Archives de catégorie : Anciens Éditos

Vive les daubasses technologiques ! 💡⚙️

[édito proposé aux abonnés dans la Lettre mensuelle d’avril 2021]

Vive les daubasses technologiques !

Dans notre édito du mois de février, nous vous avons livré quelques statistiques du Portefeuille daubasses 1. Cet exercice rétrospectif nous avait permis d’établir un profil type de la daubasse et de nos baggers (société dont le cours a été multiplié par 2x ou plus) durant les 10 premières années de l’aventure.

Nous avions déjà remarqué que les sociétés qui investissaient massivement dans la recherche et le développement (R&D) pouvaient créer de la valeur cachée pour les actionnaires. Cela nous avait conduit à lancer notre ratio technologique maison en 2014.

Près de 7 ans plus tard, un coup d’œil sur nos 20 plus gros baggers du 1er portefeuille permet de valider ce constat empirique.

Pour rappel, voici le top 20 du portefeuille 1 (extrait de notre édito du mois de février) :

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Bourse ou casino : faites vos jeux ! 🎰💲

[édito proposé à nos abonnés dans la lettre mensuelle du mois de mars 2021]

Le 27 janvier 2021, le cours du titre GameStop touchait les 483$ en séance, valorisant ce distributeur américain de consoles et de jeux vidéo à 34 milliards de dollars, soit plus de 100x la valeur de ses fonds propres.

Pendant plusieurs semaines, nous avons assisté à une bataille effrénée avec d’un côté de gros fonds d’investissement américains qui avaient parié sur une baisse du titre et de l’autre une communauté de plusieurs millions de traders « dégénérés » – comme ils se qualifient eux-mêmes – prêts à en découdre en prenant les investisseurs institutionnels à leur propre jeu.

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Ancien edito : Apocalypse now

investir-dans-la-valeur-des-saucissesEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend
un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’était il y a trois ans, une éternité en bourse, une époque durant laquelle la Réserve Fédérale avait Ben Bernake à sa tête, une époque durant laquelle on parlait, déjà, de retour à la normale des niveaux de taux d’intérêt.

C’est donc l’édito de la lettre de juillet 2013 que vous allez retrouver ci-dessous.

Excellente lecture !

Apocalypse Now

En 1979, le réalisateur américain Francis Ford Coppola adaptait librement le roman de Joseh Conrad « Au coeur des ténèbres » au cinéma, et intitulait son film « Apocalypse now ». Cela ne nous rajeunit pas puisque nous avons vu ce film déjanté sur la guerre du Vietnam au cinéma! Les principaux acteurs étaient Marlon Brando, Denis Hopper, Martin Sheene, Robert Duval et Harisson Ford. Film déjanté parce qu’il allait bien plus loin que la guerre du Vietnam et ses horreurs. Film déjanté parce qu’il narrait surtout les conséquences de la guerre sur l’esprit et sur les comportements humains. Pour échapper à la dure réalité de la guerre, les hommes parviennent à créer un monde parallèle, un monde irréel, un monde ou la folie imbibée d’alcool, de drogue, de rites obscurs et de violence, devient réel!

Nous ne voulons évidemment pas gâcher vos vacances, cher( e) lecteur(trice), mais simplement essayer de comprendre ce qui pourrait se passer sur les marchés, après l’annonce de Ben Bernanke de réduire, voire de couper, le « larguage » de « tombereaux » de dollars, sur le monde. Et surtout les conséquences que cela pourrait avoir pour notre portefeuille. Quelle attitude adopter, quelles précautions prendre? En gros, que faire quand on est un investisseur de Daubasses, si nous étions obligé par la force des choses d’être acteur d’un second épisode de « Apocalypse Now », sur les marchés boursiers?

Ce qui nous énerve toujours dans l’équipe des « Daubasses », c’est que si nous comprenons ce que les différents et éminents spécialistes racontent au sujet de la macro, de Charles Gave à Marc Faber, en passant par Bill Gross et d’autres, nous avons un mal fou, voire un blocage continu, pour relier ces conséquences macro à notre manière d’investir, voire à notre portefeuille.

Nous n’allons évidemment pas revenir en détail sur tous les faits avancés par les différents analystes et experts en macroéconomie, mais simplement rappeler de manière synthétique ce qui ce passe depuis le jeudi 20 Juin.

Ben Bernanke annonce donc la fin prochaine du déversement de liquidités sur les marchés, soit 80 milliards et quelques de dollars américains par mois.

Les liquidités sur les marchés vont donc s’assécher et les taux obligataires remonter. Nous allons par conséquent passer d’un marché abreuvé de liquidités à un retour à la réalité économique. Finalement, avec toutes ces liquidités, le marché semblait se moquer complètement de la réalité économique.

