Petit jeu sans enjeu : quelle société choisiriez-vous ?

 Cette semaine, nous avons décidé de vous parler de deux sociétés américaines œuvrant dans le secteurs technologique, plus précisément dans le services aux entreprises.

Nous avons volontairement choisi de vous présenter, cher lecteur, ces entreprises de manière assez ludique puisque nous ne vous dévoilerons les noms de ces deux entreprises que la semaine prochaine.

En fait, il s’agit de faire une comparaison, dans la pure tradition de Benjamin Graham, afin de voir laquelle des deux est la plus attrayante et vous tenterait éventuellement pour y investir.

C’est donc une réflexion sur la valeur que vous nous proposons…

En préambule, nous pouvons dire que ni la première société que nous nommerons A, ni la seconde société que nous nommerons B, n’a le moindre avantage concurrentiel. Par contre les différences dans le bilan sont assez importantes comme vous allez pouvoir le constater. Et nous pouvons aussi dire que les besoins de financement sont extrêmement réduits pour les deux sociétés.

Société A : cote actuellement à 1$


Côté bilan

Elle possède un actif net-net de 1.85$ par action

Une solvabilité de 75%

Des liquidités de 0.39$ par action

Et une valeur d’Actif Tangible Net de 4.38$ par action

 

Comme vous l’avez sans doute compris assez rapidement, vous avez en face de vous une daubasse cotant à 54% de son actif net-net et qui vaut actuellement 23% de ses fonds propres.

Et du côté compte de résultat :

Nous avons un chiffre d’affaires de 16.54 $ par action

Le coût des services s’élève à 12.27$ par action

Et les coûts opérationnels de 7.75 $ par action

Pour terminer, les autres dépenses s’élèvent a 0.02$ par action

 Résultat des courses :  nous  constatons une perte de 3.15$ par action.

Nous observons également qu’une charge sur le goodwill et les intangibles de 3.42$ a été enregistrée dans la rubrique coût opérationnel. Sans cette charge, qui semble exceptionnelle, la société aurait enregistré un profit de 0.27$ par actions mais le résultat opérationnel aurait malgré tout été négatif.

 

 Société B : cote actuellement à 5.31$


Coté bilan

Elle possède un actif net-net de 4.21$ par action

Une solvabilité de 118%

Des liquidités de 1.88$ par action

Et une valeur d’Actif Tangible Net de 5.21$ par action

Cette société cote donc 1.26X son actif net-net et un peu moins d’une fois ses fonds propres.

Et du coté compte de résultat …

Nous avons un chiffre d’affaires de 12.30 $ par action.

Le coût des services s’élève à 8.79$ par action.

Et les coûts opérationnels de 2.82 $ par action.

Pour terminer, les autres dépenses s’élève a 0.003$ par action

Résultat des courses :  nous  observons un gain de 0.44$ par action.

Cette société est donc proposée par le marché à un PER de 12, soit à 12 fois ces profits 2010.

 

 

A vous de jouer, cher(e) lecteur(trice) : quelle société vous semble la plus attrayante ?  La « grosse » Daubasse côtant a 54% de sa valeur net-net ou la société plus « qualitative » cotant à moins de 1x ses fonds propres et générant des profits ?

 

Voici les résultats dans un second article, vous allez voir c’est étonnant.

 

17 réflexions au sujet de « Petit jeu sans enjeu : quelle société choisiriez-vous ? »

  1. Sans avantage concurentiel, le retour sur capital investi devrait diminuer dans le temps du fait de l’entrée sur le marché de nouveaux concurents attirés par cette rentabilité. Le ratio ROIC tendra au mieux vers 1, créant certes de la croissance mais aucune valeur. La croissance sans franchise est destructrice de valeur. Ne disposant pas par ailleurs d’une autre marge de sécurité, je ne parierai pas sur le société B.

