Participez à notre réflexion : quelle est l’utilité de l’effet de levier pour l’investisseur ?

Dans nos pérégrinations sur le net, nous sommes tombés sur cet article qui nous a paru des plus intéressants.

Que dit-il cet article ? 

En résumé, il explique que l’époque « post daubasses » de Warren, celle au cours de laquelle l’oracle d’Omaha a transformé son approche de l’investissement pour ne plus acquérir des mégots de cigares en tant que tels mais plutôt des « entreprises extraordinaires à un prix ordinaires » a été marquée par un avantage compétitif essentiel, un des ces avantages qui a fait la différence avec n’importe quel portefeuille traditionnel.

Comme vous le savez, Berkshire Hataway, depuis son acquisition par « le meilleur investisseur de tous les temps » est progressivement passé du statut de « entreprise-textile-en-redressement-mégot-de-cigare » à celui de compagnie d’assurance et de réassurance. 

Ce type de société se caractérise par le fait que les primes qu’elle reçoit de ses clients ne sont, pour la plupart, dépensées sous forme d’indemnités en cas de sinistre que bien plus tard après leur encaissement. Ces primes, qui ne sont pas des fonds propres sont, au contraire, provisionnées à titre de « provisions techniques d’assurance ». 

Bref, ce sont des dettes dont l’échéance est souvent lointaine et toujours incertaine. Ces provisions techniques constituent, pour la compagnie d’assurance, de « l’argent gratuit » qui est mis à sa disposition et qu’elle peut investir à sa guise en attendant de devoir payer d’éventuelles indemnités.

Pour Berkshire Hataway, les chercheurs estiment que ces provisions techniques ont permis à la société de bénéficier d’un effet de levier de 60 % sur son capital, augmentant ainsi significativement le rendement des capitaux investis.

Et concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?

Entre 1976 et 2012, l’action A de Berkshire Hataway a progressé de 22,5 % par an, ce qui grâce au miracle des intérêts composés, a fait passer son cours de 89 usd à 130 000 usd. Impressionnant n’est-ce pas ?  En tout cas, nous, ça nous impressionne et nous fait témoigner un immense respect pour « l’Oracle d’Omaha ».

Mais si Monsieur Buffett n’avait pas profité du levier de 60 %, son rendement aurait plus modeste : 14,1 % par an.  Précisons immédiatement que ce rendement reste appréciable : il dépasse de  3,2% le rendement du S&P 500 dividendes inclus.

Mais d’un autre côté, avec ce rendement obtenu sans levier, une action BRK-A vaudrait aujourd’hui  10 272 usd  au lieu de 130 000. 

 

Assemblée générale de Berkshire Hataway

 

Ce petit raisonnement nous a conduits à conclure trois choses :

– La première, c’est la démonstration que, sur une longue période, quelques pourcents de rendement de différence peuvent, par le miracle des intérêts composés, procurer des résultats très différents à l’arrivée.

– La deuxième, c’est la confirmation du fait que ne fait pas le « Warren » qui veut. L’oracle dispose de nombreux avantages qui ne sont pas accessibles au petit investisseur … comme nous l’avions détaillé dans notre « saga » qui présentait notre propre lecture de « L’effet boule de neige ».

 La troisième, c’est l’importance de disposer d’un levier,  élément que nous n’avions jamais abordé sur ce blog. 

 

Disons-le d’emblée : loin de nous l’idée de pousser nos lecteurs à passer à la spéculation sur du « levier 10 ».  L’avantage de Berkshire Hataway, c’est que, par opposition aux leviers traditionnels, elle dispose de capitaux de tiers quasi permanents et très peu coûteux. Elle n’est donc que peu soumise aux aléas des marchés.

Prenons un investisseur en options : il bénéficiera certes d’un effet de levier mais celui-ci sera limité dans le temps. Si à l’échéance de l’option (dont la durée de vie est tout de même rarement supérieur à 2 ans), le cours de l’actif sous-jacent n’a pas pris la direction espérée, il perd tout ou partie de son investissement.