Paradoxe, ou monde à l’envers, si Ben Bernanke a décidé de ne plus arroser le monde de dollars, c’est tout simplement parce qu’il pense que l’économie américaine se porte mieux. Or sur les marchés, drogués et alcoolisés aux flots des dollars, et vivant dans un monde irréel, cela semble être une mauvaise nouvelle. Et plus encore. Plus afflueront les signes de meilleure santé de l’économie réelle US, plus les marchés pourraient aller mal, dans le sens d’une chute, bien entendu. Mais pourquoi donc ?

En gros ce serait tout simplement parce que les valorisations boursières des sociétés, traduites par les cours actuels, seraient gonflées à l’hélium “vert dollar” ou que la valorisation des actifs serait grossièrement surestimée. De plus, si nous y ajoutons une remontée des taux, directement en corrélation de l’actualisation des flux de trésoreries, c’est détonnant à la baisse!

Enfin, au niveau européen, de sommets en sommets, on attend toujours qu’il se passe réellement quelque chose pour une Europe plus forte, plus soudée, avec une vraie direction centrale! A terme, cela pourrait aussi être catastrophique!

Ce que nous avons observé sur la période allant de début juin au 21 juin, c’est que notre portefeuille a reculé de 2.80% alors que les marchés, représenté par notre benchmark le tracker MSCI World, a quant ’à lui perdu plus de 7.50%. Et cela nous interpelle, car les marchés et les big caps ont perdu plus du double qu’un panier de société (notre portefeuille) qui ne valent, pour le marché, pas même la valeur de leurs fonds propres! Bien entendu, la remontée du marché sur les trois derniers jours du mois de juin a resserré cet écart, puisque notre portefeuille a perdu sur le mois de juin -2.14% et le MSCI World -3.10%.

Mais nous en venons quand même à nous demander, avec ce début de panique constaté sur les 21 premiers jours du mois de juin, dans quel camp est la réalité, ou formulé de manière différente, quelle catégorie de société possède des actifs gonflés à l’hélium, des liquidités qui ne correspondraient plus a la réalité économique! Et immanquablement, si nous nous basons sur cette première vague de recul, on peut parler de toutes les sociétés qui font des profits, qui ont des avantages concurrentiels et qui se portent plutôt bien. Une daubasse nous semble donc immanquablement liée à sa réalité économique, puisque les difficultés bien réelles qu’elle rencontre, font dire au marché qu’elle ne vaut même pas ses fonds propres. Dans la semaine du 17 au 21 juin, vous aurez par exemple remarqué que pendant que le marché perdait plus de 2% sur la semaine, une société comme Amtech, affichant de bons résultats et de meilleurs perspectives grâce à son activité dans le solaire, s’est appréciée de plus de 30% sur la semaine, atteignant sa VANT. En gros, l’explosion due à des faits bien réels en pleine déprime, ne se souciant pas de la déprime du marché!

Nous ne disons évidemment pas que l’investisseur de Daubasse est à l’abri d’un choc, bien au contraire, plus la peur montera, plus nous serons également exposés à un recul de notre portefeuille et nous n’excluons jamais un -20%, voire plus…. Mais ce que nous disons, c’est que les actifs que nous détenons sont nettement plus liés à la réalité économique de nos sociétés que tout autre catégorie, et en aucun cas surestimés ou valorisés par le flot de liquidités.

Dernier point, si nous observons le déroulement naturel de notre process sur notre portefeuille depuis plusieurs mois, on constate que nous avons plus vendu parce que nos sociétés ont atteint leur VANT, qu’acheté. Tout simplement parce que les occasions à très bon prix se sont raréfiées. Nous disposons donc actuellement d’un beau matelas de liquidités, nous permettant de profiter de sociétés dont le cours serait à l’avenir massacré par la peur. En fait, nous n’avons jamais, en presque 5 ans, disposé d’autant de liquidités ! Comment dans ce cas éprouver la moindre peur d’un possible nouvel « Apocalypse now », signé cette fois Ben Bernanke?

Avant de vous laisser découvrir nos deux dernières trouvailles, nous espérons que cet édito vous permettra de dormir tranquille pendant vos vacances, quoi qu’il se passe sur les marchés. Et surtout, de vous réjouir si de très belles occasions venaient à pointer le bout du nez.

Excellentes vacances à tous!

Ancien édito : sommes-nous en situation de bulle ?

investir-dans-la-valeur-des-saucissesEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend
un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre de juin 2013 que vous allez retrouver ci-dessous. En fin d’article, vous trouverez les données actualisées à ce jour.

Excellente lecture !

Sommes-nous en situation de bulle ?

Devons-nous rester sur le marché ou nous couvrir ?

C’est le genre de question que, comme vous vous en doutez, ami(e) lecteur(trice), nous … ne nous posons pas.

