Archives de catégorie : Anciens Éditos

Ancien édito : le monde selon Mad Max, ce n’est pas encore pour tout de suite

vacances boursièresEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

C’est l’édito de la lettre de novembre  2012 que vous allez retrouver ci-dessous, là où il est question de l’intérêt – ou non – de s’intéresser à la macro-économie dans le cadre de notre philosophie d’investissement.

Excellente lecture !

 

Flash-Back …

Souvenez-vous, cher(e) abonné(e), nous sommes en 2005. Quelle était l’expression « à la mode » à cette époque ? Quelle était la phrase magique « tendance » dans les salons et les cocktails dinatoires ? Oui, c’est vrai, ça paraît loin tout ça et pourtant, ça ne fait que 7 années : du très long terme en spéculation mais tout au plus du moyen terme en investissement.

Le mot que tout le monde avait à la bouche à l’époque, c’était « peak oil ».

peak oil

Que disait-on ?

Que le pétrole était une matière première en voie d’épuisement. Que bientôt il deviendrait impayable. Qu’il fallait absolument se tourner soit vers les producteurs de pétrole, soit vers les énergies alternatives.

Le cours de Solarworld (producteur allemand de panneaux solaires) multipliait par 3,5 au cours de cette année-là, celui de Petrochina s’appréciait de 53 % et celui de Canadian Ressources (sables bitumeux) doublait.

Jim Rogers était adulé et les fonds à thématique énergétique poussaient comme des champignons.

C’est tout juste si les plus pessimistes n’annonçaient pas que faute de pétrole, nous allions tous mourir dans d’horribles souffrances…

Pire : certains parmi les membres de l’équipe des daubasses étaient également atteints par cette fièvre du « peak everythink », se forgeant même quelques convictions sur les cours du gaz naturel en le comparant avec ceux du pétrole ou même, en installant quelques panneaux solaires sur le toit de leur maison familiale afin de « survivre le jour où tout s’écroulera », le jour où, tout comme dans « Mad Max », nous serions tous réduits à l’état de bandes errantes prêtes à s’entredéchirer pour quelques litres d’essence.

Novembre 2012 …

Voici les titres de quelques articles que nous avons lus ces dernières semaines :

« Le peak oil, c’est fini »

« Ce peak oil qui n’en finit pas de ne pas arriver »

« L’avenir radieux d’une super puissance pétrolière » (en parlant des Etats-Unis)

Ça et là, nous apprenons que grâce aux nouvelles techniques de forage, entre autre la “fracturation hydraulique”, les énergies fossiles restent, plus que jamais, accessibles et disponibles. Les USA, entre autres, disposeraient de réserves de pétrole supérieures à l’Arabie Saoudite, l’Iran et l’Irak réunis.

Dès 2020, certains experts voient le pays de l’Oncle Sam produire plus de pétrole que l’Arabie Saoudite aujourd’hui.

Les premiers effets de ces techniques se sont d’ailleurs déjà fait sentir précisément sur le gaz naturel : les prix de cette énergie sont en effet au plancher depuis des années (du moins en Amérique du Nord), précisément à une époque où elle aurait déjà dû servir d’alternative au pétrole rare.

Bref, il semblerait bien que la hausse des prix du pétrole … ait reporté le « peak energy » à une date ultérieure, les coûts de développement des nouvelles technologies étant précisément rentabilisés par cette hausse des prix. Sans vouloir prendre position sur le bien-fondé écologique et économique des nouvelles techniques d’extraction, c’est en tout cas un évènement qui remet certaines certitudes en question.

La conclusion de tout ceci …

Nous pensons que les conclusions que l’on tirait il y a 7 ans quant aux supports idéaux en matière d’investissement ne sont, au moins partiellement, plus d’application aujourd’hui : Solarworld a perdu 98 % par rapport à son plus haut, Petrochina 47 % et Canadian Ressources 43 %. Quant au cours du pétrole proprement dit, s’il a pris 40 % en 7 années, cela semble peu pour une période « planche à billet » qui aurait dû être bien plus porteuse pour un actif aussi tangible et indispensable à nos modes de vie.

La conclusion ? Pour nous elle est simple et limpide et conforte notre approche : les projections macro-économiques ne sont que peu utiles à l’investisseur « value » et le temps qu’il consacre à l’économie générale, à défaut d’être considérée comme un aimable loisir, serait bien plus efficacement utilisé à approfondir l’analyse de ses sociétés.

