Question (ou plutôt réflexion) de lecteurs

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De temps à autre, certains lecteurs nous font la réflexion suivante : « Vous avez certes un rendement époustoufflant mais vous avez eu la « chance » de commencer votre portefeuille dans un « creux du marché ».

Bien évidemment nos lecteurs assidus savent déjà ce que nous pensons du « timing de marché ».

Nous allons cependant illuster cette théorie au moyen d’un exemple simple : celui de notre portefeuille.

Tout d’abord nous n’avons pas choisi le moment où nous allions investir. Nous avons choisi d’investir dans des sociétés sous évaluées et il se fait que le marché fourmillait d’occasions au moment où nous avons démarré. C’est d’ailleurs le raisonnement que nous tenions à l’époque : nous n’avons pas écrit  » la bourse est au plus bas : c’est le moment d’investir » mais bien « Aujourd’hui, il semble que ces opportunités disparues fassent leur réapparition. C’est sur base de ce constat que notre club a été fondé« .

Ensuite, nous n’avons pas investi « au plus bas du marché » à proprement parler : le portefeuille a démarré le 24 Novembre 2008. A ce moment, le marché représenté par le S&P 500 est à 851.81 points. Le fort de cette crise (en terme boursier) se situera en fait le 9 mars 2009 à 676 points. Soit 21% plus bas que le 24 novembre 2008 … et à ce moment-là le portefeuille affichait déjà +17.71%.

Cet exemple exprime de manière lumineuse l’absurdité de toujours attendre le creux, le plus bas des marchés quand on investit dans des sociétés car si nous avions attendu le creux et que nous avions eu la science infuse de savoir que ce creux aurait pour date le 9 mars 2009 : nous aurions donc pu, avec fierté et en bombant la poitrine, vous annoncer que c’est au plus bas des marchés que nous avons investi … mais nous aurions payé le même portefeuille « Daubasses » 17% plus cher !
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6 réflexions au sujet de « Question (ou plutôt réflexion) de lecteurs »

  1. Je voulais juste vous dire bravo pour votre travail, d'autant plus que heureusement et malheureusement le value investing est trop peu connu ou partagé en Europe.

  2. Vouloir acheter au plus bas pour revendre au plus haut est le rêve de nombreux béotiens de l'investissement. Mais, mis à part quelques cadors des forums, personne n'y arrive.Dés lors, la seule solution valable pour les investisseurs est d'acheter lorsque le marché offre une décote et revendre lorsque cette décote a disparu ou,mieux lorsque le marché offre un bonus.Ceci est valable quelque soit l'approche. J'ai une démarche radicalement différente de la vôtre, mais la problématique du timing reste la même.Thierry.

  3. Cette réflexion sur le timing montre également qu'il n'y a pas de différence conceptuelle entre une performance de +120% ou +190%.Le portefeuille aurait été crée 3 mois avant ou après, on aurait probablement vu une performance de +120% à la place de +190%, mais la méthode aurait été tout autant validée!

  4. Exact Michael. Trop nombreux sont ceux qui ne retiennent que les chiffres alors qu'il convient de s'attarder sur la manière de les obtenir.Le facteur chance existe aussi, quelque soit l'approche choisie, mais sur le long terme, celui-ci s'estompe au profit du savoir-faire…Il existe plusieures manières d'obtenir de bons résultats en bourse, je pense sincèrement que l'approche des Daubasses en est une et je crois donc en la pérennité de leur performance.Par contre, ceux qui tentent de gagner avec le market timing vont à l'encontre de rudes désillusions.

  5. vous conservez les 13 daubasses en moins value , procèdez-vous à une analyse complémentaire sur les raisons de cette performance négative ou pensez-vous qu'elles sont juste ignorées du marché ou en situation de faillite prochaine?félicitations pour votre travail.

  6. Bonjour Pan,Si nous pensions qu’une seule de nos sociétés était en faillite prochaine, nous la vendrions immédiatement.Ce n’est pas le fait d’être en plus ou moins value qui guide nos choix de conserver ou de vendre une action, c’est simplement le potentiel existant entre le cours de l’action et sa valeur intrinsèque. Ainsi si la valeur intrinsèque d’une de nos actions a baissé de 30 % et que le cours a baissé de 30 % également, nous conservons l’action puisque nous détenons toujours un actif sous évalué. De même, si la valeur d’une de nos sociétés baisse de 50 % mais que son cours a baissé de 10 %, il est possible que nous vendions sans aucun état d’âme (nous l’avons d’ailleurs déjà fait avec Kindy ou Airspan par exemple).

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