Monsieur, pourquoi ne comprenez-vous jamais rien aux daubasses ?

Rassurez-vous cher lecteur, ce n’est pas vous que nous apostrophons ainsi (vous qui d’ailleurs pouvez très bien être une lectrice) mais bien le meilleur allié des investisseurs dans la valeur : Mr Market.

Ainsi, hier, nous apprenions qu’une de nos participations, Nu Horizon Electronics annonçait que son principal fournisseur, Xilinx, avait décidé de mettre fin au partenariat entre les deux entreprises.  Et le cours de Nu Horizon de chuter d’une trentaine de pourcents suite à cette annonce.

Nous avons tenté de comprendre quelles sont les conséquences de cette annonce.

Certe, 32 % du chiffre d’affaires de Nu Horizon Electronics est réalisé sur des produits « Xilinx ».  Et forcément, à court terme et probablement à moyen terme, l’entreprise va perdre cette part de chiffre d’affaires.

Et pourtant, nous répondons, interloqués : « et alors, qu’est-ce que ça peut bien faire ? »

Il faut d’abord savoir que Nu Horizon est un revendeur.  Autrement dit, la plus grosse part de ses frais est variable puisque constituée des marchandises achetées :  une marchandise que l’on ne vend plus ne doit plus être achetée.

Il faut également savoir que le stock de Xilinx détenu par Nu Horizon peut être retourné au fournisseur à ses frais.  Il se fait que ce stock pèse 2,21 usd par action.  Et donc, voilà qu’à terme, Nu Horizon va voir une partie de son stock transformée … en cash pour l’équivalent de 67 % de son cours actuel.

Quels sont alors les scenarii pour la suite ?

–         Celui qui semble privilégié par la direction est de réaffecter les moyens matériels, financiers et humains au développement des produits des autres fournisseurs, voir de développer de nouveaux partenariats.  Ce scénario ne semble pas inenvisageable d’ailleurs : il est possible que d’autres fournisseurs ait refusé de collaborer avec Nu Horizon en raison même d’un partenariat privilégié avec un concurrent.  Evidemment, nous entrons là dans le domaine des conjectures, domaine que nous tentons au maximum d’éviter dans nos décisions d’investissement.

–         Un autre scénario serait d’adapter la structure de frais à la nouvelle taille de l’entreprise et de distribuer aux actionnaires le cash excédentaire.

Ce qui nous semble en tout cas  excessif, c’est la réaction du marché (et des analystes) suite à cette annonce.  Imaginons que la société doive se restructurer et que cette restructuration coûte à l’entreprise l’équivalent de trois mois de l’ensemble de ses frais de fonctionnement (ce qui nous semble énorme) : la valeur d’actif net tangible serait encore de 5,63 usd … à comparer à un cours actuel de 3,31 usd.

Cette affaire nous semble assez révélatrice de la manière dont le marché interprète une nouvelle : en utilisant des raccourcis pour tirer des conclusions comme dans le cas présent : arrêt de la collaboration avec un fournisseur ==> les produits du fournisseur représentent une grosse part des ventes ==> la société va perdre une grosse part de ses ventes ==> je vends à tout prix.

Nous n’avons évidemment pas la certitude que le raisonnement que nous avons tenu soit le bon mais nous pensons que celui de Mr Market, ce grand allergique aux « daubasses », n’est quant à lui certainement pas « juste ».

10 réflexions au sujet de « Monsieur, pourquoi ne comprenez-vous jamais rien aux daubasses ? »

  1. Je suis tout à fait d’accord avec vous. Le marché réagit toujours ainsi quelque soit la valeur de la société et pour moi, c’est à ce moment qu’il faut se renforcer, ce que j’ai fait avec Nu horizons

  2. Bonjour,

    Quel courtier utilisez vous pour passer vos ordres à l’etranger? et notamment en Chine ?.

    les valeurs européennes peuvent elles integrer un PEA ?.

    Vous donnez bien le code mnemonique lors des recommandations ?.

    Merci.

    Sébastien

  3. Bonjour Mathot, Sébastien et Jérémie,

    Nous travaillons avec Keytrade qui donne accès à l’ensemble des marchés européens et américains. Les sociétés chinoises que nous acquérons sont toutes cotées sur un marché américain comme le signale Jérémie. En tant que résidents belges, nous ne maîtrisons pas les arcanes de la fiscalité mobilière française mais il semble bien que les valeurs de l’UE puissent intégrer un PEA.

    Nous ne faisons aucune recommandation : nous offrons une liste de sociétés qui répondent à NOS critères d’investissement, nous expliquons quelles sont les opérations que nous menons et pourquoi nous les menons, nous donnons notre vision de la valeur de certaines sociétés mais nous ne recommandons rien à personne. Le ticker de chaque société est bien indiqué sur les listes que reçoivent nos abonnés.

  4. Vous passez par keytrade ,j’ai vu sur le site que l’ordre était facturé pour les marchés US à $ 29.95 par tranche de 0 à 50 000 $ c’est bien ca ? .

