Nos prévisions de marché pour les années à venir …

Bien sûr, cher (e) lecteur(trice), depuis les années que vous nous suivez, vous savez pertinemment que nous ne sacrifions généralement pas à ces traditions du changement d’années, que jamais nous ne jouons aux Pythies …

Mais nous aimerions ici, à la suite de l’article de la semaine dernière, traiter de la complémentarité de notre nouvelle catégorie des RAPP avec les VANN/VANE par une petite réflexion sur le marché, réflexion toute personnelle et qui n’engage que nous.

Tout d’abord, imaginons que le futur boursier soit caractérisé par un marché haussier en continu avec plusieurs petites corrections et 2 crashs, finalement la continuité de ce que nous avons connu depuis plusieurs décennies.

Dans un tel cas de figure, acheter des « bonnes » sociétés avec un petit avantage concurrentiel et à prix correct devrait s’avérer payant.

Investir en fonction d’une décote sur les actifs nous semble nettement plus difficile dans ce type de marché car, sur 30 ans, voire plus, il y a deux grosses opportunités (précisément au moment des krachs), ensuite les opportunités se raréfient. C’est pour cette raison que nous pensons aujourd’hui qu’il nous faut une catégorie qui nous permette d’acheter de la rentabilité à prix attractif sur toutes les corrections mineures et sur toute raréfaction des opportunités d’acheter des actifs décotés.

Imaginons à présent qu’à l’avenir, nous connaissions un marché en dents de scie. Par exemple, que  tous les 3 ans, le marché gagne 100% et qu’ensuite, sur 1 an et demi, il baisse de 50%. Si ce type de marché durait pendant 20 ans, eh bien La Palice lui-même constaterait qu’après 20 ans, les indices seraient toujours au même niveau.

Acheter des bonnes sociétés avec un avantage concurrentiel et à prix correct serait probablement décevant dans ce cas de figure : les gains seraient sans doute très minces pour les meilleurs et les rendements nuls ou négatifs majoritaires.

Par contre, investir sur les actifs décotés serait vraisemblablement plus facile : il suffirait de ramasser les plus belles décotes sur l’année et demi de correction et le process ferait revendre la plus grande partie au niveau de la VANT dans les 3 ans suivants, ce qui nous procurerait des liquidités pour réinvestir à la correction suivante. Détenir des sociétés Rentables A Petit Prix (RAPP) ne serait pas vraiment utile même si, sans doute, quelques-unes pourraient entrer dans le portefeuille à certain moment !

Voilà les deux paysages « en carton-pâte » posés. Le seul problème, c’est que personne ne va savoir à l’avance si un marché haussier de 30 années supplémentaires a démarré avec 2-3 crashs et des corrections mineures ou si le marché va plutôt poursuivre en dent de scie.

Ne sachant pas à quel type de marché nous allons devoir affaire dans le futur, nous avons donc choisi en introduisant les RAPP couplées aux VANN et aux VANE, de tenter de performer dans tout type de marchés.

Si le marché est haussier en continu, notre performance sera peut-être un peu moins éloquente que les « fans de Buffett », adeptes du « buy and hold » sur des sociétés à gros avantages concurrentiels  mais elle sera probablement très correcte malgré tout.

Si le marché est en dent de scie, nous avons la conviction que nous battrons les marchés à plat de couture.

Bill Gross, qui fait partie des plus grand investisseurs de tous les temps, se demandait qui serait capable de s’adapter à un autre marché qu’un marché haussier et disait aussi qu’il n’était pas certain que les plus grands dont Buffett, Soros ou lui-même pourraient forcément s’adapter dans un autre type de marché et que leur performance ne serait peut-être pas la même. Ce qui lui faisait dire que ce n’est pas l’investisseur qui est un génie mais plutôt que c’est le type de marché qui fait de certains investisseurs des génies. Et, implicitement, que dans d’autres types de marché, ce n’aurait peut-être pas été les mêmes qui auraient été taxés de « génies ».