C’est en tout cas ce que, pour notre part, nous continuerons à faire, convaincus plus que jamais par les vertus de l’approche « bottom up ». Nous vous le prouvons dès cette lettre mensuelle en vous présentant les deux sociétés que nous avons achetées récemment … et qui ne sont en rien liées à aucun « peak » que ce soit.

 

 

Ancien édito : la psychologie de l’investisseur

vacances boursièresEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque. Continuer la lecture de Ancien édito : la psychologie de l’investisseur

Ancien Edito : comme dans un autre monde …

vacances boursièresEn cette période de douceur estivale, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Certes, entre barbecues et farniente, nous poursuivons notre traque incessante des plus belles daubasses.

Pour la partie rédactionnelle du blog, tout comme les années précédentes, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), quelques anciens éditos de notre lettre mensuelle tels que nos abonnés ont pu les découvrir à l’époque.

Ces archives nous semblent intéressantes parce qu’elles nous permettent de nous rappeler notre état d’esprit de l’époque et de l’analyser avec un recul suffisant.

Cette fois, c’est l’édito de la lettre de juillet 2012 que nous vous proposons, édito dans lequel nous philosophions à propos de l’ingratitude de l’investissement en daubasses.

Un peu comme dans autre monde …

 

Nous vous proposons dans cet édito de début de grandes vacances, quelques réflexions légères, qu’il vous sera sans doute possible de méditer un peu, en bord de mer, étendu nonchalamment sur le sable à faire le plein de soleil. Et cela nous semble aussi possible d’y réfléchir si vous sirotez tranquillement un petit cocktail. Sauf évidemment, s’il y a des jolies filles dans les environs !

Première réflexion : Un peu comme dans un autre monde

En investissant dans les « Daubasses », nous avons parfois l’impression de ne pas être tout à fait dans le même monde d’investissement que les autres investisseurs. Et nous nous sommes demandé si finalement c’était juste une impression ou un fait bien réel.

Grâce à internet, toutes les informations circulent à grande vitesse, qu’elles aient trait aux sociétés, à la macro économie, à la politique, … Nous nous en abreuvons tout comme les autres investisseurs. On pourrait même dire qu’il n’est pas possible d’y échapper. Nous ne sommes donc pas vraiment dans un autre monde à ce niveau.

Que faisons-nous de ces informations et dans quelle mesure influencent-elles nos décisions d’investissement ? Finalement, nous n’en faisons pas grand-chose et on peut également dire qu’elles n’influencent que très peu, pour ne pas dire presque pas, nos décisions d’investissements. Et pourtant, nous les lisons comme tous les investisseurs. Objectivement cela signifie que nous perdons un peu de notre temps à nous informer de choses qui ne nous sont pratiquement d’aucune utilité.

Seules des informations chiffrées et qui pourraient modifier la valeur patrimoniale des sociétés que nous possédons en portefeuille, nous sont réellement utiles. Peut-on parler de 1% du flot informatif ? Peut-être moins. Et c’est un peu là que tout en étant dans le même monde que les autres investisseurs, du moins sur la forme, nous sommes en quelques sortes dans un autre monde. Car une très grande majorité des investisseurs prennent toutes leurs décisions d’investissement en fonction des nouvelles sur les sociétés et plus particulièrement sur tout ce qui a une relation aux profits futurs, mais sont également conditionnés par la macro économie ainsi que par la politique.

Notre idée d’être un peu dans un autre monde est donc bien réelle, dans le sens où nous sommes finalement presqu’hermétique à ce qui s’y passe. Pour la simple raison que seuls les chiffres du bilan de la société nous dictent la marche à suivre et rien d’autre.

Prenons les trois phases de marché et comparons nos réactions ou nos aspirations à la majorité des investisseurs.

Le point mort – Marché plat – où l’incertitude règne.

Nous recherchons des valeurs décotées et comme il y en a très peu, nos listes s’allongent. Nous espérons que le marché va finir par baisser, pour que notre travail de recherche porte ses fruits.

La majorité des investisseurs attendent que cela se clarifie. Ils ont surtout peur que cela reparte à la baisse, et espèrent surtout un marché clairement haussier.

La marche arrière – Marché baissier.

