Nouvelle chronique d’un investisseur débutant

Nous vous proposons une nouvelle série pour suivre un investisseur débutant : Yannick.

Cette chronique présente plusieurs intérêts. Elle permet de suivre avec humour le cheminement d’un investisseur relativement « junior » qui investit en daubasses avec un portefeuille modeste (quelques milliers d’euros) au fil du temps : son approche, ses joies, les gains, les pertes, ses espoirs, bref, toutes sortes d’émotions !

Bonne lecture.


En contact par mails comme nombre d’abonnés, j’ai eu l’agréable surprise d’en recevoir un qui détonnait… D’habitude les mails de nos « Daubassiens » étaient pour répondre à mes questions mais cette fois-ci ils me proposèrent d’écrire un article pour me présenter, une chronique de mon aventure d’investisseur junior.

Flatté dans un premier temps puis réservé par la suite (car je mène plusieurs activités en parallèle et j’ai toujours la crainte de me disperser), j’ai assez rapidement accepté. Outre le fait que cela sera un bon soutien au travail quotidien qu’il me faut maintenir, c’est aussi une modeste façon de contribuer à l’aventure Daubasses. Une petite pierre à l’édifice afin de faire partager mon parcours et, pourquoi pas, motiver de nouveaux venus avec qui les échanges sont souvent profitables.

Donc je me présente (classiquement) : Yannick Poiré, 37 ans, Français originaire des Monts de Flandres (Quoi ? Encore un buveur de bières ?). Suite à mes études à Lille, je vis à présent à Toulouse faute d’avoir pu trouver du travail dans ch’Nord. J’ai rencontré en Occitanie ma compagne et nous sommes les parents d’un petit gars de 4 ans et demi. Je suis actuellement ingénieur en Electro-magnétisme (une spécialisation en Electronique pour faire court) et plus porté sur la PVL en ce moment que sur l’Orval mais bon… personne n’est parfait.

Après avoir fait l’acquisition d’un appartement comme logement principal (car guère plus cher qu’un loyer au final), ma situation m’a classiquement amené fin 2013 à me demander où et comment placer mon argent pour le futur (achat de maison avec jardin pour les enfants, leurs études ou la retraite…). Après plusieurs mois de recherches, un peu de bibliographie et beaucoup de réflexions, j’ai finalement opté pour la bourse suite notamment à la lecture du livre de Julien Delagrandanne « Investir en bourse : styles gagnants, styles perdants. ». Bien que le site des Daubasses soit évoqué dans cet ouvrage, j’ai cependant commencé par appliquer certains principes du livre en passant par 2 assurances vie et les OPCVM. En parallèle, j’ai commencé à parcourir le blog des Daubasses… Enfin… « parcourir »… je crois que j’ai lu tous les articles en fait.

Un point important de mon état d’esprit sur lequel il me faut revenir à ce stade c’est que je ne me voyais pas du tout investir dans l’immobilier locatif. Je ne souhaite pas lancer une quelconque discussion sur le sujet mais ma conviction était (et est toujours) que la valeur de l’immobilier Français est artificiellement haute et que, sur plusieurs aspects, investir dans l’immobilier revenait à prendre beaucoup de risques pour peu de chances de gains (sans compter la réduction du niveau de vie du fait des crédits). Sans m’en rendre compte, j’effleurais déjà l’aspect de « l’avantage statistique »…

Ainsi, progressivement, ma lecture du blog n’a fait que me conforter dans le choix de l’investissement en actions mais pas n’importe comment… L’important était que mon caractère, mon profil, colle à la méthode que j’allais choisir… et inversement. Si je ne devais retenir que quelques points me concernant en lien avec l’approche « deep value », je dirais :

  • Etre un mouton noir au milieu du troupeau (aller à contre-courant, être « contrariant») ;
  • Investir dans du « tangible », de la valeur raisonnablement « quantifiable » (tout l’inverse d’un contexte dépendant d’une « bulle ») ;
  • Participer à relever des sociétés en « mauvaise passe ». Même si le blog a fait un article sur le sujet expliquant que cela reste de la spéculation, j’aime à penser que mes deniers servent à maintenir à flot des sociétés qui pourront créer des emplois dans le futur (pas tout le temps évidemment) ;
  • Rigueur, travail régulier ;
  • Prudence, réflexion ;
  • Pas besoin de compétences en économie (yes !). C’est d’ailleurs finalement une force car mon manque de culture financière me permet naturellement d’être immunisé contre des biais psychologiques qui me sont étrangers, voire que je ne comprends même pas.

