Archives de catégorie : Analyse Financière

Analyse financière : les méthodes de valorisation des stocks

Le poste de « stock » est, selon nous, un poste très sensible pour « l’analyste » qu’il soit professionnel ou simplement, « du dimanche » comme vos humbles serviteurs. En effet, la comptabilisation d’un stock peut avoir une influence considérable, non seulement sur la valeur de l’actif de l’entreprise analysée mais aussi sur son résultat.

En effet, lorsque l’on calcule le résultat comptable d’une société, le changement de valeur du poste d’inventaire est pris en compte : lorsque le montant du stock augmente, on l’ajoute au bénéfice comptable, lorsqu’il diminue, on le soustrait du bénéfice comptable.

Nous vous avions déjà expliqué notamment dans cet article, la méthode que nous utilisions pour tenter de déterminer si la  valeur du stock reprise au bilan était rationnelle par rapport à sa « vraie » valeur commerciale.

Nous pensons aussi que, selon les règles d’évaluation utilisées par la direction, les stocks peuvent également être influencés fortement quant au montant qui déterminera ce poste du bilan. Continuer la lecture de Analyse financière : les méthodes de valorisation des stocks

Petit jeu sans enjeu : quelle société choisiriez-vous ?

 Cette semaine, nous avons décidé de vous parler de deux sociétés américaines œuvrant dans le secteurs technologique, plus précisément dans le services aux entreprises.

Nous avons volontairement choisi de vous présenter, cher lecteur, ces entreprises de manière assez ludique puisque nous ne vous dévoilerons les noms de ces deux entreprises que la semaine prochaine.

En fait, il s’agit de faire une comparaison, dans la pure tradition de Benjamin Graham, afin de voir laquelle des deux est la plus attrayante et vous tenterait éventuellement pour y investir.

C’est donc une réflexion sur la valeur que vous nous proposons…

En préambule, nous pouvons dire que ni la première société que nous nommerons A, ni la seconde société que nous nommerons B, n’a le moindre avantage concurrentiel. Par contre les différences dans le bilan sont assez importantes comme vous allez pouvoir le constater. Et nous pouvons aussi dire que les besoins de financement sont extrêmement réduits pour les deux sociétés.

Société A : cote actuellement à 1$

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Le tableau des flux de trésorerie et la valeur des immobilisations corporelles

La semaine dernière, nous vous avions expliqué, cher lecteur, toute l’utilité du tableau des flux de trésorerie pour tenter de mesurer la juste valeur des postes de l’actif courant.

Mais il y a mieux ! En effet, cet outil nous semble aussi tout aussi utile, si pas plus, pour déterminer si les immobilisations corporelles sont bien inscrites  à leur juste valeur. 

En effet, certaines immobilisations conservent de la valeur sur une assez longue période (comme un bâtiment ou un terrain).  D’autres en perdent assez vite (par exemple : du matériel informatique). 

Il se pose alors une question : comment savoir si la valeur reprise dans les comptes pour ces immobilisations correspond bien au prix que l’on en obtiendrait si on les réalisait immédiatement ? Continuer la lecture de Le tableau des flux de trésorerie et la valeur des immobilisations corporelles

Le tableau des flux de trésorerie : une autre protection contre la magouille

Il est un outil à la disposition d’un l’investisseur value dont nous n’avons pas traité jusqu’à présent : c’est le tableau des flux de trésorerie.

Comme vous le savez, cher lecteur, les flux de trésorerie ne nous intéressent pas outre mesure car notre approche est basée essentiellement sur les actifs des sociétés. Néanmoins, nous pensons que, grâce à ce tableau, il est possible de se faire une idée de la qualité de ces actifs et ce, au travers de deux approches. Dans cet article, nous aborderons l’approche qui permet de vérifier la qualité des postes de l’actif courant. Ultérieurement, nous vous proposerons une méthode qui pourrait nous aider à vérifier la valeur des immobilisations corporelles.

Dans un précédent article, nous vous avions expliqué les filtres que nous mettions en place pour nous protéger, autant que possible, d’une direction indélicate.

Ces filtres ne sont malheureusement pas suffisants pour nous protéger. Si une direction est effectivement malhonnête et retorse, il est possible que les boursicoteurs du dimanche que nous sommes se fassent purement et simplement « rouler dans la farine » malgré toutes les précautions que nous aurions prises.

Récemment, nous avons vendu les misérables ruines qui subsistaient de notre flamboyante ligne en T-Bay Holding.  Résultat des courses : une perte de presque 90 % de notre investissement initial et le sentiment de nous être pris les pieds dans le tapis et surtout, d’avoir été menés en bateau par la direction de cette société. Comme nous vous l’avions signalé, nous soupçonnons que les ventes annoncées par la direction étaient en réalité fictives et donc, que les créances commerciales qui résultaient de ces ventes et qui constituaient le principal actif de la société n’avaient aucune consistance.

