Archives de catégorie : Généralités sur les Marchés Actions

Canons et violons

Le début d’année est assez mouvementé pour l’équipe des Daubasses.

Nous avons terminé 2011 en étant pris de frénésie acheteuse, nous étions restés tout aussi goinfres au tout début de 2012 mais, depuis quelques jours, nous sommes entrés dans une phase « vendeuse » : plusieurs de nos lignes sont devenues mûres pour une vente. Acheter la peur au ventre et vendre dans l’allégresse, telle est la devise du contrarian (nous aurions aussi bien pu vous parler de canons et de violons mais la maxime nous semblait trop commune).

Deux de ces lignes ont déjà été cédées avec des fortunes diverses (plus-value pour l’une, moins-value pour l’autre) parce qu’elles ne répondaient plus à nos critères. Mais deux autres sont sur le point d’être cédées en raison de la hausse foudroyante de leur cours. Comme toujours, nos abonnés ont été tenus au courant de ces opérations presqu’en temps réel.

Au cours des semaines qui viennent, nous allons vous détailler tout cela en vous présentant chacune de ces sociétés et en vous expliquant les raisons qui ont motivés tant leur achat que leur vente.

Nous espérons que vous pourrez, pour vos propres investissements, en tirer l’un ou l’autre enseignement

 

Les opportunités sectorielles

La chasse à la daubasse est plus fructueuse en période d’incertitudes économiques et financières : en effet, si ces périodes, sur le court terme, pénalisent le rendement d’un portefeuille, elles permettent de construire la performance future de ce même portefeuille.

Mais une approche  permet, selon nous,  de « sublimer » le rendement futur d’un portefeuille, c’est d’acheter dans une période d’incertitudes économiques et financières ET dans une zone géographique ou un secteur honnis de l’ensemble de la communauté financière.

Grâce à ce type d’approche, nous pensons qu’il est possible d’acquérir des « daubasses parmi les daubasses ».

Ainsi, pour notre portefeuille, nous avons acquis ces derniers mois, grâce aux différents apports d’argent frais, des actions issues de secteurs complètement délaissés par ce pauvre Mr Market :

          Tout d’abord, nous avons renforcé ou acquis des actions de deux entreprises liées au secteur de la papeterie : le prix de la pâte à papier trône pour l’instant sur des sommets et pèse donc sur les marges du secteur.  Nous pensons néanmoins qu’à moyen terme, soit le prix de la pâte à papier s’ajustera, soit les prix de vente des papetiers s’ajusteront. 

          Ensuite, nous avons acquis deux sociétés actives dans le secteur photovoltaïque : voilà bien un secteur soumis au « côté obscure de la force » à plus d’un titre : concurrence des panneaux à bas prix made in China, réduction des incitants fiscaux  offerts par les pouvoirs publics, surcapacité de production de silicium, …

 

Selon nous, pour investir dans un secteur massacré, il est important de vérifier deux points :

 

1.     Que le secteur en question aura encore un certain avenir sur le long terme

Sur ce plan, nous pensons que tant le papier que le photovoltaïque continueront de faire partie de nos modes de vie dans le futur, peut-être plus avec des fortes croissances, voir même avec une certaine décroissance  mais nous ne voyons pas comment nous pourrions, aujourd’hui, nous en passer définitivement

 

2.    Que les sociétés acquises, non seulement présente une marge de sécurité suffisante sur leur valeur actif tangible mais surtout qu’elles soient suffisamment solides financièrement pour « tenir » durant toute la phase de déprime et faire partie des « survivants » qui en sortiront renforcés sur un marché assaini.

Et pour cela, vous savez, cher lecteur, que nous disposons d’une arme qui, si elle n’est pas absolue, nous permet de faire un certain tri : le calcul de la solvabilité de la société. Et, comme vous vous en doutez certainement, les sociétés que nous avons achetées  sont suffisamment solvables pour nous permettre de passer des nuits sereines et paisibles.

 

Evidemment, nous avons tenu nos abonnés au courant en temps quasi réel de ces différents achats et ils ont pu prendre connaissance de nos motivations dans nos lettres mensuelles. 

Mais une autre thématique nous semble actuellement assez déprimante … et donc porteuse pour des investissements en daubasses. C’est celui de la dette souveraine et des pays « cochons ». 

Les cours des actions de ces états ont, de manière générale, encore plus souffert de la correction de la 2 e moitié de 2011 : par rapport à son plus haut de l’année, la bourse d’Athènes se situe 63 % plus bas, l’Espagne 26 % plus bas et l’Italie 35 %.

Et c’est sur ce dernier marché que nous avons jeté notre dévolu : il s’agit d’un pays qui présente une certaine culture entrepreneuriale et, même si le libéralisme n’y est pas tout-à-fait un mode de pensée, on n’y trouve une grande quantité de sociétés présentant une « histoire » de plusieurs dizaine d’années, voir, souvent, au-delà du demi-siècle.  Il y a aussi souvent une certaine culture de la qualité pour un grand nombre de produits.

Enfin, sur un plan plus macro-économique, nous avons l’impression, comme en témoigne le graphique ci-dessous, que l’Italie est moins gravement affectée par sa dette que les autres « cochonneries » du « Club Med » : l’endettement du pays est certes élevé mais son solde primaire (c’est-à-dire avant paiement des intérêts de la dette par les pouvoirs publics) est un des plus élevé de la zone euro et même parmi les grands pays développés. Quant à sa balance commerciale, elle n’est que légèrement déficitaire et ce phénomène est d’ailleurs récent (depuis 2005 seulement) : rien ne dit qu’en devise nationale, ce serait toujours le cas.

 

Enfin, les sociétés dans lesquelles nous avons investi, non seulement répondent généralement à nos conditions de solidités financières, mais, en plus, exportent une part non négligeable de leurs produits : en cas d’éclatement de la zone euro, la perte de valeur monétaire des actions pourrait être partiellement compensée par une amélioration de leur compétitivité à l’exportation.

Dans cette optique, nous avons, fin de l’année dernière, renforcé une de nos sociétés transalpines déjà en portefeuille mais surtout, nous pensons avoir trouvé « bottes » à notre pied e acquérant au cours de la semaine écoulée, trois nouvelles entreprises italiennes.

Ici aussi, nos abonnés ont été avertis de nos achats et ils auront la possibilité de découvrir des analyses de ces acquisitions dans une prochaine lettre  100 % « pasta et Lambrusco ». 

Cerise sur le gâteau, parmi les 7 sociétés issues de ces 3 thématiques déprimées, 6 sont éligibles au PEA.