Prenons un investisseur en turbos : lui aussi bénéficiera d’un effet de levier mais si le cours de l’actif sous-jacent passe sous la « barrière désactivante », il perdra lui aussi la quasi-totalité de son investissement.

Autre possibilité : le crédit lombard qui permet d’emprunter en nantissant des titres en garantie du crédit.  Néanmoins, outre le coût des intérêts afférents au prêt et surtout leur variabilité (quid si le taux passe de 2 à 6 % par exemple sur une courte période), celui-ci présente un autre handicap : le fait qu’en cas de baisse des valeurs de marché des titres mis en garantie, l’organisme émetteur pourra exiger le remboursement total ou partiel du crédit.

L’avantage du levier de Berkshire Hataway, c’est qu’il n’est pas limité ni dans le temps (le montant des provisions techniques restant, globalement, stables dans la durée, voire même en légère augmentation) mais il n’est pas limité non plus par la volatilité du marché (même si la bourse chute brutalement, le taux de sinistralité de la compagnie d’assurance ne va pas nécessairement brutalement augmenter obligeant Warren à liquider ses participations sur le marché pour indemniser les assurés.

Et vous, cher(e) lecteur(trice), que pensez-vous du levier ?  Utilisez-vous un des produits « grand public » présentés ci-dessus ?  Avez-vous d’autres idées quant à l’utilisation d’un levier qui soit plus sécurisant, voire qui se rapproche de celui utilisé par ce renard de Warren ?

Parallèlement à vos arguments ou idées, nous vous proposons également un petit sondage qui permettra à ceux qui ne désirent pas nécessairement s’exprimer sur le sujet de donner leur préférence. Nous essaierons ensuite dans un article ultérieur de faire une synthèse de l’ensemble : arguments – idées – sondages.

 

 

35 réflexions au sujet de « Participez à notre réflexion : quelle est l’utilité de l’effet de levier pour l’investisseur ? »

  1. L’effet de levier que vous présentez dans cet article est en effet un effet de levier auquel on ne pense pas au premier abord, mais ça en reste un néanmoins! Ce qui est assez surprenant sachant que Warren Buffett n’est pas un fan du levier en général…

    En débutant, je compte bien éviter l’effet de levier comme la peste! Même si j’ai accès à un produit très intéressant qui est le spread betting (non imposé) du fait que je sois résident anglais. Le spread betting permet d’utiliser ou non un effet de levier.

    Au passage, « Berkshire Hathaway » s’épelle avec un « h » dans « Hathaway » 😉

    Ben

  2. Petite partage d’expérience sur la manière dont j’ai utilisé du levier récemment.

    Petit préalable : le solde du prêt restant dû sur notre maison familiale est devenu minime en comparaison avec l’hypothèque détenu par la banque.

    J’ai donc emprunté la différence entre le montant de l’hypothèque et le solde restant dû en proposant à la banque d’utiliser cette hypothèque pour garantir le nouveau prêt.

    Le prêt a été conclu pour une durée de 10 ans et nous pouvons le rembourser sans problème avec nos revenus professionnels. Nous ne sommes donc pas dépendant de l’évolution des marchés boursiers et ne risquons pas « d’appel de marge ».

    Le taux payé est de 2,94 % fixe sans frais aucun. L’idée est est donc de profiter de cet argent presque gratuit pour acheter des biens tangibles, biens qui devraient, avec l’inflation à venir (si inflation il y a) augmenter de valeur. Dans mon esprit « daubassien », les actions sont des droits de propriétés sur des biens tangibles.

    Je compte investir la moitié de la somme perçue dans des daubasses au gré des opportunités qui se présentent (j’ai d’ailleurs déjà commencé) et j’ai investi l’autre moitié sur des obligations corporate en euros avec une échéance comprise entre 3 et 6 ans. Ces obligations proposaient, au moment de leur achat, un taux net d’impôt au moins égal à 2,94 % (c’est à dire le coût du prêt).