 

Aurions-nous pu détecter ce problème ?

Certes, il y avait bien un allongement anormal du délai moyen de paiement des clients mais nous en tenions compte dans notre valorisation, exigeant par là même une marge de sécurité supplémentaire. Mais les stocks étaient inexistants, la solvabilité excellente et en augmentation, les charges financières quasiment absentes et le fonds de roulement positif.

Et pourtant, quelque chose aurait pu, si nous y avions accordé de l’attention, nous mettre, au moins partiellement, la puce à l’oreille : c’est le tableau des flux de trésorerie ou « cash flow statement ». Ce tableau permet de distinguer les origines des entrées et sorties de trésorerie d’une entreprise ainsi que de justifier les causes de sa position de trésorerie ou, le cas échéant, de sa position d’endettement.

Dans le cas de T-Bay, nous nous intéressons au haut de ce tableau, celui des flux des activités opérationnelles. Nous pouvons découper ce type de flux en trois parties :

  • le résultat opérationnel de la société
  • les charges non décaissées et les produits non encaissés
  • la variation du besoin en fond de roulement

Le résultat opérationnel n’appelle pas vraiment d’explication : c’est simplement le résultat obtenu par l’activité industrielle et commerciale de la société avant les charges financières et les impôts.

Les charges non décaissées sont des charges qui, comme leur nom l’indique, ne donnent pas lieu à des sorties de cash pour l’entreprise : par exemple les amortissements des actifs ou des provisions pour créances douteuses.

Nous revenons plus en détail sur le besoin en fond de roulement. Il correspond à l’argent « bloquée » par la société pour financer son cycle d’exploitation, autrement dit, l’argent qui est immobilisée entre le moment où la société paie son personnel et ses fournisseurs et le moment où elle encaisse effectivement les factures de ses clients. En gros, on calcule sur base de la formule suivante : stocks + créances – fournisseurs. La variation du besoin en fond de roulement calcule la différence entre le besoin en fond de roulement de l’exercice précédent et celui de l’exercice clôturé. Et si le besoin en fond de roulement augmente (autrement dit si les stocks et les créances augmentent plus vite que les dettes fournisseurs), la trésorerie disponible pour la société diminue à due concurrence puisqu’elle se retrouve immobilisée dans le cycle d’exploitation.

 

Mise en pratique avec T-Bay Holding

Après ce petit préambule technique, nous vous proposons d’analyser le flux des activités opérationnelles de  ce gros « foirage » que fut T-Bay Holding.

Nous nous basons sur les comptes arrêtés en mars 2009 : ce sont eux qui ont servi de base à notre décision d’investir.

Première ligne de nos flux d’exploitation : le résultat. Ici, pas de surprise : T-Bay présentent une perte de 8 713.  Normal : c’est une daubasse après tout.

Nous ajoutons ensuite les charges non décaissées pour obtenir l’excédent brut d’exploitation (ou EBITDA) : très joli de la part de  T-Bay holding qui, après ces redressements, présente un « déficit brut d’exploitation » de seulement 1 584. En effet, la majeure partie des pertes étaient due à des provisions pour créances douteuses qui constituent bel et bien des charges comptables mais pas des charges décaissées, du moins tant que la perte n’est pas confirmée et définitive. Nous avions remarqué cela lorsque nous avions décidé d’acheter la société et avions mis cela sur le compte de la grande prudence de la direction quant à ses règles d’évaluation. Hélas, si nous avions pris la peine de passer à la troisième étape, nous aurions compris qu’il ne s’agissait pas de prudence mais, au mieux, de réalisme.

3e étape : nous ajoutons la variation du besoin en fond de roulement si ce besoin a diminué (puisque la société a, dans ce cas, libéré de la trésorerie de son cycle d’exploitation) ou la soustrayons si le besoin a augmenté.

Chez T-Bay, alors que les ventes se « krachaient » de 24 % d’une année à l’autre, le besoin en fond de roulement explosait à la hausse. Bizarre tout de même : une société qui vend moins et voit ses en-cours clients augmenter ! Ainsi, en raison de cet augmentation, le flux de trésorerie de T-Bay Holding s’établissait finalement à  un montant négatif de 6 764.

Cette démonstration, si elle ne nous aurait probablement pas empêché d’investir dans la société, nous aurait cependant mis « la puce à l’oreille » et peut-être nous serions nous dégagés plus tôt ou, à tout le moins, aurions nous  évité de nous renforcer sur cette position.

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