NB : Bien que posté ce dimanche, l’article ci-dessus a été rédigé vendredi, juste avant que nous n’apprenions la dégradation de deux crans de la dette souveraine italienne. Avant qu’un de nos aimables lecteurs ne nous reproche notre timing, posons-nous la question : est-ce que cela change quelque chose ? Pour notre part, nous pensons que le raisonnement que nous tenions ci-dessus est toujours valable : les sociétés italiennes que nous avons acquises effectuent, pour deux d’entre elles, moins de 50 % de leur vente dans la péninsule transalpine et la 3e y réalise moins de 20 % de son chiffre d’affaires. Ceci leur assure des rentrées en devises étrangères et même l’assurance, en cas de retour aux monnaies nationales, d’une amélioration automatique de leur compétitivité monétaire avec, il est vrai, comme corolaire, un coût de l’endettement financier qui risque d’augmenter… d’où l’intérêt de toujours garder un œil sur la solvabilité de sa cible.

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Le marché va-t-il nous obliger à nous mettre au « day trading » ?

Les plus attentifs parmi vous auront remarqué que, la semaine dernière, nous avons vendu notre ligne en Conn’s. Comme d’habitude, nos abonnés ont été avertis en temps réel de cette opération.

Le rendement final en euros et frais de courtage inclus est de +134 % et ce, en moins de 18 mois, ce qui devrait nous procurer une joie incommensurable, surtout en cette période de sentiments plutôt glacials et déprimants pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à une action.

La conclusion d’un « bagger » est toujours source d’un sentiment de satisfaction, de devoir accompli et aussi, reconnaissons-le, d’une petite poussée de vanité. Mais… chuuuutttt… ne le répétez à personne.

Néanmoins, dans le cas présent, nous ressentons un léger… comment dire… énervement ?

Laissez nous vous expliquer…

Le 5 décembre, le cours de l’action de notre « distributeur d’électronique grand public » culminait à plus de 12 dollars, ne nous laissant plus aucune marge de sécurité sur son actif tangible.

Fidèles à notre technique, nous avions placé un stop loss au cours de 10,53 usd avec pour objectif de tenter d’accompagner encore la hausse au cas où Mr Market surferait sur une vague d’optimisme béat au milieu d’un océan de déprime. Et ce fut raté… 

 

En effet, le 8 décembre, le stop était enfoncé et notre vente réalisée au cours de 10,25 usd. Mais le plus frustrant, c’est que moins d’une demi-heure après cette vente, le cours avait repris plus de 12 % !

A croire que « quelqu’un » avait vu notre stop et avait lancé une série de ventes ATP juste pour nous ennuyer et pour pêcher nos quelques malheureuses actions. 

Ce qui est frustrant, c’est que ce n’est pas la première fois que pareille mésaventure nous arrive. 

Nous nous demandons quand même si nous ne devrions pas légèrement modifier notre tactique et placer des stops « mentaux ». Certes, cette approche sera plus contraignante et nous obligera à regarder nos comptes de trading plus fréquemment que nous ne le faisions jusqu’à présent : en effet, pour l’heure, deux ou trois consultations des cours par semaine suffisent largement à nous remplir de bonheur. Mais comme on obtient rien sans labeur, il nous faudra peut-être passer outre à nos habitudes « pépères » et nous rapprocher de l’attitude du « day trader » du moins lorsque la hausse des cours d’une action déterminée aura réduit la marge de sécurité à néant. C’est contre notre nature mais ce sera peut-être un passage obligé pour optimaliser nos ventes.

 

Nouvelle salle de trading de l'équipe des daubasses

 

Quelle formidable période boursière !

C’est vrai, cher(e) lecteur(trice), nous faisons un peu dans la provoc en employant un tel intitulé pour ce petit article.

D’ailleurs, la performance de -15 % réalisée par notre portefeuille depuis le début de l’année ne nous fait pas plaisir.

Et pourtant, depuis le commencement de la crise au cours de cet été, chacun d’entre nous éprouve une jubilation grandissante. Pourquoi une telle jubilation qui pourrait, pour certains, friser l’indécence ? Parce que notre idée d’investissement en « Daubasses », contrairement aux apparences, est construite sur une perspective de long terme. Et donc,  quand le marché chute suffisamment, nous savons que nous allons pouvoir trouver de nouvelles occasions d’investissement et donc de pouvoir augmenter le potentiel global du portefeuille (calculé en fonction de la VANT pondérée des sociétés qui le constituent), ce qui aura automatiquement le pouvoir d’amplifier notre performance dans le futur : c’est dans la descente aux enfers de fin 2008-début 2009 que nous avons bâti la performance globale de notre portefeuille, performance qui a largement dépassé nos espoirs les plus fous.

Edmund Hillary et Tensing Norgay

Ce qui est « jouissif » dans notre démarche actuelle, c’est que le niveau global des marchés nous permet de dénicher des sociétés à prix décotés mais que, contrairement à la période 2008-2009, il ne suffit pas de se baisser pour les accrocher à notre tableau d’honneur. Au contraire, les chasses sont longues et les « analyses pour rien » assez nombreuses. Mais quand nous trouvons enfin la perle rare, nous connaissons un vrai moment de bonheur (notre pudeur naturelle nous empêche de parler de « véritable moment d’extase » probablement proche du sentiment qu’ont dû ressentir Edmund Hillary et Tensing Norgay lorsqu’ils ont vaincu l’Everest).

Ainsi, comme nous vous l’avions signalé, nous avons augmenté la force de frappe de la « daubasse Inc » par une augmentation de capital. Un apport exact de 40 310 euros de bonnes liquidités auxquelles s’est ajouté le cash issu de la vente d’une de nos daubasses cachées, la société Track Data qui présentait, au moment de son achat, un potentiel certes intéressant mais qui, depuis son passage aux « pink sheet » péchait par deux aspects : sa liquidité du fait que l’action n’était plus échangée qu’occasionnellement mais surtout la disparition de l’information financière : les derniers comptes disponibles étaient ceux de fin 2009. Bref, nous avons vendu cette société avec une légère moins-value de -1,35 % frais de courtage inclus. Ici encore, l’importance de la marge de sécurité dont nous disposions nous a évité des pertes conséquentes.

Et ces liquidités, nous avons commencé, méthodiquement, à les investir dans des supports principalement « daubasses » évidemment mais en ayant aussi le souci d’apporter encore un peu plus de diversification à notre portefeuille. Depuis début octobre, nous avons constitué de nouvelles lignes ou renforcé des lignes existantes sur :

–       Des daubasses recelant de belles cerises sous la forme d’un know how technologique : un prestataire de services d’ingénierie pour les fabricants d’électronique, un sous-traitant pour l’aérospatial, la défense et le secteur des télécommunications, un fabricant de têtes de lecture pour disques durs, un assembleur de composants électroniques ainsi qu’ un acteur du secteur photovoltaïque ;

–       Des belles industrielles dans un creux : un fabricant de papiers spéciaux et un autre papetier plus classique ;

–       Deux « belles au bois dormant » détenant un patrimoine immobilier intéressant : une société  propriétaire et exploitante d’hôtels ainsi qu’une chaîne de « librairies » ;

–       Mais aussi des sources de diversification pour notre portefeuille que nous avons achetées évidemment avec de grosses décotes : deux mines d’or achetées largement en deçà de la valeur de leurs réserves prouvées et un fonds fermé nous permettant d’investir sur le Vietnam, une manière de compléter, après des achats sur l’Inde, la Turquie et l’Ukraine, le segment « émergents-frontières » de notre club.

