Archives de catégorie : Questions des Lecteurs

Question des lecteurs (5) : pourquoi traitez-vous de l’investissement avec autant de légèreté ?

Il est vrai, cher lecteur, que nous avons décidé d’adopter, souvent mais pas toujours, un ton léger pour vous expliquer notre philosophie d’investissement.

Est-ce à dire que nous traitons de l’investissement avec légèreté ?

Pas du tout : il nous semble possible d’effectuer un travail sérieux sans se prendre au sérieux.

La bourse nous semble être, par excellence, le terrain de jeu favori du « frimeur ». Le net en général, et les forums boursiers en particulier, fourmillent de « rois du trade » ou de « supers investisseurs » qui n’ont jamais perdu, sont sortis au plus haut, rentrés au plus bas, avaient tout prévu, tout planifié.

Malheureusement, cher lecteur, ce n’est pas notre cas. Nous vous l’avouons, honteux et confus : nous n’avions pas anticipé la crise qui nous a frappé de plein fouet et l’ampleur de la chute qui s’en est suivi.

Cette leçon, reçue il est vrai sous forme de giflle magistrale, nous fut très bénéfique. Ramenés par Mr Market à beaucoup plus d’humilité, nous avons dû réfléchir pendant toute la descente aux enfers à ce que nous avions « foiré » afin de repartir plus vite, plus forts.

Benjamin Graham lui-même a perdu beaucoup lors du crash de 1929 mais il en a profité pour « inventer » l’investissement dans la valeur et l’investissement dans les « fond de roulement net« . Plus modestement, nous avons tenté de suivre l’exemple du maître mais, contrairement à cette fripouille de Ben, nous n’avons rien inventé. Nous avons juste compris que l’investissement le moins risqué en bourse était celui pour lequel le marché n’attend plus rien et anticipe le pire et surtout, plus que tout, que c’est le prix qui devait guider nos décisions.

Notre corps couturé des cicatrices reçues lors de la bataille boursière 2007-2008 nous rappelle en permanence une chose : l’investissement en actions est une perpétuelle remise en question … et l’auto dérision que nous utilisons de temps à autre sur ce blog est une autre manière de ne pas l’oublier.
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Questions des lecteurs (4) : Comment appréhender les éventuels pertes d’un portefeuille investi en devises étrangères ?

Il est vrai, cher lecteur, que la plupart des investisseurs ont généralement peur d’un effet devise négatif qui pèserait substantiellement, sur le rendement de leur portefeuille au point de réduire leur champ d’investigation et d’investissement à la seule zone Euro.Nous pensons, par contre dans notre petit groupe des « Daubasses selon Ben Graham » que cette peur et cette réduction du champ d’investigation signifie que l’on se prive d’investissement intéressant et des plus-values qui vont avec.

Nous vous proposons donc nos propres réflexions sur ce sujet.

Investir dans une devise étrangère requiert selon nous impérativement une décision de long terme. Et nous pensons que le long terme c’est au minimum 10 ans. Quand nous évoquons le long terme, nous ne pensons pas à un support précis, ni société, ni obligation, ni un autre support en particulier, mais plutôt à une poche, voir à un compartiment devise étrangère.

Décider d’investir en Dollar US, en Livre Sterling, en Franc Suisse ou dans d’autres devise, pour un investisseur de la zone Euro, cela signifie d’une part qu’il est donc impératif de penser à rester investi dans la devise au moins 10 ans et dans cette perspective de choisir un marché qui offre pendant cette période de temps des opportunités d’investissement suffisante.

Pourquoi finalement cette idée de long terme dans la devise ? Continuer la lecture de Questions des lecteurs (4) : Comment appréhender les éventuels pertes d’un portefeuille investi en devises étrangères ?

Question des lecteurs (3) : pourquoi avez-vous une aversion aussi marquée pour la macro économie ?

Il est vrai, cher lecteur, que nous n’abordons que très à la marge l’environnement macro économique sur ce blog, ce qui ne signifie pas que nous éprouvons une aversion profonde pour ce domaine, loin de là.

Simplement, il s’agit d’une matière qui se trouve largement au-delà de notre modeste cercle de compétences et qui, pour nous, constitue plus une source d’incertitudes et d’angoisses que d’inspiration et d’aide à la décision.

C’est pourquoi, dans nos décisions d’investir, nous nous concentrons sur ce que nous comprenons : le prix payé pour acquérir une entreprise. Et le seul signal de vente ou de sortie du marché que nous osons relever, c’est celui qui nous est donné par le fait qu’il n’y a plus de sociétés sous évaluées.

Néanmoins, nous visitons très régulièrement deux excellents blogs édités par des auteurs bien plus compétents que nous en la matière.

Tropical Bear tenu par Loïc Abadie qui a eu le « flair » bien avant tout le monde de prévoir la terrible récession qui nous frappe actuellement. Résolument baissier sur le long terme et envisageant d’exécrables scénarios économiques et une déflation prolongée, ce blog est assez critique sur les politiques de déficit passées et présente tenue par les états, Etats-Unis en tête.

Le blog à Lupus qui constitue une véritable mine d’informations financières mises en musique par une plume acérée le tout sur fond d’opinion plutôt bullish.