  5. Qqs points :

    – La valeur d’un stock n’est pas toujours facile a déterminer. Une pétrolière a la valeur de ses stocks qui fluctue avec le cours du baril. Pareil pour les sci, les minières…
    – Des entreprises ont une consommation de cash très rapide. Après l’éclatement de la bulle internet, pas mal de petite boites ne valaient même pas le cash en caisse. Au bout de 3 ans, la plupart ont pourtant fait faillite… Quand on fait 100 de chiffre d’affaire avec 50 de perte, le cash ne vaut pas tant que cela… Les PDG sont des salariés comme les autres. Ils siphonent jusqu’a la mort.
    – Si la rentabilité du cash en caisse est inf° a un autre placement, pourquoi valorisé le cash en caisse a sa valeur de cash ?

  6. Bonjour Executive,

    1. Entièrement du même avis que vous : c’est pourquoi, lorsque nous déterminons la valeur de mise en liquidation d’une société, nous prenons souvent une très grosse marge de sécurité sur ce poste.

    2. ici aussi nous partageons votre point de vue et nous l’avons d’ailleurs appris à nos dépens avec Heelys par exemple qui cotait très largement en dessous de son cash net de toute dette mais qui a brûlé ce cash à la vitesse de l’éclair. Depuis, nous jetons un coup d’oeil sur l’Ebtida de la société.

    3. parce que nous pensons que ce cash peut être valorisé ailleurs que dans l’exploitation proprement dite de la société, soit en cas de liquidiation volontaire, soit par rachat d’actions ou distribution de dividende ou encore être considéré à sa juste valeur par un repreneur potentiel.

  7. Bonjour ,

    Avez vous  » backtesté  » les performances de votre méthode d’investissement sur une période de 5 ,10 ou 20 ans ?, ou y a t’il des études qui prouvent que en prenant le « x » pourcentage des meilleurs daubasses sur le marché ont obtient un rendement de tant de % l’an ?

    Y a t’il aussi des périodes ou les daubasses sont momentanement delaissées en ayant un rendement sous les indices voir carrement négatif .

    Prenez vous en compte les achats d’initiés dans votre recherche des meilleurs daubasses ?.

    Quel est le surnom anglais des daubasses ? .

    Merci .

    Sébastien

  8. Bonjour Sébastien,

    1. Nous n’avons pas « backtesté » la méthode … pour la simple raison qu’il ne s’agit pas d’une méthode « automatique » mais bien résultant d’un travail d’analyse basé d’une présélection « semi automatique » : avant d’être analysés, les comptes des sociétés doivent être retraités en fonction des dilutions possibles, de la rotation des actifs courants ou de la valeur d’acquisition des immeubles. Et il est impossible, sauf travail de bénédictins et engagements d’une dizaine d’analystes à temps plein, de retraiter les comptes de toutes les sociétés sur une période suffisamment longue pour « backtester » la méthode. Et puis, si vous commencez à comprendre notre philosophie, vous vous doutez bien que ce genre de statistique ne nous intéresse que très faiblement : ce qui compte, c’est que le raisonnement nous ayant amené à déterminer une sous évaluation dans telle ou telle société soit correct et non qu’une quelconque statistique ne nous indique qu’il convient d’acheter ou pas. Personne ne détient la « pierre philosophale » en bourse : pas plus nous que qui que ce soit d’autre. Par contre, il est des approches et des philosophies d’investissement qui, appliquées avec rigueur et bon sens, peuvent permettre de faire mieux que le marché et nous sommes convaincus que notre approche continuera de le permettre à long terme. Certains ont malgré tout testé la méthode « net net » de manière 100 % automatique et nous avions d’ailleurs fait un article à ce sujet ici : http://blog.daubasses.com/2009/06/10/pourquoi-nous-investissons-dans-des-daubasses-bis/

    2. Il est évident que notre méthode ne nous permettra pas de battre le marché dans toute les conditions possibles et certainement pas d’avoir un rendement en permanence positif : seul Maddof est capable de ce genre d’exploit. Nous sommes même psychologiquement prêts à des périodes de sous performance … tout ayant la conviction que, sur longue période, nous dégagerons un rendement significativement supérieur à la moyenne. Mais si vous pensez que quelqu’un détient la « formule magique » pour battre significativement le marché en permanence, éviter les années négatives et conserver une faible volatilité, nous vous le disons tout net : n’investissez pas en bourse parce que ça n’existe pas même parmi les plus grands des investisseurs.

    3. Pour l’instant nous ne tenons pas compte des achats d’initiés même s’ils peuvent représenter un filtre intéressant. Mais nous savons que certains de nos abonnés vérifient ce point parmi les sociétés des listes qu’ils reçoivent avant d’acheter.

    4. Nous avons repris le terme « daubasse » dans l’intitulé de notre blog en clin d’oeil avec une expression utilisée souvent sur les forums boursiers pour qualifier une action qui n’intéresse pas grand monde et juste bonne à jeter. Il nous étonnerait fort qu’il y ait une traduction anglaise à ce terme.

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