Pour nos amis français, précisons que 4 de ces achats portent sur des sociétés éligibles au PEA.

Comme vous pouvez le constatez, toutes ces liquidités ont déjà été bien employées et nous ne comptons pas nous arrêter là. Après ces opérations, il subsiste encore un peu de cash pour l’équivalent d’environ 5 % du portefeuille et nous ne pensons pas le laisser inemployé très longtemps.

« Ouais, et si la bourse se « krache » à nouveau ? »

Dans ce cas, cher(e) lecteur(trice), nous vous renvoyons à notre philosophie générale d’investissement et vous rappelons que ce que nous achetons, ce ne sont pas de vulgaires bouts de papier mais des actifs bien tangibles : Mr Market peut bien nous proposer un prix raplapla pour nous acheter ces actifs, nous, nous avons tout notre temps et sommes convaincus qu’un jour, ils sera contraint de nous en offrir le juste prix, voir même, peut-être, un prix tout-à-fait exorbitant. Ce ne serait pas la première fois…

Ceci dit, en cas de poursuite des soldes, rien ne nous empêchera d’apporter de nouvelles liquidités à notre club d’investissement pour pouvoir prolonger notre « moment d’extase »…

Évidemment, nos abonnés ont été avertis en temps réel de ces opérations et ont pu découvrir dans nos lettres mensuelles les éléments qui les ont motivées.

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Chassez le mouton, il revient sans cesse au galop ! Nos lecteurs sur la sellette… ???

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Une fois n’est pas coutume, cher(e)s lecteurs(trices), nous allons quitter le terre-à-terre des chiffres, du noir ou blanc, du oui ou non, pour entrer dans le territoire impalpable, du « moi », du rapport que chaque investisseur se doit d’acquérir avec lui-même pour aborder le marché. Il s’agit de traiter, comme l’a laissé deviner l’intitulé de cet article, de la psychologie de l’investisseur.

Nous pensons chez les Daubasses, surtout à partir de nos propres expériences réunies mais aussi de nos lectures que le travail psychologique de chaque investisseur est une composante majeure de la réussite. Une composante que nous jugeons supérieure à plus de 50% dans le poids de la panoplie d’outils dont dispose l’investisseur pour tenter de battre le marché à long terme. 

Imaginons simplement une belle méthode « value » inspirée de Ben Graham, avec des bornes fixes qui peut vous guider avec un haut pourcentage de réussite, une méthode qui vous murmure à l’oreille « ici, j’investi, c’est bon marché » ou « ici je n’investis pas c’est trop cher ». Mais à chaque fois, malgré ces bornes bien définies et d’une clarté de cascade alpestre, vous trouvez une bonne petite raison pour dire « c’est trop cher, mais finalement pas tant que cela et en plus le marché est haussier, donc j’achète quand même »… Ou encore « c’est pas cher… mais les perspectives sont atroces, je pourrais pêcher le poissons encore plus bas, si le marché dégringole encore, ce qui a toutes les chances d’arriver… Donc j’attends… ». Ou encore  « Bordel !!!!, j’aurais dû acheter quand c’était pas cher, ce sale truc a pris 100% en huit semaines seulement…Ma méthode me dit que c’est cher à présent, mais le marché a retrouvé des perspectives d’enfer, je suis certain que les 100% suivants, c’est pour moi …!!!!! »

Si nous translatons sur des méthodes ou l’analyse qualitative est aussi importante, voir plus que l’analyse quantitative, c’est encore plus difficile.  Combien de fois n’avons-nous pas vu d’investisseurs croire avoir trouvé un « moat » ou une « marque » protégés par des douves solides alors que la barrière contre la concurrence était en papier mâché ? Combien de fois n’avons-nous pas lu de projections futures euphoriques des Free Cash-Flow basées sur les chiffres mirobolants du passés ? Combien de fois n’avons-nous pas vu de « fans de Buffett » acheter des entreprises extraordinaires à des prix extraordinairement cher alors qu’ils  savent par cœur que l’entreprise doit être extraordinaire et le prix ordinaire !

Vous aurez compris, avec ces quelques exemples, qu’aussi bonne que soit votre méthode d’investissement, aussi fine que soit vos analyses, si vous ne parvenez pas à appliquer cette méthode à la lettre et à vous y tenir dans n’importe quelle circonstance de marché, vous ferez partie des 95% d’investisseurs qui font moins bien que le marché. C’est-à-dire de la grande majorité de ceux qui perdent en général de l’argent avec leurs investissements boursiers.

Tout ceci est évidemment plus facile à dire qu’à faire, nous en sommes bien conscients.  D’ailleurs, ne vous y trompez pas : l’équipe des Daubasse n’est ni au-dessus, ni en-dessous de la mêlée, mais bien, comme tout investisseur, dans la mêlée, le troupeau.

La seule différence avec l’ensemble du troupeau, c’est que nous travaillons en permanence, notre psychologie d’investisseur pour nous démarquer en temps utiles du troupeau. Être avides quand l’ensemble grelote de peur et commande des réserves importantes de pampers et être rabat-joie quand les grosses fêtes commencent. Ce n’est jamais amusant dans aucun des cas et nous pouvons vous dire qu’il faut se forcer pour se « muscler » psychologiquement. En effet, la démarche n’est pas naturelle : personne ne l’a « en soi ».

Cette force psychologique nécessaire à la réussite doit donc s’acquérir au fil du temps.

Pour ce faire, il faut d’abord comprendre de quoi est composé notre psychologie et notre manière de nous comporter.

En fait, de l’enfance à l’adolescence, nous sommes construits en copiant les autres. Les autres ce sont nos parents, nos grand–parents, nos condisciples à l’école, nos professeurs, … toutes les personnes qui tentent de nous éduquer…Si notre mère nous apprend que notre père s’appelle « papa », nous répétons « papa », mais si elle dit « Tata », nous répéterons « Tata », ou si encore elle dit « Dady », nous disons « Dady » … Si notre père a tendance à uriner en rue sur un petit muret délabré ou à agiter un doigt vengeur en direction d’un automobiliste qui viens de lui tailler la route quand il est au volant, nous aurons tendance à trouver cette manière de faire normale et nous la répéterons. L’éducation des enfants et des adolescents est donc, un « copié » de ce que les parent et l’entourage, tous les jours, nous ont « collé » dans le cerveau.

