« Acheter aujourd’hui des Blue Chips comme Buffett signifie que vous n’avez rien compris de Buffett » (1ere partie)

C’est un peu la conclusion que nous pourrions tirer après la lecture de la biographie officielle de Warren Buffett : Warren Buffett. La biographie officielle, l’effet boule de neige

Pour être honnêtes avec vous chers lecteurs, nous nous sommes dit à la sortie de la version française de ce livre que cela avait très peu d’intérêt pour nous « chasseurs de Daubasses » puisque nous avions déjà lu les deux livres écrits par Roger Hagstrom, Les Strategies De Warren Buffett – L’homme Qui Devint Milliardaire À La Bourse et Le portefeuille de Warren Buffett, sans compter Les Ecrits de Warren Buffett : Quelques leçons destinées aux investisseurs et aux managersde John Cunningham. Nous pensions donc avoir fait un tour relativement complet de la manière d’investir de Warren Buffett et nous étions prêt à ne pas l’acheter jusqu’à ce que nous lisions un article de notre ami Phil que vous pourrez relire ici et qui a bien évidemment attisé notre curiosité. Cependant nous nous attendions à pouvoir lire au grand maximum une cinquantaine de pages qui nous intéresseraient d’un point de vue « Daubasses» sur les 900 pages que compte le livre. Et nous sommes restés assez bluffés par le fait que 900 pages plus loin, Buffett n’a jamais remis en question ses achats à prix cassé, à prix Daubasses, même s’il est passé sur d’autres supports que les sociétés cotées et non cotées.

Ce qui finalement nous pousse à écrire une série d’articles à partir de cette biographie, cet article étant donc le premier d’une série de 5, c’est que nous avons la désagréable impression que les 3 livres que nous avons lus auparavant ont présenté une image complètement tronquée de l’Oracle d’Omaha et de sa manière d’investir. En se concentrant sur les seules « blue chips ».

Acheter des blue chips à bon prix, ce n’est en aucun cas la voie que Buffett aurait choisi s’il avait eu une alternative. Et ce n’est certainement pas ce que Buffett vous conseillerait de faire aujourd’hui ni ne vous aurait conseillé par le passé : ceci est écrit noir sur blanc dans sa biographie. Tout simplement parce qu’il est très rare, voir impossible d’acheter une blue chip au prix d’une daubasse ou « d’un mégot de cigare », voire à prix extrêmement cassé. Et si vous n’achetez pas au prix d’une daubasse ou à prix extrêmement cassé, vous n’avez pas la moindre chance de créer le moindre petit effet boule de neige ni une chance extrêmement réduite de battre les marchés sur le long terme.

En fait, ce que nous avons compris en lisant cette biographie de Buffett, c’est qu’il est impossible de l’imiter sur 2 des 3 vecteurs principaux de sa réussite d’investisseur. Dès lors, penser que l’on investit comme le fait Buffett en achetant des seules blue chips, c’est, selon nous, soit avoir lu sa biographie en tant que « fan » et donc sans la moindre objectivité, soit ne pas être parvenu à démêler les nombreux fils, voire s’être perdu sur les nombreux chemins empruntés par Buffett pendant sa vie d’investisseur.

Et nous sommes quelques peu surpris de ne pas avoir lu l’un ou l’autre article ici ou là, relatant objectivement, des points précis de la biographie de Warren Buffett, démontrant l’écart important qu’il y a entre le mythe et la réalité de l’investisseur. Si nous pouvons comprendre que cela peut être décevant, il nous semble impératif de rester objectif quand on élabore une stratégie d’investissement quelle qu’elle soit… Et élaborer une stratégie sur un mythe, voire des informations partielles, nous semble extrêmement dangereux et ne peut conduire qu’à des désillusions. Et dans les prochains articles, nous vous expliquerons pourquoi…

Partie 2 : la machine à cash

10 réflexions au sujet de « « Acheter aujourd’hui des Blue Chips comme Buffett signifie que vous n’avez rien compris de Buffett » (1ere partie) »

