Archives de catégorie : Big Walt, le plus grand chasseur de Daubasses de tous les temps

Pour les 6 ans de notre portefeuille, Big Walt parle …

Pour fêter dignement les 6 ans d’existence de notre portefeuille, nous avons décidé de vous offrir, ami(e) lecteur(trice), un « collector ».

le meilleur investisseur valueEn effet, les interviews et articles disponibles portant sur celui que nous avons élevé au grade de « plus grand chasseur de daubasses de tous les temps » sont tellement rares que c’est bien ainsi qu’on peut sans doute qualifier l’interview que Walter Schloss (puisque c’est de lui qu’il s’agit) a donné au magazine Barron’s en février 1985.

Nous vous laissons découvrir la traduction (libre) de cet article. Bonne lecture !

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Walter Schloss 28/08/1916 – 19/02/2012

Big Walt nous a donc quitté ce week-end au terme d’une vie d’investisseur brillante et discrète à la fois. Il rejoint Benjamin Graham et Ed Anderson, un autre membre du « Graham Group », décédé la semaine dernière,  au paradis des « investisseurs dans la valeur ».

Si ce blog fut, à l’origine, centré sur les enseignements de Benjamin Graham, petit-à-petit, au fil des articles que nous lui avons consacrés, non seulement nous nous sommes pris d’affection pour l’homme qu’était Walter Schloss mais nous avons aussi éprouvé une énorme admiration pour l’investisseur. Il reste, selon nous, celui qui a le mieux personnifié l’achat d’actions « value » dans ce que l’expression a de plus pur au point que, dans notre cœur, il a fini par supplanter « Maître Graham ».

Une méthode simple à l’image du personnage mais sacrément efficace : celui que Warren Buffett avait désigné comme « celui qui se bat contre le S&P, seulement armé d’un guide boursier,  dans un petit bureau sous-loué à Tweedy Brown, avec des clients tirés du registre d’Ellis Island » avait généré pendant une période de plus de 45 ans, un rendement annuel de plus de 15 %.

Au revoir et merci Monsieur « Big Walt »…

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Les 16 commandements de l’investisseur "deep value" selon Walter Schloss 2/2

Comme promis, nous vous proposons la deuxième partie des principes d’investissement de Walter Schloss, accompagnés de notre interprétation de ces principes.

Walter Schloss en conversion avec Bill Ruane, fondateur du fond Sequoia et un des investisseurs de « Graham-and-Doddsville »

9. Ne vous précipitez pas pour vendre. Si une action atteint un cours que vous considérez comme correct, alors vous pouvez vendre mais souvent, les gens vendent une action pour la simple raison qu’elle a monté de, disons, 50%, afin de prendre leur bénéfice. Avant de vendre, essayez de réévaluer l’entreprise à nouveau afin d’apprécier le cours de l’action relativement à la valeur des fonds propres. Prenez en compte le niveau général de la Bourse. Les rendements sur dividende sont-ils bas et les Price Earnings élevés ? La Bourse est-elle historiquement haute ? Les investisseurs sont-ils très optimistes ? Etc. 

« C’est un point fondamental qu’évoque ici Walter Schloss et qui est d’autant plus important qu’il est d’actualité, les marchés ayant en général repris 50% depuis leur plus bas à l’heure où nous écrivons ce texte. On y lit un peu partout qu’il faut prendre ses bénéfices sur certaine valeur voir que l’on a déjà pris ces bénéfices à 25-30%.

Certains investisseurs se félicitent d’avoir sécurisé, d’autres regrettent déjà d’avoir loupé les 20% supplémentaires. Continuer la lecture de Les 16 commandements de l’investisseur "deep value" selon Walter Schloss 2/2

Les 16 commandements de l’investisseur "deep value" selon Walter Schloss 1/2

Tous nos lecteurs connaissent déjà notre admiration pour celui que nous considérons comme le plus grand chasseur de « Daubasses » de tout les temps : Walter Schloss.

