Pile je gagne un peu, face je gagne beaucoup

Voilà cher lecteur, le genre de situation dans laquelle les dés sont « pipés » dès le départ puisque le joueur, en l’occurence ici l’investisseur « value », gagne à tous les coups.

C’est exactement ce qui s’est passé avec Netlist. Nous avons acheté quelques actions de cette société le 20 mai 2009 à un prix de revient, frais de courtage inclus de 0,308 usd.

Dans l’analyse que nous vous avions présentée, nous expliquions tout d’abord que notre risque de perte était réduit puisque notre calcul de la valeur de la société en cas de liquidation volontaire était de 0,90 usd (la marge de sécurité par rapport à notre prix d’achat était donc très confortable).

Mais nous expliquions également :  » … si nous restons concentrés sur ses actifs, nous pensons que la société garde un potentiel intéressant par rapport à ses collatéraux d’autant qu’il existe probablement un actif que nous n’avons cependant pas pris en compte faute de pouvoir l’évaluer ou même, plus simplement, de vérifier son existence : il s’agit du « know how » de la société. Ainsi, au cours des 4 dernières années, la société a dépensé plus de 0,90 usd par action en frais de recherche et développement (soit autant que la valeur total d’actif net que nous avons calculée). On peut supposer que ces frais de R&D ont permis à Netlist d’acquérir un savoir-faire qui pourrait intéresser un concurrent. Néanmoins, faute de n’avoir pas encore pu réellement rentabiliser ce savoir faire, nous pensons qu’il ne faut le considérer que comme une « éventuelle cerise sur le gâteau ».  »

En réalité, nous nous sommes trompés car ce n’est pas une cerise qu’il y avait sur ce gâteau mais … une énorme pastèque.

La semaine dernière, Netlist annonçait le lancement d’un « machin-pour-serveur-plein-de-gigas » auquel, reconnaissons le, nous ne comprenions pas grand chose si ce n’est que ça semblait réellement révolutionnaire. Sur cette nouvelle, le cours s’est littéralement envolé, dépassant très rapidement la valeur de mise en liquidation que nous avons calculé (de même d’ailleurs que toutes les autres valeurs).

Nous avons cependant décidé de conserver l’action : non seulement la montée du cours semblait bel et bien reposer sur une information bien tangible, mais elle se faisait dans des volumes très importants et qui allait en augmentant jour après jour (comme si petit-à-petit, les « spécialistes » prenaient la mesure de l’importance de la nouvelle). Cette augmentation progressive des volumes nous laissaient penser que les « connaisseurs » n’achetaient pas sur un « coup de tête spéculatif » mais bien après avoir étudié et analysé la nouvelle.

Ainsi, depuis mercredi dernier, l’équivalent de 100 % du capital de la société a changé de main.

Aujourd’hui, nous avons cependant cédé nos actions au cours de 5,08 usd soit 16,5 fois notre coût d’achat (avant effet devise).

Ceci démontre le cas de figure idéal pour un investisseur « dans la valeur » : si Netlist avait « mal tourné », nous avions tout de même acquis des actifs bien tangibles qui garantissait la valeur de notre investissement mais nous pouvions aussi espérer que la société « tourne bien » et nous permette de « gagner gros ». Bref : pile je gagne un peu, face je gagne beaucoup …

Bien entendu, nous allons prévenir nos abonnés de l’usage que nous allons faire des abondantes liquidités dégagées par la vente de ce « multiple bagger ».

8 réflexions au sujet de « Pile je gagne un peu, face je gagne beaucoup »

  1. La grande classe : nos Dirigeants des Daubasses ! J'aime par dessus tout les arguments d'une implacable logique et plein de bon sens dommage pour le coté très prudent et raisonnable (et donc trop timoré ) de la gestion des objectifs de cours .. .perso, je préfère y rajouter le CNMH ( cours normal moyen historique ), il reste bigrement logique malgré tout … merci encore et super bravo à l'équipe des Daubasses. Dominique

  2. Sacré Dominique !Tu y tiens à ton CNMH :-))N'empêche que tu vendras peut-être Netlist plus cher que nous grâce à lui …

  3. Et l'or ? N'y a-t-il pas un comportement irationnel vis à vis de ce métal ?Comment un investisseur value pourrait-il évaluer l'or pour répondre à cette question ?

  4. Bonjour cher lecteur,Ne comptez pas sur nous pour vous donner un avis sur l'or : nous ne comprenons rien à ce qui fait son attrait, du moins comme support d'investissement.Et il nous est impossible de mettre une valeur sur ce vulgaire métal. Tout simplement parce que nous ne comprenons pas à quoi "ça sert" : le pétrole, les métaux à usage industriel ou les matières premières agricoles ont bien un usage dans la "vraie vie" mais l'or ? … mis à part quelques applications en bijouterie ou dans l'industrie. En gros, nous pensons que l'or n'a de VALEUR … que parce qu'on la considère comme VALEUR refuge. Et les paramètres qui permettent de déterminer la vraie valeur à accorder à ce statut nous dépassent totalement.Warren Buffett (qui ne dit pas que des bêtises) a dit à ce sujet : «Si des martiens nous observaient, il y a une activité humaine qu'ils ne comprendraient pas : les humains investissent du temps et de l'argent en quantité phénoménale pour trouver un produit pour ensuite l'enfouir dans un coffre et ne plus jamais y toucher». Bref l'or est peut être un excellent investissement … mais ne comptez pas sur nous pour le dire.

  5. Bonjour,Même si je ne partage pas votre philosophie d'investissement je consulte régulièrement et avec plaisir votre blog,votre travail est remarquable et je tiens à vous féliciter.Au regard de vos performances il n'y a évidemment pas grand chose à vous "reprocher".Mais quand même je me pose une question;votre portefeuille n'est-il pas "trop" diversifié?Pourquoi autant de lignes?Est ce une stratégie "calculée" ou simplement un principe de précaution?Merci,à bientôt.Antoine.

  6. Bravo pour ce joli coup l’équipe ! Cependant malgré cela quelque chose me gène : le PROCESS, je me permet de vous critiquer sur ce point :

    Je vous cite :

    « Nous avons cependant décidé de conserver l’action : non seulement la montée du cours semblait bel et bien reposer sur une information bien tangible, mais elle se faisait dans des volumes très importants et qui allait en augmentant jour après jour (comme si petit-à-petit, les « spécialistes » prenaient la mesure de l’importance de la nouvelle). Cette augmentation progressive des volumes nous laissaient penser que les « connaisseurs » n’achetaient pas sur un « coup de tête spéculatif » mais bien après avoir étudié et analysé la nouvelle. »

    premièrement, vous avez fait un écart fait un écart à votre méthode, vous n’avez pas vendu au prix que vous aviez fixé au départ.
    deuxièmement vous l’avez fait selon moi pour de mauvaises raisons. J’ai l’impression que vous avez fait de la pure spéculation, je m’explique :
    – vous n’avez pas vendu non pas parce que vous pensiez que la valeur intrinsèque était plus haute mais parce que vous pensiez que les acheteurs allait continuer à se présenter.
    – pire encore vous pensiez que le « marché » était mieux informé que vous et donc qu’il avait forcément raison.
    – vous prenez en compte des critères ( comme le volume ) qui ne sont pas du tout fiable pour dire que la hausse n’est pas « finie » et qui sonne mal dans la bouche d’un investisseur value je trouve ^^.

    Voila pour la petite critique mais je penses que malgré tout cette spéculation n’était pas très risqué au vu de votre prix d’achat

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