Il s’agit de deux blogs aux avis très tranchés et diamétralement opposés. Malgré leur approche très « top down », leurs auteurs ne négligent pas pour autant l’investissement dans la valeur … ce qui n’est, vous vous en doutez cher lecteur, vraiment pas pour nous déplaire.

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Question des lecteurs (2) : Pourquoi détenir autant de titres américains ?

Cette question nous est surtout posée par nos lecteurs français, soumis à des règles en matière de fiscalités mobilières avantageant les investissements au sein de l’Union Européenne.

Nous détenons autant de titres américains, non par choix, mais tout simplement parce que c’est là que nous trouvons le plus de sociétés répondant à nos critères d’investissement et surtout, les plus sous évaluées.

Non seulement les bourses américaines sont bien plus importantes en terme de taille que les bourses de l’Union Européenne (leur capitalisation boursière représente le double de celles des bourses britanniques, françaises, belges, néerlandaises, allemandes, espagnoles et portugaises réunies) mais on y trouve aussi beaucoup plus de micro-caps. Vous savez : ces sociétés dont la capitalisation boursière est trop petite pour intéresser les grands fonds de placement. Et vous n’êtes pas sans l’ignorer, cher lecteur, si vous nous lisez depuis quelques temps : tout comme John Neff nous pensons que qui dit « sociétés ignorées » dit « sociétés sous évaluées » …

Néanmoins, nous nous comprenons le souci de nos abonnés d’optimiser fiscalement leurs gains boursiers.

Dans cette optique, nous proposons, en sus des abonnements déjà existants, une liste « PEA » reprenant les 10 sociétés de l’Union Européenne répondant le mieux à nos critères d’investissement.

Pourquoi seulement 10 sociétés ? Parce que, en raison de l’étroitesse de nos marchés boursiers, il nous a été impossible de nous constituer une « watching list » suffisament conséquente pour assurer, dans la durée, un plus grand nombre de lignes.

Pour un résident français, il nous semble que cette liste pourrait utilement compléter l’abonnement premium de base, permettant de gérer au moins une partie du portefeuille « daubasses » au départ d’un PEA.

Intéressé ? Vous trouverez toutes les informations utiles ici.

Questions des lecteurs (1) : Pourquoi votre portefeuille est-il si diversifié ?

De nombreux lecteurs nous adressent par courrier des questions souvent pertinentes.

Ceci nous permet d’ouvrir une nouvelle rubrique qui reprendra les questions fréquemment posées et les réponses que nous tentons d’y apporter. Précisons d’emblée que c’est pour nous une manière d’exposer notre philosophie d’investissement mais certainement pas d’asséner des vérités absolues.

Voici donc une question qui revient assez fréquemment lors de nos échanges que nous avons avec vous, lecteurs de ce blog :

« Pourquoi votre portefeuille est-il si diversifié ? »

L’immense Warren Buffett n’éprouve que peu de considération pour la diversification : « la diversification est requise quand on ne sait pas ce qu’on fait » a-t-il dit un jour.

La majorité des daubasses que nous achetons sont en fait des micro-caps américaines. Comment, nous, boursicoteurs du dimanche, européens francophones de surcroît, pourrions-nous analyser « à fond » ces sociétés ?

Connaître « à fond » une entreprise pour pouvoir dire « je sais ce que je fais », cela suppose :

– Évaluer la direction, son intégrité, sa liberté de parole, sa compétence, sa détermination à créer de la valeur « actionnaire », sa stratégie à court, moyen et long terme.

– Évaluer les produits de l’entreprise et le potentiel du marché dans lequel elle est active

– Déterminer comment le management analyse les coûts et comment il les maîtrise

– Connaître le niveau de motivation des travailleurs de l’entreprise

– Repérer comment l’entreprise pourra assurer sa croissance ou améliorer ses marges

– Reconnaître la force de frappe commerciale et la qualité de son équipe de vente

– Évaluer l’efficacité des efforts de recherche et développement

– Connaître l’environnement légal et fiscal dans lequel évolue l’entreprise et déterminer son impact sur la marche des affaires

– Vérifier la présence, la pérennité et la solidité des barrières contre la concurrence

– ……….

Toutes ces points, nous n’avons ni le temps ni les moyens de les analyser.

Et donc, si « nous ne savons pas ce que nous faisons », au moins cela, nous le savons … comme aurait pu le dire l’illustre Jean Gabin.

Prenant conscience de cela, nous avons donc souhaité nous protéger contre notre propre ignorance et ce, de deux manières :

– en acquérant des sociétés présentant sur papier d’énormes marges de sécurité
– et, nous y venons enfin, en diversifiant au maximum afin que les erreurs dues à notre méconnaissance soient diluées au sein de notre portefeuille.

La forte sous évaluation globale des sociétés en portefeuille nous a amené à estimer que de nombreux « bagger » (cours de vente représentant un multiple du prix d’achat) étaient tout-à-fait envisageables. Chaque fois que la liste produit un bagger, cette société supporte une faillite possible. Donc, par exemple, un « 4 bagger’s » comme WPT Enterprise couvre le risque de 3 faillites possibles. Avec 25 sociétés minimum, l’équilibre est donc fortement présent selon nous.