    Cette 2e facette de l’investissement permet de « couvrir » le prêt dans le cas où mon scenario « inflatoire » ne se produit pas tout de suite (en clair, si nous passons par une étape déflation/krach) : dans ce cas, j’aurai, au gré des échéances des obligations, des rentrées de cash me permettant de renforcer les lignes qui aurait été soldées par le marché et ce, sans qu’il ne nous en coûte un euro puisque cet argent est placé à un taux au moins égal au coût du crédit (seul risque de mon point de vue : un défaut massif des émetteurs des obligations acquises mais, évidemment, j’ai tout de même veiller à ce que ceux-ci présente une solvabilité correcte ainsi qu’à une diversification de bon aloi).

  3. Concernant l’effet de levier je me questionne personnellement sur une probable prise de positions short avec levier pour contre-balancer l’effet d’un krach qui est envisageable (enfin nous sommes en période plutôt instable et sujette à inquiétudes selon moi, même si ce qu’on dit dans les média est surement à relativiser dans l’ensemble) ; et ayant un portefeuille constitué uniquement de « Daubasses longues » (longues ici pour l’inverse de short, pas par rapport au temps) cela pourrait s’avérer très dommageable à mon avis.

    D’ou l’idée d’adopter une stratégie « long-short equity » un peu à la manière des hedge funds pour amoindrir les pertes en cas de chutes assez rapide des bourses mondiales.

    Rappel de la définition pour « long-short equity strategie » : Cette stratégie, la plus répandue au sein des hedge funds, consiste à prendre des positions acheteuses sur des titres considérés sous-évalués (ca c’est ce que nous faisons chez les daubasses) et des positions vendeuses sur des titres surévalués (et ca revient en théorie au même que ce que l’on fait mais dans l’autre sens, même si c’est en réalité différent je vous l’accorde).
    Le gérant cherche ainsi à arbitrer les anomalies de marché et peut gagner en tendance baissière comme en tendance haussière.

    Donc en clair pour résumé l’idée, les daubasses constituaient la partie « longue » et il serait possible d’acquérir des produits « short » comme des trackers par exemple qui serait sous-jacent aux indices les plus sensibles en matière de krack et qui contiennent en grande majorité des entreprises sur-évaluées (cac40, dow jones, S&P, ….) (ou même des trackers « géographiques » ou sur certains secteurs pourquoi pas).
    Il faudrait évidemment allouer une faible partie du portefeuille à ces produits (10% maximum par exemple) étant donné qu’ils possèderaient un fort effet de levier. Et dans le cas ou tous les marchés shortés s’envoleraient d’un coup (ce dont je doute par les temps qui court) on ne subirait une perte potentielle que sur les 10% du portefeuille ; Et dans le cas inverse (et vu la situation macro économique je pense qu’il y’a plus de chance de ce coté la) cela nous permettrais de réduire significativement nos pertes !

    Enfin voila c’est simplement une idée, je sais que l’idée de trackers, etc… n’est pas vraiment « Daubasses style ! » mais c’est quelque chose qui me traverse l’esprit ! 🙂

    1. Mon avis personnel sur cette stratégie est que, bien que vous utilisiez des instruments « leveragés », elle produise plutôt sur votre portefeuille global l’inverse d’un levier : elle vous permet de minimiser les pertes en cas de baisse des marchés mais elle minimise aussi les gains en cas de hausse des marchés.

      Peut-être plutôt une approche pour atténuer la volatilité du portefeuille plutôt que pour doper la performance sur une longue période ? sauf évidemment si vous y ajoutez un aspect timing pour ne couvrir que durant les « périodes critiques ».

      Si vous couvrez pour 10 % du portefeuille et que les marchés s’envolent, vous ne perdez que 10 % bien sûr … mais que faites-vous ensuite ? Vous couvrez à nouveau pour 10 % (risquant par là de perdre à nouveau 10 % et de faire monter les pertes à 20 % du portif) ou vous ne faites plus rien ?