Ainsi, fin 2014, me voilà un confiant abonné ! (tellement confiant que je me dis souvent que c’est louche… qu’il doit bien y avoir un risque « macro-économique », et donc tapi dans l’ombre, à cette méthode… mais je n’en vois pas… Je vais continuer à chercher tout de même).

J’ai progressivement investi environ 9 000€ les 9 premiers mois, en achetant moins de bières et en ne mangeant que des frites, puis j’ai complété courant 2016 pour atteindre jusqu’à présent 10 450€. C’est vraiment un minimum pour atteindre 25 sociétés et ainsi éviter d’investir plus de 4% par ligne (cf. cet article qui explique pourquoi il faut diversifier). Pour ce faire, j’ai ouvert un compte CTO chez Lynx Broker et un compte PEA chez Bourse Direct. Après comparatifs des différents « brokers », mon choix s’est porté sur les meilleurs compromis entre les tarifs (pour ne pas plomber le rendement dès le départ de mes « petites » lignes) et l’accessibilité des places boursières. Pas de regrets jusqu’à présent hormis qu’avec un courtier low-cost comme Bourse Direct, il ne faut pas être pressé pour voir un ordre exécuté (donc redoubler de prudence avec les sociétés peu liquides).

Pour finir avec l’aspect « chiffres », j’ai obtenu les rendements suivants :

  • -2.96% sur le mois de décembre 2014
  • +8.85% en 2015
  • +20.73% en 2016

Au 17 novembre 2017 :

  • Le rendement de « mon » portefeuille de 31 sociétés est de +15.6% sur 2017 (supérieur à celui du portefeuille des daubasses grâce à une plus-value en mai qui représente une part plus importante dans mon portefeuille que pour celui des Daubasses. Globalement, ayant moins de sociétés, j’estime être davantage sujet au risque).
  • Le rendement total depuis la création est de +47.4% (dividendes et taxes compris). Ces rendements ne prennent pas en compte les impôts (125€/an environ) car je considère, un peu comme avec l’abonnement au blog, que ce sont des « investissements ».
  • Côté devises principales environ : 50% en euros, 33% en dollars et 8% en livres.
  • Enfin, sur 22 sociétés vendues pour l’instant : 18 en gain (dont 5 baggers), 4 en perte et 53.75% de rendement « effectif » (3 800€).

Les plus-values m’ont permis de réinvestir et d’acheter d’autres lignes sans remettre la main à la poche. J’ai donc profité des marchés haussiers depuis 2 ans. Si les marchés avaient été baissiers, j’aurais profité de la braderie en puisant dans des comptes épargnes long terme. Dans tous les cas, il y aurait eu une chance à saisir, c’est une chose importante à assimiler ; en lien évidemment avec les articles de « psychologie de l’investisseur ».

Je n’avais aucune (mais vraiment aucune) compétence en économie ni même en comptabilité. J’ai eu quelques cours d’économie à la Fac où mes professeurs se sont moqués de l’équipe dans laquelle j’étais lorsque nous avons joué à un jeu de rôle d’entreprises : Bons derniers car nous avions eu l’idée « saugrenue » de désendetter notre entreprise pour repartir sur de bonnes bases… Bons derniers d’une dizaine d’équipes, les profs goguenards nous ont expliqué, en présentant l’équipe victorieuse, qu’il fallait, comme eux, s’endetter au maximum pour boulotter un maximum de parts de marché. Pas besoin de vous faire un dessin… J’ai trouvé l’attitude de ces enseignants navrante et irresponsable (même si leur logique s’insère parfaitement dans la dynamique de la société actuelle). J’avoue personnellement qu’investir dans les Daubasses a comme un goût de « revanche » (pas sur ces personnes, ce serait malsain et puis j’ai oublié leurs noms et visages de toute façon). Plutôt une revanche positive et motivante comme quoi l’esprit du « bon père de famille » n’est pas mort !