Notre idée d’acheter soit des actifs, soit de la rentabilité à bon prix, selon ce que nous offre le marché, est donc la modeste réponse que nous avons apportée à la réflexion de Bill Gross : nous pensons qu’avec ces deux catégories, nous avons un avantage statistique à long terme.  C’est pour cela que nous sommes confiants même si toutes les années ne seront pas à +308 % comme en 2009…  ni à -15%, comme en 2011 et qu’il y aura aussi du +38% ou du +5% et du -25% ou du -6% de temps à autre.

 

8 réflexions au sujet de « Nos prévisions de marché pour les années à venir … »

  1. Bonjour,

    Merci pour cette réflexion intéressante.

    Concernant vos deux stratégies (actifs et rapp), allez-vous prêter attention au poids de chacune d’elles au sein de votre portefeuille (pour viser un 50/50 dans l’idéal) ou bien agirez-vous selon les opportunités du moment ?

    Cordialement,
    Phil

  2. bonsoir,

    bref : trouver la valeur où elle est, quelle qu’elle soit, et savoir se attendre, se retirer si il n’y a rien à acheter.
    je ne suis pas inquiet, nos amis des daubasses sauront très bien s’adapter, ils l’ont prouvé en devenant chercheurs de net-nets.
    leurs lecteurs eux, devront comprendre que l’on n’a pas à être actifs en permanence, et que la performance ne se constate pas au jour le jour, années après années, mais sur la globalité d’une longue période.
    sur un cycle? pourquoi pas, justement!

  3. Bonjour,

    Je vois que le pétrole est au plus bas depuis très longtemps. Avez-vous prévu d’investir sur cette commo ?

    Merci.
    Bonne soirée.
    Nicolas

    1. Bonjour Nicolas,

      Nous n’investirons pas  » sur le pétrole » ou sur n’importe quelle autre matière première. Nous investissons uniquement dans des sociétés sous-évaluées … et il se peut qu’il y ait des sociétés qui soient influencées par les cours du pétrole parmi celles-ci. Ainsi, pour l’heure, il y a une société de ce type au sein de notre portefeuille et nous en avons présentée une autre (que nous n’avons pas encore achetée) à nos abonnés … et nous venons de vendre, il y a quelques heures, une parapétrolière après un doublement de son cours en moins de 9 mois … comme quoi, une chute du pétrole n’entraîne pas nécessairement une chute des cours des sociétés qui lui sont liées.

  4. Pour ma part, si ce n’est que la logique m’amène à croire que des taux d’intérêt aussi bas ne peuvent perdurer à l’infini, je pense que les taux vont commencer à grimper un peu aux U.S.A. puis par la suite au Canada.

    Dans un tel contexte, les investisseurs ont tendance a sortir des capitaux du marché boursier pour les engloutir dans d’autres instruments financiers jugés plus sécuritaires.

    Cependant, il existe une grande différence présentement. Les économies mondiales, oui reprennent du mieux, mais sont quand même fragiles. Une trop forte remontée des tuax d’intérêt entraînerait sûrement l’économie mondiale en ralentissement qui pourrait se traduire en récessions globale.

    Temps que l’inflation reste sous les cibles des banques centrales, il n’y a pas d’urgence de monter les taux. Cependant, il va de soi que les taux devront monter à un certain moment, car sinon, les banques centrales n’auront aucune marge de manœuvre pour les abaisser lors du prochain ralentissement économique.

    Il faut aussi garder à l’œil la menace de déflation, qui est peut-être encore pire que celle d’une forte inflation.

    Pour le reste, je vais continuer, comme à l’habitude de rechercher des entreprises remarquables, dédiées à l’enrichissement des actionnaires, valorisées raisonnablement par le marché et, en rester actionnaires aussi longtemps que le plan de match suit son cours.

    Martin

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