Après l’adolescence, c’est pareil même si c’est moins évident car tout le monde pense être original, unique dans sa manière de penser, de s’habiller, d’agir.

Nous avons l’impression de nous distancer de la manière de penser et d’agir de Papa et Maman, voire de ceux qui nous ont éduqués … mais c’est en réalité un leurre.

Le problème c’est que 95% de la population fait  « boulot-métro-dodo », pour certains  « voituro » remplace « métro » mais le déplacement a lieu sur roue.  Tout le monde s’habille à « H&M », « Zara » ou autre boutique chic avec la même étiquette « made in China », « Thailand » ou « Vietnam », collée à l’arrière. Bon vous nous direz qu’il y a des variantes du style « EuroChina » mais c’est juste que la société chinoise qui emploie 100% de chinois a son siège et son usine de production à Milan  et  permet donc de vous faire cracher entre 4 et 5 fois plus que si elle avait son siège et son usine à Shangai … Tout le monde a le dernier téléviseur HD « made in Korea ».  Tout le monde a la même voiture, c’est juste que le décor, cette sacrée carrosserie, varie mais il y a à l’avant du capot et parfois à l’arrière 4 anneau, une étoile, un ange, un jaguar, … mais tout le monde a bien un moteur, 4 roues, au moins deux essuies glaces et des sièges pour s’asseoir.  C’est comme cela depuis toujours et ce n’est pas près de changer !

En fait, si vous réfléchissez un peu, en retournant la problématique, si le troupeau de moutons était composé de seulement 5% de la population et de 95% de personnes origninales ne copiant personne, la mode n’existerait pas, les agences de voyages non plus, pas de MacDo, ni d’autoroutes, une ou deux marques de voiture suffirait, un tas de professions n’existerait pas comme tatoueur ou « piercingueur », avocat, coiffeur, …Microsoft et Apple seraient des small cap au chiffre d’affaires peu reluisant et Bill Gates et Steve jobs des CEO’s de vraies daubasses.

Bon nous arrêtons nos exemples car vous avez certainement compris que nous sommes tous dans la même soupe et que ce phénomène de troupeau ne pose pas le moindre problème en soi … Au contraire c’est naturel et pas le moins du monde dérangeant.

Par contre, si vous entrez dans le monde merveilleux de l’investissement avec ces réflexes naturels, vous vous transformez instantanément en « mouton à tondre », vous signez une assurance pour la faillite. Et les brooker, banques et autres institutions financières, comme la presse, les banques centrales et les news quotidiennes « à la Kalashnikov » tous azimuts vous fournissent ce type de beau contrat de mise à mort en permanence.

Comment faire alors pour tordre le cou à nos réflexes moutonniers qui sont tout-à-fait normaux dans la vie courante et agir en parfait original, voir en électron libre dans le monde merveilleux de l’investissement.

Ce n’est pas vraiment un travail quantifiable mais, de notre propre expérience, c’est un travail qui doit être permanent, répété à chaque fois que l’on investit et cela au fil du temps. Car chasser le mouton est admirable en soi mais il faut savoir que ce mouton reviendra à chaque fois au grand galop.

Le premier point est de définir une méthode d’investissement et de l’appliquer sans concession.  Si vous la modifiez, il est impératif que vous l’amélioriez dans le sens de la contrainte et en aucun cas des « petits arrangements »  avec la réalité qui vous permette de galvauder ces contraintes.

Les chiffres dans une méthode sont, pour nous, les couperets les plus aiguisés. Si vous vous « bornez  à borner » votre méthode avec des chiffres, vous avez en mains de très solides outils pour affronter la jungle merveilleuse de l’investissement. Avec ces chiffres, le monde impalpable du blanc mouton est concassé par un oui ou non, du blanc ou du noir.

Ces chiffres vous diront que c’est bon marché, voir extrêmement bon marché, en pleine panique des marchés et que c’est cher voir hors de prix dans l’euphorie générale.

Votre effort consistera donc à dire, à redire et même à chanter si vous avez quelques aptitudes vocales que ce sont vos chiffres qui ont raison et en aucun cas le marché.

Bien entendu, il faut vous attendre aussi à ce que chaque période soit difficile et jette le doute en vous, c’est en fait le retour du mouton galopant ! Il est quotidien dans ces moments-là … Et vous devez résister aux sirènes bêlantes qui vous disent : « t’es  malade d’investir, c’est la faillite du capitalisme la semaine prochaine, tes chiffres à la noix c’est du pipo, plus rien ne tient debout, l’écroulement complet ce sera sans doute mercredi prochain, tout le monde le dit ».

Et dans d’autres moments « quel clown tu fais, avec tes chiffres, t’ a déjà 15% de retard, sur tes collègues de bureau et ton cercles d’amis, tout le monde va finir par se moquer à te voir rester « embousé » dans tes sacré chiffres qui te disent que c’est trop cher, trop cher, de plus en plus cher… Alors que tout le monde gagne et parfois sans même calculer … » 

 

Vous avez tous compris, cher(e) lecteur(trice), que les chiffres dont nous parlons ne sont pas de la mathématique quantique. Ces chiffres se trouvent dans les bilans des sociétés et on additionne, soustrait, divise et multiplie : il ne faut donc pas la moindre calculette « HP » scientifique pour que vous calculiez la valeur d’une société et que vous la compariez au prix que le marché vous propose.

Nous tenons à vous redire que chaque membres de l’équipe des Daubasses éprouve des difficultés avec le retour de son mouton galopant à titre individuel. Combien de fois chacun à notre tour n’avons-nous pas proposé au groupe des petits arrangements avec les chiffres ? Mais la force d’un groupe soudé, c’est justement de rappeler à l’ordre ces petits écarts lors du retour du mouton galopant. Et le plus important pour vous qui êtes peut-être seul, c’est surtout de vous rendre compte de ce « retour de mouton » car c’est exactement à ce moment qu’il faut agir et se concentrer sur les chiffres qui vous disent si c’est cher ou bon marché…..Le reste est à oublier.

En ayant l’idée de ce petit article sur la psychologie de l’investisseur, nous nous sommes demandé quelle était la force psychologique de nos abonnés et surtout comment la mesurer ? Ensuite l’idée faisant son chemin, nous avons également eu l’idée, comme nous disposions de quelques statistiques, de voir comment réagissaient les lecteurs de ce blog aux variations de marché, ce qui inclut évidemment des abonnés et des non abonnés ?

Nous avons donc essayé de faire le plus simple possible pour nous faire une petite idée de votre force psychologique. Nous avons pris trois composantes

1° les variations mensuelles de l’indice S&P 500.

