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Le chasseur de daubasses est aussi un pêcheur de grands fonds

Lorsque nous avions présenté la philosophie d’investissement de Walter Schloss, nous avions vu que celui-ci avait son attention attirée par les actions dont le cours se trouvait au plus bas des deux ou trois dernières années. Nous vous avions expliqué aussi que nous évitions les titres « admirés » .

En replongeant dans la compilation d’études de Tweedy Browne, nous sommes tombés sur deux études statistiques tendant à confirmer la pertinence de cette approche. 

Le 1ere étude porte sur les actions du S&P500. De Bondt et Thaler ont, sur une période courant de 1932 à 1977 sélectionné chaque année les 35 moins bons performeurs des 5 années précédentes et les 35 meilleurs performeurs. Le résultat de cette expérience : le portefeuille « worst » a, en moyenne, sur performé le S&P 500 de 18 % au cours des 17 mois qui suivaient la sélection et le portefeuille « best » a sous performé le S&P 500 de 6 % au cours de ces mêmes 17 mois.

Une deuxième étude porte sur les actions britanniques. Elle porte sur une période – réduite – de 5 ans, de 1983 à 1987. Les 30 actions ayant le moins bien performé au cours des 10 années précédentes ( de 1973 à 1982) ont été confrontées aux 30 actions ayant le mieux performé sur la même période. Au cours de la période 1983-1987, la sélection de « daubasses » a généré un rendement de 30,8 % alors que la sélection de « stars » a généré un rendement de 13,3 %.

Evidemment, que ce soit l’illustre Big Walt ou plus modestement nous-mêmes, nous ne prônons pas une sélection automatique d’actions en fonction de l’évolution passée des cours : nous préférons acheter des actions sous évaluées. 

Mais ces deux études tendent tout de même à démontrer qu’il ne faut pas nécessairement se fier à l’évolution du cours passé pour extrapoler un rendement futur. Cela peut sembler évident et pourtant, il nous semble qu’un grand nombre d’investisseurs soient atteint d’un biais de « positivisme » vis-à-vis de sociétés « brillantes ».

Trouver son style !

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Pensez-vous que Walter Schloss investirait, tout comme Warren Buffett dans Coca Cola ?
Est-ce que Warren Buffett investirait dans Toyota comme Marthy Whitman ?
Et Marthy achèterait-il des actions de Horlogic comme Irving Kahn ?

Peter Lynch a détenu jusqu’à 1 400 lignes en portefeuille là où Walter Schloss en détenait une centaine et Phil Fischer rarement plus de 7 ou 8.

Philip Fischer mettait l’entretien avec la direction au centre de sa décision d’investissement alors que Peter Lynch dénichait ses idées dans la vie de tous les jours et que Walter Schloss avouait ne presque jamais quitter son bureau.

Tous ces investisseurs sont catalogués « value » et considérés comme parmi les meilleurs de leur génération et pourtant, le type d’actions en portefeuille, leur taux de rotation ou leur nombre de lignes sont totalement différents.

Tout simplement parce que chacun d’entre eux a son propre style.

Si nous pouvons tirer un grand nombre d’enseignements en observant ces grands investisseurs, il est inutile de tenter de les copier.

Chacun aimerait investir comme Warren Buffett. Quoi de plus normal : c’est le plus grand et le meilleur d’entre nous, les investisseurs « dans la valeur ». Et pourtant, l’oracle d’Omaha lui-même a mis un certain temps à trouver son style. Il paraît qu’il s’est même essayé un certain temps au chartisme.

Le problème est que Warren est unique, qu’il a toujours un coup d’avance sur nous, qu’il a une expérience de l’investissement de près de 60 ans et, quoi qu’il s’en défende, une intelligence très au dessus de la moyenne. De plus, il dispose de moyens financiers que nous, petits boursicoteurs du dimanche, n’avons pas.

Autrement dit : seul Buffett peut faire du Buffett et vouloir le copier revient à tenter l’escalade de l’Everest avec une paire de tong …

Cependant, nous avons, chacun d’entre nous, des qualités qui nous sont propres et qui peuvent nous être utiles afin d’optimiser nos activités d’investisseur. Le plus important est de les découvrir et d’adapter sa politique d’investissement à ces qualités. Bref, il faut TROUVER SON STYLE.

Ce n’est certes pas une chose facile dans notre société faite d’un savant mélange de « star system », de crainte du « qu’en-dira-t-on » et de narcissisme. Et pourtant cette démarche nous semble très importante pour réussir ses investissements : faire sa propre introspection et sentir ce que l’on aime faire, ne pas écouter le troupeau des brebis bêlantes et la meute des loups hurlants, ignorer les medias, les pubs et pseudos gourous. Bref s’assumer …

Encore une petite statistique …

En relisant le document de Tweedy Browne dont nous vous avons déjà parlé, nous tombons sur une autre statistique démontrant la supériorité de l’investissement basé sur l’acquisition d’actifs bons marchés.

Il s’agit d’une étude de Roger Ibbotson, professeur de finance et patron d’une société de consultance en finance.

L’étude porte sur la période 1967-1984. Le 31 décembre de chaque année, ce brave Roger classait les actions cotées sur le Nyse de la plus sous évalué par rapport à sa valeur d’actif net à la plus sur évaluée. Il divisait ensuite la liste obtenue en 10 groupes ou déciles, le 1er décile reprenant les sociétés au rapport price to book le plus faible et le dernier le rapport price to book le plus élevé.

Il a ainsi observé le rendement de chacun de ces groupes au cours de la période de 17 ans évoquées ci-dessus et voici le tableau qu’il a obtenu :

La conclusion ? Elle semble évidente et rejoins les conclusions des deux études que nous vous avons déjà présentées : acheter des actifs bons marchés, ça rapporte !

Nous, on aime les actions !

Dans un article précédent, nous vous avions expliqué que l’investissement « value » pouvait s’appliquer sur n’importe quel support «évaluable » comme l’immobilier, les obligations ou les actions.

Nous-mêmes dans nos portefeuilles personnels appliquons la « valeur » sur ces différents supports.

Cependant, nous avons une préférence assez marquée pour l’investissement en actions.

Mais pourquoi une telle exclusive allez-vous nous demander ?

Parce qu’il s’agit, selon nous, du support d’investissement procurant le meilleur rendement, ce qui, en soit, est une raison largement suffisante pour y investir.

Les actions sont tout d’abord le support à meilleur potentiel en fonction de la période que nous vivons actuellement.

– Nous ne sommes pas capables de déterminer si le marché a touché le fond en mars ou si un ou plusieurs autres « coups de tabac » doivent encore se produire. Continuer la lecture de Nous, on aime les actions !