  4. Louis Pirson, ton expérience est très intéressante. Merci !

    Ce qui m’a frappé en lisant l’article Buffet’s Alpha sur lequel s’est basé The Economist, c’est le maximum drawdown (44 %) et la volatilité (24 %) élevés de Berkshire Hathaway. Sa performance annuelle de presque 25 % et surtout sa longévité de plus de 30 ans sont incontestablement prodigieuses. Je peux m’imaginer que la structure de sa société est une des clés qui lui ont permis de tenir la barre jusqu’à aujourd’hui, car ces mesures de risque me paraissent intolérables de nos jours dans l’industrie des fonds d’investissement. D’après mon expérience, les investisseurs préfèrent des programmes avec des rendements mensuels stables (pas de perte à deux chiffres) et une volatilité largement au-dessous de 20 %. En gros, ils cherchent les nouveaux Madoff et les gestionnaires de hedge fund s’y attèlent. 🙂

    Pour ceux que ça intéresserait, mon Warren Buffett du trading systématique c’est David Druz de Tactical dont vous pouvez apprécier la performance (+18 %/an) depuis 1981 en cliquant sur le lien suivant : http://www.tacticalnet.com/TacticalFuturesComposite.php. Je vous invite à lire son Disclosure Document dans lequel il évoque son approche du trading sur les marchés à terme et la façon dont il a développé ses systèmes de trading.

    Concernant l’effet de levier, j’y ai personnellement recours car je trade des ETFs à effet de levier, des options et je vends à découvert. Malgré cela, je n’ai jamais investi plus de 100 % de mon capital (en moyenne environ 70 % seulement) car je suis extrêmement conservateur. Mes recherches m’ont orienté vers ces produits à effet de levier, mais pour d’autres raisons que l’effet de levier (qui me servira sûrement à l’avenir !). Par exemple, les options de vente sur indice ont historiquement été chères et je crois continuent à l’être.

    Lex Liberty

  5. Bonjours à tous,

    Après la lecture de « l’effet Boule de neige », la biographie de Buffett, on comprenait très bien que l’un de ses avantages difficilement reproductibles pour l’investisseur particulier était la machine à cash que Warren était parvenu à créer à l’intérieur de Berkshire Hathaway. Nous en avions d’ailleurs parlé dans les 4 comptes rendus que nous avions consacré à ce livre.

    Avec cette réflexion, je trouve une nouvelle fois que le mythe Buffett générant du 25% l’an en faisant du Buy & Hold , s’effrite un peu plus, puisque nous savons désormais de manière mathématique que sans cette effet de levier le rendement de Buffett aurait été de 15% l’an. Il ne s’agit pas dans ce constat de dire que finalement Buffett n’est pas si terrible que cela, bien au contraire, le plus grand investisseur de tout les temps doit rester pour tout investisseur Value une source d’inspiration constante et de réflexions, mais effectivement, à condition que l’on oublie le mythe, pour appréhender le réel.

    J’ajoute aussi que la machine à Cash de Berkshire Hathaway est aussi composé d’abondant dividendes. Et ce qui m’avait frappé également dans « l’effet boule de neige » était le fait que Buffett a toujours et en tout temps disposé de cash abondant pour profiter des occasions, en plein reflux des marché voir en plein Krach.

    A quoi sert l’effet de levier que pratique Buffett sinon, pour disposer de cash à tout moment et surtout au bon moment. Et c’est pour cette raison qu’il me semble nécessaire de faire la différence entre un effet de levier Value et d’autre type d’effet levier employé dans le trading.

    Nous avons réfléchis à la question depuis pas mal de temps, pour le portefeuille « Daubasse » et donc pour notre club d’investissement, pour disposer de cash quand les bonnes occasions se présentent et si l’on associe donc des liquidités dont on peut disposer à tout moment quand se présente les bonnes occasions, nous pouvons donc dire sans problème que nous disposons également dans le club d’un effet de levier, avec ce que nous appelons les AK ou Augmentation de capital.

    En fait nous fonctionnons très différemment d’un fond commun de placement qui dispose toujours de beaucoup de cash (nouvelle entrée peu de sortie) après une période où les marchés se sont bien appréciés, juste par biais positif des investisseurs. Mais où le marché ne propose plus trop de belles occasions. Tandis que dans les périodes de fortes baisses, c’est l’effet inverse (beaucoup de sorties peu d’entrée) ce qui oblige le gérant à parfois devoir vendre certaines positions, pour créer du cash, et plus grave encore voit ces liquidités se réduire fortement, voir complètement, alors que les occasions pullulent. C’est en partie la raison pour laquelle les fonds communs de placement, génèrent très difficilement des rendements supérieurs aux indices ou au marché.