2° les variations mensuelles du nombre de nouveaux abonnés

3° les variations mensuelles du nombre de visites totales de notre blog.

Nous avons comparé la variation de l’indice S&P500 à la variation mensuelle du mois suivant des abonnements et des visites totales.

Voici un petit exemple : imaginons que la variation du S&P500 soit de +6% en mai, nous comparons alors les variations mensuelles de nouveaux abonnés et de visites totales du blog du mois de juin.

Pourquoi ce mois de décalage ? En fait, pour mesurer votre biais psychologique par rapport à l’indice. Car, de manière générale, 95% des investisseurs sont influencés par les variations … Si, au mois de mai, l’indice s’est apprécié de 6%, 95% des investisseurs ont tendance à penser que cela va se poursuivre en juin.

Nos statistiques courent donc sur 26 mois, de juin 2009 à juillet 2011 et nous avons noté de cette manière : à chaque fois que l’indice S&P500 évolue de la même manière que les nouveaux abonnements et les visites totales du blog du mois suivant, nous notons  « 0 » à chaque fois que le S&P500 évolue en sens inverse que les nouveaux abonnements et les visites totales du blog du mois suivant, nous notons  « 1 ».

Petit exemple pour bien comprendre :

Le S&P 500 s’apprécie de 6% en mai, les abonnements de 25% en Juin. La note est « 0 », car cela signifie que vous vous abonnez avec un biais psychologique positif comme le laisse penser le marché

Le S&P 500 recule de -4% en avril tandis que les abonnements avance de 6% en Mai.  La note est de « 1 » car cela signifie que vous ne vous abonnez pas par rapport à un biais psychologique négatif à court terme comme le marché le laisse penser.

Alors nos abonnés …  Moutons ou pas moutons… ????

A notre grande satisfaction, sur 26 mois, 13 fois sur 26  vous vous êtes abonnés sans le moindre biais psychologique impulsé par le sens du marché, soit 50 % du temps, ce qui nous semble vraiment honorable.

Et nos lecteurs ?

Si nous avons ajouté le nombre de visites totales du blog, c’est aussi pour avoir un point de comparaison entre nos abonnés et une plus large palette d’investisseurs incluant aussi nos abonnés.

Et, sur 26 mois, les visites totales sur notre blog ont évolué en sens inverse de l’indice S&P 500 à 11 reprises, soit 42 % du temps.

De cette « mini expérience » sans prétention, nous concluons que l’ensemble de nos abonnés présente une « force psychologique » nettement plus importante que l’ensemble des visiteurs du blog qui nous rendent plus volontiers visite quand le marché est en hausse et nous délaissent quand il est en baisse. Alors que nos abonnés s’abonnent presque 1 fois sur 2 du temps sans le moindre biais psychologique.

Voilà un graphique de ces petites statistiques.

 

 

Vous pouvez donc observer par exemple qu’en juillet 2011, le S&P500 recule de 2 % alors qu’en juillet, le nombre de nouveaux abonnements s’apprécie de 123 %, pas de biais psychologique.

Ou encore en mars 2011 le S&P500 s’apprécie de 3 % alors qu’en avril, le nombre de nouveaux abonnements recule de 25 %, de nouveau pas le moindre biais psychologique.

Ou enfin au mois de décembre 2009 le S&P500 recule de 4 % tandis que le nombre de nouveaux abonnements bondissent de 88 % en janvier.

Pas encore satisfaits d’avoir testé vos biais psychologiques d’investisseurs par rapport au marché, nous avons voulu tester votre biais psychologique par rapport à la performance mensuelle du portefeuille « Daubasses ».

Surprise, surprise et bonne de surcroît 13 fois sur 26, vous vous êtes abonnés sans subir le moindre biais psychologique impulsé par la performance du portefeuille « Daubasses ».

Et surprise également au niveau des visites totales du blog qui font exactement le même score, soit 13 fois sur 26, les visiteurs de notre blog n’ont pas subi un éventuel biais psychologique impulsé par la performance du portefeuille « Daubasses »…

 

Bien entendu, vous aurez tous compris que ces statistiques, si elles ont un petits côté distrayant, ne font pas avancer le « Schmilblick » car la force psychologique de l’investisseur s’acquiert seule, au fil du temps … Et pas avec quelques graphiques !

Mais bon, nous voulions avoir juste une petite idée, même très vague, de votre force psychologique à défaut de rien du tout … pour vous pousser à la réflexion permanente, sur ce point très important de l’investissement très souvent délaissé. Car c’est selon notre point de vue LA clé du succès qui permet de se classer dans les 5 % d’investisseurs qui « battent le marché ».

La maîtrise des coûts … de son portefeuille de fonds

Comme vous le savez, cher lecteur, bien qu’investis essentiellement en actions, nous nous intéressons aussi aux fonds de placement comme vous avez pu vous en rendre compte dans cet article et aussi dans celui-ci. Il y a deux raisons à cet intérêt : parce que nous pouvons y puiser des idées d’investissement et surtout de philosophie d’investissement… mais aussi parce que c’est sur le forum Sicav de Boursorama que nous nous sommes rencontrés. Paradoxalement, on peut donc dire que c’est un peu par les fonds que  l’aventure « daubasses » a commencé.

Notre ami Michael (lui aussi rencontré sur le forum Sicav) fait un peu la démarche inverse de la nôtre : il est principalement investi en fonds mais s’intéresse aussi de près aux daubasses. Un des critères les plus importants qu’il utilise pour sélectionner les fonds dans lesquels il investit, ce sont justement les frais de gestion. En effet, maîtriser ses coûts, c’est une des missions essentielles pour les managers d’entreprise. Et pour des fonds de placement pour lesquels la rentabilité future est encore plus aléatoire, le poids des charges est un des éléments prépondérants de la performance future du fonds.

Aimablement, Michael nous a proposé un petit article qui résume son travail d’analyse des management fees sur les principaux fonds « value » disponibles en France. Nous avons le plaisir de vous le présenter…

Méthodologie :

Je parcours les prospectus de plusieurs fonds orienté value chaque année à la recherche du TER (Total Expense Ratio) et du détail d’éventuel frais de surperformance.

Je considère les frais de mouvements comme des frais de gestion cachés et récurrents. Ils sont donc comptabilisés comme des frais de gestion de base.