Les traders nous parleront d’excès d’optimisme en analysant le VIX ou le EPCR.

Les suiveurs de tendance nous parleront de poursuite de la tendance haussière.

Les macro-économistes nous diront que la hausse des actions n’est pas en phase avec les données macro-économiques.

Pour notre part, et nous sommes absolument désolés de ne pas pouvoir vous éclairer sur ce point, nous n’avons aucun avis sur la question.

Mais nous pouvons néanmoins nous faire une idée du chemin qu’il resterait à accomplir par le marché pour atteindre des sommets d’exubérances joyeuses ou, au contraire, des profondeurs de morosités dépressives.

Pour ce faire, nous avons comparé la valorisation du S&P 500 pris dans son ensemble sur 4 périodes récentes : 2 périodes d’euphorie et 2 périodes de marasmes.

Les périodes d’euphorie pour commencer :

Le 31/03/2000, le S&P 500 était valorisé à :

5,06 fois la valeur comptable des entreprises qui le composent

1,77 fois ses ventes

Et présentait un rendement du dividende moyen de 1,15 %

Le 30/06/2007, le S&P 500 était valorisé à :

2,9 fois son price to book

1,52 fois ses ventes

Et le rendement du dividende était de 1,73 %

Passons maintenant aux périodes de creux :

Le 31/03/2003, le S&P 500 était valorisé à :

2,58 fois sa valeur comptable

1,25 fois ses ventes

Et le rendement du dividende était de 1,82 %

Le 31/03/2009, le S&P 500 était valorisé à :

1,78 fois sa valeur comptable

0,80 fois ses ventes

Et le rendement du dividende était de 3,15 %

Après avoir fixé ces 3 bornes, nous pouvons à présent établir les valorisations actuelles de l’indice large de la bourse américaine (NDLR : il s’agit bien des valeurs au moment de la rédaction de cet article, soit fin mai 2013)

Nous avons :

2,51 fois la book value

1,53 fois les ventes

1,9 % de rendement des dividendes

Quelles conclusions pouvons-nous en tirer ?

Eh bien que pour atteindre les sommets de valorisation de mi-2007, l’indice américain devrait gagner encore 9 %.

Pour atteindre le sommet de valorisation exceptionnelle de début 2000, il lui faudrait prendre encore … près de 52 % !

Comme on le voit, si les marchés veulent vraiment se montrer exubérants, nous sommes encore loin d’un sommet possible.

A contrario, les planchers de valorisation se situent 7 % plus bas pour celui de début 2003 et 38 % plus bas pour les valorisations de début 2009.

Etonnant n’est-ce pas que cette situation dans laquelle, contrairement au sentiment ambiant, nous sommes, en terme de valorisation, plus proche des excès baissiers que des excès haussiers ?

Nous pouvons donc voir, au travers de cette petite statistique sans prétention, que le marché peut tout aussi bien aller beaucoup plus haut que son niveau actuel, mais qu’il peut tout aussi bien descendre bien plus bas.

Vous voilà donc bien avancés … Une bien belle manière pour nous de ne pas nous mouiller … tout simplement parce que nous en sommes incapables.

En effet, fidèles à notre stratégie, nous avons décidé de nous concentrer uniquement sur ce que nous savons : la valeur patrimoniale des entreprises prises individuellement. Et nous nous penchons uniquement sur ces cas individuels sans tenir nullement compte d’un aspect global.

Nous procédons, sans précipitation et de manière méthodique, dans le respect de notre process, à des ventes dont le cours est arrivé « à maturité » et nous ne nous pressons absolument pas pour investir « à tout prix ».

C’est ainsi qu’entre le 15 mars et aujourd’hui, le niveau de liquidités disponibles pour le portefeuille de notre club est passé de 7,47 % à un niveau record pour nous de 12,5 %. Cet augmentation du cash ne s’est évidemment pas fait dans un but de market timing ou de prédiction « à la Roubini » (au fait, on n’en entend plus trop parler de celui-là). Juste des décisions basées sur la valeur et la volonté de maximiser nos marges de sécurité … Ce qui constitue pour nous le meilleur moyen de sécuriser un capital à long terme.

Ce qui ne nous empêche pas de poursuivre notre traque incessante, de continuer à analyser une multitude de cibles potentielles comme vous pourrez le voir dans la présente lettre avec deux sociétés qui sont bien positionnées sur nos radars …

 

*** Actualisation au 27/07/2016 ***

Aujourd’hui, le price to book du S&P 500 est de 2,9 , il cote à 1,92 X son chiffre d’affaires et le rendement sur dividende est de 2,05 %.  Sa valorisation commence donc à flirter avec le pic de 2007 mais, hormis le rapport cours/ventes, il reste à distance appréciable de la bulle 2000.  Pas plus qu’en 2013, nous n’en tirons vraiment des conclusions définitives.