Comme pour tout investisseur, le recul de l’ensemble du portefeuille est difficile à subir. Mais au lieu d’être focalisés sur les cours qui fondent, nous sommes focalisés sur ce que nous pouvons acheter, sur ce que le marché nous offre. Et nous devenons de plus en plus « radins », nous voulons encore moins cher et encore.

La majorité des investisseurs sont comme tétanisés par les baisses et à chaque nouveau jour dans le rouge, la douleur due aux pertes s’intensifie. Et puis, ils commencent à vendre, par petits morceaux, en espérant que le marché va se reprendre… Puis ils se disent qu’ils auraient dû tout larguer dès la vente des premiers petits morceaux… Mais comme cela baisse encore, ils commencent alors à larguer à n’importe quel prix…

La marche avant – Marché haussier.

Nous devenons presque spectateurs des effets positifs de notre travail qui se transforme en plus-value dès le début du marché haussier et cela nous réjouit. Mais d’un autre côté, les marchés haussiers nous énervent car les recherches ne débouchent sur aucune trouvaille. Et nos listes se réduisent en peau de chagrin.

La majorité des investisseurs, encore « traumatisés » par la baisse, ratent au mieux les premières marches, car ils veulent voir de leurs propres yeux, du vert et des courbes ascendantes. Les plus traumatisés ratent parfois la moitié des marches de l’escalier en direction des étages supérieurs.

Deuxième réflexion : Investir en « Daubasses » peut-il améliorer votre vie sociale ?

A notre connaissance, nous n’avons jamais rencontré la moindre Daubasse ayant créé un objet dont tout le monde se sert, un produit « buzz », une belle nouveauté dont tout le monde parle.

Dans une réunion, il est plus aisé d’intercaler dans une conversation vantant les qualités d’un I-Phone, que vous êtes actionnaire d’Apple et que vous avez eu l’occasion d’entendre de vos propres oreilles Steve Job lors de l’assemblée générale 2009 à laquelle vous avez assisté. Aussitôt, vous risquez de piquer tellement la curiosité de vos interlocuteurs, interlocutrices, qu’ils vont peut-être se mettre à vous poser des questions. C’est rehaussant.

Si vous êtes actionnaires de Scott Liquid Gold, notre marchand de savon liquide préféré, vous aurez par contre toutes les peines du monde à le glisser dans la conversation, à moins que vous ne soyez entouré d’une horde d’aides ménagères… Et encore, comme vous n’avez pas la moindre idée de la qualité des savons de Scott Liquid Gold, vous n’avez même pas l’opportunité de parler du brillant du sol après nettoyage, ni de la fraîcheur persistante du produit à base de lavande…Vous êtes cuit et réduit au silence. Pas la peine d’essayer de dire que vous avez assisté à l’assemblée générale… Tout le monde s’en contrefiche.

Lors d’un repas gastronomique, où la conversation tourne à un certain moment sur le vin, les grands crus classés par exemple, vous n’aurez aucun mal à glisser que vous êtes propriétaire d’un petit morceau du Château Yquem et de Cheval Blanc, et vous piquerez une nouvelle fois la curiosité de vos interlocuteurs qui vous croiront à moitié dans un premier temps, avant que vous ne leur expliquiez que vous êtes actionnaire de LVMH, qui possède ces châteaux Bordelais de grand Prestige…..Si vous enchaînez ensuite sur leurs propriétés en Australie, au Chili, en Nouvelle Zélande, vous pouvez alors monopoliser pratiquement la parole…

Si en revanche vous êtes actionnaire de la « Daubasse » Cottin et Frères, l’une de nos dernières acquisitions, dont nous vous reparlons plus loin dans cette lettre, il vous sera impossible de briller… Dire que vous avez fait une bonne affaire en achetant l’action parce qu’ils ont vendu du vin frelaté (mélange de gros rouge qui tâche, à des crus classés) déclenchera sans doute rire et quolibet… Et vous êtes en plus grillé pour tenter de glisser un avis qui sera pris au sérieux sur la qualité du vin que vous buvez, puisqu’en ayant avoué être actionnaire de Cottin, vous serez associé à un buveur de gros rouge qui tache !!!

Investir en Daubasses ne vous offre donc pas la possibilité de vous conduire en propriétaire de la société, concept si cher à Warren Buffett, seulement parce que personne ne voudrait être propriétaire d’entités aussi obscures, voire aussi ringardes, voire aussi minables.

