Question des lecteurs : « Si vous avez généré un si gros rendement, c’est parce que vous avez pris beaucoup de risques, non ? »

 

Cette question ou plutôt cette affirmation, nous l’avons souvent lue que ce soit dans les mails que nos fidèles lecteurs/abonnés nous adressent ou sur différents forums boursiers.

Effectivement, « l’acceptation populaire » veut que « risque élevé » et « rendement élevé » aillent de paire et que pour obtenir le second, il est nécessaire de passer par le premier.

Nous trouvons ce raisonnement bizarre car, si on prend beaucoup de risques, on augmente donc les « chances » de perdre et où se situe le rendement élevé dans ce cas ?

Pas question pour nous donc de prendre des risques inconsidérés avec nos précieuses économies.

C’est pourquoi, dans nos approches de l’investissement quelle qu’elles soient, nous veillons à appliquer les deux règles fondamentales  de Warren Buffett : « ne pas perdre de l’argent » et « ne jamais oublier cette règle ».

Dans nos investissements en daubasses, nous pensons que, plus que jamais, nous mettons ces règles en pratique et ce, pour trois raisons :

–         la première, c’est que, volontairement, nous conservons un portefeuille diversifié : nous détiendrons, si nous sommes « full invest » toujours au moins 30 lignes différentes.  C’est inscrit dans les statuts de notre club et nous le pratiquons aussi pour nos propres portefeuilles.  Nous avons déjà expliqué  les raisons de cette diversification.

–         la deuxième, c’est la sous évaluation même de nos sociétés et l’importance de la marge de sécurité que nous prenons par rapport au collatéral représenté par les actifs tangibles de la société.  Dans cet article, Loïc Abadie se base sur la valeur de l’actif tangible des sociétés composant le CAC 40 pour déterminer, selon lui, un potentiel de baisse maximum en cas de très gros crash.  Ce seuil se situe 75 % sous son niveau actuel !

Fidèles à notre philosophie, nous ne présageons en rien la survenue d’un tel évènement … ni même sa « non survenue » : vous nous connaissez, cher lecteur, tirer des conclusions correctes d’éléments macro économiques est hors de nos compétences. 

Cependant, nous aimons imaginer ce qu’il pourra survenir à nos précieuses économies si le « pire » survenait.  Nous nous sommes donc livrés au petit exercice suivant : envisager un scénario aussi noir que celui présenté par notre confrère et son impact sur notre portefeuille.  Nous sommes donc parti des hypothèses suivantes : en cas de grave crise déflationiste,

  1. Les actions de notre portefeuille coteront à un ratio cours/valeur d’actif net tangible de 0,80.
  2. Bien que nous ne détenions aucune banque, nous prenons comme postulat que la valeur d’actif net tangible de nos sociétés diminuera en moyenne de 30 %.

 

Dans ce cas extrême, la valeur de notre portefeuille sera de 120 680 euros soit … une augmentation de 42 % par rapport à sa valeur marchande actuelle.  Vivement ce gros crash ! 🙂

Certes, les sociétés composant le CAC 40 génèrent des flux de trésorerie bien plus importants que « nos » sociétés et ceci peut justifier une différence de valorisation.  Néanmoins  nous pouvons dire que nous détenons bien plus d’actifs bien tangibles en garantie de notre investissement que si nous avions composé notre portefeuille avec les sociétés du CAC 40.

–         le troisième point qui nous permet de dire que notre approche est prudente et tout-à-fait dans l’optique du « bon père de famille », c’est le fait que nous éliminions toute société trop endettée. Comme vous le savez, pour être « éligible à l’AOC daubasse », une société doit satisfaire un critère de solvabilité assez strict : nous éliminons toute entreprise présentant un ratio inférieur à 40 %. Mais il y a mieux : nous avons calculé le ratio de solvabilité global de notre portefeuille et l’avons comparé avec celui de l’ensemble des sociétés du CAC 40.

Le CAC 40 présente un ratio de solvabilité de 34,52 % sur base des comptes arrêtés au 31/12/2009. Evidemment, il est composé de banques et d’assureur qui, traditionnellement et en raison même de la nature de leurs activités, présentent une solvabilité inférieure aux autres sociétés. Nous avons donc amputé le CAC 40 des banques et de la compagnie d’assurance qui le compose et recalculé sa solvabilité globale et avons obtenu et retenu le chiffre de 40,61 %.

Et notre portefeuille de daubasses ? Pas terrible allez-vous penser ? Et bien sa solvabilité s’élève à 79,4 % … presque le double de celle du CAC 40.

Après cette petite démonstration, pensez-vous encore, cher lecteur, que risque et performance sont indissociables en investissement ?

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4 réflexions au sujet de « Question des lecteurs : « Si vous avez généré un si gros rendement, c’est parce que vous avez pris beaucoup de risques, non ? » »

  1. Magnifique démonstration. Le problème éternel, notamment grâce aux commentaires plus ou moins avisés des médias, est la confusion « volatilité » / « risque ».
    Les « daubasses » sont souvent volatiles mais moins risquées. C’est une constante de l’investissement « value » et la base de travail du père fondateur Ben Graham : « the margin of safety »!

  2. Impressionnant de voir que les capitaux propres moyens des entreprises du CAC40 sont composé à 60% d’actifs non tangibles dont 40% de goodwill.

  3. Une petite question sans rapport directe: quel site/logiciel comme source pour vos informations financieres? Avez-vous un moyen d’extraire les donnees?

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