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Questions des lecteurs (4) : Comment appréhender les éventuels pertes d’un portefeuille investi en devises étrangères ?

Il est vrai, cher lecteur, que la plupart des investisseurs ont généralement peur d’un effet devise négatif qui pèserait substantiellement, sur le rendement de leur portefeuille au point de réduire leur champ d’investigation et d’investissement à la seule zone Euro.Nous pensons, par contre dans notre petit groupe des « Daubasses selon Ben Graham » que cette peur et cette réduction du champ d’investigation signifie que l’on se prive d’investissement intéressant et des plus value qui vont avec. 

Nous vous proposons donc nos propres réflexions sur ce sujet. 

Investir dans une devise étrangère requiert selon nous impérativement une décision de long terme. Et nous pensons que le long terme c’est au minimum 10 ans. Quand nous évoquons le long terme, nous ne pensons pas à un support précis, ni société, ni obligation, ni un autre support en particulier, mais plutôt à une poche, voir à un compartiment devise étrangère. 

Décider d’investir en Dollar US, en Livre Sterling, en Franc Suisse ou dans d’autres devise, pour un investisseur de la zone Euro, cela signifie d’une part qu’il est donc impératif de penser à rester investi dans la devise au moins 10 ans et dans cette perspective de choisir un marché qui offre pendant cette période de temps des opportunités d’investissement suffisante. 

Pourquoi finalement cette idée de long terme dans la devise ? Simplement, par le fait que plus vous allongez la durée d’investissement dans la devise, plus vous augmentez vos chances de réduire vos pertes annuelles dues au change. 

Prenons un exemple simple : Vous achetez des actions en bourse dans une devise étrangère et vous perdez au bout de 3 ans 30%, votre perte annuel s’élève à 11.21% par an…….Si au bout de 6 ans la perte est toujours de 30%, votre perte annualisée s’est réduite de plus de moitié et s’élève à 5.77% l’an……Si 12 ans plus tard, la devise dans laquelle vous êtes investi est toujours au tapis et accuse toujours une perte de 30%, votre perte annuel s’élève cette fois à seulement 2.93% par an…. 

Si cet exemple peut paraître à la fois évident et théorique à première vue, il reste quand même le fondement de la prise de risque…..allonger la durée d’un investissement dans une devise étrangère diminue la perte. 

Pourquoi théorique, tout simplement parce que les devises fluctuent en permanence, mais également parce que dans les pays voir dans les zones économiquement développées, il est plutôt très rare de voir persister à long terme des différences importantes, entre devises…Ce qui fait dire à certain investisseur renommé comme François Rochon qu’à long terme les différences restent infimes et sans grande conséquence sur le rendement d’un portefeuille investi en devises étrangères. 

Voyons maintenant un exemple réel sur 3 devises différentes, par rapport à l’Euro. Nous avons volontairement recherché tout d’abord le plus haut et le plus bas de la devise, sur une la période courant de la mise en circulation de l’Euro, soit à partir du 1 Janvier 2002 jusqu’au 4 août 2009. Et ensuite une simulation sur 10 ans a partir du 3 Août 1999, jusqu’au 4 août 2009. 

Commençons par le fameux Dollar US et donc le change Euro / USD 

Depuis la mise en circulation de l’Euro
Le plus Haut à été de 0.8644 le 4 Février 2002
Le plus bas à été de 1.5919 le 22 Juillet 2007 

Soit pour un investisseur en Euro qui aurait investi en USD de -45.70% ou -5.99% annualisé sur une période de 6.5 années…C’est important. 

Voyons maintenant une simulation sur 10 ans . 

Le 3 Août 1999, l’USD cotait 1.0046
Le 4 Août 2009 l’USD cotait 1.4300 

Soit pour un investisseur en Euro qui aurait investi en USD de –25.56% ou –2.30% annualisé sur cette période de 10 ans. 

Nous constatons donc que la perte annualisée s’est réduite de plus de 60%, effet dû au temps alors que la perte total s’est réduite de 44%, sur finalement une période de 3.5 année supplémentaire. 