    C’est donc plutôt que Buffett, le fonctionnement des fonds de placement collectif qui nous ont amené, à l’effet de levier que nous pratiquons. En fait dans le club d’investissement des « Daubasses », aucun membre ne peut ajouter de sommes d’argent à sa guise. Mais seulement quand il existe des affaires sur le marché. Toutes nos AK, sont donc dictées par les occasions qu’offrent le marché. De ce fait, le club dispose également d’argent gratuit, si pas à tout moment, toujours au bon moment. S’il n’y a pas d’occasions sur le marché, voir de sociétés déjà en portefeuille à renforcer a bon prix, le club reste fermé aux nouveaux apports de liquidités.

    Nous pensons donc que nous avons adapté en partie et selon notre taille et notre manière d’investir, l’effet de levier employé par Buffett, avec le portefeuille « Daubasse » dans la situation qui est la sienne aujourd’hui.

    Je pense enfin pour conclure qu’un investisseur particulier peut également créer, un effet de levier Value adapté. Avec par exemple une épargne systématique mensuel destiné a être investie. Bien entendu, il faut faire preuve de discipline et garder ses liquidités, s’il n’y pas d’occasion et les employer à bon escient quand le marché offre des occasions.

    Si évidement, ces deux exemples sont des effets de levier bien plus limités que Warren Buffett et le Berkshire Hathaway, il n’en reste pas moins que si l’on associe « effet de levier » et liquidité dans une approche value, ces deux exemples me semblent tout à fait correspondre à la même idée, à des niveaux adaptés à la réalité, d’un club d’investissement ou d’un investisseur individuel.

  6. « aucun, c’est beaucoup trop dangereux » le raccourci me semble un peu vite fait. Bien maîtrisé, le potentiel peut être intéressant avec un risque sous contrôle. Et pourtant on peut quand même décider de ne pas l’utiliser.

    J’ai l’impression qu’il n’existe pas UNE definition de l’effet de levier mais une multitude. Je ne pense pas qu’on puisse comparer l’effet de levier de Warren Buffet avec l’effet de levier utilisé en trading sur de l’ultra court terme. Que ce soit en terme de risque, de durée, de rémunération…

    Reste qu’au fond, le principe est le même : utiliser une somme dont on n’est pas propriétaire comme catalyseur, afin de multiplier le potentiel d’une position. À la hausse, comme à la baisse. Est ce raisonnable ? Comme dans tout, l’excès peut être fatal, mais utilisée à bon escient la technique peut se révéler très utile.

    1. Je pense que vous avez raison Ade, sur le fait qu’il n’existe pas une seul définition de l’effet de Levier……!

      Pourrait-on alors tenter de faire une différence, entre l’effet de Levier Value et d’autre type d’effet de levier.

      De mon point de vue, j’aurais tendance a définir l’effet de levier value, comme essentiellement de l’argent gratuit, qui permet d’amplifier les gains parce que cet argent permet systématiquement des achats aux meilleurs prix.

      Les autres type d’effet de levier , de manière général, sont lié a des conditions. L’argent n’est pas gratuit / il faut que le rendement de l’investissement soit supérieur au coût de l’argent emprunté, pour que l’opération de levier soit satisfaisante. Ou encore l’argent est gratuit / mais aussi bien les gains que les pertes sont amplifiés, ce qui fait planer sur ce type d’effet de levier, un risque qu’il est nécessaire de maîtriser pour que l’effet de levier soit satisfaisant.

      Je ne suis pas certain d’avoir défini de manière optimal, ce que j’ai d’une part appelé l’effet de levier Value et les autres types d’effet de levier…..Mais si l’on se réfère a Buffett pour essayer de définir l’effet de Levier Value, il me semble assez clair que l’argent « emprunté » est gratuit……Je pense me souvenir que Buffet avait emprunté en 2008, en pleine tempête, a taux négatif. Mais sur le coup , je ne me souviens plus a qui……Il y a donc pour moi, l’idée d’argent gratuit, comme le free float de ces compagnies d’assurance, son principale effet de levier ajouté aux dividendes.