Ce sacré « Big Walt » est un personnage hors du commun en raison de la première impression que ses 2 mètres dégagent, « avec son air hautin», comme dirait Buffett mais aussi en raison de l’endroit où il a passé sa vie d’investisseur, « un bureau se composant d’une pièce sous louée à Tweedy Brown» et également en raison de ses outils d’informations financières « un abonnement à Value Line » qui lui ont quand même permis en 45 ans de dégager 15.3% de rendement annualisé. Nous admirons également le respect hors du commun qu’il témoigne à ses clients, respect que nous aimerions voir plus souvent copié par les gestionnaires de fonds actuels : Walter Schloss ne percevait jamais de commission, il se rétribuait seulement sur les performances de son fond et retournait aussi chaque année, les gains à ses clients. En 45 ans, les performances de son fond ont été 7 fois négatives, contre 11 fois pour les S&P 500 !

Au-delà de notre admiration pour cet investisseur décalé, nous considérons aussi que c’est sans doute le seul élève de Ben Graham à avoir appliqué les principes du maître sans y déroger, ce qui nous fait penser que ces principes dans une vingtaine d’années seront âgés d’un siècle. Continuer la lecture de Les 16 commandements de l’investisseur "deep value" selon Walter Schloss 1/2

Walter Schloss : ce qu’en dit Warren Buffett

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Vous connaissez, cher lecteur, toute l’admiration que nous vouons à Walter Schloss que nous considérons comme le meilleur chasseur de daubasses de tous les temps.

Nous lui avons consacré trois articles ici, ici et ici.

Warren Buffett, immense parmi les grands, ne tarit d’ailleurs pas d’éloge pour « Big Walt ». Dans son célèbre discours “The Superinvestors of Graham-and-Doddsville”, voici ce qu’il en dit :

« Je commencerai cette étude de résultats en revenant sur un groupe de quatre d’entre nous, qui a travaillé à la Graham-Newman Corporation de 1954 à 1956. Il n’y avait que quatre personnes; je ne les ai pas sélectionné parmi des milliers d‘autres. J’avais proposé de travailler à la Graham-Newman pour une bouchée de pain après avoir suivi les cours de Benjamin Graham, mais ce dernier refusa, assurant que j’étais sur-évalué. Il prenait son idée de valeur très au sérieux ! Après moultes sollicitations, il accepta finalement de m’engager. Il y avait trois associés et nous quatre qui avions rang de “serf”. Nous avons tous les quatre quitté l’entreprise entre 1955 et 1957 lorsque la société était en liquidation, et il est possible de retracer le parcours de trois d’entre nous.

Le premier exemple est celui de Walter Schloss. Walter n’est jamais allé à l’université mais prenait des cours du soir avec Ben Graham au New York Institute of Finance. Walter quitta Graham-Newman en 1955 et il réalisa en 28 ans des performances époustouflantes. Voici ce qu’en dit Adam Smith dans son livre « Supermoney » après que je le lui ai présenté :

“Il n’a pas de relations ni d’accès aux informations utiles. Pratiquement personne ne le connaît à Wall Street et personne ne l’aide. Dans les livres et les rapports annuels qu’il étudie, il ne s’intéresse qu’aux chiffres. C’est à peu près tout ce qu’il fait. Après qu’il m’eut présenté Walter Schloss, Warren m’avait dit : “Il n’oublie jamais qu’il gère de l’argent qui ne lui appartient pas, ce qui ne fait que renforcer l’aversion qu’il a de perdre ». Il est très intègre et connait parfaitement ses limites. L’argent et les actions sont des choses bien concrètes à ses yeux, c’est pour cela qu’il est attiré par principe de marge de sécurité.”

Walter s’est énormément diversifié. Il n’est pas inhabituel qu’il détienne plus de 100 titres en portefeuille. Il sait repérer les titres qui se transigent bien en-dessous de la valeur qu’ils représentent auprès d’opérateurs industriels. Et c’est tout ce qu’il fait. Il ne se préoccupe pas de savoir que l’on soit en janvier ou que l’on soit un lundi, ni de savoir si c’est une année d’élections. Il dit simplement que si une société vaut un dollar mais qu’il peut l’acheter pour 40 centimes, quelque chose de bien peut lui arriver. C’est comme ça qu’il procède, encore et toujours. Il détient beaucoup plus d’actions que moi et s’intéresse beaucoup moins que moi au modèle économique de l‘entreprise. Je n’ai pas l’air d’avoir beaucoup d’influence sur Walter. C’est d’ailleurs l’une de ses forces : personne n’a beaucoup d’influence sur lui. »

Si vous voulez lire l’intégralité de “The Superinvestors of Graham-and-Doddsville” qui constitue tout même une des oeuvres majeures de l’oracle d’Omaha, vous pourrez en trouver la traduction française intégrale faite par Laurent sur le site de nos amis du Café de la Bourse. Ce discours de Buffett offre une fascinante étude sur la façon dont les disciples de Benjamin Graham ont exploité sa philosophie d’investissement.
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Que pensent les vieux dinosaures de l’investissement de la crise actuelle ?