  1. Personnellement, ce que j’ai retiré à la lecture de la bio est l’extrême complexité du personnage et de ses stratégies d’investissement qui contraste effectivement avec beaucoup de choses que l’on peut lire ou entendre jusqu’à aujourd’hui. Dans la presse ou autre source de média, on a vraiment l’impression que c’est d’une simplicité enfantine que de faire du Buffet…sauf que si c’était aussi simple, on aurait plus de Buffet sur terre, mais il n’y en a qu’un seul…et pour être plus juste on devrait dire qu’un seul « Buffet-Munger », car on sous-estime trop l’importance réelle que Munger a dans le parcours de Buffet et sur ses stratégies d’investissement.
    Il faut aussi bien mettre en évidence, ce que l’on découvre dans cette biographie, que Buffet a commis des erreurs…et non, n’en déplaisent à certains, ce n’est pas un surhomme…et comme tout le monde devrait le faire, il a beaucoup appris de ses erreurs.
    Enfin, et ce n’est pas dans la biographie, mais je l’ai lu quelque part (je ne retrouve plus la source), Buffet, s’il la pouvait, serait toujours chasseur de daubasse et dit lui-même qu’il pourrait faire du 50% annuel sans problème…sauf que, vu la taille de son portefeuille et sa notoriété (un vrai problème quand on est investisseur), il ne peut plus le faire aujourd’hui.
    Sans aucune prétention, j’ai essayé de synthétiser les différentes stratégies de Buffet au cours de sa carrière : http://www.investisseurdebutant.com/warren-buffet-le-cameleon
    C’est sans doute un peu réducteur mais….c’est aussi particulièrement difficile à suivre notre Warren!

    1. Salut Etienne,

      C’est vrai que tu as fait un très bon résumé du bouquin en différenciant bien les types de supports utilisés par Warren.

      Comme tu pourras le lire dans les articles suivants, nous avons une lecture qui ressemble à la tienne mais nous pensons qu’il y a toujours eu trois vecteurs indissociables qui ont dicté la philosophie d’investissement de Buffett et ces trois vecteurs ont existé dès les tout premiers pas du petit Warren jusqu’à ce jour. Mais nous y reviendrons …

  2. Alors là, bravo ! J’ai bien hâte de lire cette série d’articles. Ça fait plus de deux ans que j’essaie par mon blogue de déboulonner les mythes concernant Buffett. La biographie d’Alice Schroeder m’a vraiment ouvert les yeux au début de 2009. Je suis bien content qu’elle soit maintenant disponible pour les lecteurs francophones (900 pages, c’est ardu lorsqu’on maîtrise mal la langue de Shakespeare)

    Toutes ces histoires sur les mythes et la vision tronquée et simpliste des méthodes de Buffett peuvent avoir l’air au premier abord d’un débat de spécialistes. Ce n’est pas le cas. Les gens ayant une vision simpliste de Buffett tendent à avoir aussi une vision simpliste de l’investissement à la Bourse et de ce que ça prend pour réussir. C’est pourquoi déboulonner certains mythes peut avoir une grande vertu éducative.

    En attendant votre série, j’espère que vous ne voyez pas d’inconvénients à ce que je vous propose ma série personnelle sur le sujet :

    http://www.entrepreneurboursier.com/2008/05/06/sacheter-une-ferme-a-omaha/
    http://www.entrepreneurboursier.com/2009/02/13/le-secret-de-buffett-pour-devenir-riche/
    http://www.entrepreneurboursier.com/2009/07/07/pour-en-finir-avec-le-buy-hold/
    http://www.entrepreneurboursier.com/2009/12/17/warren-buffett-et-vous/
    http://www.entrepreneurboursier.com/2010/02/28/sortir-des-sentiers-battus/
    http://www.entrepreneurboursier.com/2010/11/29/buffett-1956-1968-les-annees-du-partnership/

  3. Bonjour,

    Comme tjs merci pour vos articles de qualité.

    Je suis néanmoins un peu surpris pas votre « découverte » (où alors c’est un effet de style que vous donnez à votre article ;-), car je me souviens justement avoir vu un lien sur le site des daubasses, qui menait à un document pdf d’une firme d’investissement canadienne sur l’investissement dans la valeur ; et où il était clairement expliqué qu’il y avait une différence énorme entre les blue chips de Berkshire Hathaway et la « véritable » philosophie d’investissement de Buffet. Désolé je ne retrouve plus cette source.

    Buffet le dit aussi en filigrane plusieurs fois dans ses lettres annuelles, que c’est bien la taille de Berkshire Hathaway qui conditionne ses investissements/son terrain de jeux et la performance obtenue, faible au regard de ce qu’il pourrait obtenir avec un « encours » moins élevé. (ha je vois que cette phrase avait marquée Etienne aussi !)

  4. Bonjour,

    « Les Strategies De Warren Buffett: L’homme Qui Devint Milliardaire À La Bourse » et « Le portefeuille de Warren Buffett » ne sont ils pas les 2 mêmes ouvrages le deuxième n’étant qu’une version « retouchée » Valor eyant acquis les droits d’auteur?

  5. Bonjour a tous !

    Petite question qui n’a surement pas de reponse precise : a partir de combien le capital est trop élevé pour faire de « la chasse aux daubasses » ?

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