[édito proposé à nos abonnés dans la lettre du 10 mai 2026]
La décennie ayant suivi la crise financière de 2008 a été marquée par une politique accommodante des banques centrales, avec des taux d’intérêt nuls et un recours massif à la planche à billets. Cet environnement a favorisé les sociétés de croissance, dont le modèle économique repose sur la « scalabilité » (la capacité à se développer rapidement à grande échelle), plutôt que sur le capital physique. Les sociétés technologiques, qui ont par ailleurs profité de l’essor de l’économie numérique et des smartphones, ont ainsi bénéficié durablement d’une prime de valorisation.
Au début des années 2020, l’indice MSCI Growth affichait une prime de 100% sur l’indice MSCI Value. En Europe, cette prime a même atteint 150%, le marché ayant manifestement considéré la plupart des sociétés de « l’ancien monde » comme des value trap.
Cette hégémonie des actions de croissance a pris fin avec le choc inflationniste post-Covid. Les perturbations des chaines d’approvisionnement, la guerre en Ukraine, et la remise en question de la mondialisation, ont renchéri le coût du capital et remis au premier plan les questions de résilience et de souveraineté économique.
Continuer la lecture de Actifs tangibles : le grand retour ?