      S’il est compréhensible que les autres effets de leviers fassent peur, vu les conditions, L’effet de levier Value, ne me semble pas pouvoir être associé, car il n’est pas lié a une condition.

      1. Très bonne remarque Adé.

        Comme indiqué dans notre article, le levier en trading court terme est lié à des conditions de cours ou de temps, éléments peu maîtrisables pour un investisseur « value », sans doute un peu plus paramétrables pour un trader confirmé …mais là n’est pas notre approche.

        Par contre, un levier qui ne serait pas influencé par la volatilité des actifs sous jacents ou limité par le temps aurait tout son sens.

        Je pense que c’est ce genre de levier que doit rechercher l’investisseur dans la valeur, un peu comme l’investisseur en immobilier qui recourerait à un endettement modéré et raisonnable à long terme et à taux fixe pour financer son bien.

        Il restera une condition cependant :que le rendement obtenu soit supérieur au coût du capital et, comme le fait remarquer Pierre, l’idéal reste un levier gratuit ou presque.

    2. J’ai utilisé un peu de levier il y a deux ans. Une personne de mon entourage cherchait à avoir un rendement de 3% net par an sur quelques dizaines de K€, et je lui ai proposé de le lui payer en remboursant par annuités (le temps de prendre quelques dividendes au passage et de rémunérer mes liquidités).

      J’ai construit un portefeuille d’actions haut rendement (PDL Biopharma à 11%, Wal-Mart à 2,7% et Sanofi à 5,5%). Je jugeais ces dividendes tout à fait soutenables après analyse. Ce portefeuille m’a permis de payer les intérêt sans soucis et de me faire un peu plus de 54% de plus values pré-taxes sur le principal en deux ans. J’ai récemment rebalancé sur d’autres valeurs à haut rendement plus décotées à mon sens.

      De cette manière, j’ai un petit portefeuille à côté de mes portefeuilles principaux qui me compose quelques intérêts. Ce qui m’embête, c’est que je n’ai pas eu le courage de le gérer comme mes portefeuilles principaux qui ont été beaucoup plus productifs alors qu’ils ont très peu de rendement. Je me suis senti « forcé » à constituer une poche rendement et à prendre des entreprises que je n’avais pas particulièrement envie d’avoir dans mes portefeuilles principaux. J’en viens à me demander si ce n’est pas la raison pour laquelle Warren prend presque toujours des actions avec des dividendes : il est clair qu’il pourrait avoir de meilleures performances boursière, mais ne cherche-t-il pas à assurer le coup vu son levier ?…

      1. Oui Serge. D’ailleurs les sociétés cotées acquises par Berkshire Hataway sont, en générale, très peu volatiles comme le souligne l’article dont nous avons mis le lien.

        On peut imaginer que c’est la taille des capitaux sous gestion qui l’a forcé à modifier sa stratégie d’investissement en optant pour des big cap à faible beta mais dont il a amplifié le rendement grâce au levier. Si cela remet en question en partie ses performances d’investisseur pur (en partie seulement, surperformer le marché de presque 4 % pendant 36 ans, cela reste remarquable), il n’en demeure pas moins que Warren reste un excellent dirigeant d’entreprise pour avoir réussi à piloter ce « super paquebot » au mieux des intérêts des actionnaires.

        1. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Je pense que c’est clairement l’un des tous meilleurs dirigeants et allocateurs de capitaux, si ce n’est le meilleur (j’aime beaucoup Lampert aussi).

  7. J’utilise l’effet de levier sur mon portefeuille.

    J’ai 20 à 30% de mes titres achetés à crédit.

    J’utilise plusieurs sources pour y arriver :
    – crédit à la consommation (crédit amortissable) / avec un taux intéressant, mais des mensualités à payer,
    – crédit lombard : il faut mettre le compte titres en garanti et le montant est limité (mais taux TOP !), prêt in fine,
    – avance sur assurance vie : prêt in fine avec taux un peu cher…

    1. « avance sur assurance vie »

      En Belgique, on peut le faire sur l’assurance-groupe (une sorte de pension complémentaire payée par l’employeur ou par le chef d’entreprise pour lui-même).