Voyons maintenant ce qui s’est passé sur la livre Sterling et donc du change GBP / Euro 

Depuis la mise en circulation de l’Euro
Le plus Haut à été de 0.6085 le 1 Janvier 2002
Le plus bas à été de 0.9785 le 29 Décembre 2008 

Soit pour un investisseur en Euro qui aurait investi en GBP de –37.81% ou – 4.69% annualisé sur une période de 7 ans années….C’est également important. 

Voyons maintenant une simulation sur 10 ans . 

Le 3 Août 1999, le GBP cotait 0.6588
Le 4 Août 2009 l’GBP cotait 0.8484 

Soit pour un investisseur en Euro qui aurait investi en GBP de –22.35% ou –2.04% annualisé sur cette période de 10 ans. 

Nous constatons donc que la perte annualisée s’est réduite de plus de 55% du au temps, tandis que la perte total s’est réduite de 40%, sur une période de 3 ans supplémentaire. 

Voyons maintenant ce qui s’est passé sur le Franc Suisse et donc du change CHF / Euro 

Depuis la mise en circulation de l’Euro
Le plus Haut à été de 1.4502 le 27 Juillet 2002
Le plus bas à été de 1.6803 le 14 Octobre 2007 

Soit pour un investisseur en Euro qui aurait investi en CHF de –13.69% ou – 2.49% annualisé sur une période de 4 ans et demi….C’est nettement plus supportable que les plus haut et bas enregistré sur le dollar US et la Livre Sterling. 

Voyons maintenant une simulation sur 10 ans : 

Le 3 Août 1999, le CHF cotait 1.5994
Le 4 Août 2009 le CHF cotait 1.6051 

Soit pour un investisseur en Euro qui aurait investi en CHF de –0.36% ou –0.04% annualisé sur cette période de 10 ans. 

Nous constatons donc que la perte annualisée s’est réduite de plus de 98% du au temps, tandis que la perte total s’est réduite de 97%, sur une période de 5 ans et demi supplémentaire. 

Après ces trois exemple, nous constatons qu’effectivement, sur 10 ans, un investisseur de la zone Euro ayant investit en USD ou en GBP a réduit sa perte de change de plus de 50%, s’il est resté investi au moins 10 ans par rapport au plus haut et au plus bas des deux devises……Tandis qu’un investisseur de la zone Euro ayant investi en Franc Suisse aurait accusé une perte vraiment insignifiante de -0.04% sur 10 ans…. ! 

Nous pouvons donc revenir sur notre idée que si le risque devise est effectif et peut entraîner des pertes même à long terme. Ces pertes restent de l’ordre du supportable lorsque l’horizon d’investissement dans la devise est de 10 ans et plus. 

Bien entendu, notre expérience d’investissement dans les « Daubasses », nous a permis d’ajouter un élément supplémentaire à notre réflexion. 

Si l’investisseur est en mesure de penser à une poche devise à long terme doublé d’un beau potentiel sur ces supports, l’effet devise ne devrait plus l’inquiéter outre mesure. 

Pour mieux vous faire comprendre ce point supplémentaire, nous avons calculé la perte due au change de 7 « baggers » du portefeuille Daubasse, si au moment de la vente, nous avions transformé les USD en Euro……Ce que nous n’avons bien évidemment pas fait, puisque nous avons décider avec ce portefeuille Daubasse de
rester investi en Dollar US le plus longtemps possible. Et que nous avons réinvesti les sommes encaissée dans d’autres « Daubasse » US et donc cotée en USD. 

Vous pouvez donc découvrir dans cette liste les noms de ces « Bagger » que nous ne pouvons bien entendu plus nommer « Daubasse » après des plus value aussi substantielles, juste une question de respect … A côté de chaque nom, nous avons indiqué le nombres de jour de présence en portefeuille, la plus value totale, mais exprimée en Euro….Et pour terminer la perte théorique, si nous avions donc été obligé de reconvertir les USD en Euro. Perte donc Incluse dans le rendement total en Euro. 