En société, tout le monde se moque que Scott Liquid Gold pourrait voir son cours multiplier par trois en 2 ans, alors que LVMH offrira si tout va bien 15% sur la même période… plus un beau dividende, n’oublions pas !!!

Investir en Daubasses ne peut donc pas vous permettre de briller ne fut-ce qu’un peu ou de temps en temps en société.

Troisième réflexion : quel rôle économique peut jouer un investisseur en Daubasses ?

La mode actuelle est de montrer du doigt et désigner comme coupables ceux qui gagnent de l’argent avec de l’argent, et ceci de bas en haut de l’échelle. Nous avons récemment réfléchi, chez les daubasses, à la possibilité d’investissement en direct dans des startups. En gros, à effectuer une injection directe de capital dans des sociétés qui démarrent, permettant à leur fondateur de développer leurs produits plus rapidement. Produits innovants peut-être amenés à améliorer le quotidien, produits découverte, … Un article de notre blog a d’ailleurs été écrit sur le crowdfunding et vous pourrez en lire tous les détails ici.

Notre discussion, sur un rôle direct dans l’économie, ne nous a pas du tout été dicté par un sentiment de culpabilité, dû à la mode actuelle, puisque nous vous expliquions dans la première réflexion, que nous étions plutôt hermétiques au monde de l’investissement en général et que ce monde ne nous influençait pratiquement pas, mais juste par une possible idée de diversification pouvant peut-être combiner investissement et rôle direct dans l’économie.

Cette idée nous a tous séduit et nous l’avons retournée dans tous les sens, pour tenter d’y trouver un angle valeur. Un angle tangible, borné, où nous pouvons dire là nous achetons et là nous n’en voulons pas parce qu’il n’y a pas assez de décote.

Mais évidemment, nous ne sommes pas parvenus à trouver cet angle valeur, car tout simplement, il n’existe pas lorsqu’une société démarre.

En fait, profiter d’anomalies de marché, comme nous le faisons avec nos investissements dans des Daubasses, ce n’est pas de l’investissement économique, car nous ne finançons rien du tout. C’est juste de la spéculation, tout comme le fait Warren Buffett. Et nous n’en rougirons nullement. Au contraire, nous sommes plutôt assez satisfaits et même fiers de nos résultats.

S’il est donc clair qu’investir dans les « Daubasses » ne joue aucun rôle économique. Nous pensons néanmoins que nous avons deux sources à connotation morale qui peuvent apporter certaines satisfactions.

Quand nous achetons une Daubasse, nous soulageons un investisseur qui veut se débarrasser des ses titres et qui ne croyait même plus trouver un acheteur devant lui à ce prix. C’est donc un acte altruiste dans toute sa splendeur.

Quand nous vendons une Daubasse, nous offrons en plus un peu de rêve à un acheteur qui pense que vu la multiplication du cours, cela ne peut qu’allez plus haut encore, plus loin, toujours plus haut. C’est donc tenter d’apporter un peu de bonheur et d’espoir dans ce monde de brutes qu’est l’investissement.

En espérant que ces réflexions ne vous causeront pas de migraine sur le bord de la plage, nous souhaitons à tous nos abonnés de superbes vacances.

Flash-back « hivernal » : quand l’investisseur « value » se nourrit de la peur …

En cette période festive, l’équipe des daubasses prend un peu de repos bien mérité.

Pour la partie rédactionnelle du blog, nous avons plongé en apnée dans nos archives afin de vous proposer, cher(e) lecteur(trice), un ancien édito de notre lettre mensuelle tel que nos abonnés ont pu le découvrir à l’époque.

Ces archives nous semblent intéressantes parce qu’elles nous permettent de nous rappeler notre état d’esprit de l’époque et de l’analyser avec un recul suffisant.

Cette fois, c’est l’édito de la lettre de mai 2012 que nous vous proposons.  Dans cet édito, alors que le CAC40 venait de perdre 14 %, en 3 mois, nous expliquions que l’investisseur « value » a besoin de « peur » comme de pain et nous espérions bien que la panique allait se poursuivre un peu.  Hélas, il n’en fut rien et jamais plus depuis cette époque, l’indice français ne connu une telle correction.