      Perso, je n’y avais pas pensé mais peut-être une piste à creuser.

      1. L’avance sur AV coute en général : = MAX (fond euros + 1-2% ; TME + 1-2%)

        Coût fort, mais pas d’intérêt à rembourser ni de principal sur une durée maximum de 10 ans. Les assureurs demandent en général que cette avance ne dépasse pas 60% de la valeur du contrat d’assurance vie.

      1. Avec une banque en ligne, qui a arrêté à mon grand regret, la commercialisation de ce produit.
        Taux : 1,5% + euribor 3 mois
        J’avais 50k à 100k à l’époque en portefeuille. Prêt de 10k.
        Titres : actions et obligations, dans ma philosophie d’investissement => obligations un peu « junk », des smalls caps value/rendement et des big caps type FP/VIV.

        J’essaie de trouver un autre établissement pour ce type de produit, mais pour le moment, rien. Je suppose que tout dépend du montant en jeu (aller voir un CGPI ou une banque privée ?)

        1. J’avais fait un petit article sur le sujet sur mon blog :

          http://super-pognon.blogspot.fr/2011/05/leffet-de-levier.html

          Dans la gestion de mon portefeuille, je suis très conservateur, je garde une proportion de crédit équivalente à la poche obligataire.

          Après, on me dira, ta poche obligataire est pleine de junk bonds ! A moitié vrai… Mais je m’en sors à 7-10% sur cette poche et j’essaie de réduire la part de risque avec des titres décotés et semi-publics.

          Pour le Lombard, je pense que le gros courtiers peuvent en faire (interactive broker ?).

  8. Pour avoir lu le papier original, c’est même « pire » que ça, puisque si on exclu les années du partnership, la performance de BRK est similaire à un indice low beta leveragé à 60% !!!

    Sauf que c’est totalement non-reproductible.

    1) le coût du levier pour BRK est nul (son endettement lui coute moins cher que le gvt américain !)

    2) les actions low beta ont bénéficié totalement de la hausse de la consommation des biens de base depuis l’après-guerre, qui arrivent maintenant à saturation (même si les émergents prennent partiellement le relai)

    Mais effectivement, l’étude tord le mythe du non leveraging de Buffet ! 🙂

    1. C’est effectivement non reproductible pour un particulier mais cela met en exergue le talent de Buffett qui allie à la fois les qualités d’un grand investisseur avec celle de manager hors norme. « Grand investisseur » durant sa période « partnership » et « manager hors norme » durant la période « BRK ».

      Ceci dit, effectivement, ce n’est pas la première que nous relevons que Warren ne fait pas nécessairement ce qu’il dit et ne dit pas nécessairement ce qu’il fait.

  9. Ce n’est évidemment pas de l’investissement au sens de Ben Graham, mais il m’est arrivé de faire des achats au SRD (service de règlement différé) lorsque des actions solides ont connu des chutes irrationnelles et excessives (par exemple LVMH lors de la catastrophe de Fukushima). C’est une forme de levier, qui ne peut s’utiliser qu’à court terme, le SRD n’étant pas gratuit, contrairement à l’ancien « règlement mensuel », que les anciens de la bourse de Paris regrettent encore.

  10. Bonjour,

    Je réponds « aucun » mais pas « parce que c’est trop dangereux », mais « parce que c’est trop cher! ».
    En effet à part les prêts immobiliers qui sont en général a des taux intéressants (cf. exemple de Louis), je ne connais pas d’autres prêts a des taux suffisamment raisonnables pour être investis.
    En effet si on emprunte à 5% avec un inflation proche de zéro, le risque n’en vaut pas le gain potentiel!
    Mais je viens de découvrir le crédit lombard dans les commentaires, ca peut être intéressant à creuser.

    J’essaie d’appliquer plutôt ce que Pierre appelle le levier value, qui est à mon sens un effet de levier artificiel qui ne nécessite pas d’emprunter de l’argent mais plutôt d’en avoir de coté 🙂

    Michael

  11. Voilà, comment en tant que français, j’utilise un effet de levier qui rentre dans une stratégie purement long terme. Stratégie qui demande, comme toujours, une rigueur sans faille.