1° Neurométrix – vendu après 144 jours : +155.24% en € – effet de change -0.96%
2° Zhone Technologies- vendu après 175 jours : +299.68% en € – effet de change -5.09%
3° Tuesday Morning – vendu après 177 jours : + 234.31% en € – effet de change – 4.92%
4° Medilaink Worldwide – vendu après 193 jours : + 394.07% en € – effet de change – 7.38%
5° WPT Entreprise – vendu après 200 jours : + 297.91% en € – effet de change – 6.72%
6° Telestone – vendu après 241 jours : + 338.54 % en € – effet de change – 9.40%
7° Westell Technologies- vendu après 245 jours : + 473.59% en € – effet de change – 9.16% 

Si nous faisons la moyenne de ces 7 « baggers », nous arrivons à une moyenne de rendement de + 313% en Euro et d’une perte toujours théorique de -6.23% sur le change…..Toutes ces sociétés ayant été achetée le 24 Novembre, pour des sommes égales, le calcul moyen nous semble donc pertinent. 

Nous pensons donc en conclusion que si vous combinez l’idée long terme d’une poche en devise étrangère, qui de toute manière réduit le risque de perte, comme nous l’avons constaté ensemble dans nos trois exemples, à des investissements à potentiel élevé, car très décotés, vous pouvez élargir au maximum votre champ d’investigation et investir sans peur dans des supports cotés en devise étrangères.

Question des lecteurs (3) : pourquoi avez-vous une aversion aussi marquée pour la macro économie ?

Il est vrai, cher lecteur, que nous n’abordons que très à la marge l’environnement macro économique sur ce blog, ce qui ne signifie pas que nous éprouvons une aversion profonde pour ce domaine, loin de là.

Simplement, il s’agit d’une matière qui se trouve largement au-delà de notre modeste cercle de compétences et qui, pour nous, constitue plus une source d’incertitudes et d’angoisses que d’inspiration et d’aide à la décision.

C’est pourquoi, dans nos décisions d’investir, nous nous concentrons sur ce que nous comprenons : le prix payé pour acquérir une entreprise. Et le seul signal de vente ou de sortie du marché que nous osons relever, c’est celui qui nous est donné par le fait qu’il n’y a plus de sociétés sous évaluées.

Néanmoins, nous visitons très régulièrement deux excellents blogs édités par des auteurs bien plus compétents que nous en la matière.

Tropical Bear tenu par Loïc Abadie qui a eu le « flair » bien avant tout le monde de prévoir la terrible récession qui nous frappe actuellement. Résolument baissier sur le long terme et envisageant d’exécrables scénarios économiques et une déflation prolongée, ce blog est assez critique sur les politiques de déficit passées et présente tenue par les états, Etats-Unis en tête.

Le blog à Lupus qui constitue une véritable mine d’informations financières mises en musique par une plume acérée le tout sur fond d’opinion plutôt bullish.

Il s’agit de deux blogs aux avis très tranchés et diamétralement opposés. Malgré leur approche très « top down », leurs auteurs ne négligent pas pour autant l’investissement dans la valeur … ce qui n’est, vous vous en doutez cher lecteur, vraiment pas pour nous déplaire.

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Question des lecteurs (2) : Pourquoi détenir autant de titres américains ?

Cette question nous est surtout posée par nos lecteurs français, soumis à des règles en matière de fiscalités mobilières avantageant les investissements au sein de l’Union Européenne.

Nous détenons autant de titres américains, non par choix, mais tout simplement parce que c’est là que nous trouvons le plus de sociétés répondant à nos critères d’investissement et surtout, les plus sous évaluées.

Non seulement les bourses américaines sont bien plus importantes en terme de taille que les bourses de l’Union Européenne (leur capitalisation boursière représente le double de celles des bourses britanniques, françaises, belges, néerlandaises, allemandes, espagnoles et portugaises réunies) mais on y trouve aussi beaucoup plus de micro-caps. Vous savez : ces sociétés dont la capitalisation boursière est trop petite pour intéresser les grands fonds de placement. Et vous n’êtes pas sans l’ignorer, cher lecteur, si vous nous lisez depuis quelques temps : tout comme John Neff nous pensons que qui dit « sociétés ignorées » dit « sociétés sous évaluées » …

Néanmoins, nous nous comprenons le souci de nos abonnés d’optimiser fiscalement leurs gains boursiers.