La remise en perspective de cet edito va également vous permettre de comprendre la démarche que nous venons d’entreprendre :  la « zenitude » relative actuelle du marché a rendu les opportunités d’investissement « Daubasses » très rares et nous avons dû nous adapter.  C’est ainsi que depuis plusieurs mois, nous « planchons » sur une nouvelle approche qui nous permettra de continuer à investir, tout en restant dans la tradition de Benjamin Graham.  Nos abonnés ont déjà eu un aperçu de cette nouvelle approche et nous y reviendrons précisément la semaine prochaine à l’occasion du bilan que nous tirerons sur l’année écoulée.

En attendant, nous vous laissons profiter de ce petit flash-back.  Nous sommes début juin 2012 …

 

Paradoxe et zone de turbulence

profiter de la volatilité en bourseQuand vous prenez l’avion et que vous entrez dans une zone de turbulence à 10.000 mètres d’altitude, cela crée généralement chez la majorité des passagers un sentiment d’inconfort.

S’il est bien difficile de mesurer ce que ce sentiment produit sur chaque passager, on peut affirmer qu’une majorité espère sortir d’une zone de turbulence au plus vite. Si ce n’est pas le cas, ce sentiment d’inconfort va progressivement se transformer en inquiétude, puis en peur, puis enfin en panique. Tout simplement parce que la perception du danger va s’amplifier.

Cette métaphore introductive que nous allons rapporter à l’investissement, nous a semblé intéressante pour mieux comprendre le paradoxe auquel doivent faire face les investisseurs dans la valeur du style « Daubasses ». Car il n’y a pas la moindre possibilité d’investir judicieusement, s’il n’y a pas une zone de turbulence à un certain niveau : turbulence politique, macro-économique, turbulence sur un secteur, turbulence sur une société.

Au contraire, plus ces turbulences surviendront simultanément, plus les affaires seront intéressantes pour l’investisseur. Mais dans un même temps, ce même investisseur va devoir affronter la panique. Et si pour les passagers de l’avion nous avons relevé des stades de peur intermédiaires qui commencent par de l’inconfort et se terminent par de la panique, il n’y a pas le moindre stade intermédiaire pour l’investisseur, seulement des degrés de panique différents selon l’interactivité et la simultanéité des niveaux cités à l’instant.

Prenons l’exemple du degré de panique le plus bas, soit sur une société. Si la société parvient à s’encadrer dans nos critères, c’est forcément parce qu’il y un ou plusieurs éléments, internes ou externes à la société, qui vont créer de la panique et pousser de plus en plus d’investisseurs à vendre, alors que les acheteurs sont peu nombreux. C’est donc dans cette minorité d’acheteurs qu’un investisseur en « Daubasses » va se retrouver.

panqiue sur les marchés financiers

Si dans l’avion, pratiquement aucun passager ne se pose vraiment la question sur la qualité des moteurs Rolls Royce qui vont permettre de sortir de la turbulence au plus vite, il est par contre impératif pour l’investisseur de contrôler l’état des moteurs de la Daubasse. Et évidemment, s’il ne faut pas s’attendre à trouver des moteurs Rolls Royce dans le bilan, il faut au moins s’assurer qu’il y ait encore des moteurs qui tournent, des gilets de sauvetage et un minimum de personnel naviguant à bord. Mais à chaque fois, et nous disons bien à chaque fois, c’est en pleine panique que vous monterez à bord de la société en sachant toujours que la zone de turbulence peut avoir raison et pas vous.

Malgré tout, le passager de l’avion pourra tenter de rationaliser sa panique même s’il n’a ni les compétences pour contrôler la santé des moteurs, la qualité des circuits électriques, la fiabilité des appareils de mesures de l’avion, en prenant quelques renseignements à défaut de se glisser dans la carlingue.

Le passager un peu méfiant, pas à l’aise en avion, pourra avant son départ et lors de la sélection de la compagnie, vérifier si la compagnie en question n’est pas black listée par les institutions internationales. Ce n’est certes pas suffisant pour prévenir tout accident, mais nous pensons, comme lors de notre sélection de titres avec un ratio de solvabilité au moins égal aux 40% exigés, que c’est un critère qualitatif qui peut réduire les risques. Ainsi, le passager anxieux en vol, aura moins tendance à appréhender son voyage et à paniquer s’il traverse une zone de turbulence.

Le client d’une quelconque compagnie aérienne, aussi minable soit-elle, sait qu’il y a un process industriel de contrôle qualitatif important lors de la construction de l’avion (que ce soit chez Boeing ou chez Airbus) et qu’il peut donc considérer le risque comme étant faible s’il monte à bord d’un avion récent.