    J’utilise pour une petite partie de mon patrimoine financier un broker qui me permet de faire de l’effet de levier jusqu’à 3x. C’est à dire acheter pour 300 EUR en ayant déposé 100 EUR chez ce broker.

    Ma stratégie est la suivante, j’achète à crédit – gratuit ! – des titres de sociétés US ou canadiennes qui ont un gros ROE (potentielle franchise ? Plus sur les franchises ici et ici, et encore ici) avec 2 critères : il faut que la société distribue régulièrement des dividendes (et si possible en l’augmentant fréquemment) et qu’elle rachète sur le marché beaucoup de ses titres. Ainsi, non seulement, avec les dividendes, l’effet de levier se réduit de lui-même, et avec les rachats de titres, mes actifs croissent en valeur.

    A ce levier, je couple de la vente d’option PUT sur des titres daubasses (un exemple ici). Le rendement potentiel attendu est moins explosif que sur un portefeuille value, style pures daubasses, mais il permet de diversifier sur des bigs caps US avec une volatilité moins forte.

  12. Hello,

    En ce qui me concerne, j’utilise la formule suivante comme définition :

    Engagement_Des_Actifs_Qui_Peuvent_Varier / Valo . Avec Valo = l’estimation si je devais tous liquider (emprunts, vente immo, vente d’action, vente de tous les actifs)
    Ex :
    1/Cas d’un pret immobilier qui vient juste d’être fait : 10k de cash + pret de 100k qui reste à rembourser avec une estimation de 100 k pour l’immo : levier = 10 = 100k/ car valo = 10k de cash – 100k de pret + 100k si revente immo = 10k
    2/Cas d’une option : 10k de cash + 1k sur une position en option call dont levier actuel est 5 : levier = 5 = 5k / 1k
    3/Cas d’un CFD : 10k de cask + 100k de position en action : levier = 10 = 100k / 10k

    Dans le cas global il suffit de sommer. On peut aussi être plus fin aves des leviers par secteur.

    J’utilise aussi la formule suivante : couverture = 1/ levier. Dans ce cas là, la couverture indique la perte potentielle que l’on peut subire avant d’être en banqueroute. Ex : en levier 3, 1 / 3 = 33%, si tous les actifs baissent de 33%, on n’a plus rien.

    Personellement j’utilise les CFDs et pour moi je trouve que ca revient exactement à faire un prêt à taux Libor + 2.5% (+/- 4% actuellement) pour acheter des actions. Malheureusement cela n’est pas possible pour toutes les actions, surtout les daubasses, parfait sur des bigs caps par contre…

  13. « si Monsieur Buffett n’avait pas profité du levier de 60 %, son rendement aurait plus modeste : 14,1 % par an »

    Donc si cette analyse est exacte, cela voudrait dire que a levier équivalent, Mr W.Schloss a fait mieux que son compatriote Warren ? (15.6% pour Walter sur 45 ans)

      1. Mais sérieusement, cela remet en cause la vision que j’ai de Buffet comme « le big boss ». Apres cet article, j’ai vraiment l’impression que d’autre investisseurs sont tout aussi bons voir meilleurs: Peter Lynch 29.2 % en moyenne sur 13 ans. C’est plus court comme période mais c’est plus du double du rendement moyen de Buffet.

        PS : P.Lynch disait lui même que Buffet était le meilleur d’entre eux .. mais il aurait dit le contraire cela aurait fait un peu prétentieux ^^

        1. Lynch est évidemment un excellent investisseur mais durant sa période « Partnership », Buffett a obtenu un rendement équivalent sur une durée plus ou moins semblable.

          Toute l’intelligence de Buffett a été de s’adapter à la nouvelle donne, c’est-à-dire l’importance de ses en-cours sous gestion et, ainsi, de défier le marché quelles qu’en soient les conditions.

          Mais de toute manière vous nous connaissez : s’inspirer des grands maîtres oui … mais jamais en les « gourourisant ».

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