Fonds TER 2008 

%

TER 2009 

%

TER 2010 

%

Com de surperf ? Montant de Commission de surperformance en 2010
 

Fonds France/Europe

Sextant PEA 2.40 2.40 4.56 (2.40+2.16) oui 2.16%
MMC  (Moneta) 1.80 4.93 (1.80+3.13) 1.99 (1.80+0.19) oui 0.19%
MME (Moneta) 1.80 1.80 1.80 oui Non facturée sans explications comme en 2009
Entrepreneurs (Flinvest) 1.79 Non dispo 1.80 (1.80+0) oui 0% n’a pas surperformé son indice
Tricolore Rendement 2.15 2.37 2.20 non
Valfrance 2.17 2.09 2.16 non
Centifolia 2.63 2.63 non dispo non
Tocqueville dividende 2.81 2.64 non dispo non
Agressor 2.84 2.84 2.91 non
Bestinfond N/A 1.93 2.25 non
 

Fonds Mixte

Carmignac Patrimoine 1.82 2.35 (1.74+0.6) 1.77 (1.77+0) oui 0% n’a pas surperformé son indice
Echiquier Patrimoine 1.20 1.20 1.20 non
Eurose 1.40 1.40 Non dispo non
 

Fonds Monde

Sextant GL 

2.07 2.06 5.20 (2.06+3.14) oui 3.14%
Sextant Inc N/A 2.08 5.67 (2.05+3.62) oui 3.62%
Carmignac Investissement 2.09 5.71 (2.01+3.70) 2.57 (1.88+0.69) oui 0.69%
Valeur Intrinsèque 2.25 2.24 2.25 oui Non facturée sans explications comme en 2009
Skagen global N/A 2.75 (1+1.75) 1.29 (1+0.29) oui 0.29%
 

Fonds Emergents

Sextant ADM 

2.43 2.42 5.06 (2.42+2.64) oui 2.64%
Carmignac Emergents 2.51 2.70 3.79 (2.13+1.66) oui 1.66%
Magellan 2.15 2.04 2.01 non
East Capital Balkan 2.50 2.50 2.50 non
 

Fonds Matières premières

Sextant PO 2.79 2.41 6.99 (2.40+4.52) oui 4.52%
Carmignac Commodities 4.09 6.96 6.96 oui Non précisé dans le prospectus
Tectonic Fund 2.54 Non dispo 20.81 (2.80+18.01) oui 18.01%

Analyse :

Je faisais remarquer l’année dernière que « l’application de commission de surperformance sur des fonds cycliques est particulièrement défavorable pour l’investisseur. ».

Les fonds investissant sur des sociétés dans le domaine des matières premières sont par essence cyclique vu que ces sociétés dépendent fortement du prix de vente des matières premières. Il est compréhensible que ces fonds alternent les très bonnes et les très mauvaises années.

L’application de frais de surperformance rogne la performance les bonnes années et n’est pas restitué les mauvaises années. C’est un phénomène pervers qui devrait aboutir inévitablement à l’appauvrissement du porteur de parts sur le long terme.

Pour l’année 2010, l’exemple est frappant sur les 3 fonds suivis : 6.99% (Sextant PO), 6.96% (Carmignac Commodities) et la palme d’or 18.01% de frais de surperformance pour The Tectonic Fund !

Pour rappel ce fonds a fait -80% de performance en 2008 au plus grand bonheur de ses porteurs de parts… Même si ce que fait le SPGP est règlementairement tout à fait légal, on peut s’indigner d’un manque de respect financier et intellectuel.

En ce qui concerne les fonds France/Europe, la catégorie reste encore assez chère. Seuls Entrepreneurs et Moneta Micro Entreprise ont un TER 2010 inférieur à 2%. A noter que MME a encore une fois délivré une belle performance. Y a-t-il un traitement de faveur pour ce fonds fermé ? La question peut se poser, car comme l’année dernière MMC a subit des frais de surperformance alors que MME en a été exempté et cela sans explication.

A noter que DNCA et Tocqueville Finance n’ont toujours pas mis à disposition leur prospectus 2010. On pourrait attendre de sociétés sérieuses qu’elles tiennent ce type de documents à jour et les mettent à disposition sur internet.

Pour les fonds mixtes, les frais restent raisonnables.

Les TER des fonds émergents ont fortement augmenté pour les fonds avec frais de surperformance. Attention au même type d’effet pervers que pour les fonds matières premières, car les fonds émergents sont également sujets à de fortes volatilités. Un fonds émergents de qualité sans commissions de surperformance devrait rester la solution sur le long terme.

En ce qui concerne les fonds Monde, les disparités entre les frais sont énormes.

Il y a les fonds Sextant et Carmignac qui ont des TER particulièrement élevés.

Même si les TER 2010 des fonds Sextant sont très élevés, on doit préciser qu’aucun frais de surperformance n’avait été encaissé en 2009, signe d’une certaine honnêteté intellectuelle.

Mais couplés à des frais de base déjà relativement élevés (entre 2% et 2.40%), c’est clairement un point à suivre sur ces fonds.

Puis, il y a les fonds Valeur Intrinsèque et Skagen global avec des frais raisonnables.

Valeur Intrinsèque maintient son TER à 2.50%, alors qu’il aurait pu prélever des frais de surperformance. Je salue cette initiative, même si une communication sur le sujet serait l’idéal pour avoir une meilleur visibilité.

Skagen global est l’exemple même d’une pratique saine des frais de surperformance. Les frais de bases sont bas (1%), ce qui fait que l’application de frais de surperformance permet réellement d’aligner l’intérêt de la boutique et du porteur de parts.

Ce n’est pas la création de valeur pour les actionnaires qui enrichit les actionnaires …

C’est ce que nous allons tenter de vous démontrer grâce à une étude d’Eugène Fama et Kenneth French sur laquelle nous sommes tombés au hasard de nos pérégrinations sur le web   

« Quoi ! Vous, les chantres de l’investissement dans la valeur, vous allez vous baser sur une étude rédigée par l’un des pères de la théorie sur l’efficience des marchés ? »

Nous comprenons votre étonnement, ami lecteur, mais vous allez voir qu’il n’est pas question pour nous de « virer notre cuti » sur ce point.  D’ailleurs, Eugène considère que les marchés sont correctement évalués si les opérateurs interprètent avec justesse les informations qu’ils ont à leur disposition. Les différentes crises « d’euphorie-dépression » dont Mr Market  nous gratifie sont là pour nous démontrer que le raisonnement de ces opérateurs n’est que rarement correct et l’efficience peut-être pas aussi présente que certains semblent le penser.  Mais revenons à cette fameuse étude.

Nos deux compères partent du postulat que le rendement généré par une action est composé de trois facteurs :

         le dividende distribué

         la croissance de sa valeur d’actif net

         la croissance du ratio cours/valeur d’actif net

L’équipe des Daubasses ne peut que marquer son accord avec ce postulat. Notez tout de même qu’un désaccord de notre  part n’aurait certainement pas procuré des crises d’angoisse à ces deux illustres universitaires.