    La société A quand à elle dispose d’une bonne marge sur sa VANN et sa VANT. Elle est certes dans une situation destructrice de valeur, mais elle dispose des bases pour redresser la situation. Vous donnez pas sa valeur de liquidation mais je suppose au vue des chiffres qu’on peut également trouver une marge de sécurité suffisante. Sa solvabilité lui permettrait de négocier au mieux sa sortie, avec peut être une cerise sur le gateau comme un immeuble sous estimé.Donc, à condition que ce soit pas une société chinoise, j’investirai plus facilement dans la société A.

  2. Société A

    un chiffre d’affaires de 16.54 $ par action
    charge sur le goodwill et les intangibles de 3.42$ a été enregistrée dans la rubrique coût opérationnel.

  3. J’aurais bien voulu faire un choix mais j’aime bien regarder aussi l’historique sur 10 ans pour savoir si les pertes ou bénéfices sont récurrents ou exceptionnel.
    Sans cela difficile de faire un choix: la grosse daubasse peut-être une cash-burning machine ou bien une société qui peine à être dans le vert (et qui au fil des années peut compenser ses pertes avec quelques années dans le vert). J’aime aussi regarder la dilution sur 10 ans…
    Même raisonnement la qualitative …

  4. A premiere vue comme ca, la Societe B; sans plus de chiffres, c’est du casino, il faut un rationnel costaud pour se lancer sur la Societe A. Pour le 16.54 USD de revenus par action c’est facile de faire du chiffre sans maitriser les couts.

    Je prefere investir dans des entreprises qui generent du business, du cash et de l’emploi, donc B a priori. Maintenant, ca manque d’elements tout ca.

  5. Moi j’achète des sociétés pas chères, donc plutôt la société A (sauf si j’ai loupé un indice !), en soldes : j’acquiers des biens pour rien, et en prime j’ai une chance que la société soit un jour remise en ordre de marche.

    La société B est peut-être intéressante, mais si mon critère (parfaitement légitime au demeurant) était sa capacité à générer du business, du cash et de l’emploi, j’achèterais du Google.

  6. J’opte aussi pour la société A : plus attrayante car elle a un p/s de 16 (prix /CA ) et donc un très gros levier en plus de son prix modique, ceci si les activités des 2 sociétés sont bien comparables et que la perte était bien exceptionnelle ..mais ça seul l’avenir le dira !..

  7. Je prends la 2ème, d’expérience une société sous évaluée même largement mais avec des perspectives négatives se relève rarement. On peut le voir aujourd’hui dans le secteur de la papeterie massacré mais qui stagne.
    La première entreprise est intéressante si on la démentèle toutefois, donc cela dépend aussi de la trésorerie de chacun.

  8. Je prends la A. Le bilan n’est pas valorisé. Hors charge exceptionnelle, le PER est de 4… Alors que la société B a le sien a plus de 12. Elle pourrait dégager plus de résultat opérationnelle avec un tel CA.

  9. J’arrive avec du retard mais sans hésiter la société A (je précise que j’ai résister à l’envie d’aller voir le résultat dans l’autre article avant de répondre).
    Mon raisonnement (je suis un tout nouveau apprenti chez Maître Graham) « grahamien » me dit de commencer systématiquement par chercher une décote entre le prix de l’action et la valeur de ses actifs net net (VANN). Immédiatement la valeur B est éjectée car n’offrant pas une décote (ou autrement dit une marge de sécurité) et à contrario la valeur A est validée. Le raisonnement pour répondre au jeu s’arrête ici.
    Bien entendu, dans la « vraie » vie ma check-list de pilote de ligne de la « GrahamValueAirCompagnie » m’impose avant tout décollage d’autres vérifications sous peine de rester clouer au tarmac (solvabilité, liquidité, type d’amortissement, stock option etc….)

    Cordialement,

    PS : Bravo pour votre blog, je me régale !!! Il n’y a plus qu’a attendre un « krach » pour que je prenne un abonnement !! EN attendant, je me forme, j’apprends et y prend goût….

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