Si ce n’est pas le cas (l’avion est quelque peu âgé ou alors il s’agit d’un fabriquant inconnu au bataillon), le passager peut être sûr que toute compagnie, aussi minable puisse-t-elle sembler, doit rendre des comptes sur des check lists récurrentes et obligatoires pour pouvoir atterrir sur des aéroports occidentaux. Tout comme un investisseur rationnel doit se contenter des chiffres et de la réalité économique de la société, le voyageur rationnel sait qu’il prend des risques mesurés car le travail de contrôle de chaque avion et de tout équipage est strict. Cela, bien sûr, n’enlève rien à la réalisation d’événements exceptionnels, mais tend tout de même à réduire fortement les incertitudes et les risques de défaillances techniques (matériel) et humaine (bonne formation)

L’investisseur doté d’un plan stratégique bien précis, comme le nôtre, se donne évidemment les moyens de rationaliser la panique contagieuse à laquelle il doit faire face, en se fiant bien entendu aux informations financières fournies, mais également en recoupant différents paramètres. Notre comparaison avec le passager de l’avion n’est donc pas fortuite, même si nous pensons que nous sommes en mesure de creuser un peu plus. Nous serons toutefois pilotés jusqu’à la VANT.

surfer sur la peur

Autre paradoxe que nous avons relevé sur ces degrés de panique, c’est que plus cette panique est déclenchée simultanément sur les 4 niveaux, ou en d’autre mots, généralisée sur le plan politique, macro-économique, et donc sur quasiment tous les secteurs, plus vous trouverez facilement des sociétés à prix soldés, dotées de fondamentaux nettement plus solides. Nous n’irons pas jusqu’à dire « dotées de moteur Roll Royce », mais dotées de très bonne copie. Ce fut évidemment le cas en 2008 où la vente panique a balayé sans distinction des sociétés relativement peu résistantes et des sociétés nettement plus résistantes.

Ces différentes observations des degrés de panique depuis nos 3 ans bientôt et demi d’existence, nous ont permis ces derniers mois d’affiner notre stratégie de recherche de « cibles potentielles ».

Nous procédons en quelque sorte par anticipation, selon des événements épinglés dans la presse financière qui pourraient déclencher la panique. En recherchant un maximum de sociétés dotées de moteurs solides qui au moment où nous les trouvons ne correspondent pas encore à nos critères, mais qui s’encadreraient assez facilement s’il y avait vente panique.

Un exemple très récent est celui de l’élection présidentielle française pour laquelle certains analystes économiques évoquaient la possibilité d’une certaine peur des marchés en cas d’élection du candidat socialiste. L’équipe des Daubasses, n’ayant pas la moindre compétence en analyse politique pour mesurer plus ou moins à leur juste valeur les arguments pour une telle éventualité, nous sommes contentés très simplement de penser que c’était peut-être possible. A partir de ce moment, nous avons orienté massivement nos recherches sur toutes les sociétés françaises pour faire entrer dans nos listes les meilleurs candidats, ceux qui subiraient sans doute la panique par contagion, mais qui seraient capables de s’en sortir. Comme vous le savez tous et nos amis français en particulier, l’élection de François Hollande n’a rien déclenché du tout !

C’est finalement l’élection en Grèce qui avait lieu simultanément qui a fait entrer les marchés dans une turbulence qui ne cesse depuis de s’amplifier. Avec les banques espagnoles d’une part et un manque de cohérence et de cohésion politique au niveau européen d’autre part.

Sans une solution qui tarde à venir, nous pensons qu’il y a de nouveau la possibilité qu’il se produise un vent de panique qui pourrait cette fois être beaucoup plus ample, voire même qui pourrait se généraliser.

Dans l’optique d’anticipation de cette possibilité, nous avons chargé nos listes avec un maximum de Daubasses potentielles, qui ne répondent pas à nos critères, mais dont la solidité est effective. Et nous nous sentons fin prêts à profiter de ces occasions sur coup de « blues panique » de monsieur le marché.

Pour conclure cet édito de juin, sur le paradoxe principal de l’investisseur en Daubasse et des zones de turbulences, c’est qu’il est sans cesse confronté à la baisse potentielle de son portefeuille, ce qui n’est jamais joyeux à vivre, tout en jubilant devant des occasions que ces zones de turbulence lui permettent d’acquérir.