Eugène et Kenneth ont ensuite étudié le comportement de 6 types de portefeuilles dans lesquels ils ont regroupé 6 types de sociétés :

         les small cap value

         les small cap growth

         les small cap neutres

         les  big cap value

         les big cap growth

         les big cap neutres

Les “value” sont les sociétés cotant à un faible “price to book” et les « growth » sont les sociétés cotant à un haut « price to book ». 

Des « small cap cotant à un faible price to book » ? Cela ne correspond-t-il pas à  vos chères daubasses ?

Si nous schématisons, on peut considérer, cher lecteur, que c’est effectivement la catégorie de sociétés dans laquelle nous investissons habituellement pour notre portefeuille.

L’étude porte sur la période 1963 – 2003.

1ere phase de l’étude : quel est le rendement procuré si on ne considère que les dividendes en faisant abstraction des deux autres facteurs ?

Nous remarquons que sur ce plan, les portefeuilles « growth » sous performent nettement les portefeuilles « value » : les « small growth » et « big growth » génèrent un rendement sur dividende nettement inférieur à la moyenne du marché alors  que les «big  value » le surperforment allègrement.  Les « small value » restent, quant à elles, légèrement en deçà de la moyenne générale.

2e phase de l’étude : quel est le rendement procuré si on ne considère que la croissance des fonds propres en faisant abstraction des deux autres facteurs ?

Les « small growth » surperforment largement le marché et les autre types d’actions. Et nous constatons aussi que sur la durée, les « small value » voient leur fonds propres DIMINUER . Des vraies daubasses quoi !

Et lorsqu’on cumule les facteurs 1 et 2, ce n’est guère plus brillant pour nos « daubasses » : comme vous pouvez le constater dans le 3e tableau ci-dessous,  le segment « croissance » surperforme largement les autres catégories alors que notre segment de prédilection, les « small value », génère un rendement à peine positif et, en tout cas, inférieur à l’inflation. 

 3e phase de l’étude : quel est le rendement procuré si on ne considère que la croissance du ratio « price to book » en faisant abstraction des deux autres facteurs ?

Et c’est ici que survient LA révélation !  La variation du ratio est proche de 0 pour la moyenne du marché, ce qui semble assez logique finalement.  Par contre, nos « daubasses » voient, en moyenne, leur ratio cours/valeur comptable augmenter de 16,19 % caracolant loin devant tous leurs confrères et notamment les « growth » dont le ratio price-to-book a tendance à diminuer sur la durée.

 

Conclusions

Lorsque l’on cumule le rendement procuré par ces trois facteurs, nous pouvons constater que, sur la durée, ce sont bel et bien les « daubasses small cap à faible ratio cours/fonds propres » qui génèrent le meilleur rendement et la catégorie des sociétés à haut ratio « cours/fonds propres » qui sous performent le marché.

Nous pensons que ceci remet en lumière, une fois de plus, le trop peu de cas que fait la majorité des investisseurs de la capacité de rattrapage d’une sous évaluation par le marché.

Le découpage de la performance en 3 étapes comme l’ont réalisé Farma et French permet de se rendre compte de deux choses :

         Sur base des facteurs 1 et 2 qui sont strictement économiques, les sociétés de croissance,  et singulièrement les small cap, génèrent bien plus de valeur pour les actionnaires que tous les autres types d’investissement

         Par contre, l’étude nous démontre aussi toute l’importance à accorder au prix payé : malgré leur surperformance économique, les actions payées trop chers par rapport à la valeur de leurs actifs fourniront un rendement final aux actionnaires bien inférieures aux sociétés moins performantes mais pour lesquelles on a acquis les actifs à un prix défiant toute concurrence.  Ainsi, 100 dollars investis sur des big cap cotant à plusieurs multiples de leur fonds propres sont devenus, sur la période de 40 ans sous revue, 3 827,45 dollars. Mais les mêmes 100 dollars investis sur des « mini sociétés » acquises à un prix significativement attrayant par rapport à leurs fonds propres sont devenus … 48 011,54 dollars, soit 12,5 fois plus !

 

Au pays de Mickey, Donald chasse la daubasse …

Il existe très peu de gérants de fonds qui, comme nous, pratiquent l’investissement « deep value ».  Nous vous avons déjà présenté Walter Schloss, notre père spirituel, mais Martin Whithman, Seth Klarman et Chris Browne pratiquent également, quoi que dans une moindre mesure, la chasse à la daubasse.

Un de nos amis de Valeur et Convictions nous a alors parlé d’un autre représentant de cette espèce rare : Donald Smith.

Il est le chef des investissements de Donald Smith & Co depuis 1980. Au cours de cette période, il a généré un rendement annuel moyen de 15,3 % (sur la même période, le S&P a généré un rendement dividendes inclus de 10,9 %) et, durant ces dix dernières années, un return de 12,1 % par an alors que le S&P perdait 0,4 % au cours de la même période.  Voilà une perf qui ferait des envieux !

Ceci dit, cher lecteur, vous savez que ce qui nous importe, ce n’est pas la performance en tant que telle mais bien la manière dont elle a été obtenue. Et celle de ce cher Donald a tout pour nous faire saliver …

Donald Smith fut lui aussi, comme tant d’autres, élève de Benjamin Graham. Et c’est en faisant un travail bénévole pour le maître qu’il eut une révélation : à une époque où les bases de données informatisées n’existaient pas, Ben Graham souhaitait faire une étude sur le rendement obtenus par un portefeuille d’actions à bas PER. Afin de calculer la rétro performance d’un tel portefeuille, il fit appel à des volontaires qui durent effectuer tous les calculs « à la main ».  Don Smith était un de ceux-là.  En effectuant ces calculs, il se rendit compte de la faiblesse de cette approche : des sociétés cycliques par exemple cotent à un per bas … lorsqu’elles sont en haut de cycles puisque c’est le moment où leurs bénéfices sont les plus importants.  Et cette approche pouvait amener les investisseurs à acheter à contre courant.  Lors de son premier emploi, il eut la possibilité d’utiliser enfin l’outil informatique pour réaliser quelques back test portant sur différentes approches et il lui apparut que l’achat en fonction de la valeur comptable était la meilleure ou, à tout le moins, celle qui alliait à la fois simplicité d’application et haut rendement.  C’est ainsi qu’il arrêta le grand principe de sa philosophie d’investissement, celui qui veut que « toutes les actions devraient se valoriser à un prix en fonction de leur valeur comptable ».

Avec les screeners, le travail de pré sélection est aujourd’hui plus facile mais il effectue, tout comme nous, ses modestes clones, divers redressements comme de tenir compte des dilutions potentielles ou, au contraire, de ne pas tenir compte des goodwill. Ce genre de travail est plus fastidieux et la majorité des investisseurs ne le font pas. Il privilégie aussi les sociétés qui ont une valeur de mise en liquidation supérieure à la valeur comptable, celle qui présente « une cerise sur le gâteau » en quelque sorte.

