Commentaire – Portefeuille daubasses au 4 décembre : 2 ans et 5 semaines 📝📈

Performance depuis la création (31.10.2018) = +7,4%
Performance 2020 = -0,3%
Performance 2019 = +16,1%
Performance 2018 = -7,2%

Potentiel moyen pondéré du portefeuille = +169%

Price-to-book moyen du portefeuille : 0,48x

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Commentaire :

Logique de flux + effet mode = prix déraisonnable

Quand la rationalité est dépassée par le jeu. L’envie. Le désir de rêver. L’appât du gain ?

C’est important d’avoir des projets ambitieux et d’y croire. C’est ce qui nous fait tous lever le matin en ayant la banane. Garder un esprit rationnel, même en étant optimiste, reste essentiel.

Nous vous proposons deux exemples brulants pour montrer l’actuel esprit joueur des investisseurs :

1er candidat aux rêveurs : Tesla. L’entreprise américaine active dans l’industrie auto est mieux valorisée en bourse que les 10 premiers constructeurs mondiaux. Ok, révolutionnaire et tout le tralala. Ok disruptif, supers voitures, on envoie du rêve à n’en plus finir. Ok, demain votre voiture Tesla va vous fournir l’électricité pour toute votre maison pendant la nuit et aussi vous étendre et plier votre linge tout en vous préparant un café. Car la super voiture Tesla sera autonome et bienveillante. Le FUTUR avec un grand « F »… comme Fric !

La réalité, c’est 500 000 voitures vendues à l’année sur une micro-niche : une voiture élitiste (à partir de 45 000 EUR pour le modèle du pauvre : la Modèle 3), 100% électrique et berline. Ciao les familiales, les breaks, 4×4, roadsters, cabriolets et compagnie.

Il y a aussi les chiffres. Depuis sa création, Tesla n’a pas généré le moindre bénéfice. Alors oui, on le sait, ça va venir. C’est pour demain ou pour bientôt. Ok, ok. Vous nous connaissez : on ne croît que ce qu’on voit. Et pour le moment on voit beaucoup de marketing, avec une belle histoire entrepreneuriale, une horde de groupies méga fans (on a hâte de lire vos commentaires enflammés sous cet article ! 😉 ) et des pertes.

Saluons le pragmatisme de son fondateur Elon Musk qui a réussi à placer récemment une augmentation de capital au plus haut pour payer les dettes de la société. Très bien joué de sa part. Le marché en redemande !

Un prix plus réaliste serait d’avantage 200 USD l’action. Ce serait encore du rêve à ce prix, mais du rêve raisonnablement payé. Un prix correct pour une startup qui génère déjà un chiffre d’affaires.


2ème candidat au rêve : Air France. Vive le voyage dans les cieux. Mais pas à n’importe quel prix.

A 5,25 EUR l’action, Air France est valorisée plus de 2,2 Md EUR en bourse. Au 30/09/2020, la société avait des fonds propres négatifs à hauteur de -4,7 Md EUR[1] (-10,9 Md EUR retraités des intangibles) et une dette nette en hausse de 3,2 Md EUR depuis le début de l’année 2020 à 9,3 Md EUR. Dette à laquelle il faut ajouter des pertes quotidiennes de 15 M EUR (environ 500 M EUR / mois)[2].

Oui, c’est vrai : l’action Air France est une action « vaccin ». L’entreprise pourrait se remplumer lors de la prochaine reprise des activités aériennes liées au tourisme avec la réouverture des frontières. Certes. Mais quand ? Combien de passagers, de bénéfices ? Et après quels efforts demandés aux actionnaires actuels ?

On a entendu ça aussi : « le titre a déjà bien baissé depuis le début de l’année. Non ? ». Exact. Très grosse baisse. Est-ce la garantie d’une hausse ?

Ne pas oublier un point essentiel : les États français et néerlandais vont certainement soutenir la société qui est stratégique. Mais à n’importe quelles conditions pour les contribuables des deux pays ?

A notre avis, il y a de grandes chances pour les actionnaires actuels que la société soit au pire nationalisée (et les actionnaires rincés) ou, au mieux, que les créanciers (dont la France et les Pays-Bas) prennent le contrôle de la société par une conversion de la dette en capital. Diluant au passage massivement les actionnaires. Un poil mieux qu’une nationalisation.

Bref, l’investisseur rationnel n’achètera pas d’actions Tesla à plus 600 USD ni d’actions Air France à 5,25 EUR. Les valorisation sont stratosphériques au regard de la capacité bénéficiaire pour la première, en plus de son endettement pour la seconde. Même si Air France peut physiquement vous faire planer à haute altitude.

Exception faite, si vous êtes adepte du jeu de la patate chaude. Vous pouvez vous amuser à ce jeu. Refiler la patate, la récupérer et la refiler encore une fois. Bien rigoler et réaliser de belles plus-values. Et rejouer. Jusqu’au moment où il n’y aura plus personne pour jouer avec vous et où vous devrez la garder pour vous cette patate. Possible que vous découvriez qu’elle ne soit finalement pas si chaude, voire même plutôt froide… Et que c’est beaucoup moins drôle d’avoir une patate que personne ne veut…

Libre à chacun de rêver. Mais attention à ne pas rêver trop fort !

Sinon, un matin, vous allez vous réveiller et vous allez croire que vous pouvez voler.

Nous dormons sur nos deux oreilles avec nos daubasses : plein de parts de sociétés mal valorisées par le marché, dont un paquet de japonaises.

Et vous, êtes-vous plutôt rêveur ou rationnel ?
Dites-le nous dans les commentaires.


[1] https://www.airfranceklm.com/fr/system/files/q3_2020_press_release_fr_final.pdf

[2] https://www.europe1.fr/economie/covid-19-la-sante-financiere-dair-france-se-degrade-de-plus-en-plus-4006824


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2 réflexions au sujet de « Commentaire – Portefeuille daubasses au 4 décembre : 2 ans et 5 semaines 📝📈 »

  1. Bonjour

    Ce n’est pas dans l’esprit Daubasses, mais parier à la baisse sur Tesla est bigrement tentant quand en voit la forme de la courbe de l’évolution du titre !

  2. Bonjour à toute l’équipe,

    Pour ma part, j’essaie d’être le plus rationnel possible. Votre article souligne l’importante de la psychologie humaine par ces excès (appât du gain, avidité, peur de rater le train en marche, etc).

    Du coup, ces 2 cas renforcent votre point de vue sur le fait d’avoir un process quel qu’il soit de façon à éviter les pièces actuels.

    Avec ma modeste expérience en investissement « value », l’enjeu actuel est d’éviter les pièges plutôt que de trouver la « perle » rare étant donné que la plupart des marchés sont sur-évalués pour les raisons que vous avez cités.

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