Motivé, oui, car pour synthétiser « Je le sentais bien ». Les émotions sont à considérer et toute intuition – à la différence d’une projection – est bonne à prendre (même en respectant un « process », ce qui m’est familier vu mon métier). J’ai trouvé dans les Daubasses une méthode qui correspond :

  • A mon profil (caractère, compétences mais aussi certains de mes principes) ;
  • A mon mode de vie (garder un niveau de vie stable sans recourir à de l’endettement) ;
  • A mon rythme de vie (travailler le sujet un peu mais quotidiennement en parallèle d’autres objectifs plus importants).

Je reviens sur cet aspect rythme de vie et le lien avec les compétences… On peut bien sûr obtenir un portefeuille Daubasses tout à fait similaire en suivant les analyses et informations fournies aux abonnés. C’est d’ailleurs ce que je fais jusqu’à présent et je n’ai pas la prétention de savoir en faire beaucoup plus pour l’instant (pas de sociétés en portefeuille que les daubasses n’auraient pas).

Cependant, je « fais mes devoirs » avec assiduité. Mes compétences principales sont d’être polyvalent, travailleur et consciencieux (même si distrait). Ma motivation est de devenir indépendant à moyen terme et d’avoir des réserves d’argent pour le long terme afin d’oser plus facilement me lancer dans mes projets sur le long terme. En effet, se lancer dans l’aventure Daubasses c’est aussi chercher de l’épargne pour et sur du long terme. Or, dès le départ, je me suis dit que si je ne savais pas refaire par moi-même les analyses alors que faire si, pour une raison ou une autre de parcours de vie, le blog/site arrêtait les abonnements ?

Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas d’impertinence ni d’ingratitude ; bien au contraire ! Ce n’est ni plus ni moins qu’un de mes moteurs. De toute façon je ne pourrais jamais obtenir le niveau d’expérience en investissements de nos 4 compères. Et d’ailleurs, ça n’est pas mon but ! Quand bien même ce le serait, outre mon manque d’expérience, je pense qu’ils sont bien plus passionnés par l’aventure Daubasses que je ne le serai.

Sachant que je suis seul (des « intéressés » on en trouve parfois mais presque personne pour y travailler un minimum tous les jours), l’objectif d’un minimum d’indépendance dans l’investissement Daubasses va de pair avec le fait de m’organiser au quotidien pour effectuer le suivi des sociétés, trouver de nouvelles cibles, mettre à jour mes différents fichiers (valeurs portefeuille, statistiques, journal d’erreurs, process) et trouver des outils pour minimiser le temps consacré (macros Excel par exemple). De temps en temps, en m’y attelant chaque semaine, je trouve de ci de là des sociétés inconnues ou oubliées des daubasses… Quand cela arrive, cela marque mon chemin de progression et ma satisfaction. Ainsi, si je peux faire un bout de route commun et apporter ma contribution tout en apprenant au passage, ce serait bien idiot de ne pas participer !

Yannick

4 réflexions au sujet de « Nouvelle chronique d’un investisseur débutant »

  1. Bonjour Alexis,

    Merci pour ton intérêt !

    N’hésitez pas à poser des questions (cela peut être par mail) : l’idée échangée avec « le club des 4 », et liée notamment à mon manque de culture financière, est d’avoir du sang neuf. Il s’agit de mettre en avant un cheminement, des réflexions qui aurait d’un côté des points communs mais aussi des différences du fait de ma personnalité, de mon métier, de mon histoire…

    D’ailleurs la première différence d’emblée est que j’ai démarré lors d’un marché haussier et qui ne fait pratiquement que monter depuis la création, en décembre 2014, de mon portefeuille. Alors que le portefeuille des daubasses a démarré en plein dans la tourmente de 2008. Je ne sais pas comment je vais vivre mon premier Krach ^^.

    Pour mes futures interventions, je vais sortir parfois des trivialités ou des énormités mais si cela peut permettre aux débutants de se sentir moins seuls et de se lancer… 😉

    Yannick

    P.S. : Merci aux Daubassiens d’avoir ajouté des liens vers leurs articles. Cela ajoute de la cohérence.

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