Dans cette optique, nous proposons, en sus des abonnements déjà existants, une liste « PEA » reprenant les 10 sociétés de l’Union Européenne répondant le mieux à nos critères d’investissement.

Pourquoi seulement 10 sociétés ? Parce que, en raison de l’étroitesse de nos marchés boursiers, il nous a été impossible de nous constituer une « watching list » suffisament conséquente pour assurer, dans la durée, un plus grand nombre de lignes.

Pour un résident français, il nous semble que cette liste pourrait utilement compléter l’abonnement premium de base, permettant de gérer au moins une partie du portefeuille « daubasses » au départ d’un PEA.

Intéressé ? Vous trouverez toutes les informations utiles ici.

Questions des lecteurs (1)

De nombreux lecteurs nous adressent par courrier des questions souvent pertinentes.

Ceci nous permet d’ouvrir une nouvelle rubrique qui reprendra les questions fréquemment posées et les réponses que nous tentons d’y apporter. Précisons d’emblée que c’est pour nous une manière d’exposer notre philosophie d’investissement mais certainement pas d’asséner des vérités absolues.

Voici donc une question qui revient assez fréquemment lors de nos échanges que nous avons avec vous, lecteurs de ce blog :

« Pourquoi votre portefeuille est-il si diversifié ? »

L’immense Warren Buffett n’éprouve que peu de considération pour la diversification : « la diversification est requise quand on ne sait pas ce qu’on fait » a-t-il dit un jour.
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La majorité des daubasses que nous achetons sont en fait des micro-caps américaines. Comment, nous, boursicoteurs du dimanche, européens francophones de surcroît, pourrions-nous analyser « à fond » ces sociétés ?

Connaître « à fond » une entreprise pour pouvoir dire « je sais ce que je fais », cela suppose :

– Évaluer la direction, son intégrité, sa liberté de parole, sa compétence, sa détermination à créer de la valeur « actionnaire », sa stratégie à court, moyen et long terme.

– Évaluer les produits de l’entreprise et le potentiel du marché dans lequel elle est active

– Déterminer comment le management analyse les coûts et comment il les maîtrise

– Connaître le niveau de motivation des travailleurs de l’entreprise

– Repérer comment l’entreprise pourra assurer sa croissance ou améliorer ses marges

– Reconnaître la force de frappe commerciale et la qualité de son équipe de vente

– Évaluer l’efficacité des efforts de recherche et développement

– Connaître l’environnement légal et fiscal dans lequel évolue l’entreprise et déterminer son impact sur la marche des affaires

– Vérifier la présence, la pérennité et la solidité des barrières contre la concurrence

– ……….

Toutes ces points, nous n’avons ni le temps ni les moyens de les analyser.

Et donc, si « nous ne savons pas ce que nous faisons », au moins cela, nous le savons … comme aurait pu le dire l’illustre Jean Gabin.

Prenant conscience de cela, nous avons donc souhaité nous protéger contre notre propre ignorance et ce, de deux manières :

– en acquérant des sociétés présentant sur papier d’énormes marges de sécurité
– et, nous y venons enfin, en diversifiant au maximum afin que les erreurs dues à notre méconnaissance soient diluées au sein de notre portefeuille.

La forte sous évaluation globale des sociétés en portefeuille nous a amené à estimer que de nombreux « bagger » (cours de vente représentant un multiple du prix d’achat) étaient tout-à-fait envisageables. Chaque fois que la liste produit un bagger, cette société supporte une faillite possible. Donc, par exemple, un « 4 bagger’s » comme WPT Enterprise couvre le risque de 3 faillites possibles. Avec 25 sociétés minimum, l’équilibre est donc fortement présent selon nous.