Il évite les sociétés à franchise évidente  parce qu’il pense qu’une franchise évidente se paie cher et peut tout de même disparaître avec le temps. Il ne voit d’ailleurs que Coca Cola qui ait réussi à maintenir sa franchise sur une très longue période. D’ailleurs, une bonne part  des sociétés qu’il acquiert disposent effectivement de franchise comme leur fichier de clients ou leur savoir faire mais celle-ci est moins évidente et, dans le cadre de son approche, gratuite.

Donald Smith apprécie aussi l’avantage concurrentiel que son approche lui procure : peu de gestionnaires de portefeuille la pratiquent et cela lui permet de détecter les plus belles inefficiences du marché.

Son équipe de gestion est composée d’analystes spécialisés par secteur. L’analyste de chaque secteur propose ses meilleures opportunités à Smith et, s’il les trouve intéressantes, elles sont discutées collégialement en réunion de direction.

La qualité de la direction de ses cibles n’est pas un critère important pour lui et la volatilité ne l’inquiète guère : ce qui compte, ce sont les perspectives à long terme et le fait de disposer d’un actif qui protège l’investissement en cas de « coup dur ».

C’est la raison pour laquelle il a très bien vécu les années 98 et 99 au cours desquelles il a sous-performé le marché.

En réalité, il estime que son approche lui permet réellement d’acheter des secteurs entiers quand ils sont bons marchés comme par exemple les big caps au début des années 80, l’industrie métallurgique fin des années 90 ou les producteurs d’énergie (pétrole, charbon ou gaz) il y a six ou sept ans.

Il estime aussi que son approche bottom up lui permet aussi de prévoir certains accidents macro économiques comme il y a trois ans quand il a constaté les valorisations excessives des entreprises de construction ainsi que leur endettement de plus en plus important.

Ne voyez-vous pas, cher lecteur, beaucoup de similitudes avec vos serviteurs des daubasses ?

Quelques différences tout de même :

En général, Smith vend ses sociétés à un prix équivalent à deux fois son actif tangible (là où nous nous contentons d’une seule fois), il travaille sans stop loss et accorde une certaine importance à la capacité bénéficiaire de la société : contrairement à nous, il préfère, si possible,  que la valeur de l’entreprise augmente par ses propres profits plutôt que par le fait qu’un concurrent la rachète.

Ceci dit, bien que notre approche soit similaire à celle de « Donald Daubasse », nous n’avons, en examinant son portefeuille, découvert qu’une seule société que nous détenons également : il s’agit, pour nos abonnés, de la daubasse masquées n°12.

Comme quoi, des méthodes d’investissement très proches peuvent très bien aboutir à des portefeuilles très différents.

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« Small is beautifull » ou « tout ce qui est petit est gentil »

les-plus-grosses-bourses-du-mondeDe temps à autres, des lecteurs nous interpellent sur la taille relativement réduite des sociétés dans lesquelles nous investissons, arguant du fait qu’en cas de « coup dur », il pourrait être difficile de nous dégager rapidement.

Le fait d’être investi en small cap, voir en micro cap, n’est pas une volonté délibérée au départ : si nous trouvions un jour  une action  du CAC 40 ou du Dow Jones sous évaluée, nous n’hésiterions pas longtemps à l’acquérir.

Malheureusement, plus les sociétés sont grandes (en terme de capitalisation boursière), plus elles sont suivies par les analystes et les gérants de fonds  et, comme ceux-ci ne sont pas totalement idiots,  plus la valeur de marché de la société se rapprochera de sa vraie valeur.

Nous sommes donc obligés, tout comme notre ami Franck, d’explorer la jungle hostile et inhospitalière, du moins en apparence, des lilliputiens de la bourse.

Outre l’avantage mentionné ci-dessus qui consiste en la possibilité de rencontrer sur ces marchés un grand nombre d’inefficiences en raison du désintérêt volontaire ou non des « gros » investisseurs,  nous y voyons deux autres avantages :

–         le taux de croissance des petites sociétés est souvent supérieur à celui des grosses sociétés

–         et surtout, pour les chasseurs de daubasses que nous sommes, ces « pygmées  de la bourse » peuvent plus facilement être « avalés » par des prédateurs plus gros qu’eux.

Ces deux derniers points ont permis aux small cap de surperformer les big caps sur de longues périodes.

En témoigne, cette étude de Rolf Banz, « Chief Investment Architect » pour la prestigieuse maison Pictet.  Cet économiste a étudié le rendement de l’ensemble des sociétés cotant sur le NYSE de 1926 à 1980, en fonction de leur capitalisation boursière.

Et le résultat de son étude est édifiant : un investissement annuel systématique dans les entreprises parmi celles dont la capitalisation est la plus faible (en réalité le dernier quintile de l’échantillon)  aurait généré un rendement annuel 12,1 % là où les bigs caps (le 1er quintile de l’échantillon) n’auraient généré que 8,9 % de rendement annuel.

Cela n’a l’air de rien mais 100 dollars placés pendant 20 ans en small cap aurait rapporté un capital de 982 dollars alors que la même somme investie sur les ténors de la cote américaine n’aurait généré pour son propriétaire qu’un capital final de 550 dollars.

Vous comprenez peut-être à présent, cher lecteur, pourquoi l’inconvénient représenté par une faible liquidité se trouve, selon nous, largement compensé par le double avantage que représente l’investissement dans une action à faible capitalisation boursière : la possibilité de dénicher les plus belles histoires de maniaco dépression de Mister Market couplée à un potentiel « naturel » de hausse plus élevé.

Sur la lenteur de la diffusion de l’information financière en Europe continentale …

Pour faire suite à la présentation du  concept de Valeur de Création d’une Entreprise Equivalente, nous avons souhaité présenter la manière dont nous calculerions cette valeur sur la seule société française démasquée de notre portefeuille.

Malheureusement, alors que leurs consoeurs d’outre Atlantique ont, dans leur grande majorité, déjà publié leur rapport de gestion complet pour le 1er trimestre 2010, en Europe, nous en sommes toujours à attendre certains rapports de gestion pour l’année 2009.  Ah lourdeur européenne, quand tu nous tient !

C’est le cas de Vet’Affaires pour laquelle nous n’avons aujourd’hui, à notre disposition, que les comptes annuels sans aucune de leurs annexes.

Comme nous ne souhaitons pas travailler avec des chiffres de 2008, nous allons attendre, patiemment, la publication du document de référence 2009.  Nous reviendrons sur VCEE à ce moment.

Comme vous, cher lecteur, nous piaffons d’impatience …

En attendant, nous poursuivrons notre périple dans la valeur en vous proposant prochainement notre vision de la valeur de la capacité bénéficiaire d’une entreprise.