Le magasine américain « Smart Money » a interviewé des « super-investisseurs de Graham & Doddsville » (comme les appelait Warren Buffett) parmi ceux qui ont connu la grande dépression de 1929 et leur a demandé leur point de vue sur la crise actuelle et le marché des actions.

A tout seigneur tout honneur : Walter Schloss

Nous avons consacré deux articles à ce champion de la chasse à la daubasse de 92 ans (ici et ici). « Big Walt » ne pense pas que les difficultés actuelles sont comparables à celle de la « grande dépression ».

« À l’époque, dit-il, l’économie était dépendante d’une poignée d’entreprises, comme les banques, les chemins de fer, les services publics et les compagnies pétrolières. Aujourd’hui, la croissance économique provient d’un beaucoup plus large éventail d’industries. » Continuer la lecture de Que pensent les vieux dinosaures de l’investissement de la crise actuelle ?

Walter Schloss, sa philosophie d’investissement

Nous abordons ici le deuxième volet consacré à Walter Schloss, celui que notre jury a élu à l’unanimité « plus grand chasseur de daubasses de tous les temps ».

En fait, si on demande à « Big Walt » d’énoncer sa stratégie d’investissement, il répond invariablement « acheter des titres sous évalués ».

En réalité, les titres qui attirent l’attention de Walter Schloss sont ceux dont le cours est au plus bas sur les 2 ou 3 dernières années. Lui et son fils aiment aussi les titres dont le cours plonge brutalement. Il conseil par exemple d’acheter quand une société réduit ou suspend carrément son dividende.

Les Schloss n’achètent que des actions et aucun produit dérivé. S’il arrivait à « Big Walt » de vendre à découvert au début de sa carrière, il ne le pratique plus, jugeant ces opérations trop stressantes. Il n’a pas non plus un intérêt marqué pour les obligations. Continuer la lecture de Walter Schloss, sa philosophie d’investissement

Qui est le plus grand « chasseur de daubasses » de tous les temps ?

Le premier nom qui vient à l’esprit est évidemment Warren Buffet mais celui-ci chasse plutôt le tigre de Sibérie que la daubasse.

Non, pour nous, celui qui a le mieux garni sa gibecière de daubasses, c’est Walter Schloss.

Agé aujourd’hui de 92 ans, Walter Schloss est un personnage décalé à l’image de notre démarche d’investissement et de notre blog.

Nous allons vous parler d’un investisseur atypique, de celui qui, sur la durée et avec une méthode diamétralement opposée, est le véritable dauphin de Warren Buffett.

De 1956 à 2002, le fond géré par lui et son fils (qui l’a rejoint en 1973) a généré un rendement de plus de 15 % là où le S&P 500 générait en moyenne une dizaine de pourcents. Sur la durée, la différence est de taille : un dollar investi sur le S&P durant la période est devenu 93 dollars. Pas mal n’est-ce pas ? Mais un dollar investi par « Big Walt » est devenu … 780 dollars. Continuer la lecture de Qui est le plus grand « chasseur de daubasses » de tous les temps ?

Walter Schloss – Citations

« Essayez d’acheter des actifs avec décote plutôt que des bénéfices. Les bénéfices peuvent changer significativement sur un laps de temps très court. Les actifs, eux, sont plus stables. On doit en connaître nettement plus sur une entreprise si on base sa décision d’achat sur les bénéfices. »

« Je mets l’accent sur les actifs. Si vous n’avez pas beaucoup de dettes, cela vaut quelque chose. »

« Si une entreprise vaut un dollar et que je peux l’acheter pour 40 cents, quelque chose de bien pourrait m’arriver. »

Walter Schloss