le fait qu’un cours de bourse se rapprocherait d’une vérité mathématique. Hors, je suis intimement convaincu que la bourse n’a aucun rapport avec une quelconque réalité (ni en macro, ni en micro). »

Bien évidemment, nous ne pouvions souscrire à cette opinion même si nous la respectons.  Nous répondions alors : « nous sommes convaincus qu’un cours de bourse sur le long terme aura tendance à rejoindre la « vraie » valeur de l’entreprise. Au cours de la période, il y aura soit des exagérations à la hausse ou des exagérations à la baisse (dont les investisseurs « value » tenteront de profiter) mais à un moment ou à un autre, le cours de l’action passera par la valeur économique de l’entreprise. »

Ce graphique de Morningstar tend à démontrer que notre raisonnement n’est sans doute pas tout-à-fait faux (cliquez sur « Max »).  Morningstar établit la « fair value » de la bourse américaine selon la méthode de « l’actualisation des flux de trésorerie futurs » de chaque société.  La période sous revue est effectivement un peu courte mais force est de constater que la bourse américaine, selon cette méthode, n’est jamais très longtemps ni fortement surévaluée ni fortement sous évaluée et que, régulièrement, les cours tendent à passer par cette juste valeur.

Nous pensons que ce graphique global peut très bien s’appliquer à chaque action prise individuellement.  Selon nous, la vraie « valeur » d’une entreprise suit une courbe peu volatile sur le long terme alors que sa valeur boursière fluctue énormément sur le moyen terme (précisons que par « moyen terme », nous entendons des périodes de 3 ou 4 ans et que le long terme se situe au-delà des dix années).  Il n’empêche que ce graphique de Morningstar tend à confirmer notre postulat selon lequel la volatilité des cours est une excellente alliée pour l’investisseur dans la valeur qui peut profiter de ces fluctuations de moyens termes pour surperformer la bourse sur le long terme.

Et finalement, plutôt que de « mouiller son doigt » pour tenter de déterminer la direction du vent, se baser sur la valeur nous semble rester, plus que jamais, la meilleure manière d’investir.

Investir dans des actions dites « de qualité » quand on est chasseur de daubasses (2) … grâce aux options.

Nous vous sentons haletant et bouillonnant cher lecteur, quant à la réponse à notre questionnement de la semaine dernière : comment investir dans des actions « à franchise » sans être tenté de payer le gros prix ?  Voici la manière dont nous y avons répondu pour nos portefeuilles personnels.

Tout d’abord, petit rappel : c’est quoi une option ?

Une option consiste en un droit d’acheter ou de vendre un actif à une date fixée dans le futur à un prix convenu à l’avance.

Généralement, l’acheteur d’option poursuit deux buts :

–         Soit utiliser l’effet de levier que confère une option afin de spéculer.  Par exemple, un investisseur lambda, appelons le Spéculoos estime que le cours de l’action X va augmenter. L’action X cote à 38 usd.  Il achète une option call (= droit d’acheter) sur l’action X, échéance dans 6 mois au prix de 40 usd.  En échange du droit d’acheter l’action X dans 6 mois à un cours déterminer, il paie à l’émetteur de l’option la somme de 1 usd.  A l’échéance, le cours de l’action X est monté à 45 usd.  Spéculoos peut acheter l’action X non pas à 45 mais à 40 grâce à l’option qu’il a achetée et revendre la revendre immédiatement sur le marché à 45.  Il a donc gagné 5 usd à partir d’un investissement initial de 1 usd.  Évidemment, ça aurait tout aussi bien pu « mal tourner » : le cours de l’action aurait pu stagner à 38 usd et dans ce cas, l’option de Spéculoos ne valait plus rien. Continuer la lecture de Investir dans des actions dites « de qualité » quand on est chasseur de daubasses (2) … grâce aux options.